samedi, 31 janvier 2009
Enfin une France sans quartier sensible
Selon la formule consacrée "La nouvelle vient de tomber sur les téléscripteurs": Le taux d'intérêt servi sur le livret A passe de 4% à 2.5% à partir du premier février 2009.
Pourquoi ? On ne sait pas trop.
Certains ont avancé que l'inflation étant revenue à des niveaux faibles, point n'était besoin de rémunérer royalement de l'épargne de gagne-petit.
Mauvais esprit comme je suis, je verrais bien une autre explication:
Après avoir autorisé toutes les banques à proposer le Livret A - auparavant La Poste, le Crédit Mutuel et la Caisse d'Epargne pouvaient seuls le proposer - puis, après avoir limité le reversement de ces livrets à hauteur de 70% à la Caisse des Dépôts et Consignations, au lieu de 90% précédemment, il semblerait que les détenteurs du Livret A ne se soient pas précipités en masse sur les produits voisins, autrement alléchants, proposés par les banques.
L'épargnant, quand il le savait, ne détestait pas forcément l'idée que ses sous servent à financer le logement social, d'autant que beaucoup d'entre eux en bénéficient.
Pour pousser le détenteur de Livret A à passer du côté " des battants, des gagneurs, de ceux qui ont le goût d'entreprendre", à donner ses sous à un banquier qui les placera de façon autrement rentable (surtout pour lui) qu'en les confiant à la Caisse des Dépôts et en plaçant les minables 30% qui lui sont alloués sur les marchés financiers (rien ne leur servira jamais de leçon...) il ne restait qu'une chose à faire:
Laisser les banquiers proposer 6% d'intérêts en grands caractères (en petits caractères c'est "pendant six mois"), en même temps que le décret rabotait le Livret A.
Le Livret A était la hantise des banquiers depuis toujours: l'argent des petits épargnants non seulement lui échappait mais cet argent, insulte suprême, aidait des petites gens à se loger !
Heureusement pour ces banquiers, un aréopage brillant, composé d'un Ministre des Finances, élevé au bon lait de l'ultralibéralisme, secondé par un Ministre du Budget sorti de HEC et aidé d'une vieille réac à qui on a confié le Ministère du Logement - je ne cite pas de nom pour éviter d'être traîné en justice pour outrage par Mme lagarde, Mme Boutin et Mr Woerth- , est venu à bout de ce scandaleux avantage donné aux pauvres et autres fainéants: le logement social.
vendredi, 30 janvier 2009
J'ai eu peur...
En des temps pas si lointains, les choses étaient fermes, assurées, à leur place.
L'ordre naturel des choses était clairement assumé par tous.
Notre Bonaparte vient de briser sur l'autel de la politique politicienne les plus affirmées de nos valeurs: L'intelligence ne se trouvait que dans un cerveau blanc et masculin.
Malgré des incidents rarissimes comme Marie Curie ou Arété de Cyrène, la chose était solidement établie.
D'ailleurs on fit heureusement taire tous ceux qui auraient bien aimé caser leur maman dans le panthéon des beaux esprits.
Seulement voilà, l'appétit de pouvoir insatiable de notre Guide, mené par un instinct populiste très sûr, a chamboulé un équilibre déjà rendu précaire par Simone Weil et Elisabeth Badinter.
Désormais, Rama Yade est là pour en témoigner, le réceptacle sacré de l'intelligence, non seulement peut être féminin mais noir !
Heureusement, certaines contrées, à l'abri d'un modernisme décadent ont su résister à ces propagandes délétères.
D'ailleurs, cette photo est là pour le prouver.

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mardi, 27 janvier 2009
Au chaland qui passe.
Le culot de certaines entreprises laisse rêveur…
Vous avez sans doute appris, comme moi, que dans ce monde de brutes, pour survivre, une entreprise doit se battre pour vendre ses produits.
Une nouvelle approche vient de se faire jour: il faut se battre pour acheter !
Mieux, on tente de faire payer deux fois les coûts de distribution de ce qui est en vente…
Que je vous narre l’aventure.
Dans une boîte de courrier électronique envahie chaque jour par des offres inintéressantes au possible, on trouve parfois des propositions dignes d’attention.
Il y a quelques jours, en pleine vague de soldes, alors que mon escroc d’ex-patron m’avait donné un écran LCD pour paiement de sa séance de psy bimestrielle, écran que j'ai illico donné à Douce Moitié, je tombe sur l’affaire du siècle : L’écran 21” haute résolution, plat, LCD, 1680x1050, basse consommation, bref le rêve du bidouilleur écolo qui veut changer son écran CRT, lourd et gourmand en énergie.
Le prix proposé pour cette merveille ? 99.99 € !
Votre serviteur s’empresse illico de cliquer sur les icônes adéquates, fait sa réservation, paie avec sa carte Visa, dont il espère qu’elle ne profitera pas de l’occasion pour s’enfuir aux Maldives sans lui, et se rend à la boutique où est censée l’attendre la merveille technologique qui le fait baver d’impatience.
Arrivé dans la boutique, nanti du précieux sésame imprimé via le Web et qui indique que les 99.99 € ont été versés et se sont au passage transformés en 101.49 €, je commence par apprendre qu’il faut effectivement payer 1.50 € pour aller chercher soi-même son matériel à la boutique.
Après avoir dégluti difficilement -ce n’est pas tous les jours qu’on vous fait payer un supplément pour avoir l’honneur d’acheter dans une boutique- je demande donc à la jeune fille qui m’accueille de bien vouloir me donner l’écran convoité.
Et c’est là que ça se gâte.
- Vous devez aller à l’une des bornes à l’entrée et taper les renseignements figurant sur votre reçu et on vous appellera pour que vous alliez chercher le matériel.
- Dites…
- Monsieur, c’est la procédure pour retirer ses achats…
- Dites-moi, jeune fille, ôtez moi d’un doute, vous n’êtes tout de même pas en train de m’expliquer qu’après avoir payé un supplément de 1.50 € pour venir chercher mon matériel, il faut en plus que je fasse votre boulot ?
- Monsieur, c’est le règlement de la boutique !
- Mademoiselle, s’il vous plaît, veuillez annuler immédiatement mon achat et me rendre l’argent que j’ai versé.
- Monsieur, tout ce que je peux faire c’est vous faire un avoir sur un prochain achat.
- Parce que vous imaginez qu’il y aura un prochain achat ? Pas question ! Vous me donnez mon écran ou mon argent et immédiatement !
- Bon, je n’ai pas le droit de le faire, mais exceptionnellement je veux bien me charger de la transaction à partir de mon poste, je peux appeler un supérieur si vous le souhaitez…
- Avec plaisir, merci.
La demoiselle me demande de m’asseoir et dit qu’elle m’appellera par mon nom quand « le supérieur » et mon écran arriveront.
Le supérieur arrive, je lui explique le motif de ma réclamation, il condescend à m’expliquer le coût de la gestion de la boutique. Je lui explique à mon tour que c’est un peu à ça que sert la marge brute bénéficiaire et que les coûts de gestion nuls ne sont atteints que quand la boutique est fermée définitivement. J’insiste lourdement et à plus haute voix en lui demandant comment il prendrait la chose si la caissière de sa boucherie lui annonçait « 8 € pour le steak et 2.30 € pour le salaire du vendeur !». L’avantage de ce genre de comportement d’emmerdeur un samedi matin, c’est qu’on est sûr que la boutique est pleine et le chaland attentif à ce qui s’y passe…
Du coup j’ai eu mon écran et une barrette mémoire de 1 Go au titre du « geste commercial »…
De l’utilité de ne pas se laisser faire, sinon il nous faudra bientôt assurer nous même l’achat des matières premières, la fabrication de ce qu’on veut et terminer en payant le produit fini à la boîte qui aura fourni le manuel de montage…
Cette aventure n’est pas terminée.
