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jeudi, 01 mai 2025

On se fait « poète poète et puis c’est tout »…

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Je me demandais, en lisant « Bonheur parfait » si par hasard, Théophile Gautier ne s’était pas accordé une pause devant une difficulté de rédaction d’un poème plus délicat, comme « Musée secret » ou « La petite fleur rose »…
Depuis le temps que je lis Théophile Gautier, Baudelaire et Rimbaud, je me dis que ces gens avaient de l’inspiration et certes un regard décalé sur le monde mais avaient aussi, au choix, « le feu au c… » et se servaient de leur savoir-faire en matière de baratin bien tourné pour « pécho » 
Il suffit de lire « Rêvé pour l’hiver » d’Arthur ou « Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre » de Charlie pour le constater
Je le sais bien puisque malgré une absence de génie et même de talent, cette technique d’approche m’a bien servi au temps où approcher une jeune fille était aussi peu aisé qu’approcher un papillon, les deux ayant une furieuse tendance à s’envoler au premier pas dans leur direction.
Bref, un moment de vague regret de mon adolescence ravivé par la visite rapide et impromptue d’une jeune fille de notre connaissance.
Cette dernière est en train de « faire tourner en bourrique » un jeune homme qui ne va pas rire tous les jours.
C’est à tel point que je me dis qu’il fallait être cinglé pour courir à dix-sept ans après des filles de dix-sept ans…
Bref, cette note est ma fête du Travail à moi, celle qui montre que depuis longtemps l’arrivée d’un vrai printemps a le même effet sur mon moral…

mardi, 29 avril 2025

Le manque de peau rend triste...

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Hier matin, je suis allé chez le dentiste.
Rien de bien passionnant si ce n’est que le dentiste est dans une banlieue très agréable.
Surtout en fin de matinée de printemps.
Le temps, justement était à la cervelle pleine d’idées quant à l’usage qu’on peut faire d’un ciel bleu, d’une température douce et d’une population très clairsemée.
Pour prendre le bus, je suis passé par l’avenue Stuart Merrill car, alors qu’auparavant nous habitions le quartier des sculpteurs, nous habitons aujourd’hui dans celui des poètes…
Je suis donc monté dans le 164.
Si je n’étais pas arrivé, le machiniste eût été bien seul dans son bus et se serait ennuyé…
Il me remercia en conduisant avec douceur dans une circulation plutôt maigre.
Avant d’arriver vers l’île de la Jatte, sur ce boulevard plein de belles maisons et d’immeubles de luxe, un arrêt me fit détacher les yeux de mon livre.
Une jeune femme est alors montée.
Bien que n’étant pas particulièrement attiré par les blondes, celle-ci avait quelque chose de rare pour une femme de son âge car ce n’était plus une enfant dont on attend toujours quelque timidité à l’arrivée dans un lieu où il y a des inconnus.
Ce quelque chose était non seulement sa peau, qui était magnifique mais surtout, ce qui lui donnait cet air de vague timidité était cette nuance nacarat dont on ne pouvait dire si elle était due à une humilité improbable ou un léger essoufflement.
Bref, je fis très attention à ne pas la regarder de façon appuyée puis, le bus reprit sa route et moi mon bouquin.
Je ne sais pas où elle est descendue ni même avec précision la station où elle était montée.
Je me rappelle simplement sa peau et cette teinte qui donnait envie de la toucher.
M’est revenu le même genre de souvenir dans le bus 39, vers la station Grenier Saint Lazare.
Une dame manifestement antillaise était montée dans le bus et montrait un dos largement découvert.
Debout derrière elle j’ai remarqué une peau d’acajou sans aucun défaut, légèrement lumineuse car il faisait là encore beau temps.
Je me rappelle avoir eu envie d’y passer la main comme sur un meuble de bois précieux.
Puis je suis revenu à la maison et, après le déjeuner, Heure-Bleue et moi sommes allés au square des Battignoles où les plus vieux arbres commencent à perdre leurs branches tandis que les canards, de plus en plus impertinents tentent d’obtenir de quoi satisfaire une gourmandise insatiable.
Mais quand même, je dois vous avouer que si je n’étais pas en train de relire Théophile Gautier, j’aurais été incapable de découvrir que la peau de cette blonde avait la nuance « nacarat » qu’il a utilisée dans « Émaux et Camées »…