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jeudi, 25 juin 2026

Orages ! Ô des espoirs !

Depuis une semaine, Heure-Bleue et moi nous demandons quel jour elle va mourir.
Non que je sois immortel, ce doit être ennuyeux au bout d'un moment.
Mais notre différence de complexion est ce qui m’a rendu raide dingue d'Heure-Bleue.
C’est une « claire », elle a une peau qui... une peau que...
Bref, une peau qui m'a rendu dingue il y a...

Enfin il y a longtemps.
Elle a en plus des yeux changeants, de gris à vert en passant par bleu.
Parfois aussi par orageux façon Zeus ayant des comptes à régler.

Ça aussi ça m’a, bref, ça m’a...
Avec ma complexion très latine, mon teint mat et mes cheveux d'un noir de jais, enfin noirs il y a... tout ça, j’ai cru que je n’aurais aucune chance d’être regardé par cette fille.
Sans faire spécialement attention, il s’est écoulé un assez long moment, quelques décennies en réalité et ce n'est que depuis une semaine que notre différence de métabolisme a mis au jour un détail.
Un détail que seule cette canicule particulièrement féroce  a rendu crucial.
Tandis que mes ascendances, de celles qui me feraient jeter sur un bateau par Mme Le Pen, Mr Zemmour ou Mr Retailleau et autres racistes et xénophobes, mes ascendances donc me protégeaient tant bien que mal des effets pervers de ce que Météo France appelle « un dôme de chaleur » et que n'importe quel quidam appelle « canicule ».
Hélas ! Trois fois hélas ! Le teint de rose, les yeux clairs et les cheveux un peu moins roux de la lumière de mes jours, loin de la protéger, la soumettent à la cruelle morsure de la chaleur.
Elle se liquéfie.
Elle fond.
Elle s’effondrerait dans une coin du salon, tel un tas de billes instable.
Néanmoins, un point, un trait de caractère la maintient, droite comme un « i » et raide comme le glaive de Thémis : Son caractère d'acier trempé.
Hélas, si je savais que l’excès de chaleur rendait les jambes molles, je ne savais pas qu'il rendait le caractère rugueux.
Il y a des jours comme ça où le soleil pousse à se demander si, par hasard, la jeunesse n’aurait favorisé une erreur d'appréciation.
D’un naturel patient, enfin plus que celui de la lumière de mes jours, j’attends dimanche soir.
Savez vous que dimanche soir une conjonction extraordinaire est prévue ?
- Une baisse sensible des températures.
- Peut-être une pluie bienfaisante.
- La fin de la canicule.
- La possibilité d'un sommeil reposant.
Tout devrait donc s'arranger.
A moins que...

dimanche, 14 juin 2026

Notre monde est gay comme un pinson...

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Hier soir, pour la première fois depuis un assez long moment, nous sommes allés assister à un concert.
Une fois menés à notre place par une ouvreuse, autant dire une gosse en robe noire comme celles que je trouvais super belles quand j’allais voir un film à « L’Ornano 43 », nous nous sommes assis et avons, comme d'habitude, commencé à examiner l'assistance.
Elle se révéla très « Gay friendly » ce qui nous ramena un instant dans notre ancien quartier devenu « très princesse », autre expression pour « inabordable ».

