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dimanche, 19 avril 2026

Aujourd’hui j’ai bobo…

Vous vous en doutez, jeune je fus un « bobo » comme on dit aujourd’hui mais un « bolchevik-bohème ».
Les années passant et un semblant de bien-être advenant grâce à la lumière de mes jours, je restai « bobo » mais « bourgeois-bohème ».
Las, le comportement de certains « faux-bobos », les fit haïr d'une partie de la population.
Je ne parle pas de la population qui ne sait pas exactement ce qu’est un « bobo » mais les déteste parce qu’ils les pensent rassurés quant à leurs fins de mois mais surtout parce qu’ils sont parisiens…
J’avoue que je suis agacé par l’andouille aisée qui va habiter rue de Lappe parce « c’est tellement branché et animé » et qui, les trois premiers mois passés, font fermer les bistrots à coups d’exploits d’huissiers et de procès pour tapage nocturne…
Ces andouilles réussissent à faire des dégâts humains dans d’autres quartiers dont celui où Heure-Bleue et moi allons faire nos courses.
Là où les rues de Tocqueville, de Lévis et Cardinet se croisent, une petite place est là.
Il y a un kiosque et il y avait un banc.
Sur ce banc m’attendait parfois Heure-Bleue quand j’allais au « Faisan Doré » acheter quelque nourriture.
Ce banc était occupé par trois petites vieilles qui papotaient et faisaient quelques commentaires sur les passants.
Elles étaient très vieilles et n’aimaient pas qu’on modifie leur environnement sans qu’on leur demandât leur avis.
Il y a peu, le banc disparut.
Ergo, les petites vieilles itou.
Heure-Bleue qui échangeait quelques mots avec elles se demanda où elles étaient passées, craignant que la camarde eût la faux trop hâtive.
Cet après-midi, Heure-Bleue en reconnut une.
Elle en apprit qu’elle n’avait plus de nouvelles des deux autres dont une au moins restait cloitrée chez elle et l’autre disparut sans laisser de nouvelles.
Et le banc ???
Eh bien ce banc a été retiré par la Ville de Paris parce que des riverains hurlèrent que des jeunes gens faisaient trop de bruit les soirs de bringue.
Faute de banc, les trois petites vieilles perdirent leur lieu de rendez-vous, ce qui n’empêche pas les jeunes gens de faire la bringue.
On a détruit un lieu de rencontre, d’échanges et d’amitié qui ne dérangeait personne pour éviter de gêner des gens qui ont oublié que dix ans plus tôt ils faisaient la même chose…
La dernière petite vieille est triste et on voit bien qu’elle est partie pour voir le dessous des fleurs avant longtemps car ses copines ont disparu.
Et ce n’est pas à cause des « vrais bobos » dont nous sommes, Heure-Bleue et moi mais des vrais égoïstes intolérants qui ont usurpé l’appellation de « bobo ».
D’ailleurs le vrai « bobo » c’est expliqué là :
https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/12/les-bobos...

dimanche, 12 avril 2026

Fais-moi confiance dit le renard à la poule.

Aujourd’hui c’est miracle !
J’avais tenté sans succès le Loto de la Française des jeux mais le résultat m’a semblé tout à fait aléatoire, pour ne pas dire nul.
J’étais prêt à sombrer dans le désespoir quand soudain, ce matin en ouvrant ma boîte mail le soleil s’est mis à briller dans mon ciel personnel.
Une inconnue m’a écrit et m’a promis un avenir sans fins de mois difficiles, voire sans fins de mois du tout, un peu comme celles d’un ministre
Vous savez bien, ceux qui nous parlent de décisions difficiles et ne savent que les mois ont une fin que parce qu’ils ont un agenda.
Plein d’espoir, j’ai ouvert ce mail.
Une vieille dame, une Américaine, une des Etats-Unis, m’avait écrit une de ces missives qui redonnent espoir dans la nature humaine.
Atteinte d’un crabe qui ne lui laissait que quelques semaines à vivre, elle appris mon existence, sûrement grâce à un miracle, et me promettait de me donner tous ses sous, juste par gentillesse.
Elle me promettait même de m’envoyer incessamment, sous peu et peut-être même avant, la modique somme de 8,5 millions de dollars, des vrais, des « US$ ».
C’était évidemment une lumière divine qui lui avait communiqué mon adresse mail, habituellement réservé aux quelques courriers et aux millions d’annonces commerciales qui squattent ma boîte aux lettres numérique.
Elle m’indiqua obligeamment la meilleure façon de me faire parvenir ces 8,5 millions de dollars.
Il me suffisait de lui renvoyer sur le champ mon identité, une photo de ma pièce d’identité ainsi que mes coordonnées bancaires et je serai alors averti par ma banque de ce versement miraculeux.
Ce qui m’a le plus surpris, ce n’est pas la variation du contenu de ce type de courriel car habituellement on me propose des affaires extraordinaires comme cet outil qui permettrait d’allonger mon membre viril jusqu’à lui donner des dimensions dignes d’un mulet au mieux de sa forme, des comme ça j’en reçois un tas et, rien qu’à regarder la photo de l’instrument, je serre les cuisses et frissonne d’angoisse.
Un doute demeure toutefois : Me prend-on clairement pour une andouille de croire un instant qu’on peut tomber si facilement dans ces offres dignes de Cocagne ?
Bref, cette fausse Américaine, probablement un « brouteur » du Sénégal a égayé ma matinée.

