jeudi, 02 avril 2026
Elle fait grimper les ans chers…
Bon, je sais mais je me remets d’hier alors un peu d’indulgence est bienvenue…
Un instant de panique m’a un instant paralysé.
La figure pleine de mousse à raser, je me suis retourné pour prendre mon rasoir.
Horreur ! Mon rasoir n’est pas à sa place habituelle !
Un doute m’étreint.
Le souvenir de Merveille qui, en panne de chauffage et d’eau chaude chez elle est venue hier profiter de la cuisine de papy mais pas que quand Merveille vient, elle squatteaussi la salle de bains.
Elle consomme un quart de mètre cube d’eau chaude à « patouiller » dans la baignoire.
Parfait, pas de problème.
Un autre quart de mètre cube pour laver une chevelure qui aurait poussé Absalom à se raser le crâne par pure jalousie.
Très bien, tout ça est justifié par un superbe résultat car elle a des cheveux magnifiques.
Las… Trois fois hélas, Merveille qui doit avoir sept poils sur les jambes pense que ces sept poils lui « défigurent les jambes ».
Ergo il lui faut illico profiter de la salle de bains d’Heure-Bleue et de Le-Goût pour les éradiquer.
Re-hélas, elle dispose pour ce faire d’un outil autrement efficace et précis que la tondeuse de son père dit « L’Ours ».
Le rasoir de Papy est un outil dont elle est persuadée qu’il a été étudié pour ses sept poils.
Le résultat ?
Après le passage de Merveille dans la salle de bains, la surprise est là dès le matin suivant.
Alors que j’admire mon profil de médaille et mon menton bleuissant et tenant mon rasoir d’une main sûre, le drame se noue.
La lame qui habituellement glisse sans bruit, sans douleur et sans laisser une trace autre qu’une peau de bébé, laisse alors des traînées sanguinolentes et douloureuses.
De celles qui feraient écrire dans le canard à scandale de la semaine « Il Tue Sa Petite-Fille Pour Une Lame De Rasoir ! Ce que l’on sait. » suivi de « Lire notre article en page deux pour avoir tous les détails du drame. »
Mais non, j’ai eu peur pour rien.
Comme d’habitude la lame glisse et supportera peut-être les deux semaines de rasage quotidien.
Si Merveille ne passe pas…
Ces lames là sont super chouettes, je la comprends mais je préfèrerais que soit l’élu de son coeur qui s’arrache la figure...
14:28 | Commentaires (6)
mardi, 31 mars 2026
Il y du « Censure les murs » et pas que...
Ouais, bon, je sais…
Samedi, Heure-Bleue et moi sommes allés traîné dans le plus vieux quartier chinois de Paris.
Non, ce n’est pas le XIIIème arrondissement, c’est le IIIème arrondissement qui vit arriver en 1920 les Chinois fuyant la Chine qui hésitait entre empire et république en allant à la « chasse aux pas d’accord » et dont 140.000 furent enrôlés dès 1914.
Cette immigration, venue de Wenzhou, les « wench », est restée célèbre par les maroquiniers du rectangle des rues Beaubourg, Gravilliers, Temple et Réaumur.
Cette communauté donna donc naissance, nécessité fait loi, à une foule de petits restaurants dont certains, grâce à un talent commercial mais aussi culinaire éprouvés, devinrent un lieu qu’on se transmet de bouche de Parisien à bouche de Parisien en chuchotant histoire d’éviter ça :
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés chez « Happy Nouille » pour la seconde fois en une semaine.
C’est cette dernière fois que nous avons constaté que les Chinois sont très forts.
Non seulement ils se sont plantés sur notre plat mais nous l’ont à peine arrangé en y adjoignant un bol avec le bouillon qui était en trop dans notre commande mais en sortant nous ont donné une leçon de morale sur la nécessité de bien comprendre ce que nous commandions.
J’ai craint un instant qu’on me facture les cinq minutes de bidouillage de plat erroné.
Crainte superflue, on nous attend pour un prochain déjeuner sans erreur.
Erreur de notre part évidemment…
Ce fut néanmoins un déjeuner délicieux, un poil trop épicé.
C’est ce qui m’a éclairé sur les progrès fulgurants de la « RPC » dans le domaine spatial.
J’ai soudain compris qu’ils remplissaient les réservoirs de leurs fusées avec la sauce de leurs « nouilles au porc haché » mélangée au bouillon de la soupe.
Rien que ça, vous gagnez une journée sur le voyage Terre-Lune qui dure normalement quatre jours…
Ce fut un délicieux après-midi agrémenté d’une longue visite de notre ancien quartier, celui où « l’Ours » a grandi…
Nous sommes sortis pour boire un café ailleurs et en passant devant le square du Temple, face à la mairie où nous nous sommes mariés il y a… bon ça va, nous avons eu l’attention attirée par quelques reproductions accrochées aux grilles du square.
Une nous a fait saisir la chance de vivre -pour quelque temps encore- dans une démocratie sociale, libérale et pas trop « cul serré ».
J’en veux pour preuve cette œuvre de Goya appelée « Censeur » par un Iranien qui trouve que frustrer les admirateurs de la duchesse d’Albe à coups de peinture noire était dommage.
Il est vrai que quand on voit le déroulement des trois versions de l’œuvre de Goya, on peut être légitimement inquiet de ce qui risque d’arriver si notre République devient un état théocratique.
07:00 | Commentaires (7)
dimanche, 15 mars 2026
La suppression de la pauvreté n’est pas sans risque...
Faut reconnaître à nozélites qu’ils sont très forts.
Une idée saugrenue pour trouver un prétexte plausible pour supprimer les subsides de quelqu’un qui manque de tout est venue de quelqu’un qui ne manque de rien sauf du pouvoir de mettre à exécution sa brillante idée.
Cet humaniste qui a réussi à diminuer de 25% le nombre de bénéficiaires du RSA de son département, mené par une conception étrange de l’aide publique, propose à mots à peine couverts une nouvelle idée d’aider son prochain dans la mouise.
Non en leur dégotant un emploi, si possible décemment rémunéré, mais en rendant le parcours d’accès au RSA proche du cauchemar administratif décrit par Kafka dans « Le Procès »…
Il y pointe par inadvertance une contradiction fondamentale dans le capitalisme:
D’une part assurer une productivité élevée et un salaire minimum pour augmenter les dividendes
D’autre part écouler la production en la vendant à des gens très peu payés pour assurer lesdits dividendes.
Une partie du problème fur résolue grâce à la mesure de la pauvreté :
Est pauvre celui qui gagne moins de la moitié du salaire médian.
Bilan, plus les salaires diminuent, plus le salaire médian baisse.
Plus le salaire médian baisse, moins il y a de pauvres.
Bientôt, le graal du capitalisme sera atteint.
Quand les salaires seront nuls, il n’y aura plus de pauvres.
Reste la question emmerdante et toujours pas résolue : Que deviendront les dividendes en l’absence de chiffre d’affaires ?
Ça va être la jungle entre « pas pauvres ».
Un monde sans pauvres est décidément trop féroce.
Bon, soyons honnête, je peux faire la même chose avec le communisme, où l’on se retrouverait avec une population argentée mais sans produits à acheter.
Il n’y a aucune raison de laisser aux seuls politiques le soin d’abuser des sophismes.
Continuons donc à donner les sous des contribuables aux banques pour rendre le monde plus facile à vivre...
Bref, comme toujours, on confond le combat contre la pauvreté avec la guerre aux pauvres.
11:18 | Commentaires (11)
vendredi, 06 mars 2026
Le mal dominant.
S’il ne s’agissait que de mes impôts, ça m’amuserait.
Hélas, une utilisation « décalée » de l’argent public montre que les choix de l’administration parisienne peuvent paraître au minimum stupides au pire cruels.
Mais qu’est-ce qui, en ces jours printaniers propices aux promenades dans les rues de Paris suscite cette réflexion amère ?
Eh bien, c’est un détail tout bête qui « saute aux yeux comme un pavé dans la gueule d’un flic » selon l’expression consacrée par des siècles de manifestations.
Il y a dans Paris intra-muros six mille cinq cent rues.
Une estimation dite « au pif » me dit qu’il doit bien y avoir cinq fois plus de croisements que de voies.
Chaque croisement implique huit plaques de rue de tôle émaillée prévues pour rester lisibles après des siècles d’intempéries.
Quelques images saisies dans un rayon minuscule près de « mon lycée » vous le montreront.
