mercredi, 14 janvier 2026
Pendant que les paons dorent, les rats passent…
Ouais, je sais…
On en apprend tous les jours.
J’avais toujours pensé qu’au moins les paysans avaient une idée du fonctionnement de la nature qui les entoure.
Hélas, « les travailleurs de la ruralité » à force d’être harcelés pour vendre moins cher, ont oublié qu’un vrai monde existe en dehors du rendement à l’hectare.
Ainsi, en l’an de grâce 2026, le paysan découvre soudain qu’il lui faut un avertissement du CNRS pour lui rappeler ce que son père et les générations écoulées depuis le culte de Déméter savaient.
Que vient donc découvrir le paysans à la stupeur de votre Goût préféré qui s’étouffe d’étonnement ?
Oui lectrices chéries ! Le paysan vient d’apprendre que les piafs sont en train de disparaître de nos cieux et qu’il en est responsable !
Il lui suffisait pourtant de lever les yeux pour le voir.
Pourtant tous étaient censés savoir que les semences enrobées de produits toxiques qui tuaient sans coup férir les bestioles qui font baisser le rendement à l’hectare finiraient par exterminer ce qui nourrissait les animaux alentour à commencer par nous.
Être paysan et oublier que les piafs se nourrissent parfois de graines, mais surtout d’insectes et que ces insectes fouissent la terre, nourrissent d’autres petites bêtes comme les mulots et les musaraignes qui concourent à nourrir les piafs et que ceux-ci sont indispensables à la santé de la terre cultivée, c’est quand même être aveugle.
Bref, il n’y a bientôt plus de piafs à la campagne, pardon « de population aviaire dans les territoires de la ruralité » parce qu’on a éliminé leur nourriture, pardon « les animaux nuisibles » et que cette nourriture n’était pas aussi nuisible que les traitements utilisés pour l’éliminer…
Et dire que certains sont persuadés que nous sommes la seule espèce intelligente de la planète.
N’importe quel renard qui vient de bouffer une caille retourne repu dans son terrier, il ne s’associe pas avec les autres renards ni ne montre une SARL avec les lynx pour dépeupler la forêt de tous ses piafs..
11:34 | Commentaires (10)



Commentaires
Quand on parle des paysans, et quand on leur donne la parole on entend surtout ceux de la FNSEA qui savent bien tout ça. Seulement, comme leurs chefs sont aussi affiliés, voir membre de grosses sociétés fabricantes d'engrais, de pesticides tout ce qui va bien, ils oublient trés facilement (à la vitesse des aides et subventions qu'ils touchent pour être plus gros que gros) qu'ils sont eux mêmes prédatés, qu'il y en aura toujours des encore plus gros qui les boufferont à leur tour et que leurs méthodes de productions équivalent à un génocide lent et progressif et pas que pour les nuisibles, insectes et autres petites bêtes. D'ailleurs ce sont les mêmes ( dirigeants de la FNSEA) qui sont pour l'abatage total des troupeaux dès la moindre épidémie. Leurs bêtes ils s'en fichent, elles peuvent crever, ils sont assurés, ils touchent des indemnités et même des subventions pour compenser les pertes. Ils sont les fossoyeurs de nos terroirs. Par contre, il en existe quand même qui sont pleins de bon sens. Qui travaillent comme des forçats pour nous nourrir correctement. Qui souffrent et qui meurent dans l'indifférence la plus totale des pouvoirs publics. 2,8 paysans (3, quoi !) se suicident tous les jours en France, parce qu'ils ne peuvent pas vivre de leur travail. Parce qu'on (on= état, Europe, capitalisme mondialisé) leur mène une vie impossible à coup de MERCOSUR, CETA, TAFTA et autres accords d' échanges (où la concurrence est libre et non faussée, c'est comme ça qu'ils disent). Sans compter ceux qui meurent de maladies causées par les produits chimiques qu'ils manipulent. Oui, le malheur est bien dans le pré. Pour bien comprendre les problèmes du monde agricole, il ne suffit pas d'avoir fait de longues études. Ouvrir les yeux et s'informer devrait suffire à s'en faire une idée. deux bonnes lectures que je vous conseille : "Champs de bataille par Inès Léraud et Pierre Van Hove, d'une part et Qui veut la peau des vaches de Claude Aubert d'autre part. C'est édifiant et trés explicite. Il y a aussi l'excellent film d'Edouard Brejon : Au nom de la terre. D'autres ouvrages aussi existent, je ne les connais pas tous. Bonne lecture et pardon de ce long commentaire mais il me semble important de souligner qu'il existe aussi une agriculture respectueuse de la terre, de l'environnement, du monde du vivant et qu'il faut la défendre à tout prix. Que toutes et tous sachent que partout dans le monde existent des paysans qui crèvent de vouloir sauver leur terre pour avoir voullu simplement en vivre.
