vendredi, 02 octobre 2026
Souvenir d’avant retraite.
Ces discussions sur le budget, discussions de marchands de tapis dont nous serons tous les dupes m’ont rappelé quelques moments d’une dure vie de labeur…
Je vous ai déjà parlé de Gabriel ? Sans doute.
Gabriel, donc, est arrivé un matin en méforme.
Comme tous les matins...
Chez lui c’est habituel, c’est l’idée de l’effort à fournir, pourtant minimal, pour justifier son salaire qui en est responsable.
Bref, il pestait, comme tous les matins, contre son exploiteur de patron.
Ce dernier, non seulement ne le payait pas à hauteur de ses mérites.
Dieu puisse l’en préserver, ça diviserait ses revenus par quatre, ce n’est pas être mauvaise langue car je lui servais souvent d’alibi...
Il pestait donc car ce salaud de patron exigeait qu’il arrivât à l’heure.
Donc, comme tous les matins, Gabriel, dit « Gaby le Magnifique » est arrivé, avec, en tête, l’idée bien arrêtée de gruger son taulier de quelques heures de glande...
Manque de chance, le taulier, ce jour-là d’humeur taquine, lui fit remarquer assez platement que si Gabriel voulait bien prendre son café chez lui, ou, au moins, avant de pointer, il aurait moins l’impression (totalement fausse, je rassure le lecteur) de subventionner la flemme.
Il faut que je vous dise, Gabriel, c’est la « BA du taulier ».
Ce dernier lui passe presque tout sauf les pauses café dès l’arrivée, et pour cause, ils souffrent tous deux du même gauchissement de la pensée.
Persuadés d’en faire trop pour les autres et d’être si peu payés de retour, ils essaient de se mettre au mieux avec Adonaï via le mode dit « de la mitzva ».
Ils essaient donc chaque jour avec entrain de gruger Adonaï qui, heureusement pour eux, s’en fout.
Gabriel et le taulier se ressemblent étrangement sur beaucoup de points, prêts à tout pour grapiller un sou, confondant chaque fois le manque à gagner et les pertes.
L’un verse son salaire, l’autre le joue au Loto.
L’un constatant tristement ce que lui coûte son personnel, en oubliant qu’il gagne toujours dix fois la mise et me prenant à témoin, moi qu’il paie pour un travail d’ingénieur ce qu’un supermarché n’oserait pas payer un caissier.
Il m’assène « Tu te rends compte, Le-Goût ? Cette boîte me coûte 11,2 € par minute ! » Des quelques secondes passées en calcul mental il est ressorti que ça lui coûtait au moins 3 € d’aller pisser...
Je n’ai rien dit de mes cogitations pour lui éviter de se plaindre de sa prostate.
L’autre, dit « Gaby le Magnifique » pestait contre le prix du ticket de Loto, oubliant qu’il vient de gagner dix fois la mise, ce qui est rare au point d’abuser des demandes d’acomptes, chèques qui arrachent le cœur du taulier au point de croire que ça va l’empêcher d’acheter du sucre...
Aucun des deux n’hésitant à tricher, l’un sur les bénéfices ou les frais, l’autre sur les heures et quelques «emprunts non recouvrables».
Chacun, à les écouter, est persuadé avoir un esprit large.
Moi qui les écoute, constate qu’ils ont surtout une morale élastique…
11:07 | Commentaires (1)



Commentaires
J'ai du mal à comprendre tes calculs mais j'ai compris à peu près :))
Écrit par : Nina | vendredi, 02 octobre 2026
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