Suite à la prochaine note.
lundi, 26 janvier 2009
Z'avez remarqué qu'il looks like Detritus ?
Pour les ignorants de la vraie culture française, voire gauloise, Detritus est le personnage délétère de La Zizanie, bande dessinée de Goscinny et Uderzo...
C'est un commentaire de Karmara chez Heure-Bleue qui m'a fait tiquer et montré à quel point notre dangereux autocrate peut légitimement se féliciter du succès de sa méthode qui consiste plus à dresser les Français les uns contre les autres qu’à les gouverner.
Karmara écrit, et je comprends son point de vue, que
« comme d'hab', ça a pris la tournure : défense des intérêts des fonctionnaires et assimilés. Les syndicats ne s'adressent plus au secteur privé, sauf de temps en temps quand il y a un enjeu médiatique. Résultat : le 29 janvier, je dois prendre une journée de congé parce qu'il n'y aura ni trains ni écoles. Et du coup, les grévistes m'emmerdent. Et à entendre parler autour de moi, je suis loin d'être la seule. »
(Noter toutefois que selon un sondage paru ce matin dans Libé cette remarque n'est pas si vérifiée...)
Il nous faut donc admettre que la stratégie de Nicoléon paie, de faire dresser:
Les non-grévistes contre les grévistes.
Les travailleurs contre les chômeurs.
Les adultes contre les jeunes.
Les bien-portants contre les malades.
Les actifs contre les retraités.
Les Français contre les étrangers.
Les « fous » contre les « sains d’esprits » (voire…).
Les salariés du privé contre les fonctionnaires.
Et, plus récemment, les cheminots contre les journalistes. (M…, c’est pas lui…)
Et envisager:
La psychiatrie par le seul enfermement.
La santé publique par la seule efficacité économique de l’hôpital.
La Sécurité Sociale par le flicage des patients et des médecins.
La sécurité par le fichage et les contrôles au faciès.
La justice par l'incarcération systématique.
La République par le muselage du Parlement.
L'Education par la suppression de 30.000 postes d'enseignants et leur remplacement par 5000 "flics" pour surveiller l'absentéisme.
Donc, quelle que soit la gêne causée par une grève dans les services publics, il serait bon qu'avant de pester contre cette gêne, on se rende compte de quelques petites choses:
- Une grève qui ne dérange personne est une grève qui ne fait que coûter au gréviste et ne sert à rien (je me rappelle l'époque où quand EDF faisait grève, il n'y avait de lumière que dans les coins où il y avait un hôpital ou une clinique et on n'en mourait pas).
- Ne pas oublier que si le secteur public fait grève, il le fait parce que c'est désormais le seul secteur qui peut le faire sans causer une vague de licenciements.
- Le salarié du privé ne peut pas faire grève sous peine d'être viré, quoique s'en défendent les entreprises.
A la limite, le privé fait grève par procuration en soutenant les grèves du public, du moins c’était le cas en 1995.…
Donc, pestons s'il n'y pas de RER, mais de grâce ne rejetons pas la faute sur les salariés du public.
Et si les syndicats ne s'occupent que du secteur public, c'est parce que personne ne se syndique dans le privé. Si les salariés du privé ne laissaient pas licencier les militants syndicaux et les délégués, (et si les syndicats se préoccupaient de leurs adhérents au lieu de se battre entre eux pour leur représentativité) il est probable qu'en haut lieu on y regarderait à deux fois avant de se lancer dans une série de régressions sociales.
Voir ce qui se passe les pays nordiques...
Donc, avant de râler, regardons-y de plus près.
.
dimanche, 25 janvier 2009
Au fait...
Avez-vous pensé à signer ici ?
samedi, 24 janvier 2009
Commentaires sur les guerres d’ego…
Aujourd'hui, j'ai décidé (pas de raison que seul "Machin" ait le droit de décider) de ne pas être "consensuel".
On ne peut décemment m’accuser de sympathie envers le césarisme, fut-il démocratique.
