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vendredi, 29 décembre 2023

Brutus a réussi à avoir ses arrhes…

Ouais, bon... Même moi j'ai honte...

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Que je vous dise : Le conseil d’Adrienne n’a pas fonctionné.
Pourtant j’ai tout comme elle m’a dit dans son commentaire.
Je me suis collé contre la lumière de mes jours, ai fermé les yeux, et me suis assis de nouveau sur les marches de l’église.
Françoise Hardy n’est pas revenue.
Le car était reparti.
Sans moi évidemment, même mon copain J. avait disparu.
Je ne reconnus pas l’église.
On ne put compter sur personne…
On ne peut pas se fier aux rêves pour tout un tas de détails, vous avez remarqué ?
Pourtant certains reviennent, obstinés et restent abscons quant à leur signification.
Mais bon, ça ne m’empêche pas de dormir…
Ce matin, je me suis réveillé sans aucun souvenir de la nuit.
Pas plus de ce qui s’est passé dans ma cervelle que de ce qui a pu se passer dans le monde.
La routine a repris le dessus, avec son cycle de petit-déjeuner, d’écoute de la radio, de considérations diverses sur la marche du monde qui n’a pas profité de la nuit pour tourner plus rond.
Et ce matin, qu’apprends-je ?
Un établissement public dit « Hôpital Européen Georges Pompidou », censément un des plus « performants » d’Europe se voit contraint de « faire la manche ».
L’hôpital veut acquérir un scanner de dernière génération dit « à comptage photonique ».
Croyez-vous que l’APHP s’en occupe, demande au ministère de la Santé de se charger de l’investissement ou simplement à l’État d’assurer l’équipement de ses hôpitaux ?
Que nenni !
L’APHP a décliné, déjà en piteux état suite à la décision d’y pratiquer les méthodes qui conviennent à l’industrie automobile, une Santé publique « à la ramasse » après avoir vu ses ressources asséchées par des « remises de charges » destinées à rendre nos entreprises compétitives, comme si on pouvait être compétitif vis-à-vis de l’esclavage…
Bref, l’hôpital le plus performant d’Europe est contraint de lancer une cagnotte sur Internet pour acheter un appareil qui permettrait de faire avancer les soins de nombre de maladies particulièrement malignes.
Me vient alors une question : À quoi peuvent bien servir les impôts que nous payons, censés servir à nous éduquer, nous soigner, nous transporter, nous éclairer ?
Que certains présidents de région répugnent à expliquer des notes de restaurant dont le montant représente cinq ans de SMIC brut pour une centaine de convives, soit.
Que l’on réduise sensiblement la durée d’indemnisation de l’employé licencié à cinquante-huit ans alors que l’âge de sa retraite est repoussé de deux ans, soit.
Mais que l’on propose des remises fiscales invraisemblables pour qu’une instance internationale de foot s’installe à Paris, ça me chiffonne.

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jeudi, 28 décembre 2023

Le crépuscule des vieux…

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Je suis descendu du car et me suis assis sur les marches de l’église.
Je ne sais même pas où on allait ni même d’où on venait.
Les copains sont restés dans le car en attendant je ne sais quoi.
Puis Françoise Hardy est venue s’asseoir à côté de moi.

