vendredi, 22 décembre 2023
Pas de devoir !
Donc, comme les élèves sont en vacances pour fêter la naissance d’un gamin dont personne ne savait encore qu’il deviendrait le chantre des « partageux », il n’y aura pas de devoir de Lakevio du Goût.
Évidemment, le premier à avoir senti le vent qui allait souffler sur les nantis, connu sous le nom d’Hérode, en homme prudent, décida d’éliminer tous les nourrissons nés de l’année.
Prudents itou, Joseph et Marie, préférèrent que le petit naquît dans une étable.
Le fournisseur de devoir se contentera de constater comme toujours que l’arrivée de ce petit rebeu sera saluée surtout par ceux qui, si jamais il repassait parmi nous, le recloueraient illico en le traitant de communiste.
On doit être gentil, mais faut pas pousser quand même.
C’est pas au point de partager avec vous ce qu’on a, même et surtout si c’est vous qui l’avez gagné.
N'oubliez pas que vous l’avez gagné pour nous !
Eh ho ! Même notre Président remarque régulièrement qu’il faut soigneusement éviter de se situer sur le terrain apparemment glissant de la morale…
12:14 | Commentaires (7)
mercredi, 20 décembre 2023
A bout de souffle...
« C’est quoi être vieux ? »
Au début tu te dis que quand ouvrant les yeux chaque jour, c’est quand l’environnement est moins net que la veille, tu n’arrives plus à lire le titre des bouquins posés sur l’étagère à plus de trois mètres de ton oreiller.
Tu te rappelles alors qu’il y a cinq ou six ans à tout casser, en attendant le bus à la station Félix Faure, tu lisais l’heure sur le clocher de l’église de Colombes.
Distance ? Neuf-cent-cinquante mètres !
Évidemment tu te dis ça in petto pour ne pas réveiller celle dont tu as la chance de partager la couche ce qui est super pratique l’hiver même si elle a toujours trop chaud et te chasse à coups de pied.
Puis, alors que la journée commence, grise comme la saison, tu lis tes mails.
Dans la nuée de ceux qui te proposent un bonheur bizarre pour un peu moins de 99.99€, un expéditeur attire ton attention.
Celui du fils d’une amie.
Un fils qu’on a connu quand il était étudiant.
Un fils dont on a appris qu’il faisait « son service national à l’étranger ».
Un fils qui a aujourd’hui cinquante-sept ans.
Un fils qui nous a envoyé un mail alors qu’on savait à peine qu’il était à Paris pour voir sa mère.
Nous avions vu sa mère il y a quelques mois, grignotée par un crabe particulièrement goinfre.
Puis, pour éviter de lui coller en plus un Covid que nous avions attrapé, nous ne nous parlions plus qu’au téléphone.
Puis, les réponses au téléphone venant de l’hôpital, d’une voix faible, et nous donnant des explications fumeuses, nous nous sommes dit « Mauvais plan, ça… »
De fait, « Madame de B. » que les lectrices de nos blogs connaissent, était en train de « lâcher la rampe ».
M’est revenu cette question posée de temps à autre « C’est quoi être vieux ? »
Eh bien le mail reçu avant-hier disant « Madame de B. » s’est éteinte paisiblement à l’hôpital le 14 décembre. » répond à la question.
« C’est quoi être vieux ? »
« Eh bien, c’est quand on connaît plus de morts que de vivants… »
Nous finissons par avoir beaucoup de relations au « Père Lachaise ».
Là où repose maintenant « Madame de B. »…
10:46 | Commentaires (10)
mardi, 19 décembre 2023
Devoir de Lakevio du Goût No 181
Tandis que je cherchais une image parmi les peintres du XIXème siècle, cette toile de Jacques-Joseph Tissot qui, par anglophilie du moment se fit appeler James, peinte en 1873 m’a frappé.
Ce peintre aimait les femmes.
Il devint en son temps un «spécialiste de la peinture féminine ».
Ami de Degas, il fut apprécié de Théophile Gautier au point que, connaissant Théophile Gautier et son goût marqué pour la gent féminine, je me demande si James Tissot n’a pas cédé aux mêmes tentations…
Mais vous, à regarder cette toile, qu’en pensez-vous?
Elle avait beau cacher un visage que je trouvais fort beau derrière un éventail, elle dévoilait de façon inattendue un dos que j’eus envie de caresser immédiatement.
Cette nouvelle mode avait quelque chose à la fois d’hypocrite et de provocant.
Ces tissus qui commençaient à fleurir sur l’accoutrement des femmes ces temps-ci avaient quelque chose de diabolique.
Je me demande si sa Majesté Victoria savait comment se vêtaient les bourgeoises aujourd’hui…
Je suppute que si elle en avait eu vent, elle eût fait interdire sur le champ ces tissus et casser les métiers à tisser qui les fabriquaient.
De ces tissus dont les peintres préraphaélites couvraient leurs modèles, ces tissus qui déshabillaient plus qu’ils n’habillaient, qui couvraient d’une mince couche de rêve ce qu’ils étaient censés cacher.
Je regardais donc la fille de lady L. qui me faisait l’honneur du bâtiment dont j’allais sous peu prendre le commandant.
Alors que l’équipage parlerait de moi en disant d’ici en disant « le Pacha », j’étais simplement hypnotisé par ce que je voyais de cette jeune fille.
Pour l’intéresser, j’avais, comme c’était la mode, repoussé sur mon front la casquette qui indiquait ma position d’officier.
Elle tournait la tête à l’abri de son éventail, prenant bien soin de ne pas me regarder.
Je savais qu’elle faisait semblait de ne pas me voir mais je m’en fichait.
Je ne voyais que son dos dont la peau pâle transparaissait sous un tissu quasiment transparent.
Pas comme une vitre, non, bien trop vulgaire à force de transparence clinique.
Plutôt comme ces voiles précieux dont on recouvrait le visage des jeunes filles afin qu’elles fussent entrevues sans être dévisagées.
Cette vague transparence suscitait immédiatement l’envie de s’approcher.
Plus encore, d’approcher une main prudente pour tenter d’appréhender la douceur de la peau entrevue au travers de ce voile vaporeux.
Lady L. était-elle venue visiter mon bâtiment ou y avait-elle introduit un piège pour un abordage à coup sûr réussi ?
09:56 | Commentaires (9)


