Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 28 novembre 2016

Guère épais...

lakevio.jpg

J’ai descendu les quatre étages.
Le bougnat en bas était déjà ouvert, j’entendais les premiers clients au travers de la porte qui donnait sur l’entrée.
Quand je suis arrivé sur le trottoir, le mur voisin était violemment éclairé par le reflet du soleil dans les vitres de l’immeuble de l’épicier.
Ça faisait plusieurs jours qu’il n’avait pas ouvert sa boutique.
Depuis le jour où je l’avais vu, assis devant sa devanture dévastée par l’explosion, la tête dans les mains et pleurant à gros sanglots.
Ça m’a fait tout bizarre.
C’était la première fois que je voyais pleurer un « vieux ».
Depuis quelque temps, le quartier était réveillé par des explosions.
On disait que c’était « les percepteurs » qui punissaient les « mauvais Français » ou « les traîtres », c’était selon…
Les uns disaient « C’est ceux du FLN, les salauds ».
Les autres disaient « C’est sûr, c’est l’OAS ! Ces factieux ! »
J’hésitais entre prendre le métro et aller à pied.
Le soleil a décidé pour moi.
J’irai à pied.
Ça me fera un ticket de plus dans la pochette de ma « Carte d’identité  Familles Nombreuses ».
J’étais sûr qu’il me servirait.
Que peut-être je pourrai le donner à quelqu’un avec qui je prendrai le métro.
Il n’a servi qu’à moi.

Commentaires

Alep, Paris et ailleurs toujours des bombes, quel monde!

Écrit par : mab | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Triste époque. La première où j'ai su ce qu"était la guerre parce que mon frère était en Algérie. Celles d'avant étaient pour moi des récite de père et grand-père. Mais hélas, il y a toujours un coin du monde depuis ce temps-là où une bombe efface les souvenirs...

Écrit par : lakevio | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Comme là-bas ? à Alger ? Hé ben !

Écrit par : Nina | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

pas mieux que moi !!!

Écrit par : liliplume | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

C'est triste... du vécu ? :-(

Écrit par : Praline | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

J'ai lu mr le goût ton ancien article. C'est triste ; putains de guerres qui montent les gens les uns contre les autres.

Écrit par : julie | lundi, 28 novembre 2016

Voir un vieux pleurer, c'est incompréhensible.

Écrit par : Berthoise | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Quel condensé de sensations, de réflexions, de découvertes! La vulnérabilité d' "vieux", la guerre et ses sinistres corollaires, rackets, saccages, la nécessité de pratiquer l'économie... et quand même, le soleil!!!

Écrit par : la baladine | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Je me souviens du bruit -lointain, certes- des explosions, et de maman qui me disait : c'est l'OAS.

Écrit par : la Mère Castor | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Tu nous fais revivre les années 50/60 à la lecture des journaux ou l'écoute de la radio nous relatait les horreurs des attentats aveugles de l'époque. Hélas ! rien n'est fini...

Écrit par : Bourlingueuse | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Chouette! J'ai appris un nouveau mot.

Écrit par : livfourmi | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

J'aime bien quand c'est le soleil qui décide pour moi, aussi...
Belle histoire, le Goût.
¸¸.•*¨*• ☆

Écrit par : celestine | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Ta note n'est pas bien gaie, et j'ai lu celle qui répondait à celle que je me posais : du vécu ?

Pour mes 20 ans, je me suis retrouvée, comme toutes les filles de mon âge, sans "prétendants" : ils étaient partis, souvent pour 30 mois, sur une terre qu'ils ne connaissaient pas. Un de ceux de ma bande n'est pas revenu. Il s'appelait Denis.

Écrit par : Sophie | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

A vous lire, je mesure la chance de ne pas avoir connu la guerre...enfin, cette forme de guerre.

Écrit par : Véro | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Robert est parti en Algérie après ses deux frères : l'un rentrait après avoir effectué ses 28 mois d'armée, le second partait, lorsqu'il est rentré Robert est parti à son tour.Mon frère a sauté (avec son camion sur une mine et une balle l'a touché au bras..... sale époque !
Voir pleurer un vieux... c'est encore plus triste !

Écrit par : emiliacelina | lundi, 28 novembre 2016

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire