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vendredi, 09 février 2024

185ème Devoir de Lakevio du Goût.

Fragonard,_La balançoire.jpg

Avez-vous eu la chance mâtinée de curiosité de visiter la « Wallace Collection » à Londres ?
Non ?
Quel dommage !
Vous y auriez vu des tas de choses intéressantes, de celles qui auraient fait les choux gras de la « presse people » britannique si elle avait existé à l’époque où les œuvres exposées furent peintes, sculptées ou fabriquées.
Évidemment on y voit les atours dont se vêtaient les seigneurs pour montrer au peuple qui mourait sous leurs bannières, des armures enluminées de façon à glorifier la victoire en « attifant » le chef de vêtements de tôle pleine de dorures.
On y voit aussi les maîtresses qui occupaient souverains, ducs et marquis pendant les sombres après-midis d’hiver en leurs domaines.
J’y ai quant à moi repéré une œuvre française qui en dit long sur ce qui tracasse aussi bien l’aristocrate anglais que le journalier français.
Cette toile dite « Les Hasards heureux de l’Escarpolette » de Mr Fragonard, le genre de hasard qui le conduira probablement à peindre quelques années plus tard « Le verrou » qui montre où peut mener l’escarpolette.
Mais vous ?
Un récit vous serait-il inspiré par ces « hasards de l’escarpolette » ?
Nous verrons bien lundi si une histoire ou une anecdote vous est venue…

lundi, 05 février 2024

Devoir de Lakevio du Goût N°184

 

Devoir de Lakevio du Gout_184.jpg

Ne vous fiez pas à cette ambiance de roman d’espionnage des années cinquante.
Il s’agit de tout autre chose, Mark Keller a plutôt orienté son œuvre vers un autre domaine.
Cette toile me fait penser à quelque chose.
Et à vous ?
On en saura plus lundi du moins je l’espère…


Il m’a, très civilement comme chaque fois que je le croisais, laissée libre de passer devant lui,
Chaque fois je me disais « C’est bien de lui, ça, de se comporter comme on le lui avait appris.
« On laisse toujours les dames passer devant dans les escaliers pour pouvoir les rattraper en cas de chute ou de trébuchement. »
Il avait gardé cette habitude de marques de courtoisie surannée qui faisaient de lui « le vieux monsieur bien élevé du deuxième étage ».
J’ai donc commencé à monter devant lui et il a suivi, gravissant les marches derrière moi.
Je me suis retournée, lui ai souri et dit « Merci beaucoup Monsieur Louis ».
Il m’a rendu mon sourire et s’est incliné légèrement en guise de salut.
Toujours ce souci d’une étiquette dont tout le monde se fichait depuis des décennies.
Arrivée au deuxième, j’ai dit « Bonne soirée Monsieur Louis ! » et j’ai repris mon ascension en gravissant plus lentement les marches.
Le cinquième, c’est loin !
C’est surtout haut…
J’ai pensé un instant que j’avais la chance d’avoir trente ans car Monsieur Louis, qui en avait plus de soixante aux dire des voisins, aurait eu bien du mal à arriver au troisième tant il soufflait dès le premier étage.
Je montais lentement, j’ai passé le troisième étage, puis le quatrième.
C’est à la huitième des dix-huit marches que compte chaque volée de marche que j’ai entendu souffler derrière moi.
Soudain inquiète, je me suis retournée et, surprise au-delà de toute expression me suis retrouvée nez à nez avec Monsieur Louis.
J’ai laissé échapper un « Oh ! » d’effroi qui a semblé le sortir d’un coup d’un songe.
« Mais enfin Monsieur Louis ! Que faites-vous presque au cinquième ?  Vous me suiviez ? »
L’air bien réveillé cette fois il m’a dit :
- Pardon Madame, j’étais hypnotisé, je ne vous suivais pas !
- Et que faisiez-vous derrière moi à me suivre à chaque marche ? 
- Ce sont vos jambes, Madame ! Elles sont magnifiques ! Je n’ai pu m’empêcher de les admirer le plus longtemps possible…
- Mais ça ne se fait pas !
- Madame, vous n’aviez absolument rien à craindre, ce n’était qu’un regard d’esthète sur les plus belles jambes que j’aie jamais vues.
Après un silence gêné il a ajouté « Que voulez-vous, j’étais comme envoûté… »
Que vouliez-vous que je dise à ce vieux monsieur ?
Alors j’ai souri et dit « Merci Monsieur Louis ! »
Il a hoché la tête et est redescendu jusqu’au second.
Je le sais, pour être sûre j’ai attendu qu’il ouvre sa porte et la referme.
Désormais, je le laisserai passer devant moi…