mardi, 30 juin 2009

L'arnaque.

Quand on se rappelle l'Arnaqueur en 1961 ou l'Arnaque en 1973, on ne peut s'empêcher de penser que Paul Newman, paix à ses cendres, avait bien des leçons à prendre.
Gagne petit de milliers de dollars il n'allait quand même pas, malgré un talent avéré pour gruger son prochain, jusqu'à envisager d'escroquer toute la classe moyenne d'un pays au profit d'une poignée de possédants.
Il faut avouer que le système est assez bien pensé.
L'idée de base est de lancer un emprunt d'Etat pour "financer le développement économique des secteurs d'avenir".
Donc, dès qu'on entend "Etat", "Emprunt" "Avenir", on se dit "c'est tout bon, c'est du nanan".
C'est vrai, mais pas pour tout le monde...

Noszélites oublient en effet de nous dire que la thune se raréfie parce qu'ils s'ingénient depuis longtemps à priver l'Etat de ses recettes .
La charge fiscale glissant, depuis des années, des entreprises vers les ménages et, dans les ménages, des plus riches vers les classes moyennes, le rendement de l'impôt diminue.
Pour "financer le développement économique des secteurs d'avenir", il faut donc capter du pouvoir d'achat auprès des ménages. Deux méthodes: l'impôt ou l'emprunt.
L'Etat ne voulant pas céder sur l'impôt, reste donc l'emprunt.

Et là réside l'astuce !
Avec l'impôt, on prélève du pouvoir d'achat définitivement mais on le redistribue sous forme d'investissements publics ou de dépenses courantes et c'est régulier.
Avec l'emprunt, ce sont ceux qui ont eu les moyens d'épargner qui achèteront de la dette publique (dette qu'ils auront activement contribué à engraisser en privant l'état de ses recettes).
Grâce à des mesures fiscales favorables, les ménages les plus riches, ceux dont le taux d'épargne est le plus élevé gagnent sur les deux tableaux, ils paient moins d'impôts et touchent un intérêt sur l'argent dû aux cotisations et impôts non versés !

Et devinez qui paiera les intérêts et le principal ? L'impôt collecté auprès des ménages.
Ben, comme d'habitude, ceux qui n'ont pas les moyens d'économiser.
Ils paieront des intérêts et rembourseront le capital d'une dette dont il n'auront pas vu la couleur de l'argent.

Elle est pas belle la vie du Français prêteur à l'état ?

Ca ressemble furieusement à la finance d'une République de Françafrique, où des peuples suent sang et eau pour payer sans fin des dettes qu'ils n'ont jamais contractées...

PS: Remerciements à Mr J.M.Monnier, prof d'éco à la Sorbonne qui a désossé la mécanique de cet emprunt bien plus brillamment que moi. Bien trop longue pour être reproduite in extenso, c'est ici que vous pourrez la lire.

dimanche, 28 juin 2009

Le noir est une couleur...

 

Ca fait déjà plusieurs jours qu'il semblerait que l'évènement le plus important de la planète soit la mort d'une pop star.
Pour regrettable qu'elle soit, je ne pense pas qu'elle soit si importante qu'elle doive éclipser tous les évènements du monde depuis bientôt une semaine.
Je ne souhaitais pas de mal à Mr Jackson, dont je pense qu'il était trop jeune pour mourir.

Mais je trouve un côté un peu décalé à l'émotion planétaire causée par sa mort.

J'aurais aimé le même élan de compassion (d'auto-compassion ?) vis a vis des Iraniens qui se sont fait voler leur élection par des bandits, de douleur vis a vis des deux millions de Pakistanais qui ont fui leur province pour échapper à la guerre entre l'armée du Pakistan et les talibans, de soutien aux centaines de milliers d'Américains et d’Européens qui se retrouvent à la rue et sans boulot parce que la rapacité des banquiers les a conduits là, etc.
J'ai même souri en entendant un gamin parlant de "la disparition d'un génie qu'on n'oublierait jamais", le pauvre, s'il savait combien on oublie vite, surtout ceux qui ont aidé leur prochain ou qu’on a pris pour des génies.
On se souvient nettement plus des monstres, tout le monde se rappelle Caïn, peu se souviennent d'Abel.
 

