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vendredi, 11 mai 2018

Klingsor, phare si pâle...

De rien Mab, mais là il te faudra chercher...
Que je vous dise, lectrices chéries.
Quand j’ai écrit « j’aime pas la mer » dans le dernier devoir de Lakevio, je vous mentais.
J’ai honte mais je vous ai menti, effrontément certes, mais menti.
J’aime la mer.
Non, pas la mer, j’aime l’océan.
Quelques vacances passées au bord de la Méditerranée ne m’avaient pas déplu mais c’est plus grâce à la présence de la lumière de mes jours que celle de la mer.
Je n’aime pas la mer sans marées.
Ça ne sent pas la mer.
Ça souvent plus le pastis et les « chouchous », voire plus encore « Ambre solaire ».
Bref, ça ne me plaît pas trop.
Puis quelques années sur la promenade dite « ha tayelet » de Tel-Aviv m’en ont définitivement guéri.
Se plonger dans l’eau de la Méditerranée entre Lattaquié en Syrie  et Ashkelon tout contre Gaza, eh bien non, ce n’est pas entrer dans l’Histoire.
C’est mettre le pied dans une baignoire tièdasse, voire chaude, où des millions de personnes ont trempé avant vous.
Exit donc la Méditerranée qui était sûrement plus intéressante et propre quand Ulysse s’y baladait et prenait largement son temps avant d’aller retrouver Pénélope.
La mer que j’aime, la vraie, celle qui bouge et qui abrite encore pour quelque temps des bouquets et des homards, c’est l’océan, l’Atlantique.
Même le Pacifique le long duquel j’ai traîné mes guêtres au cours de ma vie aventureuse de travailleur, me plaît moins.
Même s’il réserve de sacrées surprises du côté gauche, celui de l’Asie Asie Asie, vieux pays merveilleux des contes de nourrice où dort la fantaisie comme une impératrice en sa forêt toute emplie de mystère.
Sacré Klingsor, va !
Pour en revenir à l’Atlantique, ça c’est une mer qui me plaît.
Une mer qui sent la mer, une mer qui te sort de ta sieste d’une vague majestueuse mais hélas glacée quand tu t’es endormi sur un rivage finalement assez traître.
Une mer où, quand tu fais l’andouille sur un brise-lame rendu glissant par les algues, tu te retrouves dans la flotte froide tout habillé.
Pire, que ta moitié te regarde, ne te prévient pas et ricane férocement quand tu sors de l’eau trempé et que tu ressembles à un chat mouillé avec des fringues qui te gèlent et te collent à la peau.
À part ça, j’aime l’océan pour son nuancier particulièrement riche, du bleu parfois turquoise au presque noir quand les tempêtes se lèvent.
À la palette de parfums qui va de l’iode aux parfums de Lorient, célèbre pour des quais qui sentent un poisson qui ne passerait pas les contrôles de la DGCCRF mais parfument fortement le coin.
Et puis c’est beau, surtout quand ce sont des rochers qui protègent de petites anses dans lesquelles vous vous allongez sans que quiconque sache que vous êtes là.
Vous vous endormez peinard, au soleil, au calme.
Et vous êtes réveillé par la marée qui heureusement ne douche que le coup de soleil sur la peau de la lumière de vos jours normalement si pâle et là si rouge…
Mais si, j’aime la mer.
C’est bien.

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