D’ailleurs, ma position de ricaneur face à l’idée d’un homme fort, avalisé par « le peuple » et leader charismatique, sort renforcée à la lecture d’un articulet plein de fautes (c’est une denrée courante sur Yahoo Actualités).
Il y eut, figurez-vous, des « élections » à l’UMP ce samedi.
Et c’est là qu’on voit bien l’inutilité du Parti Communiste : En effet, qu’a-t-on besoin d’un tel parti pour se faire élire avec un score soviétique ?
Imaginez que « la troïka » qui sera censée emmener le parti a été non pas élue mais plébiscitée par 93% des votants !
Imaginez que J.P.Raffarin, chef-vice-président, celui qui , sera secondé par trois vice-présidents, le tout recueillant 93% des voix, a recueilli 90% des suffrages.
Là où je crains fort un retour en force du césarisme, c’est quand à la tête du parti de la majorité, et encensant le président à grands cris, on trouve trois ministres en exercice, dont deux Ministres d’Etat.
J’en étais resté naïvement à une époque, de plus en plus lointaine semble-t-il, où le Président et son gouvernement étaient censés être au service de tous les citoyens du pays, où le Président et ses ministres abandonnaient illico, dès leur élection ou leur nomination, toute activité partisane ou position dans le parti dont ils étaient issus pour se consacrer à leur tâche au service de tous.
Eh bien, je dois déchanter et m’inquiéter.
A partir de dorénavant, ce sera comme désormais, le Président décidera, le Parti obtempèrera, et, pour être sûr que le Parti suivra, ses vice-présidents seront « élus » avec 90% des suffrages et seront directement choisis parmi les membres du gouvernement.
Quelle importance si ça nous mène à une « dictature soft », de moins en moins « soft ».
Si notre illuminé se penchait un peu sur son boulot, il se serait aperçu qu’il a prôné un système au moment où il craquait de partout.
Il se serait aperçu qu’il nous y emmène à marche forcée au moment où le système s'effondre.
Que le président qu’il avait pris comme modèle a renié le système en question pour cause de crise gravissime du système
Bref, notre chef à nous (béni soit son nom) non solum errat, ce qui est humain, sed etiam perseverat, ce qui est diabolique...
Pire encore, il est aveugle et sourd, ce qui est bien emmerdant quand on conduit.
Surtout quand on conduit un pays.
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mercredi, 21 janvier 2009
America is b(l)ack !
Et nos media (non ! je ne mettrai pas un "s" au pluriel de medium ni d'accent aigu) ! sont myopes au point que la seule chose qui leur semble digne d'intérêt est son teint...
Pff... Qu'en dire ? Sauf que Mr Obama est vraiment bidon, d'ailleurs il n'est même opas français.
Vous ne trouvez pas que sa petite sauterie à Washington ça faisait cheap, avec ses deux millions de personnes et leur silence ému, à côte du Fouquet's et de Mireille Matthieu exécutant la Marseillaise ?
Faire attention tout de même, la concurrence à Nicoléon est sévère: SégolèneRoyal a fait très fort dans le "faut que j'fasse tout moi-même" en annonçant que Mr Obama avait honteusement pompé sur elle pour son programme et sa méthode.
On aura néanmoins remarqué, mauvaises langues que nous sommes, que ça a mieux fonctionné pour lui que pour elle...
Je pressens que d'ici peu, au lieu de l'appeler Ségo, ses camarades d'assemblée vont l'appeler Ego, caustiques comme ils savent l'être.
Bon, elle est femme, blanche et, quoiqu'illuminée, son discours nous éclaire assez peu sur sa vision. Elle a de plus une élocution particulièrement monocorde et ennuyeuse.
Bref elle a tout ce qu'il faut pour assurer un second mandat à notre nabot énervé...
Au fait, vous avez remarqué les réflexions et l'air boudeur de ce dernier ?
On a de la chance d'avoir un homme d'état de cette envergure à la tête du pays, non ?
Heureusement que sa concurrente est nettement plus enthousiasmante...
Il semble jaloux comme un gamin qui connaît la réponse et que la maîtresse ignore au profit du petit dernier arrivé dans la classe.
