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lundi, 17 août 2015

Pension complète…

Une de mes lectrices chéries m’écrivait il y a quelque temps :

« Vous étiez le petit frère chéri ? ah ah, vous n’avez donc été élevé qu’avec des femmes en dehors de votre passage en milieu « carcéral ».
Avez vous connu des bizutages sévères en pension et étiez vous à l’aise avec d’autres garçons ? »


Cette lectrice allait jusqu’à cet été à la fac où elle a décroché son diplôme de psychologue.
Nous avons dans l’esprit, Heure-Bleue et moi d’aller boire un café avec elle.
Elle vit à Paris et nous entretenons des relations épistolaires assez bon enfant.
Que je vous prévienne tout de même.
Elle n’est pas « ma psy », on papote, elle pose des questions, je réponds.
Je suppose que c’est normal. Comme pour n’importe quelle formation, on apprend tous les jours et on ne connaît pas grand’ chose de son boulot en sortant de la fac ou de l’école.
Elle est jeune, je ne suis pas son patient, alors elle peut me poser des questions.
Ça me semble une saine et normale curiosité.
Elle m’a posé beaucoup de questions.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, lectrices chéries, mais les questions des autres, c’est bien pratique, quand on n’est pas psychologue, pour savoir où ils veulent en venir…

Elle m’a donc posé des questions à propos des garçons, des filles, des parents…

J’ai tenté de lui répondre honnêtement.
Oui, c’est bien aussi une psy gratos, une qui pose des questions avec sympathie, contrairement à ce que prétendent ceux qui clament « faut casquer pour que ça marche ! Et cher en plus ! »
Ceux là je les soupçonne, à juste titre je l’ai vérifié, de prendre plus soin de leur niveau de vie que de la psyché de leurs patients.
Je dis ça parce que j’ai versé beaucoup d’argent à deux d’entre eux pour les entendre longuement s’étendre sur eux-mêmes…
J’ai donc répondu à cette jeune femme que j’ai toujours été à l’aise avec les autres garçons  parce que chez les garçons, en pension, c’est « struggle for life » pour tous et à tous les étages.
Il faut dire que les options étaient peu nombreuses en pension.
Soit tu es un leader.
Soit tu es un suiveur.
Soit tu veux juste être en dehors de toutes ces conneries et c’était mon cas.
Non que je fusse particulièrement angélique mais ça ne faisait pas partie des choses qui m’intéressaient.
Ce n’est hélas pas le plus facile, il faut se battre, dans tous les sens du terme, parce que les suiveurs s’écrasent ou soutiennent le leader et que le leader tient à ce que tu fasses partie de sa cour...
Ça forge la personnalité...
Vous verrez, lectrices chéries, quelques années de pension vous enseignent ça très bien…
Le problème, c’est que le « leader » déteste celui qui veut rester en dehors de tout ça.
Il te veut dans sa cour, il veut le pouvoir, il se fout de ceux sur qui il l’exerce. Celui qui reste à l’écart le dérange.
Comme tu n’as personne pour te défendre, tu apprends rapidement, généralement à coups de bagarres, que le tout est d’amener l’autre à se dire « je vais gagner parce que je suis plus fort que lui, mais je vais en prendre plein la gueule, et ça c’est dangereux parce que les autres vont voir qu’on peut me remettre en cause. »
Tout ça n’est pas clairement formulé dans l’esprit d’un gamin de six ou sept ans mais c’est bien ce qui s’est passé.
Une fois que le « leader » a décidé qu’il n’y avait rien à gagner à faire entrer dans la bergerie un loup qui risquait en plus d’amener le troupeau à préférer le loup au berger, tu as une paix royale.
Les uns et les autres viennent même te voir en douce et c’est là que tu vois arriver de futurs traîtres qui te demandent si tu ne pourrais pas les conseiller sur la façon d’évincer le «leader» pour prendre sa place.
Tu vois, lectrice chérie, tout l’intérêt qu’il y a à rester en dehors de tout ça je suppose ?

