jeudi, 25 août 2016
La consommation des sens.
C’est pour toi, Mab.
« C’est pour éviter ça que les Anglais ne parlent que de la pluie et de beau temps. »
écrit Mab dans un de ces laconiques commentaires dont elle a le secret..
Patricia Wentworth, Barbara Pym et Elizabeth Taylor seraient certes entièrement d’accord avec toi, Mab.
Hélas… Trois fois hélas…
De nombreux et parfois longs séjours dans la patrie de ces éminentes autrices –Ouais Milky ! T’as raison ! – m’ont démontré parfois que « Perfide Albion » n’était pas si mal vu pour ladite patrie.
J’ai constaté souvent qu’on y est aussi, si ce n’est plus, mauvaise langue qu’ailleurs et que quand on y parle de la pluie et du beau temps c’est surtout du mauvais temps et qu’il serait bon qu’il s’abattît en priorité sur ceux contre qui on a une dent.
On voit donc par là que les Anglais ont conservé des Français, apporté sûrement par les Normands et adopté dès la bataille d'Hastings, un talent inné chez nous et intégré chez eux.
Je veux parler de cet art qu’est « la langue de pute ».
Évidemment, Mab, extrêmement bien élevée qu’elle est n’en fait pas état publiquement.
Ses fréquentes visites outre Manche chez des gens bien élevés qui, comme elle restent cantonnés dans un quant-à-soi de bon aloi, expliquent sans doute son assertion.
Il suffit de sortir du salon de thé de la New Tate ou de ce charmant café dans cette cour derrière le British Museum pour se rendre compte que l’Anglais est aussi bavard et mauvaise langue que n’importe quel Français.
Il y a pire hélas...
Aaahhh… Mab, si tu savais ce qui se dit dans les ateliers et les bureaux de Magnetic Components…
J’y ai passé du temps.
Pas mal de temps.
Et je dois te dire que s’y racontent les mêmes histoires que dans les ateliers et les bureaux français d’Alcatel-Lucent.
Les mêmes mauvaises langues s’activent avec autant d’énergie à parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps.
On y évite même de parler boulot...
La mise des unes et les relations supposées des autres y sont abordées et commentées avec une constance et une énergie que les entreprises aimeraient voir déployées dans l’exécution des tâches…
Ah, Mab !
Si tu savais comme je te suis reconnaissant de m’avoir donné ce matin un sujet de note !
Parce que je me suis levé d’humeur vaseuse car Merveille m’a, comme chaque fois qu’elle dîne à la maison, poussé à dormir sur le canapé du séjour.
Et je déteste ça.
Non qu’il fasse froid mais rien que l’idée de ne pas susciter un coup de pied d’Heure-Bleue à la première tentative de sentir sa peau me flingue le sommeil et me pourrit la nuit.
J’aime Merveille.
J’ai aimé l’emmener au cinéma.
J’ai aimé lui faire d’un filet de poulet, des aiguillettes sur le gril.
Lui éplucher des pommes de terre à l’eau, les réduire en rondelles agrémentées de copeaux de beurre.
La voir être fière d’acheter le pain toute seule tandis que nous l’attendions sur le trottoir.
Mais j’aime mieux qu’elle dorme chez elle.
A la maison, j’aimerais aussi mais à la condition que ce soit elle qui dorme sur le canapé.
J’ai hâte qu’elle se démène pour dormir pas seule mais surtout pas avec la lumière de mes jours.
Celle que j’espère parfois aussi le soleil de mes nuits.
Alors Merveille, je t’en prie !
Dors chez toi !
09:17 | Commentaires (10)

