Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 03 décembre 2014

Tous les garçons et les filles de mon âge...

Bernard pas plus que moi n’avait atteint le but final.
Des tas de raisons s’y opposaient.
D'abord, comme moi il vivait chez des parents trop souvent à la maison et présents toutes les nuits.
Puis, contrairement à moi qui ne retournerait à l’école qu’au début novembre, il travaillait.
« Boulotte » aussi était entrée dans la vie active et bien que ses parents fussent partis, comme ceux de « Maigrelette » passer quelques jours ailleurs à la faveur de l’été, la voie n'était pas libre pour autant.
Aller chez l'une d'elles était une entreprise délicate et le chemin n'était pas tapissé de pétales de roses.
Il nous fallait pourtant à tous deux un havre qui nous permît de circonvenir ces deux jeunes filles sans les inquiéter outre mesure et ce n’était pas chose facile.
Quant à les amener à jeter leurs habits… Alors là…
Avec l'enthousiasme d'une jeunesse que rien ne désarçonne sauf un râteau, nous nous disions que si ça avait été fait depuis Cro-Magnon, il n’y avait aucune raison pour que nous n’y parvinssions pas nous aussi.
Bien sûr, des tas d’impondérables pouvaient survenir.
« Je ne veux pas » était le plus probable et contre ça, on ne pouvait rien.
« Je ne peux j’ai… » qui allongeait le délai.
« J’ai peur » qui forçait à des tas de circonlocutions diplomatiques.
«  Mes parents vont arriver », ça c’était le truc régfrigérant qui coupait court à toute tentative.
Sans compter tous les autres…
La chose me trottait par la tête et « Maigrelette » me plaisait beaucoup. On ne peut pas dire que j’étais amoureux, non, je l’avais été et je savais bien l’effet dévastateur que ça avait sur moi.
J’éprouvais une grande affection pour elle, je me sentais bien en sa présence.
J’étais très content de la voir.
J'aurais été content de l’avoir.
Mais amoureux, non…
Deux semaines s’écoulèrent presque tranquillement, je la voyais tous les deux jours environ et nous papotions, nous promenions, profitions des porches pour vérifier des tas de choses, notamment que les lèvres ne changeaient pas de goût.
De temps en temps je passai le soir voir Bernard qui, travaillant toute la journée, tirait franchement la langue même s’il allait parfois chercher « Boulotte » au travail, histoire de vérifier les mêmes détails que moi.
Je savais qu’il en vérifiait plus que moi et ça m’énervait…
Ne ricanez pas, lectrices chéries, on voit bien que vous n’avez pas risqué vos mains sur un corsage de fille dont vous n’êtes pas sûr de l’accord même si son regard semble donner la permission…
Non, non, ce n’est pas si facile.
Un jeudi, je me rappelle que c’était un jeudi, de cette deuxième semaine, Bernard est passé chez moi un soir.
Il m’annonça la nouvelle, « the » nouvelle, « the good one » : Les parents de « Boulotte » ne rentreraient finalement que dans dix jours ! Et « Boulotte » nous invitait à déjeuner chez elle samedi !
La nouvelle lança une frénésie de préparatifs, genre achat de cirage tout neuf, de slip « taille basse » neuf, de « petits ballons » malgré une épaisseur qui gênait, recherche de chaussettes sans trous et repassage de chemise et, à la patte-mouille, du plus chouette Newman.
Je me suis demandé combien de temps on doit se brosser les dents pour pouvoir éclairer la rue rien qu’avec un sourire.
Alors là, lectrices chéries, on allait voir…

Commentaires

Bon je ne dis rien mais le titre ...

Écrit par : mab | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

Ah je sens que très bientôt vous n'allez plus vous promener dans les rues deux par deux et les yeux dans les yeux et la main dans la main... à moins que...

Écrit par : Praline | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

"présents toutes les nuits" vous ne saviez pas encore que ça peut se faire à tous moments ..............

Écrit par : maevina | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

Il bossait, lui...
Tu penses bien qu'on savait que ça se fait à tout moment.
Et même tout le temps si on avait pu...

Écrit par : le-gout-des-autres | mercredi, 03 décembre 2014

Les préparatifs me font mourir de rire , ceux des filles provoquaient le même enthousiasme , mais je ne suis pas certaine de la conclusion !

Écrit par : Brigitte | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

finalement c'est compliqué aussi d'être un garçon ! Sauf dans les pays où on leur donne tout rôti des filles pas forcément consentantes...

Écrit par : liliplume | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

J'aimerais bien connaître les pensées de Maigrelette en ces mêmes moments... J'aime bien tes détails : le dentifrice, le cirage, le repassage, le slip neuf...

Écrit par : lakevio | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

Ouh là... Le Graal à portée de main!

Écrit par : livfourmi | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

On allait voir .....
mais oui !!! On ne demande que çà !

Écrit par : emiliacelina | mercredi, 03 décembre 2014

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire