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mardi, 30 décembre 2014

Papier de soi…

Vous savez quoi, lectrices chéries ?
Il faut que je vous avoue un truc.
Non, je n’ai pas toujours été cet être délicieux au profil de médaille que vous voyez se dessiner au hasard de mes billets.
Je n’ai pas toujours été obligé, d’avoir un bâton pour chasser les filles quand je sors. Bon, quand je vais faire les courses avec Heure-Bleue, ce n’est pas nécessaire.
Elle maintient autour de moi un cordon de sécurité qui dissuade les foules hurlantes de désir de se jeter sur votre Goût préféré.
Pour en revenir à mon mouton, je n’ai pas toujours fait une concurrence acharnée à Apollon.
Il fut une époque, assez brève grâce à ma grande sœur, où j’eus un visage qu’on eût pu confondre avec un clafoutis.
Un clafoutis un peu trop cuit avec les cerises qui affleuraient nombreuses.
Ça faisait mon désespoir.
Mon père me plaignait et, dans un grand élan de modernisme envisageait en deux phrases, une  éducation sexuelle assez sommaire qui se résumait à « va falloir fréquenter, fils ! »
Comme je doutais, armé d’une figure proche d’un tableau de bord de Rafale, il ajoutait « dur et sec ! Faut y aller ! »
Ma mère, elle, encore elle, toujours elle, me regardait avec admiration et me disait « tu vas voir, c’est normal, tu deviens un homme mon fils ! »
Ces déboires épidermiques m’arrivèrent au début du printemps 1962.
Vous pouvez y aller, lectrices chéries, des moments comme ça, c’est cloué au clou à chevron dans la cervelle, vous vous les rappelez…
En classe, certains m’avaient surnommé « Puberté, puberté chérie, que de folies… »
Je me suis encore battu comme un chiffonnier. J’ai souvent gagné car à l’époque je n’avais que peu de centimètres de moins que la taille que j’ai aujourd’hui.
Bref, mes études psychosociologiques menaçaient d’être tuées dans l’œuf à peine entamées.
Heureusement, ma grande sœur me sortit rapidement de l’ornière.
Ça me sembla long mais l’épisode malheureux prit fin en moins de trois mois.
Elle commença évidemment par m’engueuler.
Ça doit être un truc de fille, ça, l’engueulade…
Elle commença par « arrête de bouffer n’importe quoi ! Maman fait toujours des trucs pas bons ! Contente toi des pâtes, laisse ces trucs qu’elle fait ! »
Ma mère faisait toujours des abats, du cœur, de la « tétine », des rognons, bref des choses pas bonnes du tout mais pas chères…
Ma sœur se mit ensuite à prendre soin de ma peau.
J’avais quant à moi tenté l’élimination par écrasement.
Une méthode aussi douloureuse qu’inefficace pour tenter d’éliminer tous ces lumignons rouges à centre blanc qui me pourrissaient la vie et le visage.
Ma grande sœur se mit elle, à me nettoyer le visage chaque matin, en me faisant remarquer « c’est bien parce que je t’aime, ça coûte horriblement cher… »
Elle me nettoyait consciencieusement, avec douceur et précision, passant délicatement un coton imbibé de « Lotion faciale Scherk ».
J’avais interdiction absolue de me toucher la figure jusqu’au matin du lendemain.
Malgré mon impatience, je m’y tins.
En un peu plus de deux mois sans autre viande que la viande bouillie de la cantine du lycée et le régime habituel « pâtes-pommes de terre », si je n’avais pas un teint de jeune fille, on ne me confondait plus avec un clafoutis…
Un matin, ma grande sœur me dit gentiment « voilà, t’es beau maintenant… » et m’embrassa sur un front sans boutons.
Je pus dès lors reprendre mes études.
Parce que je peux bien vous le dire. Avec des pustules plein la figure, même avec un baratin affûté, pas question de tenter une approche quelconque…

Commentaires

Scherk ??? J'ai tout de suite penser à l'Ogre !!! C'était à ce point là ??? (je blague hein)
J'aime les billets ou tu parles de tes parents.... Quels personnages !

Écrit par : Allye | mardi, 30 décembre 2014

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Quel dévouement cette soeur !

Écrit par : pennylane22 | mardi, 30 décembre 2014

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quelle gentille grande soeur !

Écrit par : liliplume | mardi, 30 décembre 2014

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Ah ! Quand on aime sa fratrie , on l'aide ! moi , je repassais les cheveux de ma soeur à la patte-mouille , elle ne supportait pas ses frisettes , j'avais inventé le brushing ! Et ma mère n'avait d'yeux que pour elle , blonde , frisée , potelée ( elle , elle détestait ses rondeurs ) .

Écrit par : Brigitte | mardi, 30 décembre 2014

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Pas plus tard que ce midi c'est drôle, je parlais justement avec Chéri des jeunes gens que je vois parfois dans le bus, le visage dévoré de boutons. A quel point c'est un calvaire à cet âge-là....

Écrit par : imaginer | mardi, 30 décembre 2014

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Tu devrais publier ta recette anti-acné... et tu deviendrais riche! Voilà un beau projet pour la nouvelle année!

Écrit par : muse | mardi, 30 décembre 2014

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ce que l'on pouvait raconter comme conn..ies au sujet de l'acné dans le temps !!!
Heureusement que les grandes soeurs existaient !!!!

Écrit par : emiliacelina | mardi, 30 décembre 2014

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Tu casses le mythe.

Écrit par : livfourmi | mardi, 30 décembre 2014

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Je n'ai pas le souvenir de miracle après passage de la lotion.

Écrit par : mab | mercredi, 31 décembre 2014

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