Les pensionnats religieux étaient, dans les années cinquante, un endroit rêvé pour les études de sociologie…
Une prochaine fois je vous dirai la suite, je vous parlerai de parents et de filles.
 

Commentaires

Chez moi, enfin au boulot !, les psys ne posent pas de questions mais écoutent... Mais ce doit être la nouvelle génération !

Écrit par : lakevio | lundi, 17 août 2015

Je viens d'ajouter quelque chose à ma note pour lever une ambiguité que je n'avais pas remarquée.

Écrit par : le-gout-des-autres | lundi, 17 août 2015

LeGoût, je sais bien qu'elle n'est pas ta psy !

Écrit par : lakevio | lundi, 17 août 2015

Je pense plutôt qu'un psy entend mais n'écoute pas forcément sinon comment vivrait-il avec le fardeau déposé par ses patients.

Écrit par : mab | lundi, 17 août 2015

J'attends avec impatience le billet sur les filles, et je peux vous assurer qu'il n'est pas besoin d'être en pensionnat et garçon pour connaître les clivages ...

Quant aux psys ma foi, je n'en ai connu qu'une et très peu de temps, juste ce qu'il faut pour apprendre qu'un état dépressif n'est pas toujours un mal-être, mais quelquefois le symptôme d'une maladie non détectée !!!!

Écrit par : Sophie | lundi, 17 août 2015

Chez les curés à Paris jusqu'en 6ème, des modernes épris de Vatican 2, l'ambiance était plutôt bienveillante et les conflits entre élèves mal vus. J'ai atterri en cinquième dans une classe en Afrique centrale où les deux tiers des élèves étaient français d'origine corse ou du Midi. Aucun problème avec les élèves africains mais je dois dire que j'en ai conservé une allergie à la mentalité méridionale que les politiques locaux ne m'aident pas à faire disparaître. Est ce grave docteur?

Écrit par : Olivier | lundi, 17 août 2015

Bande à part, sacré bleu !

Écrit par : Berthoise | lundi, 17 août 2015

Finalement le pensionnat c'est la vie en miniature... il y aura toujours des leaders, des suiveurs et des gens qui veulent rester en retrait.... Je suis allée voir un psy il y a bien longtemps.... je m'en suis sortie sans lui....

Écrit par : Ysa | lundi, 17 août 2015

je n'aime pas les psys

Écrit par : pucca | lundi, 17 août 2015

Bof... Il y a ceux qui te conviennent et ceux qui ne te conviennent pas.
Il y a ceux qui sont honnêtes et ceux qui ne le sont pas.

Bref, c'est comme dans tous les métiers, il y a des bons et des mauvais...

Écrit par : le-gout-des-autres | lundi, 17 août 2015

Tu es vraiment tomber sur de mauvais psy. Un psy , au travail,doit faire abstraction totale de ce qu'il est, de ce qu'il fait, de son équation personnelle, surtout ne pas parler de lui....ne porter aucun jugement... Etc, etc.... En plus s'étendre..... Un psy en vacances est un être humain...il peut deconner si il veut.....

Écrit par : Ckan | lundi, 17 août 2015

tout est une question de psychologie...lol...psychologue c'est pas donné car ce n'est pas remboursé par la sécu...psychiatre oui...il y a les Freudien qui parlent un peu, ou les Lacanien qui ne parlent pas du tout, et sont sensés t'écouter, sauf que comme ils ne parlent pas t'es pas plus avancé...fils ainé ayant un master de psychologie, qui ne lui a servi à rien du tout, puisqu'il a fini fonctionnaire à l'éducation nationale, j'ai bien peur que pour ton étudiante il en soit de même, il n'y a aucun débouché, sauf si tes parents sont blindés et peuvent t'offrir un cabinet avec pignon sur rue...sinon elle peut continuer et faire clinicienne...mais encore des études...en tout cas tu es une personne très intéressante et je pense aussi que tu peux lui en apprendre beaucoup...sur les gens...kiss