 

Personne n'a même remarqué que feu Mr Jackson avait inventé la burqa pour homme...

  

La seule chose qui m’amuse un peu dans ce fait divers, regrettable mais assez courant (il meurt tout de même près de soixante millions de personnes par an dans le monde dont bon nombre ne sont pas moins méritantes que feu Michael), c’est que notre petit énervé doit trépigner de haine à l’idée que quand il sera rappelé ad patres l’évènement risque, au lieu d’être planétaire, de n’être que municipal…

 

Avec une note comme ça, je devrais exploser tous les compteurs de commentaires.
Bon, des commentaires d'insultes, mais à cheval donné on ne regarde pas les dents...

 

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Michael Jackson à Bahreïn portant une abaya, grand voile traditionnel porté par les femmes arabes (obligatoire en Arabie Saoudite). Photo: REUTERS

Il n'y a pas neuf Muse...

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Il n'y en a qu'une.
La lecture d'une note de Muse m'a inspiré l'idée (plutôt saugrenue) de faire un "rougail de saucisses" pour les enfants et les amis samedi soir.
Vous me savez particulièrement cartésien et tout à fait rationnel (la preuve: je suis tombé amoureux d'Heure-Bleue, c'est dire si je suis un garçon réfléchi...), pourtant mon goût du risque et un sens inné de la poésie m'ont poussé à me lancer dans cette entreprise pleine de risques.

Après avoir gaspillé un temps fou à trouver le gingembre, le safran, les tomates, les saucisses (méfiant et connaissant la propension innée de la saucisse de Toulouse à n'être bonne que cuite dans un bouillon avec lentilles, et mangée froide avec de la moutarde), j'ai opté pour des chipolatas, la même chose mais en plus mince, donc débarrassée plus rapidement de sa graisse superfétatoire.

L'ami arrive le premier, adorable, plein d'attentions mais doté d'une soif immodérée pour les single malt.
Du coup, je peste plus tard parce que la bouteille, qui était quasiment neuve et à peine entamée, a pris une super claque en une heure de cuisine et de papotage et que la prochaine fois que je prendrai mon "baby bi-hebdomadaire" Heure-Bleue regardera la bouteille et me jettera "un veau qui tète bien n'a pas besoin de manger" en même temps qu'un sale oeil...
Revenons à notre rougail. Donc, papotant j'émince les oignons (sans problème), puis réduis les deux gousses d'ail en micro-dés d'un millimètre cube (une vraie tannée, mais je suis patient), pendant que les tomates attendent que l'eau chauffe pour se déshabiller toutes seules.
En même temps, il faut surveiller la Merveille, occupée à utiliser le pommeau de la douche comme combiné téléphonique (je résiste même à la tentation d'ouvrir le robinet pour voir sa tête quand la douche l'inondera, c'est dire si je suis un papy gentil).
Dès que les tomates commencent à ouvrir leur robe rouge, je mets à chauffer les trois ou quatre cuillers d'huile de tournesol nécessaires dans la sauteuse (désolé, mais à 300 € aujourd'hui, je n'ai pas de cocotte en fonte Le Creuset) .
Dès que c'est à température, je jette les oignons dans la sauteuse, attends qu'ils dorent un peu puis ajoute l'ail et baisse le feu.

Je continue à hacher les tomates (vous avez remarqué comme l'ouverture de la première tomate vous décore avec brio comme un maréchal russe ?), en me demandant si Heure-Bleue va plus râler pour la chemise que pour les taches sur la nappe de la cuisine (ben oui, on met une nappe sur la table de la cuisine) ...
Quand tout me semble avoir la bonne couleur, j'ajoute les tomates, le thym, le gingembre (pas le piment, servi à part parce que la Merveille s'est déjà prise au piège de sa curiosité avec du piment, souvenir piquant), et touille un peu.
Je retourne sur Internet (je suis en panne d'encre, donc recette pas imprimée) pour lire la suite. Faire suer les saucisses et touiller la gamelle.
Je touille donc.
Le résultat ne ressemble en rien à la gamelle concoctée par Hélène dans la note de Muse.
Une vague sauce tomate, un peu bizarre et pas tentante du tout.
Opiniâtre, je persiste à me battre, je touille, quand les saucisses ont pris une belle teinte rousse (pas rose pâle ni noir, vraiment roux) je les mets dans la sauteuse avec la vague sauce tomate, je ravive un peu le feu (en fait je le monte un peu, c'est une plaque vitrocéramique) et je continue à touiller.
J'arrête cinq minute pour faire chauffer l'eau du riz -un verre et demi d'eau par verre de riz, quand il n'y a plus d'eau, c'est cuit (surveiller sérieusement sinon ou ça crame ou c'est détrempé) .

