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dimanche, 25 octobre 2009

Des nèfles au logis

La néphrologie est une spécialité fascisante...

Je ne vous ai pas raconté ma visite chez mini-néphro ?

Eh bien voilà : Je vais cesser de vous écrire très bientôt.
Je sais, je devrais dire « je vais mourir », mais que voulez-vous, je prends toujours des précautions oratoires dès qu’il s’agit de vous annoncer que je vais vous priver de la lecture enrichissante de mes notes…

En fait, je vous dis « très bientôt », mais c’est seulement si je suis les prescriptions de cette émule de Benito ou Adolf.
« Ciel ! Est-ce possible ? » vous entends-je vous exclamer d’ici.
Oui, c’est possible…

Mini-néphro a en effet eu l’air de tomber de l’armoire quand elle a constaté une augmentation du taux d’acide urique dans le sang de votre serviteur.
J’ai eu beau lui dire, avec les précautions d’usage « Loin de moi l’idée de vous apprendre votre boulot, mais c’est le résultat habituel de l’absorption de l’hydrochlorotiazide  présent dans le médicament que vous  m’avez prescrit… », elle a décrété « c’est vrai mais quand même, il vous faudra éviter, outre de trop saler, d’absorber des purines ».

Pas fou, j’étais allé piocher sur un site universitaire les causes probables de l’augmentation de l’urée et de l’acide urique.
Je fais ça à chaque fois que je reçois les résultats du labo.
En fait je me prépare à plancher devant mini-néphro…
Ca m’a permis de lui répondre « Vous en avez de bonnes ! Si je vous suis bien, je dois éviter d’absorber des protéines pour maintenir un taux de créatinine bas, des graisses animales pour garder un faible taux de cholestérol, les crustacés et les légumes pour éviter les purines et limiter l’hyperuricémie !»
Elle eu le regard incertain de celle qui s’est déjà fait piéger il a un an par le même type…

Je lui assénai l’argument final : « Si j’ai bien compris, le maintien en bonne forme des reins implique la mort par inanition… ».
J’eus donc droit à la question posée il y a près d’un an : « C’est quoi votre métier ? ».

La réponse habituelle apportée, j’eus droit, comme à la visite précédente à « Bon, c’est stable, il faut seulement continuer comme ça et être raisonnable, je vous verrai dans six mois. Même traitement. »

Du coup, je vais tout de même éviter d’alterner, un soir sur deux, le homard et la langouste.
Je vais abandonner le foie gras du midi et le caviar de mon quatre-heures.
Quand on veut rester en bonne santé, il faut savoir se contenter de pâtes et de sardines à l’huile…

 

mardi, 20 octobre 2009

Un quiet...

Bon, j'en ai marre !

On ne parle que de ma fille ici !

Et moi alors ? Je ne compte pas ?

 

J'ai quand même eu un cancer, moi, un vrai !

Un adéno-carcinome du rein.
Un machin à rétropédalage biconvexe à poil dur.

Pas un cancer de chochotte, un truc d'homme.

D'ailleurs, aujourd'hui je suis de sortie.
Aujourd'hui c'est hosto.

Je m'en vais expliquer à ma néphrologue miniature que, comme n'importe quel agent commercial, j'ai atteint les objectifs fixés.

Un taux de cholestérol et une tension artérielle impeccables, ceux d'un gamin de douze ans qui n'a jamais mis les pieds dans un McDo.

Je lui dirai que je ne suis pas un rein avec deux pattes qui ne servent qu’à l’amener devant elle deux fois par an.

Oui, je lui dirai.

Enfin, je ne sais pas, je lui dirai peut-être.
Si elle n’est pas trop susceptible.
Je n’en sais rien. Je vais faire un sondage discret pour vérifier qu’elle a bon caractère.
Le truc délicat, le truc qui montre que je suis un peu tracassé mais pas mal élevé.

La claque sur les fesses par exemple, toujours bien vue et qui montre avec brio que l’intérêt n’est pas feint…

Comme Heure-Bleue m’accompagne mais n’entre pas dans le cabinet avec moi ça « devrait le faire » comme disent les jeunes gens aujourd’hui.
C'est curieux, d'ailleurs. Elle ne m’accompagne que pour la visite au type qui m’a éreinté.
D’ailleurs j’ai un doute, tout à coup.

Il est jeune, brillant, beau garçon.

Et si…

Mais bon, il nous faut quand même attendre six semaines pour avoir une idée plus précise du mal qui frappe ma fille.
Oui, contrairement à beaucoup de belles-mères qui ont perdu un fils, je fais partie de ces beaux-pères qui ont gagné une fille, je marche volontiers par agglutination…