Ainsi, à l’époque bénie où j’usais mes pantalons sur les bancs de la, les rues dont je vous parle s’appelaient respectivement « Rue Rochechouart », « Rue de La Tour d’Auvergne » et « Rue Rodier ».
Ces rues sont devenues pour des raisons qui me restent obscures « Rue Marguerite de Rochechouart » et « Rue Louise-Emilie de la Tour d’Auvergne » et « Rue Claude Rodier ».
Pourquoi adjoindre au personnage un prénom qui n’intéressait que lui et ses parents ? Ce qui m’agace en réalité, c’est qu’il peut en coûter jusqu’à cinq cents €uros, main d’œuvre incluse, pour changer une plaque et qu’il y en a huit par croisement tandis qu’on regarde de travers celui qui, faute de logement, dort sur un banc dans une de ces rues.
Un calcul « au doigt mouillé » me dit que plus de deux cent cinquante mille plaques de rues à cinq cents €uros soit plus de cent-vingt-cinq millions d’€uros seraient consacrés à ce travail inutile.
Cette somme permettrait, au choix d’embaucher et payer pendant vingt ans près de trois mille profs ou réparer les lycées et écoles parisiens.
C’est ce que je me suis demandé en revenant de promenade.
10:12 | Commentaires (11)
vendredi, 27 février 2026
La morale, hélas, tique…
Avant-hier nous sommes allés à Notre-Dame.
Nous voulions voir si elle était aussi belle que dans nos souvenirs.
Nous la connaissons comme tous les Parisiens, quelle que soit leur religion, depuis que nous sommes enfants.
Elle était noire et peuplée essentiellement de fidèles et d’amateurs respectueux du lieu de culte.
Dans le silence habituel on y entendait parfois l’orgue.
Il y régnait une odeur d’encens un poil entêtante et même on pouvait monter jusqu’au sommet des tours et entendre le son du « Grand Bourdon » sur quoi un guide frottait une clef anglaise pour quelques touristes silencieux.
Un jour du printemps 2019, un incendie réduisit quasi à néant cette cathédrale qui était là depuis environ sept siècles.
De noire qu’elle était, elle devint calcinée en quelques heures.
On lança un appel aux dons pour la restaurer et nous allés admirer le résultat.
Au risque de passer pour des vieux, on s’est dit « C’était mieux avant »…
Ah ça ! Le travail fait est absolument remarquable.
Ce qui l’est moins et choque même l’athée que je suis est l’absence totale de ferveur qui frappe dès l’entrée.
Ça nous afait le même effet à Jérusalem lorsque nous sommes entrés au Saint Sépulchre...
Pour ce que je me rappelle avoir appris chez mes fondus du bon dieu, il y a une vingtaine de siècles un type s’était fait repérer à Jérusalem en faisant un scandale et allant jusqu’à sortir à coups de pied les boutiquiers qui squattaient le Temple, haut lieu de la religion juive de l’époque.
Juif lui aussi, il trouvait scandaleux de transformer le lieux de prières en centre commercial et les vira.
Nous fûmes, Heure-Bleue et moi, bien surpris de voir Notre Dame, lieu voué à la prière, soumis à la loi de la rentabilité.
Des boutiques de souvenirs, des terminaux de paiement par carte de crédit pour régler illico et « sans contact » les bougies et autres dévotions pleuvaient.
Une foule de jour de marché se pressait des deux côtés de la nef et s’arrêtait un moment pour faire des photos de la croisée des transepts.
Le tout dans un brouhaha tel que le bon dieu devait avoir un mal fou à entendre les quelques fidèles qui priaient…
Ressortis, nous fûmes surpris par un aménagement du parvis qui ressemblait à celui qui donnait accès au Louvre.
Mais bon, les deux étant désormais transformés en centre commercial, nous haussâmes les épaules, déçus, et retraversâmes la Seine pour aller au BHV, constatant l’inversion de fréquentation avec un BHV quasiment vide et Notre-Dame trop pleine…
Déçus, vous dis-je, de voir que la qualité remarquable du travail fait par les artisans ait donné l’impression d’avoir servi plus à augmenter les revenus touristiques de Paris qu’à sa beauté…
11:01 | Commentaires (9)