Et là, ô surprise ! La magie opère (avouez que pour un cartésien, ça la fiche mal !), le contenu de la sauteuse ressemble à la gamelle d'Hélène.

C'est dingue, non ?

Un grand merci à Muse.

jeudi, 25 juin 2009

L’échec emploi-service

Comme disait Coluche, "des fois, tu t'demandes..."

Vous vous rappelez (faites un effort, sinon à quoi ça sert que je m'échine si vous ne faites pas l'effort d'être marqués par les petit bijoux littéraires que je vous concocte ? Hmmm ?) que dans une note précédente je remarquais aigrement que Mr Expulsion des étrangers, après avoir été nommé Mr Expulsion des entreprises, avait été, à l'insu de son plein gré, élu député au Parlement Européen.
Des électeurs taquins préféraient sûrement le voir à Strasbourg à s'occuper de rien que rue de Grenelle à s'occuper de leur emploi, surtout après l'avoir vu à l'oeuvre dans un ministère qui était (très) accessoirement celui de l'Intégration...

Attentifs à la marche du monde, au moins de celle de notre France, vous avez sans doute noté que notre Briçou  avait été prié de décliner l'offre alléchante de l'Europe car il avait en cours des travaux genre Héraklès (prudent, Chouchou n'a pas parlé des écuries d'Augias,  son aphone épouse lui ayant sûrement rappelé, - que dis-je, appris- à temps qu'Héraklès avait tué Augias après sa journée de technicien de surface).
Et là, qu'est-ce qu'il nous raconte, Mr Augias ? Que le Briçounet a été déchargé de ses travaux de première importance pour s'occuper du fichage des Français en vue de l'élection de 2012 (espérons que l'Iran ne servira pas d'exemple).

Si j'ai bien tout compris, l'importance de l'emploi des Français et la lutte contre le chômage sont finalement très relatives.
Surtout à côté de la perspective d'être réélu de notre petit énervé.
Au point qu'on a confié l'emploi, les relations sociales et la lutte contre le chômage à un vague lascar qui s'est surtout illustré par son efficacité à jeter dans les rues les gens excédés par son obsession des suppressions de postes...

On ne se foutrait pas un peu de nous, des fois ?

samedi, 20 juin 2009

Lettre ouverte à Tarmine la naïve...

Ecoute ma biche, tu ne comprends décidément rien à l'économie de marché.
Cette merveille qui garantit la prospérité (surtout des déjà nantis)...

On envoie les gosses à l'école jusqu'à 22 ou 23 ans (espérant qu'avec des diplômes ils auront un job gratifiant et décemment rémunéré).
Ensuite, on les laisse mariner de stages gratos en stages non rémunérés jusqu'à 28 ou 30 ans.
Ils débuteront dans la plupart des cas au SMIC pendant un an ou deux.
A partir de ce moment là, 42 ans de cotisations au dessus du plafond de la sécu leur permettront, en théorie, de prétendre à une retraite égale à 50% du plafond de la Sécu en vigueur (en fait, ~40% parce que la Sécu t'achète l'€uro à ~80 cents).
Mais, à partir de 45 ans ils vont alterner des periodes de six mois de CDD et 6 mois d'ASSEDIC. Et ce, jusqu'à 55 ans.
Au delà de 55 ans, ils seront partis pour des séries ASS suivies de Formation puis, après des petits CDD de trois mois de temps à autre, et ce jusqu'à 67 ans.

