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mardi, 21 mai 2019

C'est arrivé près de chez nous...

Baudelaire_-_Les_Paradis_artificiels,_Conard,_1928.djvu.jpg

Et même chez nous...
Hier, on a frappé à la porte de la maison après le dîner.
J’ai ouvert la porte.
Une bouffée d’éther a envahi l’entrée et mes narines.
Je l’ai regardée, une jeune femme l’air indécis était sur le palier.
Assez mignonne, une peau très blanche, avec une bouche amincie par un rouge à lèvres d’un rouge très vif, des cheveux raides châtains et des yeux clairs.
 L’air un peu égaré, elle m’a demandé :
- Je suis au niveau -3 ?
- Euh… Non, ici c’est +3.
Là, je me suis dit « tiens, elle s’est fait un sucre… »
Oui, parce que ne pas s’apercevoir si un ascenseur monte ou descend, hein…
Elle a demandé :
- Et le chat ?
- C’est celui des rockers.
- Ah ? Il a pris l’ascenseur avec moi…
Elle avait la voix aussi peu assurée que le regard et la position.
J’ai dit :
- Oui, elle prend toujours l’ascenseur…
- Ah ? Pourquoi ?
- Parce qu’elle n’est pas assez forte pour ouvrir la porte…
- Ah bon…
Je me suis dit qu’il fallait quand même faire quelque chose.
- Vous allez au studio d’enregistrement ?
- Oui…
- Vous avez la clef ?
- Ouuuuiiii…
- Vous la mettez et vous appuyez sur « -3 ».
- Merci…
Un silence, un arrêt, puis :
- Et le chat ?
- Ne vous inquiétez pas, il sait, il attend ses maîtres.
- Bonsoir…
La lumière de mes jours a dit, depuis la salle de bains :
- Pfiouuu ! Ça sent l’éther !
- Oui, c’est une nana qui s’est « fait un sucre »…
Heureusement que nous ne faisons pas partie de ces non fumeurs toujours prompts à la fatwa qui enverraient au massicot les imprudents qui clopent en leur présence.
J’imagine cette fille adepte de l’éther, face à une de ces « récemment pures », de celles qui abandonnent le trottoir pour le « prie-Dieu » quand les années rendent les affaires aléatoires…
La pauvre… Elle aurait fini clouée à une porte de grange comme la première chouette berrichonne venue.
Cela dit, ça a chassé efficacement l’odeur du poulet que j’avais fait au gril pour la « salade César » du dîner…