jeudi, 08 octobre 2026
Histoire sans faim…
La lecture de la note d’Alainx qui, comme moi se désole de la désertification des blogs et y voit un rétrécissement de son espace au point de se trouver dans la situation de l’officier frais émoulu chargé de surveiller ad vitam aeternam l’arrivée d’un ennemi inexistant.
Alainx m’a rappelé « Le désert des Tartares » écrit quand on ignorait que « l’ennemi inexistant » serait bientôt là…
Un souvenir heureux m’a traversé l’esprit qui m’a rappelé l’époque où les blogs étaient riches.
Même pour l’arrivée de la nouvelle année j’avais été eu assez de ressort et d’envie pour écrire ce qui suit…
Numérique ? Ou digital...
Aujourd’hui c’est Jour de l’An, on a décidé de se faire plaisir, j’ai décidé de lui faire plaisir.
Elle était mignonne comme tout, s’était mise sur son trente et un pour faire honneur à son cadeau qu’elle supputait superbe et délicieux.
Après une laborieuse mise à nu de la chose, emballage cadeau oblige, il a fallu la faire marcher.
On nous l’avait pourtant expliqué, seul le petit bouton en bas servait au déclenchement, si on n’en connaissait pas le fonctionnement, on n’y arriverait jamais.
Comme d’habitude, je ne pris pas le temps de consulter une notice quelconque. La science infuse existait, j’en étais la preuve vivante.
Comment faire démarrer ce truc ?
Prudente, elle me dit : « Attention, c’est fragile, n’y va pas comme une brute ! »
J’avais beau contempler la chose, d’un maniement aisé, m’avait-on assuré, je ne voyais toujours pas comment faire.
Donne-moi un coup de main ! gémis-je...Je ne comprends rien ! Où est ce fichu bouton ?
Il faut dire que je ne vois pas très clair...
« Pfff...Que tu es maladroit ! Regarde au moins ! »
Elle me prit la main et la guida tant bien que mal.
Persuadé, comme toujours que la technique est une affaire d’homme, je la repoussai légèrement et me mis en devoir de régler le problème tout seul.
Patiente, et connaissant la susceptibilité des hommes en matière de mécanique, elle me regarda tâtonner lamentablement, ricanant de temps à autre, ponctuant mes tentatives de « Mais ne t’énerve pas ! », ce qui a le don de m’énerver, de « continue, tu vas y arriver », etc.
En douce, elle jeta un œil sur la chose, ajouta « un peu plus haut », « ah, tu vois que tu peux y arriver », « il est dit ça peut marcher jusqu’à huit fois sans le recharger ».
Raté, le truc ne démarrait toujours pas.
C’est vrai que pour un truc aussi simple, ça commençait à être long.
Elle avait beau être patiente, je sentais bien qu’elle se retenait de me dire « Je crois que j’y arriverais plus vite toute seule ».
Comme c’était Jour de l’An, je m’entêtai, j’y arriverai, na !
J’ai bougé ce fichu bouton dans toutes les directions, avec des résultats parfois surprenants, des soupirs, des reniflements d’impatience de sa part, bref, ce fut un rude combat.
A force, et sans lire le manuel, j’y suis arrivé ! « Ouiiii » a-t-elle crié.
L’éclair du flash nous laissa éblouis.
C’est bien la dernière fois que je lui offre un appareil photo numérique...
Maintenant, il m’est manifestement plus difficile d’écrire, et pas seulement sur les appareils photo…
18:52 | Commentaires (9)
vendredi, 02 octobre 2026
Souvenir d’avant retraite.
Ces discussions sur le budget, discussions de marchands de tapis dont nous serons tous les dupes m’ont rappelé quelques moments d’une dure vie de labeur…
Je vous ai déjà parlé de Gabriel ? Sans doute.
Gabriel, donc, est arrivé un matin en méforme.
Comme tous les matins...
Chez lui c’est habituel, c’est l’idée de l’effort à fournir, pourtant minimal, pour justifier son salaire qui en est responsable.
Bref, il pestait, comme tous les matins, contre son exploiteur de patron.
Ce dernier, non seulement ne le payait pas à hauteur de ses mérites.
Dieu puisse l’en préserver, ça diviserait ses revenus par quatre, ce n’est pas être mauvaise langue car je lui servais souvent d’alibi...
Il pestait donc car ce salaud de patron exigeait qu’il arrivât à l’heure.
Donc, comme tous les matins, Gabriel, dit « Gaby le Magnifique » est arrivé, avec, en tête, l’idée bien arrêtée de gruger son taulier de quelques heures de glande...
Manque de chance, le taulier, ce jour-là d’humeur taquine, lui fit remarquer assez platement que si Gabriel voulait bien prendre son café chez lui, ou, au moins, avant de pointer, il aurait moins l’impression (totalement fausse, je rassure le lecteur) de subventionner la flemme.