A 67 ans, ils seront mis à la retraite d'office (j'allais dire au rebut...) et, comme ils n'auront jamais acquis qu'une petite trentaine d'années, souvent au SMIC, de cotisations validées, compte tenu de la lourdeur des pénalités pour trimestres manquants et de l'essentiel d'une "carrière" payées sous le plafond de la Sécu, leur retraite, déjà prévue mince à taux plein, ressemblera à l'aide des centres d'action sociale municipaux.
Bilan, à 69 ans ils seront à la rue et il y a gros à parier que mal nourris, mal soignés et vivant dans des conditions difficilement acceptables pour un chien, ils vont mourir vers 70 ou 72 ans.

On réduit la l'espérance de vie, on prend les cotisations, on en reverse le moins et le moins longtemps possible.

Et voilà le problème des retraites résolu...

mercredi, 17 juin 2009

Rêveries d'un promeneur solitaire

Mon optimisme me perdra, je le sais.
Voyez-vous, à la lecture d'un minuscule articulet, un vent d'espoir souffle sur le moral de votre serviteur.
Quelle nouvelle peut bien agir sur mon esprit, maussade depuis mai 2007, indigné par les hurlement de victoire d'un parti qui ne rassemble guère que près de 11% des électeurs inscrits ?

Eh bien, il ne s'agit pas simplement de l'annonce d'un prochain remaniement ministériel.
Mais alors ? Entends-je haleter le lectorat impatient.
Voilà, un des très écoutés conseillers de notre chef, mandé le soir pour assurer le secret des délibérations (mal gardé le secret...) n'est autre qu'Alain Minc.
Après avoir constaté pendant des années, combien ce "conseiller" avait concouru efficacement à l'effondrement des boîtes auxquelles il a dispensé ses oracles, je me sens pleinement rassuré.
Si tout se passe comme il ne l'a sûrement pas prévu (as usual...), nous avons le choix, restreint mais intéressant, entre quelques scenarii:

- Une agitation sociale qui amène illico le remaniement suivant (très probable).
- Une démission de notre énervé, vexé d'être si mal compris (faut pas rêver).
- Une guerre civile, causée par l'annonce intempestive de la suppression de toute forme de protection sociale au prétexte que la croissance chinoise est forte grâce à des salaires minuscules et une protection sociale inexistante (on ne sait jamais, l'homme pressé, inculte et cupide ne se rend pas toujours compte de ce qu'il fait).

Mais, le pire n'étant jamais sûr, on peut avoir droit à des élections anticipées et, rêvons un peu (rêvons beaucoup, d'où le titre de ce bijou de la littérature...), les 70% qui étaient contre la victoire éclatante des 28%, peuvent se mettre d'accord devant l'ampleur des destructions promises...

jeudi, 11 juin 2009

L'esprit des lois

Le monde.fr publie une note fort intéressante, elle semble donner corps à la promesse dont on nous rebat les oreilles depuis la campagne de l'élection présidentielle: la notion de responsabilité.
J'en veux pour preuve cet extrait qui promet des batailles sanglantes dans les prétoires entre les représentants du Ministère des Finances et les représentants des banques.  

"M. Estrosi entend modifier le code pénal en y insérant un article 222-14-2 qui prévoit que "le fait de participer, en connaissance de cause, à un groupement, même formé de façon temporaire, qui poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou des destructions ou dégradations de biens, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende".
"Il est souvent difficile d'identifier celui qui, dans la bande, a commis le délit," a expliqué le député, mardi 9 juin.
Désormais, le simple fait d'appartenir à une bande sera un délit. On est dans le domaine d'une responsabilité collective qui n'existait pas jusqu'ici, alors qu'il est très difficile d'établir une responsabilité individuelle"

Nous attendions tous avec impatience cette modification du code pénal, encore que les peines envisagées semblent bien faibles à l'égard des plus gros contrevenants.
Elle devrait avoir l'ineffable avantage, non seulement de faire économiser des sommes folles au contribuable qui les a renflouées, mais de faire rendre gorge à ces banques qui portent, aux dires même de notre Président, nouvellement promu chevalier blanc du "capitalisme moral" (elle est bien bonne !!!), la responsabilité collective du caca dans lequel elles nous ont plongés.

Je dois avouer que pour une fois, une loi qui punirait ceux qui ont une responsabilité collective dans des dommages causés à l'ensemble des citoyens remporte mon suffrage haut la main.

