vendredi, 02 décembre 2016
La position du démissionnaire.
J’ai servi un peu de rillettes.
Les tranches de pain étaient bien fraîches.
Mais si, vous savez bien, quand la mie est très aérée et tendre comme une joue de bébé, quand la croûte est croustillante à souhait.
Le genre de pain que ma mère planquait jusqu’au dîner du lendemain, histoire de préserver nos estomacs.
Donc, je nous ai servis, Heure-Bleue et moi.
Nous avons commencé à papoter car nous avons le droit de parler à table, la télévision ne nous houspille pas.
Puis, le Président de la République est apparu sur l’écran.
L’air un peu égaré du type qui vient de prendre une décision pénible.
On s’attendait même à ce que, comme d’habitude, il se mette à pleuvoir.
Il nous a fait un discours qui a commencé ennuyeux et a fini émouvant.
Comme Sarkozy, qui fut, pour une fois, très digne en annonçant qu’il abandonnait la politique.
François Hollande aussi le fut et, chose rarissime chez un homme politique, alla même jusqu’à reconnaître des erreurs.
Heure-Bleue eut cette conclusion magnifique :
- Ils sont bien meilleurs quand ils s’en vont que quand ils arrivent.
Bref silence, instant de réflexion, puis :
- Finalement, Minou, ils ne devraient que partir…
Elle est quand même chouette, la lumière de mes jours, hein ?
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