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dimanche, 30 novembre 2014

Moderato cantabile…

Cet arrêt dans le petit square, près de la rue Cambronne, m’avait bien plu.
Je retournerais dans le square Saint Lambert, j’en étais sûr. Il n’était donc pas urgent d’affoler cette fille en étant trop pressé.
Enfin, affoler... Plutôt prendre une tarte et me faire jeter d'entrée.
Je me demandais ce que je pourrais bien proposer puis je me suis dit que demain je pouvais aussi bien travailler, histoire de pouvoir « suivre » samedi prochain.
Bernard et « Boulotte » travaillaient, eux, ils n’étaient pas riches mais dans tous les cas plus que moi.
J’ai donc dit à « maigrelette » que je ne la verrai pas demain.
Elle l’a bien pris, la garce…
- Oh mince ! Je croyais que j’allais te manquer !
Je n’ai pas ajouté « Je ne peux déjà plus me passer de toi ! » histoire d’éviter d’avoir l’air encore plus cruche.
Elle m’a embrassé sur la joue, a haussé les épaules en levant les yeux au ciel et en soupirant de désespoir et nous nous sommes levés.
Elle a passé son bras sous le mien et nous sommes repartis vers chez elle en rejoignant la rue Lecourbe que nous avons remontée jusqu’au boulevard Pasteur.
Arrivés au métro, elle parut avoir une hésitation. J’ai dit :
- Oui ?
- Et jeudi ?
- Je dois rendre mon job et me faire payer…
- Vendredi ?
Ma petite machinerie à rouages de câlins s’est mise en marche.
- On sort samedi avec Bernard et ta copine…
- Bon…
- Mais si tu veux, vendredi on peut se faire une toile du côté d’Odéon.
Oui, en ces temps reculés, on disait beaucoup « se faire une toile » pour « aller au ciné ».
Elle eut d’abord un regard soupçonneux mais j’avais un visage si innocent que même elle s’y est laissé prendre, elle eut alors l’air content et me dit :
- D’accord. Alors comme lundi ? Odéon vendredi à treize heures ?
- Hon hon…
Je l’ai regardée attentivement, supputant mes chances puis je me suis penché sur elle et l’ai embrassée sur les joues. Elle a fait pareil en me prenant une main et ça m’a vraiment beaucoup plu. J’ai commencé à négocier intérieurement la peau d’un ours que je n’avais pas attrapé.
Et à peine monté dans la rame du métro, je me suis mis à attendre vendredi treize heures.
Qui a fini par arriver…
J’étais impatient et un peu inquiet de la tournure que prendraient les évènements.
Allais-je ? N’allais-je pas ?
Étais-je en train de me tailler une veste sur mesure ?
Étais-je en train de me préparer des vacances délicieuses ?
Ne riez pas lectrices chéries, l’époque n’était pas si facile, non seulement « la pilule » n’était même pas encore en discussion à l’Assemblée Nationale, encore « Chambre des Députés »  mais les filles semblaient d’une fécondité redoutable !
Donc ces moments délicieux étaient au choix gâchés par des « petits ballons » d’une épaisseur de gants de ménage ou pleins de craintes de mettre enceinte une fille qui ne demandait pas ça du tout.
La méthode Ogino ? E
lle avait fait la preuve qu’on pouvait faire un baby-boom rien qu'avec des conseils de contraception...
Heureusement, si les pères gardaient un œil jaloux sur leurs petites chéries, les mères avaient parfois assez de jugeote pour leur expliquer qu’il y a « des moments où on peut sans risque mais fais quand même attention ma fille ! »
J’espérais donc, toujours à « compter les œufs dans le cul de la poule » que la mère de ma maigrelette préférée l’avait dûment renseignée.
Bref, j’étais fin prêt pour une vérification des théories les plus échevelées en matière de relations sociales et de rapprochement des peuples…

Commentaires

Ah ah qui va aller à la pharmacie pour les gants de ménage, elle ou toi?

Écrit par : mab | dimanche, 30 novembre 2014

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Ah on avance là ! l'étau se resserre mais l'est tôt pour épiloguer !
"Compter les oeufs dans le cul de la poule" MDR !

Écrit par : Praline | dimanche, 30 novembre 2014

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Pour les filles la promenade main dans la main avec un bisounet gentillou était un moment délicieux et pendant ce temps trottaient dans la tête du galant des pensées... différentes ! La vie est d'un compliqué !

Écrit par : lakevio | dimanche, 30 novembre 2014

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Je trouve que tes lectrices chéries ne sont pas bavardes aujourd'hui sur l'affaire !

Écrit par : Praline | dimanche, 30 novembre 2014

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