J’étais allé quelques fois à la Salle Gaveau, trois fois dans mon souvenir qui se révéla exact.
J’y avais écouté la première fois le quatuor Amadeus interpréter entre autres le quintette avec piano de Brahms.
La seconde fois, j’avais écouté Paul Badura Skoda interpréter des sonates de Beethoven.
La troisième fois, j’y avais écouté Brigitte Engerer interpréter des Nocturnes de Chopin.
Comme la lumière de mes jours n’était pas avec moi et ne soupçonnait pas plus mon existence que je ne soupçonnais la sienne, quand elle a dit « Je ne suis jamais allée Salle Gaveau » je me suis dit qu'un silence prudent s'imposait quant à ceux ou celles qui m’y avaient accompagné...
En plus, j’étais jeune.
La lumière de mes jours aussi.
Quelle ne fut pas notre surprise, alors que nous savions ce qu’on y donnait hier soir, de constater que l’assistance était celle qui remplissait les bus qui nous menaient ici ou là.
Autant dire pas trace d’un gamin...
C’est là, en contemplant l’assistance dont tous les cheveux qui n’étaient pas blancs étaient teints que l’épouvantable réalité m’a frappé.
Si un incendie s’était déclaré à ce moment, l’incapacité à se dépêcher de l'assistance nous aurait prouvé qu’on pouvait boucher la moitié du trou de la Sécu et arranger les comptes des caisses de retraites jusqu’en 2045 avec un simple briquet...
Puis les lumières se sont fortement atténuées, un homme est venu nous annoncer que le clarinettiste prévu était hors-service mais que les autres participants nous honoreraient de leur présence.
Evidemment, la lumière de mes jours a trouvé Lambert Wilson « à tomber », cette hyène qui a la chance d'être mariée avec Apollon en mieux.
Sauf quelques moments où un décalage entre ce que chantait Lambert Wilson et ce qui était écrit sur la partition me déchirait l'oreille, ce fut un spectacle agréable et par moments délicieux.
Ce n'est pas un chanteur, certes, mais un amoureux et connaisseur émérite de l'âge d'or du cinéma, que ce soit à Hollywood ou ailleurs.
Il nous a remis dans l'oreille des chansons que chantonnaient nos parents et que nous chantions dans les années soixante, les « Magic sixties »...
Nous avons reculé de cinquante ou soixante ans pendant deux heures et demie.
Finalement, gagner un demi-siècle pour un prix raisonnable, ça valait le coup.
Nous sommes rentrés à une heure et demie du matin dans une forme qu'on n'avait pas connue depuis longtemps...


vendredi, 15 mai 2026

Old man riz vert...

Ouais bon, c’est le week-end alors n’en demandez pas trop non plus.
L’image est parlante et m’évite de me brûler un neurone en plus du riz, de la passoire et de la casserole.
Voilà ce qui arrive quand on est brusquement et pour trop longtemps intéressé par autre chose que la cuisine.
Il est vrai que deux éléments ont joué en défaveur de la cuisine et du cuisinier.
- La plaque est méchante et se met à trop chauffer quand je suis dans une autre pièce.
- La recherche d’une information sur la cuisson du riz basmati m’a pris trop de temps.
Bon, honnêtement, ce sont deux mauvais prétextes que la lumière de mes jours me jette à la face chaque fois que le résultat dépasse les prévisions.
Cela dit, cette plaque a malgré tout des tendances sadiques, j’en suis sûr.
Comme elle ne peut pas me faire du mal, elle se venge parfois sur les plats que je veux concocter, surtout les plus simples.
Faire des endives braisées par exemple.
C’est si simple que j’ai illico l’attention attirée par autre chose.
Ce qui transforme l’endive braisée en endive cramée…
Aujourd’hui, il s’agissait simplement de faire réchauffer du riz.
Vous savez comment on fait.
On pose la passoire contenant le reste de riz cuit la veille sur une casserole à demi pleine d’eau et on fait chauffer.
C’est comme du riz cuit à la vapeur en somme.
Tout se passe généralement comme prévu.
Sauf si une question qui vous passe par la tête vous mobilise dans la pièce voisine plus longtemps qu’il n’en faut à l’eau pour chauffer, puis bouillir et enfin s’évaporer totalement.
C’est là que cette saleté de passoire fond sur les bords de la casserole, pariant à coup sûr sur les remontrances de l’épouse attirée par l’odeur de plastique brûlé.
Trahi par le sort, la casserole, la plaque et la passoire, j’ai droit à une moquerie féroce sur mon talent de cordon bleu…
La lumière de mes jours, blasée par plus d’un demi-siècle de bêtises n’a même pas pesté.
Regardez moi ça !
Heureusement que ce n’est pas ma faute…

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dimanche, 10 mai 2026

J’ai attrapé un « show effroi »

Bon, j'ai droit à un mauvais jeu de maux aussi...
Vous savez, évidemment que vous savez car je l’ai déjà écrit, que je trouve aussi ridicule que dénué de sens le concept de doudoune sans manches.
Le truc qui tient chaud partout sauf aux bras.
La seule utilité que je vois à ce vêtement aussi laid qu’inutile dans la vie courante, c’est si vous êtes un professionnel du déchargement de camions frigorifiques.
Là vous avez besoin d’être protégé du froid le mieux possible et malgré tout tenu à une liberté de mouvement indispensable.
Sinon, je me perds en conjectures sur ce besoin qui se répand de porter une doudoune sans manches alors que vous ne faites que prendre le métro, le bus ou votre voiture.
Je veux bien qu’on doive porter le pain ou un cabas mais rien qui nécessite une liberté de mouvements qui pousse à couper les manches de votre manteau…
Cela dit, il y a bien pire.
Je l’ai vu boulevard Raspail.
Ce lieu où, quand vous croisez une femme il est peu probable qu’elle ait besoin d’une grande liberté de mouvements sauf pour battre des cils ou pousser la porte d’un magasin de vêtements de luxe.
Le plus souvent, celles qui vivent dans ce quartier ont juste assez de muscles pour tendre leur carte Visa Platinum, d’où ma surprise.
En attendant le 84 boulevard Raspail, là où il est proche de Saint Germain des Prés, ce chouette quartier où le prix du mètre carré vous permet d’acheter une grande maison en Albanie, j’étais assis tranquillement à l’arrêt du bus, observant comme d’habitude les gens.
Car si la lumière de mes jours observe les lieux, les remarque et se les rappelle, j’observe les gens et me les rappelle.
Et là, Ô surprise ! Deux de ces dames dont je vous parlais il y a quelques lignes, sont venues à leur tour attendre le bus.
Et c’est là que j’ai vu la chose la plus extraordinaire que j’ai jamais vue qui réussissait en un seul regard l’inutilité, la stupidité et le parangon du mauvais goût.
Le tout allié manifestement à des moyens financiers qui sauveraient de la famine la moitié du Biafra des années soixante-dix.
Oui, une création issue d’un organe qu’on peut difficilement appeler cerveau a réussi cette performance : La doudoune sans manches en vison !
Oui, j’ai vu, de mes yeux vu, cette… Cette chose…
La preuve :

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lundi, 04 mai 2026

Elle cache son sein et le pont s’affaisse…

Bon, en même temps c’est lundi mais j’ai un peu honte quand même…
Ce matin, comme tous les matins, je me suis levé.
D’abord, comme chaque matin pour faire pipi.
La lumière de mes jours, passée l’instant d’avant, avait poussé, un peu trop brièvement, le poussoir de la chasse d’eau, bilan le petit bout de papier est resté à un endroit où l’eau n’était pas allée.
« Bon sang ! Quel récit palpitant tu nous commences là, le Goût ! »
Ne désespérez pas, lectrices et lecteurs chéris, cette brève introduction pour vous dire que ce petit bout de papier, qu’il m’a fallu pousser, m’a rappelé un évènement encore plus palpitant éclairci par cette image…

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Si vous me lisez depuis quelque temps, disons vingt ans, vous savez sûrement que jusqu’à l’adolescence, j’ai vécu dans un quartier qui tenait de Beyrouth ces derniers temps alors que la guerre était finie depuis une douzaine d’années.
Nous vivions, mes parents, mes trois sœurs et moi au quatrième étage dans un petit appartement où les toilettes étaient à mi-étage, toilettes que nous partagions avec les trois appartements du troisième étage.
Évidemment, sur les six familles qui vivaient dans ces deux étages, deux, dont la mienne étaient riches de quatre enfants.
Ce qui créait des querelles car chacun sait que ce sont les gamins des autres qui sont insupportables et font des bêtises.
Un dimanche après-midi, le drame se noua qui n’avait rien d’étonnant car à la fin des années cinquante, le journal était le seul papier hygiénique du quartier et les enfants ne regardaient pas à la dépense en la matière.
Les toilettes se trouvèrent bouchées.
L’alerte fut sonnée dans les étages et nous retrouvâmes, enfants, pères, mères et autres habitants à contempler les toilettes bouchées et près de déborder dans l’escalier…
Les uns y mirent un peu de lessive, d’autres un peu de javel, les maris contemplèrent l’absence de résultat avec inquiétude, chacun sentant poindre une solution désagréable.
C’est là que je reconnus mon père, ce héros au sourire si doux.
Il regarda la foule inquiète d’un regard farouche et, se rappelant son passé de guerrier encore récent, dit d’une voix assurée de mâle sûr de sa force « Bon, tant pis, je vais y mettre le bras ! »
Un soupir de soulagement parcourut le rang des autres maris tandis que ma mère lui cria « Non mais ça va pas, Lemmy ? C’est sale et plein de produits ! »
Mon père regarda la foule, plus hésitant…
Un grand « Sshhhllouffff » se fit alors entendre, les produits divers ayant rongé le papier et pas la main de mon père.
Tout le monde fit « Ouuufff ! » tandis que les toilettes à la turque se vidaient et n’avaient jamais été aussi propres depuis longtemps.
Mes parents furent soulagés, les voisins aussi.
Voilà ce que m’a rappelé ce petit morceau de PQ impeccable dans une cuvette impeccable elle aussi…