Ce salaud de petit dernier, grand, beau, intelligent qui parle avec distinction -et que les filles regardent comme un gâteau-, lui pourrit sa célébrité. Surtout qu'il semble scandaleusement calme et sûr de lui.
En plus, contrairement à votre serviteur, qui l'a aussi jalousement observé, il ne semble pas du genre à déchirer sa veste en accochant une poche dans la poignée d'une porte de la Maison Blanche, lui...
Pourtant, on dirait bien que notre calife et sa copine Iznogoud manquent de la plus élémentaire clairvoyance: Etre président des Etats-Unis en ce moment est surtout une place à prendre des coups. Nos deux andouilles n'ont même pas vu que c'est encore un sale boulot et qu'avec le long entraînement qui est le leur, les Américains ont encore trouvé un Noir pour le faire...
Il y a des jours où on se dit qu'être français n'est pas forcément un gros avantage...
vendredi, 16 janvier 2009
Vous voyez bien que, finalement, l'économie est une discipline amusante !
On n'a pas si souvent l'occasion d'un fou-rire...
Hier, je suis allé déjeûner avec mon ex-patron (je suis psy à quart de temps) lequel me conte ses malheurs par le menu.
Outre le fait patent que "ils me volent tous", "ils ne travaillent pas et moi je me tue à maintenir cette boîte à flot", il a de multiples problèmes de santé, dûs probablement à trop de contorsions pour conserver un équilibre instable entre les divers articles du code de commerce, pas toujours aisé à respecter, et une efficacité économique qui coexiste mal avec le CGI, plus connu sous le nom de Code Général des Impôts...
Il m'offre donc à déjeûner pour déverser dans mon oreille, compatissante et attentive, tous les tracas que lui cause cette navigation à vue entre les articles des lois qui lui pourrissent la vie.
Une fois effectuée ma BA bimestrielle, je retourne vers mon havre et pour occuper sainement mon temps de voyage, j'achète Le Monde (à l'aller, c'est Libé, au retour c'est Le Monde) et là, je tombe sur la perle du siècle ! Une série "d'analyses" (on verra plus loin le pourquoi des guillemets) qui dit en titre que les difficultés s'aggravent dans la zone euro tandis que le sous titre nous rassure en nous disant que finalement non, la récession ne se transformera pas en dépression.
Comprenne qui pourra.
Fort de cette incertitude, je lis attentivement l'article.
L'écriture d'icelui explique clairement une chose: Pourquoi les économistes se trompent, mais avec une grande précision...
Et c'est à la fin de cet article ébouriffant que je suis pris d'un fou-rire qui me fait regarder bizarrement par les passagers de la rame, prêts à appeler Mme Dati au secours pour me faire enfermer ad vitam aeternam au nom du principe de précaution.
Et pourquoi ?
Parce que, parmi les signataires de ces analyses, le plus optimiste des "experts" est probablement le plus mal placé du monde financier pour donner son avis.
L'expert économiste d'une boîte qui a perdu entre 1,5 et 2 milliards d'€uros sur les marchés et dont la cote s'est effondrée de plus de 80% en un an ne me semble en effet, pas très digne de foi.
Comment faire confiance un type qui clôturait, fin août, un article intitulé "Les banques françaises sont sereines devant la crise des subprimes."...
Lui me semble du coup un peu serin...
lundi, 12 janvier 2009
Ca faisait longtemps que je n’avais pas attiré les foudres des bien-pensants…
Cette note est longue, je vous préviens.
Cela dit, la qualité du style, la beauté de la forme et l'intelligence du fond, comme celle de son auteur, devrait vous permettre d'arriver au bout.
(faut bien que je me jette des fleurs, ça devrait amortir le paquet de cailloux qui vont s'abattre sur votre serviteur).