Écrit par : esthériane, mialjo | lundi, 17 août 2015

Bravo ma belle tu as bien résumé ...
Et si un jour tu as besoin d'un "psy" tu me téléphones :)

Écrit par : Michèle | lundi, 17 août 2015

je n'ai eu affaire à un psychologue que lorsque je me suis faite agréée pour être assistante maternelle de la DDASS Robert avait dû y passer aussi. Puis j'avais été convoquée pour me demander si j'acceptais de prendre en charge plus d'un enfant à temps complet! J'en ai accepté deux ! Rien à voir avec la série "famille d'accueil" Faut croire que le psy nous 'a trouvé "équilibrés" C'est un sujet que je n'ai pas le droit de développer dans mon blog. Mal terminé!

Écrit par : emiliacelina | lundi, 17 août 2015

Me parle pas des psys, ça me donne des boutons. Et voilà que j'apprends que Ckan est psy, mon dieu, mais qu'ai-je fait au bon dieu ! J'en ai usé quelqu'uns, ils ont fini par baisser les bras avec moi. Un psy n'a pas le droit de te prescrire des médocs, contrairement aux psychiatres. J'ai eu affaire à 3 psychiatres dans ma vie, 2 dans le cadre de leur boulot, le 3e en temps que client qui fait, faisait interner les "internés d'office", vraiment sympath, qui disait que personne ne voulait prendre la relève et qu'il devait continuer, malgré l'âge de la retraite. Un peu fêlé sur les bords, mais vraiment marrant.
Les 2 premiers eux aussi m'ont dit qu'au bout du compte, j'étais capable de m'en sortir par moi-même. La preuve, j'ai trouvé les blogueurs comme psys. C'est eux que je rends chèvre par moment. Tiens, une nouvelle fable de la Fontaine, le psy et la chèvre.

Écrit par : juliette | mardi, 18 août 2015

c'est assez drôle ces commentaires, et ta note je dois l'avouer m'a fait sourire.
Il y a autant de psy que de différents types d'être humains, les idiots, les passionnés, les compatissants, les JARAF (j'en ai rien à foutre), les "je veux changer de vie à tout ça", ceux qui sont bons à un moment donné dans une situation donnée.

Un psy c'est une rencontre, et il m'a fallu arriver à la troisième pour y déposer mes valises, et me rendre compte que cette dame était lacanienne, et donc absolument pas de mon obédience.
Il y a des gens qui ont cette chance, de ne pas avoir besoin de psy, et il y a aussi les résilients, et ce pour qui de toute façon c'est hors de question. A moins d'être sous contrainte, et injonction de soin, la liberté est à chacun de vouloir avoir un psy ou non. Tout peut être une thérapie, un bouquin, un plat de pâte, mais parfois il faut en passer par l'humain car rien y fait et que la douleur morale est trop forte. C'est dans ces moments là que les gens passent le pas de la porte et en déversent ce qu'il y a à dire. Mais tout ne peut pas être pris en chantier, on ne peut pas attaquer tous les points, car sinon il faudrait raser la maison entière pour certains, alors oui, il y a des accords fait sur certains points et d'autres éléments ne pourront jamais être touchés, car ils sont devenus fondations.

Je trouve que ton étudiante est courageuse de l'avouer qu'elle ne sait pas tout (pas de complexe du sauveur, et de la toute puissance en début de carrière, c'est plutôt pas mal), et d'aimer apprendre des gens et pas seulement des théories, j'ai toute confiance en elle dans la suite de son parcours, qui risque de ne pas être facile.
T'aies-tu demandé si vos échanges épistolaires pouvaient "soigner quelques maux par des mots" mais plutôt pour elle et non pour toi? Il faudra lui poser la question.

Écrit par : rivka17 | mardi, 18 août 2015

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