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mercredi, 21 avril 2010

L’insoutenable légèreté de l’autre…

Oui ! Notre énervé a encore eu une idée !

Bon, toujours la même, une idée de mastroquet, une idée qui fait florès, plus devant les comptoirs que dans les amphithéâtres.
S’il ne veut pas, non seulement sombrer complètement dans l’opinion ou le ridicule, voire les deux, ou même simplement ne pas passer pour un minus habens, il va falloir que notre Chouchou réfléchisse un peu.
L’homme censé, selon sa moitié qui serait plutôt son double, être doté de six cerveaux, devrait apprendre à se servir de celui que lui a fabriqué –apparemment à grand peine- sa mère.

Figurez-vous qu’il lui est venu à l’esprit encore une de ces billevesées dont il a le secret. Secret éventé, certes, mais qui semble le vouer à la chasse perpétuelle à l’électeur réac et décérébré.
Il nous jette à la face que « désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève devra avoir un caractère systématique » !
On voit bien là que ce pauvre homme ne sait pas de quoi il parle.
En revanche, il sait très bien à qui il parle : Le citoyen au fin jugement de pilier de bistrot, toujours prêt à vous fournir une solution expéditive à n’importe quel problème.
Il sait bien, notre Chouchou que la suppression des allocs va d’abord et surtout, carrément enfoncer dans la m… ceux qui ont déjà du mal à flotter dessus.
La mère célibataire qui court de CDD de deux heures en CDD de trois heures via une heure de transport entre chaque pour un salaire mirobolant de 650 €uros mensuels. Elle part tôt le matin et rentre tard le soir, où trouverait-elle le temps de surveiller son rejeton ? L’argent pour le faire surveiller ?
Le couple dans la même situation, elle et lui partis gagner la pitance familiale, de l'aube au crépuscule.
Pas des assistés, pourtant, ceux-là.
Et c’est comme ça que celui qui voulait « 
réhabiliter la valeur travail
 » veut récompenser « ceux qui se lèvent tôt » ?
Que nenni ! Il veut seulement récupérer pour l’élection présidentielle de 2012 les voix habituelles des craintifs qui ont peur de leur ombre, ceux qui verraient d’un bon œil le bannissement de ceux qui ne leur ressemblent pas, ceux qui seraient prêts à envoyer au Pôle Emploi ceux qui font grève (surtout ceux de SUD rail, qui font rien qu'à emmerder une copine dont je tairai le nom pour ne pas faire de tort à Karmara) , ceux qui seraient tout à fait d’accord pour le fichage et le prélèvement de l’empreinte génétique des gamins turbulents dès la crèche.
J'entends déjà des bien-pensants qui sont d'accord avec celui qui n'a jamais posé son képi de flic en chef :
« Ouaip, ben eux aussi paf ! Plus d'allocs !
Z'ont qu'à travailler la nuit pour surveiller les gosses le jour ! Non mais !
On va quand même pas s'occuper de leurs mioches pendant qu'ils sont occupés à escroquer des sous à leur patron !  
Z'avaient qu'à pas les faire ! Trop facile, ça, tu fais des mômes et c'est les autres qui s'en occupent ! »

Oui, il y en a des comme ça, des électeurs tels qu'il les aime.
Bref, tout ceux qui sont partisans du providentiel « homme fort ».
A condition, bien sûr, qu’il ne soit fort que pour les autres.

Descartes ! Reviens ! Les Français sont devenus cons !

Pire, ils ont élu le meilleur d'entre eux...
Il ne s'est pas aperçu qu'il avait été élu, il continue sa campagne électorale depuis mai 2007.
C'est dire à quel point il les représente bien...

lundi, 19 avril 2010

Précaution à voilure tournante…

Il y a des jours comme ça, où on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements qui renseignent plus sur l’élasticité des principes que sur la rigueur du raisonnement.
Ilen est ainsi du principe de précaution qui, à l'instar de l'hélicoptère, semble à voilure tournante.

Vous rappelez-vous ce fameux principe, mis en avant pour une grippe qui tua plus sûrement la crédibilité des autorités sanitaires et les finances publiques que de malades, malgré le côté prétendûment explosif de l’épidémie ?
De même, l’industrie pharmaceutique nous rebattit les oreilles du fameux principe de précaution nous assurant qu’elle prenait alors soin de notre santé bien plus que de sa valeur boursière.
Nous appréciâmes les résultats à leur juste valeur, aussi brillants pour les labos que piètres pour nos finances et inutiles pour notre santé…
Il semble qu’aujourd’hui, nous voyions jouer une nouvelle version du drame.
La puissance publique, forte d’une expérience précédente malheureuse avec une tempête qui laissa sur le sable des gens ayant sacrifié leurs économies pour voir la mer du pas de leur porte et douchée par les dégâts causés par des élus prêts à construire n’importe où pourvu que les taxes locales soient au rendez-vous, décida de ne courir aucun risque.
Dans ma naïveté légendaire, voyez ma confiance aveugle dans la sagesse de l’état tutélaire, j’allais écrire « de ne faire courir aucun risque aux gens »…
Donc, les états européens décidèrent, pour une fois d’accord unanimement sans les chicaneries habituelles, de fermer les portions de l’espace aérien envahies par le nuage de cendres de ce fichu volcan qui fait rien qu’à nous coûter du fric.
Le premier jour, tout se passa bien, on se congratula pour accepter de si bonne grâce d’accepter de perdre des sous pour sauver la vie du vacancier globe-trotter.
Las, les meilleures choses ont une fin, et les compagnies aériennes de commencer à murmurer, tel le Nico de base, que le principe de précaution « ça commençait à bien faire » et que ça allait peser lourdement sur leurs résultats.
Rien n’y fit et les aéroports continuèrent à fermer au gré de l’avance du nuage vulcano-islandais.
Quand on commença à faire remarquer aux gouvernements que le nuage, non seulement pesait sur les bénefs mais allait bientôt peser sur l’emploi dans les compagnies, on se réveilla et on décréta qu’on enverrait des avions « avec des pilotes volontaires » (peut-être aussi des « passagers volontaires », allez savoir) pour vérifier que les avions, et accessoirement les pilotes, supportaient  le voyage.
Hélas, rien n’y fit vraiment.
Depuis hier soir, les grandes entreprises du transport aérien pestent sérieusement contre le « les exagérations du principe de précaution » qui trouent les résultats et « les autorités trop prudentes » qui coûtent un œil en chiffre d’affaires perdu (et, mezzo voce, bientôt en personnel licencié, mais bon, ça pourra toujours servir pour les prochains « plans de sauvegarde de l’emploi » si mal nommés…).
Donc, si je comprends bien, le principe de précaution est une bonne, voire excellente chose quand il troue les finances publique et nos porte-monnaie et gonfle l’action des entreprises.
En revanche, quand il troue les comptes et les résultats financiers des entreprises et se contente d’épargner la vie et la thune du quidam, le principe de précaution est à bannir illico de l’arsenal de la protection des biens et des personnes.
Aurais-je l’esprit mal tourné ?