mardi, 07 avril 2026

Vie d’ange…

Ouais, j’ai fait mieux, je sais…
Hier, c’était brocante.
Le temp printanier nous a poussés à laisser tomber cette histoire de ménage du lundi.
Le lundi ce n’est pas ravioli, habituellement c’est changement du lit, lavage de cuisine et de salle de bains, tâches palpitantes vous le pressentez…
Nous avons regardé le ciel et, tels les ouvriers, nous avons pensé « on ne va pas donner une journée pareille à un patron ! » et nous sommes partis joyeux vers un flanc de la colline de Montmartre.
Nous sommes allés flâner sur la brocante qui s’écoule sur la pente de la rue Rochechouart dont le nom a coûté un œil à la Ville de Paris comme je vous l’ai conté il y a peu.
Nous avons profité d’un printemps lumineux dans un quartier plein de charme et de souvenirs de l’enfance et de l’adolescence de votre Goût préféré.
Souvenirs qui sont différents de ceux de la lumière de mes jours qui passa son enfance dans un quartier plus huppé et ses jeudis au Parc Monceau.
C’est peut-être ce charme qui fait que la femme de ma vie préfère de beaucoup Montmartre, la rue des Abbesses et la rue des Martyrs à l’ennui des allées du Parc Monceau.
Ce fut un après-midi agréable au point que malgré une luminosité pénible pour les yeux clairs de ma dulcinée, nous comptons bien renouveler ces promenades printanières.
Elles ont le mérite à mes yeux de me retirer ces soixante ans qui font que les rues de ce quartier sont bien plus en pente que dans mon souvenir…
Au cours de nos déambulations j’ai repéré des proximités inattendues comme celle-ci.

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Sous le regard sévère du général de Gaulle, le « Catéchisme à l’usage des diocèses de France » est posé à côté de ce « Érotisme japonais » ce qui traduit si bien les tourments de l’adolescence qui pousse plus vers le petit bois derrière l’église que vers le confessionnal…
Vous ne voyez pas pourquoi on peut tomber amoureux de ce coin ?
Regardez cette image qui fait la réputation mondiale de « April in Paris ».

