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jeudi, 27 novembre 2014

Un homme affame…

Elle a continué à parler puis nous nous sommes levés pour faire quelques pas.
L’après midi était avancé alors je lui ai proposé « Tu veux boire quelque chose ? »
- Un diabolo… Puis je vais rentrer chez moi.
- Tu veux que je te raccompagne ?
Elle m’a regardé.
- Ça ne t’embête pas ?
- Ce sont les vacances…
Elle m’a pris le bras. J’ai aimé. Nous avons pris la rue de Vaugirard. Je n’en savais en tout et pour tout que c’était une rue très longue. Je l’avais empruntée quelques fois dans ce sens jusqu’au croisement de la rue de Rennes, d’autres fois à « rebrousse-poil » en revenant d’un des nombreux salons qui avaient lieu à la Porte de Versailles mais pas plus.
Dès qu’on eut dépassé la rue de Rennes et quasiment jusqu’au boulevard Pasteur, la rue devint triste comme un jour sans pain. Quand nous sommes arrivés au boulevard, elle m’a montré les deux bâtiments.
- Ça, c’est Necker, en face c’est Buffon.
- L’hôpital je connais, mais Buffon…
- C’est le lycée de mon petit frère.
Nous avons pris le boulevard Pasteur. Je me suis demandé où elle m’emmenait. Je me disait que peut-être, hein…
- Tu es occupée, demain ?
- Je ne sais pas…
- Donc tu n’es pas occupée…
- Le mardi il n’y a rien à faire.
J’avais bien une idée de tout ce qu’on pouvait faire le mardi, le mercredi et tous les autres jours jusqu’au début novembre, ma rentrée à la fac…
J’ai quand même gardé mes idées pour moi.
Même si j’ai entendu récemment que, malgré tous les détails qu’on peut trouver sur le Web, les jeunes gens sont restés assez fleur bleue, je ne sais pas exactement comment ça se passe aujourd’hui mais dans les années soixante, il était bien vu de garder ce genre de pensées pour soi.
Elle silencieuse, moi cogitant, nous avons remonté le boulevard Pasteur jusqu’à Sèvres-Lecourbe.
- J’habite par ici.
Elle a traversé une avenue et nous sommes arrivés jusqu’à sa rue.
- Hé bé… Pas beaucoup de cafés dans ton coin.
Elle m’a regardé.
- Alors, tu as une idée ? Ou bof ?
- J’ai toujours plein d’idées…
- Pas celles là, des normales, des idées comme promenade, cinéma, visites…
- Ça se voit tant que ça ?
Elle a pouffé.
- Je n’ai pas onze ans… Non, ça ne se voit pas. Et j’aime mieux quand ça ne se voit pas. Alors ?
- Je ne connais pas ton coin. Et ta rue a un nom vraiment sympa. Qui c’était ?
- Rosa Bonheur ? Un peintre avec un joli nom. Alors ?
- Demain, vers treize heures, je t’attends là, tu me fais visiter ton coin ?
- Et samedi on sort avec Bernard et ma copine ?
- Ça s’est bien passé, eux  ?
 - On dirait, elle me parle de lui. Je la connais, si ça ne marchait pas elle aurait juste dit « pfff… Mouais… »
Alors j’ai ouvert les bras.
Elle a bien voulu m’embrasser sur les joues.
Elle a les lèvres douces comme j'aime.
J'ai vraiment voulu l'embrasser sur les joues.
Elle a vraiment la peau douce comme j’aime.
Puis je suis parti jusqu’au métro d’un pas léger.
J’ai battu Wells ! J’ai voyagé dans le temps jusqu’à demain.
A pied en plus…

Commentaires

au prochain numéro saurons_nous si tu as été rassasié?

Écrit par : mab | jeudi, 27 novembre 2014

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Un billet doux comme ses lèvres et tes joues...
A toute'

Écrit par : lakevio | jeudi, 27 novembre 2014

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Finalement, on se demande, si à la fin, tu l'auras croquée la demoiselle. Les préliminaires n'en finissent pas, on commence à s'impatienter.

Écrit par : juliette | jeudi, 27 novembre 2014

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Haaaa ben c'est mignon tout ça... des fois on n'est pas amoureux, mais ça peut venir !

Écrit par : Praline | jeudi, 27 novembre 2014

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Moi j'aime quand tu prends ton temps , quand c'est rapide , ça nous laisse sur notre faim !!!

Écrit par : Brigitte | jeudi, 27 novembre 2014

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ça avance ..... gentiment ! Et fait ressurgir les souvenirs ! Tu racontes bien !

Écrit par : emiliacelina | jeudi, 27 novembre 2014

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j'habitais rue ernest renan, je vous ai peut être croisés rue Lecourbe ? Qui sait ?

Écrit par : liliplume | jeudi, 27 novembre 2014

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tu nous le fais vivre en temps réel si j'ai bien compris

Écrit par : maevina | vendredi, 28 novembre 2014

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