jeudi, 11 juillet 2013
Blanche fille aux cheveux roux, Dont la robe par ses trous Laisse voir la pauvreté
Disait Baudelaire cet idiot...
On a réussi à me dégoûter des rousses.
On a réussi à me dégoûter de celles qui furent, depuis que je regardai les filles autrement que comme des êtres faits pour faire ma toilette, m’envoyer en pension, me pourrir la vie avec des idées genre blouse bleue alors qu’il fallait des blouses grises.
Oui, on a réussi ce tour de force.
Oui, lectrices chéries, moi qui n’avait d’yeux, du moins ne jetais un regard intéressé, que sur celles dont la peau claire et la tignasse enflammée, pour peu que le tout fut agrémenté d’yeux clairs, je me vois soudain rebuté par l’exagération à grands traits de ces caractéristiques.
Qui ? Mais qui a osé retirer de mon esprit ce design hors classe ? Qui ?
Eh bien je vais vous le dire, lectrices chéries.
Et vous m’allez comprendre.
A2 ! Oui, A2 et ses infos plus proches du recueil de faits divers que de l’information.
Oui, à l’occasion de la mort d’André Verschueren, accordéoniste qui eut l’idée de poser son piano à bretelles sur ses quatre-vingt-douze ans. A2 en profita pour nous user avec un des trucs les plus ringards d’après guerre, « Les fiancés d’Auvergne ». Eh bien il y eut pire. Une espèce de compétition improvisée de vidéos de virtuoses du piano à bretelles.
Et c’est là qu’une chaîne de télévision m’a flingué le rêve qui m’occupait depuis des temps, pas immémoriaux, non, mais depuis longtemps.
Ne vous étonnez pas, après ça que je ne sois pas un téléspectateur acharné.
La photo qui suit vous expliquera mieux qu’un long discours le pourquoi de ma détestation soudaine des rousses…
22:10 | Commentaires (10)
Billet d’où ?
Pardon, lectrices chéries, de vous avoir gratifié hier d’un billet de m…
Je sais, j’aurais dû me relire.
J’ai essayé.
Je n’ai rien vu avant ce matin. Je fais d’habitude un peu attention à ma façon de tourner les phrases.
J’ai honte mais passons à autre chose.
Aujourd’hui je vais m’aventurer sur le terrain de l’indiscrétion.
Vous étiez persuadées, à l’exception notable de votre serviteur qui est observateur, qu’Heure-Bleue n’avait jamais, au grand jamais, connu les délices des grandes amours, surtout enfantines.
Eh bien, en veine de confidences et amenée délicatement sur ce sujet par un Goût plus vicelard que jamais, Heure-Bleue s’est laissé aller à quelques confidences. Publiables, je vous rassure.
Il y est question de séjour dans un home d’enfants, dont elle se demande encore comment elle a pu atterrir là et ce qu’a bien pu inventer sa mère pour l’y faire admettre.
Théoriquement, ce home d’enfants n’eut dû être accessible qu’à de petits orphelins.
Mais à l’époque, compte tenu du type de gibier pourchassé lors de la guerre qui venait de prendre fin, on n’était pas très regardant sur les détails administratifs. Quelques détails physiques suffisaient pour obtenir le visa adéquat.
Le père d’Heure-Bleue était tout de même revenu de Pologne, en mauvais état, certes, mais revenu, lui.
Ce qui eût dû interdire à Heure-Bleue ce séjour où elle connu les affres de l’arythmie cardiaque précoce.
Elle me parla donc d’un certain « C. » dont je tairai le prénom, faut pas exagérer non plus dans l’étalage.
Tous deux, armés en tout et pour tout d’un cœur « gros comme ça » pour tout viatique, tombèrent terriblement amoureux l’un de l’autre.
Suffisamment pour que six décennies plus tard l'histoire soit encore fraîche dans sa mémoire. Elle m'a même asséné « Et je suis sûre qu'il ne m'a pas oubliée ! » ajoutant « non plus » pour faire bonne mesure.
Amoureux, donc, au point que C., en pâmoison devant la petite rouquine aux yeux verts alla jusqu’à lui donner ses bonbons, elle lui donna les siens.
L’innocent… S’il avait eu plus de renseignements sur le palpitant convoité, il eut renoncé sur le champ et gardé ses bonbons, mais bon, il ne disposait pas des informations que j’ai acquises depuis.
Ils échangèrent et leurs bonbons et aussi leurs cœurs.
Il partit le premier, il pleura, il ne voulait pas suivre ses parents, il préférait rester auprès de la petite rouquine.
La petite rouquine pleura aussi en le regardant partir avec ses parents.
Je n’ai pas plus de détails, sur cette aventure mais je ne désespère pas.
Votre Goût adoré qui fut victime de jalousie rétrospective, comme s’il avait trompé Heure-Bleue avant même de soupçonner son existence, pouvait donc accuser Heure-Bleue à son tour de « cocufiage rétrospectif ».
Et paf !
Les meilleures vengeances, contrairement à une idée répandue, ne sont pas les plus brutales.
Non, les meilleures vengeances sont les plus mesquines.
09:51 | Commentaires (5)


