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lundi, 23 janvier 2012

Peau de caste…

Comme y disent à France Inter…
Je suis en train d’écouter une querelle courante depuis cinq ans.
Les 35 heures ont été une folie économique.
La droite a oublié que ça a commencé avec la « loi Robien » qui demandait une réduction du temps de travail en échange de réductions de charges pour éviter les licenciements.
Il est plus aisé de rendre Mme Aubry responsable de tous les malheurs du pays.
Avec l’antienne du « travailler moins pour gagner pareil » qui serait un non-sens économique.
Le Medef, lui, pas fou, ne crie pas trop fort.
Surtout pas que la fameuse « augmentation indue des salaires de plus de 10% » s’est soldée par un résultat inattendu, le travail fait auparavant en trente neuf heures l’est désormais en trente cinq, ce qui relativise la fameuse « augmentation indue des salaires de plus de 10% » en ce sens que faire le même boulot pour la même somme n'a jamais été l'exemple de l'augmentation de salaire...
Ajoutons que ce rythme de travail nouveau a permis un gain de productivité et une diminution du prix du travail important en ce sens que ceux qui continuent à travailler trente neuf heures voient 4 heures supplémentaires payées 10% plus cher.
Soit une hausse réelle de 1% de leur salaire.
Il est curieux d’entendre les entreprises et la droite –à l’exception des entreprises du CAC40, pas folles- hurler après une réforme qui a vu les employés produire en trente cinq heures ce qu’ils produisaient en trente neuf et, du coup, en trente neuf heures ce qu’ils produisaient en quarante cinq…
Ce qui, amène en réalité à une baisse de salaire.
Ce qui est le cas quand plus de travail est fait pour la même somme...
Dans le même temps, ceux qui continuent à trouver que nous sommes trop payés échappent aux charges afférentes à leur boulot d’employeur.
Les charges qui pèsent sur le salarié restent accrochées, elles, à sa feuille de paie.
Celles censées peser sur l’employeur ont baissé dans de fortes proportions, d’exonérations en suppressions et de suppressions en exemptions, l’employeur a vu dans les faits la productivité croître et les coûts réels des salaires baisser.
Mieux encore, ce résultat, déjà intéressant en soi, est agrémenté d’un petit cadeau fait aux chefs d’entreprises sous forme d’un « accord », un peu forcé, certes, de « modération salariale » qui permet, au bout d’une dizaine d’années, de voir son salaire augmenté au rythme des hausses du SMIC, soit moins que l’inflation.
Inflation selon INSEE, qui se garde bien de refléter celle qui frappe « le panier de la ménagère ».
Alors le refrain « le salarié français coûte trop cher » me sort de plus en plus par les yeux.
Un peu d’honnêteté voudrait qu’on admette enfin que ceux qui  coûtent trop chers sont ceux qui nous expliquent que nous coûtons trop cher.
Leurs décisions conduisent immuablement à la chute du niveau et de notre qualité de vie tandis que les leurs croissent.
Heureusement que les 3% les mieux lotis ont encaissé la différence.
On pourrait croire sans cela que le pays s’est appauvri, alors qu’en fait ce n’est que le salarié…

Commentaires

Ton analyse est très juste.... Bon après midi.

Écrit par : patriarch | lundi, 23 janvier 2012

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Tout à fait d'accord.
J'ai vécu le processus en direct. Sur le plan de la production les entreprises n'ont rien perdu. A mon niveau nous avons fait un gros effort de réflexion pour réorganiser le travail et notre productivité s'en est trouvée sensiblement augmentée.
Productivité créatrice de richesses mais qui n'est jamais taxée.

Écrit par : clodoweg | lundi, 23 janvier 2012

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bien d'accord avec toi, sans oublier que les salaires ne sont pas tous indexés sur le smic. En plus, on embauche des bacs + 5 pratiquement au smic après qu'ils aient passé une partie de leurs études en stages non indemnisés...

Écrit par : saperli | mardi, 24 janvier 2012

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Je ne peux pas commenter chez Douce moitié.

Écrit par : mab | mardi, 24 janvier 2012

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bien vu, quand je les entends accuser les 35 heures j'ai les poils qui se hérissent !

Écrit par : maevina | mardi, 24 janvier 2012

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Cet argument devrait être diffusé largement !

Écrit par : Brigitte | mercredi, 25 janvier 2012

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