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jeudi, 02 avril 2026

Elle fait grimper les ans chers…

Bon, je sais mais je me remets d’hier alors un peu d’indulgence est bienvenue…

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Un instant de panique m’a un instant paralysé.
La figure pleine de mousse à raser, je me suis retourné pour prendre mon rasoir.
Horreur ! Mon rasoir n’est pas à sa place habituelle !
Un doute m’étreint.
Le souvenir de Merveille qui, en panne de chauffage et d’eau chaude chez elle est venue hier profiter de la cuisine de papy mais pas que quand Merveille vient, elle squatteaussi la salle de bains.
Elle consomme un quart de mètre cube d’eau chaude à « patouiller » dans la baignoire.
Parfait, pas de problème.
Un autre quart de mètre cube pour laver une chevelure qui aurait poussé Absalom à se raser le crâne par pure jalousie.
Très bien, tout ça est justifié par un superbe résultat car elle a des cheveux magnifiques.
Las… Trois fois hélas, Merveille qui doit avoir sept poils sur les jambes pense que ces sept poils lui « défigurent les jambes ».
Ergo il lui faut illico profiter de la salle de bains d’Heure-Bleue et de Le-Goût pour les éradiquer.
Re-hélas, elle dispose pour ce faire d’un outil autrement efficace et précis que la tondeuse de son père dit « L’Ours ».
Le rasoir de Papy est un outil dont elle est persuadée qu’il a été étudié pour ses sept poils.
Le résultat ?
Après le passage de Merveille dans la salle de bains, la surprise est là dès le matin suivant.
Alors que j’admire mon profil de médaille et mon menton bleuissant et tenant mon rasoir d’une main sûre, le drame se noue.
La lame qui habituellement glisse sans bruit, sans douleur et sans laisser une trace autre qu’une peau de bébé, laisse alors des traînées sanguinolentes et douloureuses.
De celles qui feraient écrire dans le canard à scandale de la semaine « Il Tue Sa Petite-Fille Pour Une Lame De Rasoir ! Ce que l’on sait. » suivi de « Lire notre article en page deux pour avoir tous les détails du drame. »
Mais non, j’ai eu peur pour rien.
Comme d’habitude la lame glisse et supportera peut-être les deux semaines de rasage quotidien.
Si Merveille ne passe pas…
Ces lames là sont super chouettes, je la comprends mais je préfèrerais que soit l’élu de son coeur qui s’arrache la figure...

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mardi, 31 mars 2026

Il y du « Censure les murs » et pas que...

Ouais, bon, je sais…
Samedi, Heure-Bleue et moi sommes allés traîné dans le plus vieux quartier chinois de Paris.
Non, ce n’est pas le XIIIème arrondissement, c’est le IIIème arrondissement qui vit arriver en 1920 les Chinois fuyant la Chine qui hésitait entre empire et république en allant à la « chasse aux pas d’accord » et dont 140.000 furent enrôlés dès 1914
.
Cette immigration, venue de Wenzhou, les « wench », est restée célèbre par les maroquiniers du rectangle des rues Beaubourg, Gravilliers, Temple et Réaumur.
Cette communauté donna donc naissance, nécessité fait loi, à une foule de petits restaurants dont certains, grâce à un talent commercial mais aussi culinaire éprouvés, devinrent un lieu qu’on se transmet de bouche de Parisien à bouche de Parisien en chuchotant histoire d’éviter ça :

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C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés chez « Happy Nouille » pour la seconde fois en une semaine.
C’est cette dernière fois que nous avons constaté que les Chinois sont très forts.
Non seulement ils se sont plantés sur notre plat mais nous l’ont à peine arrangé en y adjoignant un bol avec le bouillon qui était en trop dans notre commande mais en sortant nous ont donné une leçon de morale sur la nécessité de bien comprendre ce que nous commandions.
J’ai craint un instant qu’on me facture les cinq minutes de bidouillage de plat erroné.
Crainte superflue, on nous attend pour un prochain déjeuner sans erreur.
Erreur de notre part évidemment…
Ce fut néanmoins un déjeuner délicieux, un poil trop épicé.
C’est ce qui m’a éclairé sur les progrès fulgurants de la « RPC » dans le domaine spatial.
J’ai soudain compris qu’ils remplissaient les réservoirs de leurs fusées avec la sauce de leurs « nouilles au porc haché » mélangée au bouillon de la soupe.
Rien que ça, vous gagnez une journée sur le voyage Terre-Lune qui dure normalement quatre jours…
Ce fut un délicieux après-midi agrémenté d’une longue visite de notre ancien quartier, celui où « l’Ours » a grandi…
Nous sommes sortis pour boire un café ailleurs et en passant devant le square du Temple, face à la mairie où nous nous sommes mariés il y a… bon ça va, nous avons eu l’attention attirée par quelques reproductions accrochées aux grilles du square.
Une nous a fait saisir la chance de vivre -pour quelque temps encore- dans une démocratie sociale, libérale et pas trop « cul serré ».
J’en veux pour preuve cette œuvre de Goya appelée « Censeur » par un Iranien qui trouve que frustrer les admirateurs de la duchesse d’Albe à coups de peinture noire était dommage.
Il est vrai que quand on voit le déroulement des trois versions de l’œuvre de Goya, on peut être légitimement inquiet de ce qui risque d’arriver si notre République devient un état théocratique.

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