vendredi, 12 février 2021
Les doigts gelés...
J’ai failli écrire quelque chose hier matin.
Quand je me suis levé, histoire de n’être pas en caleçon quand le type de la chaudière arriverait, il faisait à peu près 16°C dans la maison.
J’ai ramené la pression d’eau à sa valeur normale dans la chaudière car la nuit avait vu disparaître la pression d’eau dans le circuit, d’où l’arrêt total dans la nuit…
Au plus fort de mon courage, j’ai hésité.
Allais-je passer le reste de la journée dans les toilettes ?
Il y fait à peu près tiède pour des raisons obscures et je me suis dit qu’enfermé là avec mon bouquin était une option intéressante…
Hélas, la lumière de mes jours n’est sûrement pas de cet avis.
Alors j’ai préparé son petit déjeuner, ai pris le mien et me suis « précipité très lentement » dans la salle de bains, c’est à dire avec l’idée d’y être très rapidement mais en prenant mon temps.
À l’idée de retirer le peu d’oripeaux que j’avais sur le … sur le dos, je frissonnais déjà.
Mes jambes, qui ne sont plus les merveilles musclées qu’elles étaient conservaient encore assez de poils pour qu’elles se transformassent sous l’effet du froid en une sorte de paire d’écouvillons géants, de ceux qui devaient servir à Bacchus pour nettoyer des bouteilles que je supputais gigantesques.
Nu comme ma maman m’avait fait, mais plus vieux et moins mignon, je me suis dépêché d’aller dans la chambre pour me vêtir.
J’en ai profité pour faire le lit pendant que la femme de ma vie était dans la salle de bains, évènement rare à cette heure matutinale.
Puis couvert d’une couche de coton et deux couches de cachemire, je me suis mis devant mon clavier.
Une cervelle, telle celle d’une poule devant une fourchette, encombrait mon crâne où elle ne faisait qu’assurer les fonctions réflexes comme la respiration, la digestion et en outre tenait un peu chaud à mes cheveux…
Du coup, ce matin, j’ai craint entendre le voisin frapper à la porte et me dire avec un air inquiet « alors que vous geignissiez ainsi devant la porte j’eus peur que les choses empirassent au point que la conjugaison du verbe coudre m’échappât et que je fusse incapable de dire « Mon dieu ! Il eût pourtant fallu que vous cousissiez cette tenture avant que nous nous aperçussions de son triste état ! » ce qui m’aurait fort marri ! »
Bon, je connais mon voisin et habituellement nous conversons de façon plus décontractée mais il faut bien que je vérifie de temps à autre que malgré la lecture des nouvelles telles qu’écrites sur mon navigateur, je me rappelle comment conjuguer les verbes en français.
Voilà à quoi je suis réduit les matins sans chauffage pour me réchauffer les doigts.
Mais je n’ai toujours rien à vous dire.
Pourvu que le mec du chauffage fasse le boulot !
10:13 | Commentaires (15)
Devoir de Lakevio du Goût No 68
Cette toile de Pissaro vous inspire-t-elle ?
Je l’espère…
Le mieux serait que vous commençassiez ce devoir par :
« Il semble que ce qui vous pousse brusquement à la fugue, ce soit un jour de froid et de grisaille qui vous rend encore plus vive la solitude et vous fait sentir encore plus fort qu’un étau se resserre. »
Et que vous le terminassiez par :
« Je vais laisser cette lettre en suspens… »
Ce serait vraiment bien, je vous assure.
07:50 | Commentaires (9)