Eh bien, en mai 1948, j'étais en train de grandir tranquillement dans le ventre de ma mère, j’avais laissé depuis deux mois le stade d’éclair cochon dans l’œil de mon père et le lendemain même de la déclaration d'indépendance de l'état d'Israël, les pays voisins se ruèrent dessus avec un ensemble parfait. Sans doute histoire de mettre fin à ce truc parfaitement débile: une démocratie laïque (c'est du moins ce que souhaitait David Ben Gourion dans la déclaration d'indépendance) dans ce petit coin d’Asie Mineure.
En 1956, j'avais 7 ans, les Maristes essayaient vainement de me bourrer le mou et les Egyptiens avaient couvert le Sinaï de chaussures. Il faut avouer que sur ce coup-là, Gamal Abdel Nasser ne l’avait pas joué fine. Prendre des paysans et des bergers pieds nus et sans entraînement pour les envoyer guerroyer contre l'armée d'un pays qui avait, 8 ans auparavant, dû se battre ou être effacé des atlas, était un mauvais plan.
En 1967, j'avais 18 ans, une nouvelle fois (la troisième), pour éviter d'être rejetés à la mer (selon les slogans en vigueur chez ceux d'en face), rebelote. Il fallut tout de même six jours pour que les uns s’avouassent vaincus, les autres s’étant dépêchés pour être revenus à la maison pour shabbat . Là, on se demande bien pourquoi car la dafina, plat consacré du vendredi soir est un truc qui rendrait antisémite le mieux disposé à l’égard des coreligionnaires du Christ (je sais, il ne faut pas dire que Jésus était juif et surtout ne pas froisser ceux qui disent « c’est vrai que la dafina, c’est hard mais c’est parce que tu ne connais pas celle de ma mère ! »).
Chacun ruminant sa vengeance, il fallut attendre 1973, mon fils avait un an, pour qu'une nouvelle bagarre éclatât (on admire la concordance des temps, s'il vous plaît). Survint alors une période de calme de près de 10 ans, où les arabes alentour se calmèrent un peu, n'envisagèrent plus, du moins ouvertement, de rayer de la carte ce petit bled "sûr de lui et dominateur" selon un célèbre président français et commencèrent à s’apercevoir que finalement, quand le commerce marche, ça va mieux pour tout le monde.
Les meilleures choses ayant une fin, en 1982, mon fils avait dix ans, une génération venait donc de s'écouler, une nouvelle guerre éclata (contrairement aux assertions diverses, c'était un conflit israélo-syrien).
Nous sommes en 2009 et j'ai une petite fille de 22 mois, plus connue sous le nom de "La Merveille" (on aurait bien dit "La Déesse" mais on a eu peur d'une encyclique de Benoît XVI), une seconde génération vient de s'écouler et les hostilités ont repris, de fait elle n'ont jamais cessé depuis 1982.
Fort heureusement, cette fois-ci, les instigateurs de ce conflit ne sont pas appréciés des autres pays arabes (je ne citerai pas de nom pour éviter des incidents diplomatiques avec la Syrie et l'Iran).
Il y a donc gros à parier que les Palestiniens, manipulés comme d'habitude, vont en prendre "plein la gueule", selon l'expression consacrée (« alapanim » en hébreu), surtout les moins concernés, les moins bien lotis et ceux sans pouvoir, comme écrivait Dostoïevski, ceux qui sont « Humiliés et offensés ».
Ce sont eux aujourd'hui, les damnés de la terre, toujours victimes des luttes de pouvoir et de la corruption. Car ce ne sont pas des errements, ni des erreurs politiques, c'est délibérément que ces pauvres gens ont été abusés, manipulés, utilisés comme une arme pour servir les buts assez peu reluisants de ceux qui prétendent les défendre et qui laissent aux démocraties occidentales le soins de les nourrir et de les soigner.
Eux se contentent de puiser dans leurs finances pour les abreuver d'armes et de discours.
