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mercredi, 12 novembre 2014

Une récré en enfer.

Ouaip ! Aujourd'hui, Arthur c'est moi.
Mab, qui ces temps-ci est ma muse, me rappelle une récréation catastrophique.
Vous vous rappelez sûrement, lectrices chéries, des conditions quasiment concentrationnaires dans lesquelles fut menée l’éducation de votre Goût adoré.
L’apprentissage de la survie en milieu hostile me conduisit, après quelques écarts qui me coûtèrent des week-end en prison, à acquérir un entraînement à la faux-culterie assez convaincant pour que les week-end passés chez les Frères ne soient dus qu’à des accrocs à la discipline.
J’avais laissé tomber les questions qui faisaient de moi, selon les termes de Mab, un « ergoteur » et un « mauvais esprit ». Si la bibliothèque de l’école était assez riche en ouvrages édifiants, elle était extrêmement pauvre en ouvrages capables de répondre aux questions que je me posais. Ce lundi, après avoir écrit la « pensée du jour » sur le tableau, avec les pleins et les déliés, tout ça,  le Frère qui devait nous enseigner la meilleure façon de gravir les durs chemins de la morale, demanda « qu’avez-vous lu dimanche, messieurs ? Tiens, justement, vous monsieur S. ! »
La semaine commença mal.
Ma grande sœur venait de terminer « Le livre de mon ami » et, innocent comme l’agneau qui vient de naître, avec un joli titre comme ça, l’œuvre ne pouvait m’être que profitable.
Si elle le fut plus tard, elle le fut moyennement sur le champ…
J’annonçai donc au Frère « j’ai commencé « Le livre de mon ami », d’Anatole France. »
J’eus l’impression que le Frère titubait sous un coup que je n’avais pas vu.
Un ange passa.
Il s’envola avec mon dimanche d’après.
Partant du principe que « Nul n’est censé ignorer la loi », il me punit pour avoir ignoré que, comme Pif le Chien et Vaillant, Anatole France était « à l’Index ».
Après avoir expliqué combien cet auteur mécréant était nocif pour nos jeunes âmes pures, le Frère continua.
J’oubliai rapidement la mésaventure, aidé par une tendance forte à la rêvasserie quand les cours m’ennuyaient.
Le Frère continua donc ses interrogations et la récré arriva enfin.
Mon caractère me portait à la moquerie mais pas à la détestation. Néanmoins ce jour là, je me pris à détester ma grand’ mère.
On entreprit, plus exactement les plus influençables, de m’apprendre qu’on ne lit pas des « écrits interdits par dieu » le dimanche ni les autres jours.
Ceux qui deviendraient plus tard, j’en suis sûr, des bigots moralisateurs, sans doute des hypocrites qui pécheraient avec autant d’entrain que moi, avaient décidé que je méritais une leçon.
J’avais beau ne pas reculer devant la castagne, je ne me sentais pas à l’aise ce jour là.
J’ai effectivement pris une volée malgré un entraînement soutenu.
Il se trouve qu’elle eût été moins sévère si ma grand’ mère n’avait pas tricoté mes chaussettes.
Elle faisait ça plutôt bien, avec quatre « aiguilles à deux pointes » et si j’admirais habituellement son habileté, je l’ai détestée ce lundi là.
Le problème résida, je l’ai su plus tard, dans la laine détricotée et retricotée mille fois, dans l’élastique de récupération qui ne retient que l’attention et dans la baisse de la vue grand-maternelle.
Avez-vous tenté une bagarre, lectrices chéries, en plein hiver et avec des godillots qui « avalent » des chaussettes que l’élastique ne tient pas ?
Je ne vous le conseille pas. C’est la raclée assurée.
Je le sais, je sens encore mon œil enfler…

Commentaires

Et moi je suis maudite des chaussettes, la paire enfilée hier tourne elle aussi, tu crois que je peux les rendre?

Écrit par : mab | mercredi, 12 novembre 2014

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je vais relire parce que du coup, j'ai perdu le fil moi aussi !

Écrit par : maevina | mercredi, 12 novembre 2014

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J'ai pourtant vu ma grand-mère tricoter des chaussettes, je n'ai aucun souvenir de celles-ci !

Écrit par : lakevio | mercredi, 12 novembre 2014

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je viens de lire le billet de HB
ben ça alors...être distrait à ce point...
elle doit exagérer, c'est pas possible???

Écrit par : Coumarine | mercredi, 12 novembre 2014

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Il va falloir que je relise une 2e fois, car, je n'ai pas compris qui a donné la fessée, la mère, la grand-mère ou le frère ? Quand même pas la grand-mère, car ce serait impardonnable.
Je comprends pourquoi Anatole France était personne "non grata" dans les écoles de curés.
En 1922, l’ensemble de ses œuvres (opera omnia) fait l’objet d’une condamnation papale. Pas que là d'ailleurs. Etant l'ami de Zola, il s'est engagé auprès de lui dans la réhabilitation de Dreyfus, s'est engagé politiquement, a reçu le Nobel, etc, etc...........
Y'a pas à dire, la plume peut mener loin.

ps : au fait, mets-tu toujours des caleçons ? Comme dirait quelqu'un, je sors...

Écrit par : juliette | mercredi, 12 novembre 2014

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Ma mère tricotait les chaussettes et l'élastique tenait si bien que la circulation du sang était plus difficile sous le genou et souvent , elle achevait une pelote chamarrée avec une autre pelote d'un ton plus ou moins similaire , la couleur elle s'en fichait !

Écrit par : Brigitte | mercredi, 12 novembre 2014

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La récré est finie, au boulot!

Écrit par : mab | jeudi, 13 novembre 2014

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Eh bien moi, ce fut au lycée qu'en cours de français, je prétendis avoir lu (alors que je n'avais fait que d'en entamer la lecture) "J'irai cracher sur vos tombes" de Vernon Sullivan, alias Boris Vian ! J'avais 14/15 ans et je crus que la prof allait s'évanouir...
Elle a survécu, moi aussi...
Gwen

Écrit par : Gwen | vendredi, 14 novembre 2014

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