Mais ne rêvons pas trop, il reste tout de même à regarder de près les alinéas de cette loi, j'ai bien peur en effet que la liste des exemptions n'en fasse guère qu'une loi anti-zyva de plus, plutôt dédiée à l'emprisonnement des voleurs de mobylettes, et que les gros fauteurs de troubles et de dégâts ne soient jamais sanctionnés malgré l'énormité de leurs exactions...

Ceux qui sont à l'origine de la disparition des économies de nombreux épargnants, de la garantie sur nos futurs impôts de la coquette somme de 360 milliards d'€uros, du cadeau de 26 milliards d'€uros pour renflouer des banques qui, au vu des boni distribués, n'en n'avaient pas réellement besoin, peuvent dormir tranquilles.
Je suis prêt à parier qu'ils ne seront jamais inquiétés pour avoir contrevenu à la loi qui punit les délits décrits ci-dessus et qui leur collent si bien à la peau...

 

 

mardi, 09 juin 2009

Lettre ouverte

Comme j'ai un long entraînement dans la technique du prêche dans le désert, ou de la miction dans un violon, je me suis permis, suite à un commentaire d'Etiam Rides (elle a bien du courage, car il n'y a pas de quoi rire...), d'envoyer un courriel à l'homme qui vient de rétamer Mr Bayrou:
A l'attention de Mr Daniel Cohn-Bendit.
 
Bonjour,
Je vous connais, de vue et de nom, depuis le 22 mars 1968, nous avons deux ans de différence et nous avons pu constater tous deux à cette époque bénie où la crise était derrière l'horizon, que le CRS entraîné et bien nourri court plus vite et tape plus fort que l'étudiant romantique.
Cette relative proximité me permet d'utiliser un style quelque peu familier pour vous dire que j'ai lu il y a peu que vous étiez partisan du capitalisme (ce qui ne me choque pas, pour avoir vu à l'oeuvre l'alternative stalinienne et ses nombreux avatars...) et du marché (ce qui ne me choque pas outre mesure compte tenu des brillants résultats de l'économie planifiée en matière de bien-être général ).
Cela dit, votre déclaration « des services comme le téléphone, la Poste, l'électricité n'ont pas de raison de rester dans les mains de l'Etat », m'a surpris et c'est là que l'affaire me chiffonne, surtout venant de quelqu'un dont le QI est mainfestement supérieur à douze.
Dans un monde libéral de bisounours, il est probable que vous ayiez raison.
Dans la vraie vie du libéralisme sauvage et du darwinisme social, je sens assez mal un groupement industriel réalisant une centrale nucléaire, par exemple, résister à la tentation de mégoter sur la sécurité, sachant que celle-ci représente près du tiers du prix de revient de cette centrale.
De même, l'expérience a montré avec les opérateurs privés de messagerie, que la mamie qui habite un hameau reculé à peu de chances de recevoir sa carte de nouvel an, sauf à payer le prix de l'essence et le temps de travail du facteur qui la lui amènera. Idem pour l'électricité ou le gaz: Chaque jour qui passe draine son lot de gens qui, sur la foi de la probable baisse des prix due aux bienfaits de la concurrence, se sont retrouvés avec des factures sans commune mesure avec les factures du tarif réglementé...
Vous me rétorquerez que le tarif réglementé fausse la concurrence, seulement voilà: cette concurrence n'est admise comme fausse que quand le citoyen de base paie un service ou un produit moins cher auprès du public qu'auprès du privé. Il me semblait pourtant que les plus ardents défenseurs de cette concurrence mettaient en avant les avantages incontestables apportés aux citoyens, notamment des prix plus bas. D'ailleurs les industriels qui ont souscrit des abonnements EDF au tarif du marché se sont montrés particulièrement satisfaits d'une hausse moyenne de leurs factures de l'ordre de 40%...
Je n'aborderai même pas le sujet des télécommunications, milieu à côté duquel celui de Jurassic Park fait figure de promenade campagnarde de colonie de vacances.
 
