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jeudi, 01 janvier 2026

La mémère apprivoisée

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« Tu imagines qu’il me soit possible de jeter un bout de papier sur lequel il y a l’écriture de mon grand-père? un vieux cahier de mon père? une vieille photo d’un bébé inconnu sur sa peau de mouton ? »
Ainsi parlait, non pas Zarathoustra mais Adrienne plus proche de nous que Nietzsche (qui finit tout de même fondu au noir...).
Meuh non Adrienne !
Il n’est pas question de jeter une trace de l’écriture de Papy, ni un cahier de Papa.
Bon, la photo d’un bébé inconnu, c’est plus discutable…
Cela dit, je me méfie des conservateurs compulsifs.
Je me rappelle ma mère qui avait quelques marottes comme ça.
« Le sac de sacs » perpétuellement accroché à la poignée à l’arrière de la porte de la cuisine.
Personne ne l’a jamais vue en tirer un sac pour y mettre quoi que ce soit.
Ce sac grossissait de semaine en semaine jusqu’à ce que mon père, poussé à la folie ménagère dès qu’ouvrir la porte de la cuisine devenait difficile à cause de l’épaisseur du « sac de sacs » se mettait à le vider, n’y laissant que deux petits sacs de nylon et jetant le reste.
Parfois il m’arrivait à m’attaquer à un autre trésor de ma mère, non, pas moi, mais la pelote de ficelle qu’elle faisait grossir à chaque paquet ou emballage.
Cette pelote était aussi magique qu’inutilisable car faite perpétuellement de morceaux trop longs pour être jetés et trop courts pour attacher quoi que ce soit.
Ma mère a réussi a faire de ma sœur cadette et moi des « jeteurs sans âme » à ses dires.
Une autre manie menait immuablement à une dispute mensuelle avec mon père « Mais voyons Lemmy, tu jettes ces enveloppes ! »
Et lui, soupirant « Ma poule, les lettres sont parties à la poubelle dès qu’elles sont lues ! »
« Mais tout de même ! Je le défais et écris sur l’envers, mes comptes, mes courses à faire, tout ça ! Je ne vais pas acheter un cahier pour ça ! »
Le bilan était constant : Un dimanche matin, mon père retirait les deux vases de la cheminée, les deux petits napperons ronds sur lesquels reposaient les vases, le réveil.
Puis, il posait la poubelle contre une extrémité de la cheminée, il se mettait à l’autre extrémité et poussait le contenu du tablier de la cheminée dans la poubelle.
Ma mère hurlait « C’est mes affaires à moi ! » puis, voyant enfin le marbre invisible depuis des semaines, soupirait, disait « Oui… Finalement… »
Mon père remettait le réveil, les deux petits napperons et les vases.
Ma mère tenait sa vengeance, elle avait un soupir d’agacement, soufflait « Pfff… Tu ne sauras jamais ranger… »
Elle poussait le réveil de trois millimètres, regardait les napperons, les tournait d’un  quart ou d’un dixième de tour, soupirait encore et disait « tu ne sauras dans quel sens mette les napperons ! »
Personne n’a jamais vu la différence entre ceux orientés par mon père ou ma mère mais au moins la maison avait été débarrassée de plusieurs kilos d’objets inutiles…
Il restait les souvenirs d’un spectacle redonné régulièrement avec un succès qu’auraient envié les théâtres parisiens…

mardi, 30 décembre 2025

Sacré Diogène…

 

C’est encore une note d’Adrienne qui me donne le sujet de ma note.
Nous entassons. Point.
Adrienne parle des Belges qui conservent en moyenne près de deux appareils électroniques chacun.
De la France qui en conserve à peu près la même quantité par habitant avec une centaine de millions de bidouilles pour plus de soixante millions d’habitants.
Tout ça pour vous dire que si, à l’échelle de la planète, nous sommes de grands gaspilleurs de matériaux rares et chers, l’électronique n’est pas le plus important contingent de choses diverses dont nous remplissons nos maisons et greniers.
À croire que la vraie pandémie qui frappe toute la planète est le « syndrome de Diogène ».
Heure-Bleue et moi qui avons beaucoup jeté, donné, fait attention à ne pas garder, sommes des exemples de ce fameux syndrome.
Bon, nous n’en sommes pas encore, comme certains à garder nos ordures ménagères dans des sacs entassés dans le couloir ni nos déjections dans des bocaux précieusement rangés jusqu’à ce qu’une maladresse indique au voisinage que notre comportement est étrange…
Nous souffrons d’un « Syndrome de Diogène inversé », le contraire des écureuils.
Eux entassent de quoi manger pour les moments où la nourriture sera rare.
Nous, nous gardons nos objets devenus inutiles.
Peut-être est-ce en fait la preuve ultime de notre égoïsme.
En réalité nous aurions moins peur que ces objets nous manquent que peur qu’ils soient utiles à d’autres.
Un peu comme certains que je connais qui détestent l’idée que leurs impôts ou leurs cotisations de Sécurité Sociale servent à aider ou soigner d’autres qu’eux.
Le « C’est à moi tout seul rien qu’à moi », ce mantra de la propriété privée, semble être la version généralisée du « Syndrome de Diogène ».
Déviance entretenue et répandue par des gens qui ont transformé le message « Tu ne tueras point, tu ne mentiras point, tu ne voleras point, tu nez convoiteras pas le bien d’autrui » des trois religions les plus répandues en « Chacun pour soi.» et « Crève connard »…
Heureusement les vœux nous poussent à modifier nos façons de faire.
Mais bon, depuis le temps, ça ne semble pas très efficace…