Elle m’a embrassé sur la joue et a posé sa tête sur mon épaule.
Comme on dit en 1965 « je bichais comme un pou sur les c… du pape ».
Même mon copain J. me regardait avec envie et même un air de grande surprise.
C’était vraiment un bon copain et il ignorait que je connaissais Françoise Hardy.
On avait connu des aventures terribles tous les deux et on s’était soutenu.
C’était devenu un vrai copain un jour où, à la récré, on était en quatrième, en discutant avec des copains, alors qu’on « parlait de filles », plus exactement de notre ignorance, il m’avait dit à voix basse, pour me dire ce qu’il savait « une fois cet été, j’ai mis mon doigt, c’est vachement doux et chaud ».
Nous avions alors, toujours à voix basse, confronté nos expériences qui étaient quand même très limitées mais avec l’idée d’étendre le champ de nos connaissances.
Nous avions même eu l’idée idiote de nous les confier quasiment chaque jour.
Il s’avéra que l’affaire n’était pas si simple mais était entravée par des choses que nous découvrions avec une grande stupeur.
Ça nous poussa à garder pour nous l’essentiel de nos découvertes.
Il n’était pas question de déclarer autre chose que « Elle est super chouette » ou « on s’est embrassé pour la première fois au Gaumont Palace.
Ce qui avait clos la conversation illico par « Tu as vu Cléopâtre » au Wepler ?
Nous avions parlé d’autre chose.
En attendant, il m’avait regardé bizarrement, assis que j’étais avec Françoise Hardy à côté de moi et me parlant.
Le « bilou bilou » de mon smartphone m’a réveillé, un SMS de Monop’ m’avertissant à six heures que ma commande était en cours de préparation.
J’ai haï Monoprix et me suis levé plein de ressentiment.
Ça s’est arrangé quand j’ai constaté qu’hors du lit il faisait froid alors je me suis allongé contre la lumière de mes jours.
Puis ça s’est gâté car elle avait trop chaud.
Mais pourquoi diable Françoise Hardy s’est-elle assise à côté de moi, m’a embrassé sur la joue et m’a parlé ?
Surtout, pourquoi Monop’ m’a-t-il réveillé ?
J’aurais aimé savoir ce que mon copain J. avait à me dire.
Je me suis levé, ai préparé les petits-déjeuners et ai continué à me demander ce que Françoise Hardy pouvait bien me trouver.
Alors je compte sur vous pour me renseigner…

vendredi, 22 décembre 2023

Pas de devoir !


Donc, comme les élèves sont en vacances pour fêter la naissance d’un gamin dont personne ne savait encore qu’il deviendrait le chantre des « partageux », il n’y aura pas de devoir de Lakevio du Goût.
Évidemment, le premier à avoir senti le vent qui allait souffler sur les nantis, connu sous le nom d’Hérode, en homme prudent, décida d’éliminer tous les nourrissons nés de l’année.
Prudents itou, Joseph et Marie, préférèrent que le petit naquît dans une étable.
Le fournisseur de devoir se contentera de constater comme toujours que l’arrivée de ce petit rebeu sera saluée surtout par ceux qui, si jamais il repassait parmi nous, le recloueraient illico en le traitant de communiste.
On doit être gentil, mais faut pas pousser quand même.
C’est pas au point de partager avec vous ce qu’on a, même et surtout si c’est vous qui l’avez gagné.
N'oubliez pas que vous l’avez gagné pour nous !
Eh ho ! Même notre Président remarque régulièrement qu’il faut soigneusement éviter de se situer sur le terrain apparemment glissant de la morale…


mercredi, 20 décembre 2023

A bout de souffle...