Un ministre d’Extrême-Orient a dit un jour, imprudent qui pensait que personne ne le comprendrait ni ne l’entendrait « il faut maintenir les peuples dans la pauvreté car on peut les acheter et dans l’ignorance car on peut les manipuler », la preuve est faite qu’à défaut d’avoir fait une découverte, ce ministre faisait preuve d’une certaine clairvoyance…
Je suis scandalisé par le cynisme de ceux qui manipulent les foules car, certes Israël n'est pas angélique, la foule n'y est pas plus maligne qu'en face (la circulation à Tel-Aviv montre bien que la supériorité intellectuelle des juifs est un mythe...) et les gouvernants y sont aussi cyniques qu'ailleurs, la faute, à mon sens, revient majoritairement à ceux qui, quoiqu'il arrive, ont décidé qu'un pays n'avait pas droit à l'existence Il faut avouer que, compte tenu de la façon dont les pouvoirs sont installés dans la région, le régime de ce bled est pour eux un vrai cancer.
Imaginez un coin où les filles choisissent avec qui elles se marieront, où on ne les lapidera pas parce qu'elles ont parlé à un homme, voire, suprême horreur, couché avec sans que les frères ou les pères n’aient donné leur aval, ou pire encore: sans être mariées ! où le peuple est régulièrement appelé à donner son avis sur la façon dont il veut être gouverné, un bled comme ça est un très mauvais exemple pour les pays alentour.
Demandez donc aux Libanais, qui ont bien du mal à faire valoir leurs droits dans ce qui reste une démocratie, malgré les efforts désespérés d’un grand voisin, et dont une partie du territoire est occupée par les thuriféraires d’un voisin encore plus grand…
On peut certes regretter qu'Israël s'asseye avec constance sur les décisions du Conseil de l'ONU, mais ont-ils vraiment le choix, compte tenu de l'animosité de certains voisins et de la haine viscérale qui obscurcit le jugement d'autres voisins ?
(j'en connais un qui fait des pieds et des mains pour se doter de l'arme nucléaire dans le but clairement avoué de rayer le bled de la carte...)
vendredi, 09 janvier 2009
Le Franc Pinay.


Le post de Fauvette "Les tartelettes aux abricots" a ravivé des souvenirs.
C'est curieux, j'ai aussi des souvenirs comme ça.
De bêtises.
Avec l'idée que chez moi on était seuls à faire des trucs comme ça.
Je me souviens notamment d'une boîte de pîèces de 1 franc... de 1914 en argent !
Ah cette boîte de sous... Vous savez, ces boîtes de jetons de loto, en bois, comme de plumiers mais plus hautes., C'était l'année où ces pièces de 1 Franc avec la Semeuse inaugurèrent le "Nouveau Franc".
Seul le millésime et le métal avaient changé.
Nous avions acheté plein de bonbons avec, pensant gruger la marchande.
Inutile de s'étendre sur la version longue de Ramona que nous avons entendue quand la boulangère a alpagué ma mère, lui disant " Vos enfants ont acheté vingt francs de bonbons avec ces pièces ! Elles sont fausses ! ".
Cette hyène de boulangère avait évidemment attendu de voir ma mère accompagnée des trois coupables (11,10 et 8 ans) pour déclarer la guerre...
Ma mère nous a jeté un oeil noir, a payé, a récupéré les pièces (dont une de 2 Francs, exacte réplique de la pièce de 5 Francs mais dont on avait caché le "2" avec une boulette de chewing-gum, ce qui fit découvrir la supercherie).
Puis, car c'était une garce, ma mère déclara "Finalement, vous y avez perdu, ces pièces sont en argent, impeccables et valent bien plus cher que les vingt Francs qu'elles comptent...".
Une fois rentrés à la maison, ma mère a posé les courses, nous nous sommes planqués, manoeuvre peu aisée dans l'appartement minuscule où nous nous entassions à six.
Et ma mère nous appela d'une voix qui n'était pas sans rappeler celle de Lara Fabian (au jourd'hui encore, Lara Fabian me fait peur, c'est la seule qui crie aussi fort que ma mère)...
Je crois crois bien que j'ai les fesses qui cuisent encore.
Et si elle n'est pas retournée ad patres, la boulangère doit encore regretter d'avoir rendu les pièces...