Écrit par : delia | mercredi, 14 janvier 2026
Répondre à ce commentaireBravo @Nina et merci pour cette mise au point documentée sur ce qui se passe réellement dans le monde paysan qui est aussi notre monde, nourricier avant d'être touristique ou nostalgique !
Bien sûr qu'il y a la FNSEA et ce n'est un secret pour personne que son dirigeant certifié conforme par le système est en conflit d’intérêt, mais il pèse lourd à la bourse, alors...
Il ne faut pas demander à un vampire de faire un jeûne au prétexte que le sang qu’il suce est contaminé. Il s’en fout lui, il est immunisé aux poisons.
Là où cela devient tragiquement intéressant sur la « cause » du peuple et pas seulement paysanne c’est la fabrication par le pouvoir de faux opposants, officiellement bien radicaux tant qu’à faire.
Si vous regardez d’un peu plus près le pedigree (au-delà de son CV) de B. Ventaux patron du syndicat CR, vous comprendrez pourquoi il a dit aux paysans après 24H00 de rentrer chez eux. Et pourquoi, il a organisé ce pathétique « standing» devant l’assemblée nationale qui n’a aucun pouvoir et qui n’est qu’une pantomime de feu Démocratie.
En clair, il mange à la même cantine que les autorités.
Le plus triste c’est de voir que 80% des français ne réalisent même pas ce qui se passe dans cette perte de l’autonomie alimentaire.
Cette ingénierie sociale europeano française fait bien le boulot en dressant les gens les uns contre les autres, un faux chaos bien géré en somme, mais bankable.
Écrit par : Visiteuse | mercredi, 14 janvier 2026
Pardon, je voulais dire Bravo à @Delia !
Écrit par : Visiteuse | mercredi, 14 janvier 2026
Pas grave :)) Je regrette que la France ne "produise" plus en revendant le surplus à l'étranger pour faire entrer des sous.
Écrit par : Nina | jeudi, 15 janvier 2026
Quand j'ai vu la longueur du commentaire, j'ai cru que c'était Julie qui racontait sa vie.
Écrit par : Lara Clure | vendredi, 16 janvier 2026
Les piafs qui colonisent le hall de la gare de Berne ne sont, eux, pas en voie de disparition !
Un accompagnement sonore à votre billet :
https://www.youtube.com/watch?v=uTVmWAmYTWk
Je vous souhaite ainsi qu'à Heure-bleue une bonne et heureuse année 2026.
Vallon [de Saint-Imier]
Par une journée ensoleillée qui fait fondre la neige…
Jean-Jacques
Écrit par : jeanjacques666 | mercredi, 14 janvier 2026
Répondre à ce commentaireBravo à toi visiteuse car tu as tout compris. Oui la coordination rurale, proche du RN, la FNSEA mise en place par Vichy sous l'occupation... antre du pouvoir avec Debatisse et les autres. Comment voulez vous que le monde agricole aille bien et comment voulez vous que nos paysans s'en sortent ? Ya de quoi vomir et pas qu'à cause de la malbouffe. Un autre ouvrage mérite aussi notre attention : Algues vertes, des mêmes auteurs que Champs de bataille. Je vous en recommande la lecture.
Écrit par : delia | mercredi, 14 janvier 2026
Répondre à ce commentaireMerci Delia et Visiteuse pour vos excellents commentaires qui donnent une juste perspective de ce qui se passe actuellement dans le monde paysan. Je n’ai pas lu les livres que vous mentionnez mais je suis quand même très consciente de l’importance fondamentale de protéger les paysans à tout prix car perdre l’autonomie alimentaire, aussi bien dire se retrouver à la merci totale de ceux qui de toute évidence n’ont pas notre intérêt à cœur mais le leur.
Écrit par : Kea | jeudi, 15 janvier 2026
Répondre à ce commentaireUne autre cause et c'est la 1ère c'est l'arrachage intensif de toutes les haies bocagères et les remembrements. Plus d'arbres = plus d'endroits où nicher. Plus de faunes et de flore diversifiés.
J'ai vécu à la campagne en Beauce et dans ces km de champs à perte de vue, à l'horizon, le seul élément en relief c'est les nuages.
Certes, pas beaucoup d'oiseaux, mais alors des lapins, des lapins en surnombre, malgré les chasseurs (qui nous ont tué un chien !). C'est simple, à tous les coups, en roulant de nuit, vous étiez certains d'avoir un civet pour repas.
Perso, je faisais gaffe de ne pas les écraser.
Écrit par : Visiteuse | samedi, 17 janvier 2026
Répondre à ce commentaireje me souviens de la colère de Robert au sujet de la suppression des haies....
Écrit par : emilia celina | mercredi, 21 janvier 2026
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