Donc, dans le monde de la vraie vie, si les états laissent aux mains des entreprises privées délivrant des produits ou des services de première nécessité (santé, éducation, énergie, télécoms ou messageries), il y gros à parier que la cupidité et la férocité l'emporteront sur toute autre considération.
Habituellement, le pourfendeur du service public de santé révise son jugement à la première métastase,  là, il semblerait qu'il faille attendre que tous les services dont je viens de vous parler doivent être payés sur la cassette personnelle des législateurs pour qu'ils y regardent d'un peu plus près...
 
Espérant que vous prêterez un peu d'attention au "citoyen de l'Europe d'en bas", pour paraphraser un ex-Premier Ministre.
 
Cordialement.

lundi, 08 juin 2009

Le Tartuffe ou l’Imposteur.

Pour paraphraser notre grand chef à tous, « c’est tout de même extraordinaire » ce qu’on peut lire sur l’élection des députés au Parlement Européen.
Mr Hortefeux, l’homme qui laisse un souvenir impérissable à tous ceux qui croyaient vivre tranquillement en France au prétexte futile qu’il y travaillaient, y payaient des impôts, y étaient mariés et parfois même avaient eu l’imprudence d’envoyer en toute confiance leur enfants dans les écoles de la République pour les faire ramasser par la maréchaussée (autres temps, pas autres mœurs…), Mr Hortefeux, donc a été élu haut la main au Parlement Européen.

Or, que lit-on ?  Ceci :

« Moi je pense qu'on a besoin de Brice Hortefeux au gouvernement », a jugé Xavier Bertrand, ajoutant que Brice Hortefeux doit « en parler avec Nicolas Sarkozy ».
Soit, mais la suite est renversante :

« S'il y avait été pour siéger, très franchement, il aurait été la tête de liste dans cette grande région », a-t-il insisté.

Il semblerait donc, si j’ai bien suivi, que Mr Hortefeux s’est fait élire pour ne pas mettre les pieds au Parlement.
Peut-être s’est-il présenté tout bêtement pour ajouter, sans le faire exprès, six à sept mille €uros mensuels à ses émoluments et indemnités habituels.
On peut espérer que son sacrifice ne sera pas vain…

 

Mais alors, peut-on dans réellement en vouloir à ceux qui ne se sont pas dérangés pour élire des députés qui ne siègeront pas ?
  

mercredi, 03 juin 2009

L'absente.

Heure-Bleue prétend, au prétexte futile que j'ai posé ma lecture du soir à côté du lit au moment d'éteindre la lumière, que je suis bordélique désordonné.

Décidé à prouver le contraire, je vous convie donc, contraint et forcé, dans l'huis clos de notre chambre.
  Voici donc "mon côté de lit":
P6030055_2.JPGVous pouvez admirer (et sans retenue, s'il vous plaît) les piles impeccablement placées à la droite de votre serviteur, les monuments de la littérature (il y a même Lucien Leuwen dans le tas, si, si !) dans le panier sous la table de nuit (en fait un tabouret).

On sent là l'homme parfait.
Celui bien ordonné dans sa tête et dans sa vie.
Celui qui ne cède à la fantaisie que pour faire plaisir, mais se sacrifiant tout de même, aux lubies vaguement poètiques de sa Moitié.
Celui qui sait que la vie est  comme une échelle de poulailler, somme toute assez courte et avec de la merde sur tous les barreaux est un long chemin (enfin pour ceux qui ont de la chance) semé d'embûches.

 

  P6030057.JPGTandis que le coin d'Heure-Bleue n'est qu'un entassement sans grâce ni ordre, où la pile de revues "Elle" côtoie sans discernement le journal du jour et les tas de livres à lire.
Tout cela révèle le joyeux bordel désordre qui règne aussi bien dans la chambre que dans la tête de linotte typiquement féminine de Douce Moitié.
D'ailleurs, Balagan, le chat, ne s'y trompe pas, qui porte le nom même de ce que décrit la photo...

 Un bref éclair d'égoïsme d'honnêteté me force néanmoins à admettre que ce manque de discernement m'arrange bien.
Quelle femme dotée d'un poil de réflexion aurait eu l'idée saugrenue de se marier avec votre serviteur ? Et l'aveuglement constant qui la pousse à me supporter pendant tant d'années ?

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