dimanche, 25 janvier 2026
Détruire dit-elle…
Comme Heure-Bleue, j’ai une petite sœur, enfin deux, non trois et la troisième est ma grande soeur, mais celle dont je vous parle est la benjamine, c’est une gamine qui a trois ans de moins que moi.
Hélas, elle n’a jamais été vraiment acceptée par ma mère.
Ma mère a toujours trouvé, depuis la naissance de ma petite sœur en 1952, un moment pour lui glisser « tu sais, ma fille, je ne te voulais vraiment pas… »
Inutile de vous dire que quand on vous rappelle régulièrement que tout se passerait tellement mieux si vous n’existiez pas que ça finit par laisser des traces…
Il arrivait tout de même que ses comportements ou ses bons mots fassent rire ma mère comme lorsqu’elle annota le « carnet de correspondance » où la maîtresse avait écrit « Je ne suis pas du tout satisfaite de D. » et que ma petite sœur crut bon d’ajouter au « crayon à encre » en très gros « Et moi de vous ».
Ce fut diversement apprécié, à l’école comme à la maison.
Sauf de mes parents évidemment qui n’avaient pas le même sens de l’humour que l’Education Nationale…
C’était une jolie petite blonde mais avec un caractère de chat sauvage rétif.
Une autre source de conflits était qu’elle considérait qu’elle seule avait le droit de se battre avec la benjamine.
Au point qu’une fois, une querelle éclata dans notre passage avec d’autres gamins.
Un, inconscient sans doute, osa tirer les cheveux de la cadette.
La benjamine considérant la chose comme un conflit territorial, « démonta » proprement le gamin, le dépeignant gravement et lui griffant la figure.
Aussi inconscient après qu’avant, il monta frapper à la porte de ma mère en lui disant « votre fille m’a battu ! »
Las… C’était un petit Arabe et ma mère avait toujours détesté les Arabes.
Elle le renvoya donc en criant « Non mais ! Tu as osé battre ma fille ? Et tu te plains ? Fiche le camp ! »
Elle fit d’autre bêtises, comme se marier mais surtout multiplier les erreurs de jugement et prendre comme échelle sociale à gravir des mastroquets qui jouaient au châtelain car leur fille avait épousé un médecin.
Bilan, victime de ses illusions elle est malheureuse.
La petite sœur d’Heure-Bleue rendit l’âme d’un crabe qui ne peut frapper que les femmes.
La petite sœur du Goût risque bien de rendre l’âme de la malchance qui l’a poursuivie toute sa vie…
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