samedi, 26 janvier 2019
Retour à Paris End...
C’est très bien, la campagne, mais ça va un moment et comme en ce moment l’herbe ne pousse même pas…
J’ai quand même appris à perdre aux « petits chevaux » avec régularité...
Nous sommes enfin rentrés jeudi soir.
Tard, très tard.
Nous avons failli rentrer à la maison normalement.
C’est-à-dire en un peu plus d’une demi-heure.
Hélas, nous sommes arrivés à l’arrêt du 24 à 21 heures.
Juste après le passage du dernier 24 qui a lieu à 20h59…
Nous avons attendu le 63 pendant près d’un quart d’heure.
Nous en sommes descendus au Collège de France.
En attendant le 86, près d’un quart d’heure itou, nous nous sommes dit en tapant la semelle sur un trottoir gelé que ce serait bien d’habiter là, au coin de la rue Jean de Beauvais.
Puis, Heure-Bleue a dit en voyant passer des jeunes gens « c’est bruyant l’été je suis sûre… »
Le 86 est arrivé juste avant que nous soyons soudés au trottoir par le gel.
Le trajet fut agréable jusqu’à Saint Germain des Prés où l’attente du 95 fut assez brève.
Le bus nous arrêta juste devant le « mini market » à près de onze heures du soir.
Près de deux heures pour aller de la gare d’Austerlitz à la place Clichy !
Comme les chevaux quand ils sentent l’écurie, notre moral remonta.
Pas la température qui, dans la maison n’atteignait pas 15°C.
J’ai allumé le chauffage.
Dieu soit loué ! Ce qui fait quand même cher quand on connaît les prix de Paris…
Bref, il fonctionnait…
Le chauffage, pas Dieu
Quand nous nous sommes couchés, il faisait 17°C dans la maison.
Même dans le lit, je crois…
La journée d’hier fut fraîche elle aussi.
Aujourd’hui s’annonce gai comme une Toussaint mais plus clément.
En attendant, c’est toujours mieux que la campagne…
10:58 | Commentaires (17)
lundi, 21 janvier 2019
L'intelligence artificielle...

"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."
Je le savais !
Je le pressentais !
Tout ce monde et son fonctionnement n’était fondé que sur une gigantesque escroquerie à l’échelle de l’humanité !
Tout ce tri ! Depuis la naissance.
Un tri impitoyable qui ne cherchait que « les meilleurs », ceux sauraient continuer la tâche, perpétuer l'escroquerie..
Plus exactement qui sauraient la faire perpétuer par d’autres, par ces esclaves perpétuellement consentants.
Ça m’est venu d’un coup en regardant le marais qui s’éveillait doucement.
Lui était comme moi, brumeux.
Lui de l’eau calme et un peu sombre, moi de la cervelle et un peu gris.
Non, que j’aie bu mais je n’avais pas l’habitude de tant de calme, de sérénité.
C’est probablement pour ça que, contrairement à mes habitudes de déconneur, je me suis mis à penser.
J’ai simplement pensé un peu à la marche du monde.
À ce bled paumé où je suis venu, à la recherche du temps passé, pas du temps perdu, non, du temps passé.
Ce temps où les gens du coin s’encrassaient les éponges chez Hutchinson parce qu’il fallait bien nourrir la famille.
Je sais bien que la colère est stérile et aussi inefficace que geindre alors je me suis concentré sur la peinture de ces eaux sereines et vaguement brumeuses.
J’attendis, comme quand j’étais gamin, le gloussement des poules d’eau.
Apparemment, la pollution les avait éliminées, comme les robots avaient éliminés les emplois.
Maintenant le bled dormait.
Non, il ne dormait pas, il était anesthésié.
Plongé dans un coma thérapeutique à coups de jeux sur TF1 et de « p’tits jaunes ».
Tout cela sous la protection tutélaire d’un Etat lointain qui avait délégué à la CAF la gestion d’une pauvreté croissante qu’on saupoudrait de vagues primes.
On en était même arrivé à persister à appeler « relations humaines » des services où un ordinateur choisissait lui-même le candidat qui serait embauché, le prochain rouage…
J’ai eu un accès de mélancolie, si ce n’est de nostalgie quand j’ai entendu le gazouillis du petit bras de la rivière, celui qui maintenait tant bien que mal le niveau de l’étang.
Une vague sensation de nostalgie quand j’ai revu le goujon s’agiter au bout d’une ligne que j’avais reposée il y a plus de six décennies.
Je me suis dit « merde ! Mais jusqu’où va-t-on s’effondrer ? On en est arrivé à créer des machines pour prouver qu’on ne sert à rien ! »
J’ai failli céder au désespoir mais comme ce n’est pas mon « trip », c’est plutôt une sourde rage, tout aussi inefficace, qui m’a saisi.
Ah ! Qu’il était facile et confortable de se plonger dans la lecture de Descartes, Pascal et autres Alain.
C’était tellement plus facile de régler le monde grâce à l’illusion rationaliste que se plonger dans ce qui en faisait l’essence : le vivant dont l’animalité lui avait permis de survivre.
Alors au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère.
Cette pensée m’a rasséréné, il m’a semblé plus sain d’avoir une cervelle qui pense à vivre plutôt qu’à compter…
Quoi qu’on pût penser de la cervelle de Van Gogh
10:08 | Commentaires (13)