« C’est quoi être vieux ? »
Au début tu te dis que quand ouvrant les yeux chaque jour,  c’est quand l’environnement est moins net que la veille, tu n’arrives plus à lire le titre des bouquins posés sur l’étagère à plus de trois mètres de ton oreiller.
Tu te rappelles alors qu’il y a cinq ou six ans à tout casser, en attendant le bus à la station Félix Faure, tu lisais l’heure sur le clocher de l’église de Colombes.
Distance ? Neuf-cent-cinquante mètres !
Évidemment tu te dis ça in petto pour ne pas réveiller celle dont tu as la chance de partager la couche ce qui est super pratique l’hiver même si elle a toujours trop chaud et te chasse à coups de pied.
Puis, alors que la journée commence, grise comme la saison, tu lis tes mails.
Dans la nuée de ceux qui te proposent un bonheur bizarre pour un peu moins de 99.99€, un expéditeur attire ton attention.
Celui du fils d’une amie.
Un fils qu’on a connu quand il était étudiant.
Un fils dont on a appris qu’il faisait « son service national à l’étranger ».
Un fils qui a aujourd’hui cinquante-sept ans.
Un fils qui nous a envoyé un mail alors qu’on savait à peine qu’il était à Paris pour voir sa mère.
Nous avions vu sa mère il y a quelques mois, grignotée par un crabe particulièrement goinfre.
Puis, pour éviter de lui coller en plus un Covid que nous avions attrapé, nous ne nous parlions plus qu’au téléphone.
Puis, les réponses au téléphone venant de l’hôpital, d’une voix faible, et nous donnant des explications fumeuses, nous nous sommes dit « Mauvais plan, ça… »
De fait, « Madame de B. » que les lectrices de nos blogs connaissent, était en train de « lâcher la rampe ».
M’est revenu cette question posée de temps à autre « C’est quoi être vieux ? »
Eh bien le mail reçu avant-hier disant « Madame de B. » s’est éteinte paisiblement à l’hôpital le 14 décembre. » répond à la question.
« C’est quoi être vieux ? »
« Eh bien, c’est quand on connaît plus de morts que de vivants… »
Nous finissons par avoir beaucoup de relations au « Père Lachaise ».
Là où repose maintenant « Madame de B. »…

mardi, 19 décembre 2023

Devoir de Lakevio du Goût No 181

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Tandis que je cherchais une image parmi les peintres du XIXème siècle, cette toile de Jacques-Joseph Tissot qui, par anglophilie du moment se fit appeler James, peinte en 1873 m’a frappé.
Ce peintre aimait les femmes.
Il devint en son temps un «spécialiste de la peinture féminine ».
Ami de Degas, il fut apprécié de Théophile Gautier au point que, connaissant Théophile Gautier et son goût marqué pour la gent féminine, je me demande si James Tissot n’a pas cédé aux mêmes tentations…
Mais vous, à regarder cette toile, qu’en pensez-vous?


Elle avait beau cacher un visage que je trouvais fort beau derrière un éventail, elle dévoilait de façon inattendue un dos que j’eus envie de caresser immédiatement.
Cette nouvelle mode avait quelque chose à la fois d’hypocrite et de provocant.
Ces tissus qui commençaient à fleurir sur l’accoutrement des femmes ces temps-ci avaient quelque chose de diabolique.
Je me demande si sa Majesté Victoria savait comment se vêtaient les bourgeoises aujourd’hui…
Je suppute que si elle en avait eu vent, elle eût fait interdire sur le champ ces tissus et casser les métiers à tisser qui les fabriquaient.
De ces tissus dont les peintres préraphaélites couvraient leurs modèles, ces tissus qui déshabillaient plus qu’ils n’habillaient, qui couvraient d’une mince couche de rêve ce qu’ils étaient censés cacher.
Je regardais donc la fille de lady L. qui me faisait l’honneur du bâtiment dont j’allais sous peu prendre le commandant.
Alors que l’équipage parlerait de moi en disant d’ici en disant « le Pacha », j’étais simplement hypnotisé par ce que je voyais de cette jeune fille.
Pour l’intéresser, j’avais, comme c’était la mode, repoussé sur mon front la casquette qui indiquait ma position d’officier.
Elle tournait la tête à l’abri de son éventail, prenant bien soin de ne pas me regarder.
Je savais qu’elle faisait semblait de ne pas me voir mais je m’en fichait.
Je ne voyais que son dos dont la peau pâle transparaissait sous un tissu quasiment transparent.
Pas comme une vitre, non, bien trop vulgaire à force de transparence clinique.
Plutôt comme ces voiles précieux dont on recouvrait le visage des jeunes filles afin qu’elles fussent entrevues sans être dévisagées.
Cette vague transparence suscitait immédiatement l’envie de s’approcher.
Plus encore, d’approcher une main prudente pour tenter d’appréhender la douceur de la peau entrevue au travers de ce voile vaporeux.
Lady L. était-elle venue visiter mon bâtiment ou y avait-elle introduit un piège pour un abordage à coup sûr réussi ?