Il faut que je vous dise, Gabriel, c’est la « BA du taulier ».
Ce dernier lui passe presque tout sauf les pauses café dès l’arrivée, et pour cause, ils souffrent tous deux du même gauchissement de la pensée.
Persuadés d’en faire trop pour les autres et d’être si peu payés de retour, ils essaient de se mettre au mieux avec Adonaï via le mode dit « de la mitzva ».
Ils essaient donc chaque jour avec entrain de gruger Adonaï qui, heureusement pour eux, s’en fout.
Gabriel et le taulier se ressemblent étrangement sur beaucoup de points, prêts à tout pour grapiller un sou, confondant chaque fois le manque à gagner et les pertes.
L’un verse son salaire, l’autre le joue au Loto.
L’un constatant tristement ce que lui coûte son personnel, en oubliant qu’il gagne toujours dix fois la mise et me prenant à témoin, moi qu’il paie pour un travail d’ingénieur ce qu’un supermarché n’oserait pas payer un caissier.
Il m’assène « Tu te rends compte, Le-Goût ? Cette boîte me coûte 11,2 € par minute ! » Des quelques secondes passées en calcul mental il est ressorti que ça lui coûtait au moins 3 € d’aller pisser...
Je n’ai rien dit de mes cogitations pour lui éviter de se plaindre de sa prostate.
L’autre, dit « Gaby le Magnifique » pestait contre le prix du ticket de Loto, oubliant qu’il vient de gagner dix fois la mise, ce qui est rare au point d’abuser des demandes d’acomptes, chèques qui arrachent le cœur du taulier au point de croire que ça va l’empêcher d’acheter du sucre...
Aucun des deux n’hésitant à tricher, l’un sur les bénéfices ou les frais, l’autre sur les heures et quelques «emprunts non recouvrables».
Chacun, à les écouter, est persuadé avoir un esprit large.
Moi qui les écoute, constate qu’ils ont surtout une morale élastique…
11:07 | Commentaires (5)
jeudi, 01 octobre 2026
Se méfier des appas rances…
Que je vous dise !
On en a rencontré deux dans le bus.
Le même jour et pendant le même voyage, celui qui nous mène aux Ternes.
Il restait deux places dans le groupe de quatre réservées aux bancals et aux vieilles.
Nous prîmes place face à face, chacun à côté d’une dame d’un âge certain mais perdant beaucoup d’énergie à essayer d’avoir moins.
Deux exemplaires datant des années 30 selon l’état civil mais les années 30 du XIXème siècle selon la mise et leur discours…
La première, dans le bus prit un air outré quand la lumière de mes jours osa s’asseoir à côté d’elle.
Je l’ai alors regardée plus attentivement.
Effectivement elle semblait dater de la fin du XIXème siècle.
À deux détails près.
Une perruque d’un blond éclatant rappelant Marylin dans « La rivière sans retour » mais formant un « carré » impeccable n’eut été les quelques bruns blancs désordonnés qui sortaient au haut du front.
Le second détail était extraordinaire !
Vous connaissez sûrement ces chanteuses de « rap » qui agrémentent leurs fin de mois en étant « influenceuses » sur un « fil » de réseau social.
Cette vieille dame n’était pas allée jusqu’au modèle dit « duck face », ce modèle qui donne l’impression que « l’influenceuse » s’était fait greffer deux saucisses de Strasbourg à la place des lèvres.
Elle était néanmoins allée jusqu’à se coller des faux-cils d’une taille telle qu’elle failli me balayer la figure en se tournant vers moi.
Mais pourquoi diable ai-je détaillé cette dame ?
Parce que son air outré avait une de ces raisons stupide qui causent souvent des millions de morts quand elles se produisent entre deux impératrices.
Entre deux passagères de bus, les conséquences sont plus limitées.
La lumière de mes jours, en s’asseyant auprès de l’antiquité, avait osé frôlé un sac-à-main « Cartier ».
La voisine en fut offusquée mais si vieille qu’elle n’osa pas une remarque autre qu’un pincement méprisant de lèvres.
Si j’en juge à l’importance attachée à la vacuité de certaines choses, la stupidité de certains est un grand prodige qui m’étonnera toujours…
Un peu comme celle de ces « stars d’un jour » qui jettent un regard méprisant à la personne qui demande avec un regard admiratif un autographe devant la boulangerie.
On devrait se rappeler plus souvent quand on a tendance à se croire au-dessus du commun des mortels qu’il arrive très vite d’être du mauvais côté de la remarque de Chateaubriand « Il faut dépenser le mépris avec une grande économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. »
10:49 | Commentaires (6)



