samedi, 11 mars 2006
les paradis artificiels...
Je vous fais part d'une nouvelle qui devrait bouleverser les foules.
J'ai passé le précédent week-end aux urgences de l'hôpital Tenon.
Ca vous la coupe, hein ?!
C'est là que j'ai pu apprécier tout le sel des dernières modifs de la loi en matière de santé publique.
Les gens qui vous accueillent sont absolument charmants, stressés et surbookés mais charmants. Ils font vraiment tout ce qu'ils peuvent pour vous aider. Petit problème: Ils peuvent peu. De suppressions de lits en réductions de personnel, ils vous donnent ce qu'ils peuvent: Leur humanité, leur compétence, leur dévouement aux gens qu'ils reçoivent.
Les locaux ressemblent assez à la Cour des Miracles: Exigus, cinq brancards dans une salle minuscule, si serrés qu'ils empêchent les internes de circuler convenablement entre eux.
Mais bon, il y a un progrès indéniable: Le traitement de la douleur.
Il faut avouer que des avancées considérables ont été faites en la matière, si, avec les modifications de la protection sociale, on laissait les gens souffrir il y aurait une révolution.
Qu'on les renvoie chez eux sans les soigner en attendant la libération d'un lit, soit, mais qu'on les renvoie chez eux souffrant, c'est un coup à faire écharper le ministre de la santé par les familles du patient !
Bref, après que Douce Moitié eût expliqué mon cas (bien incapable de l'expliquer moi-même, plié que j'étais sur mon lit de douleur), un interne me fit injecter un anti-douleur quelconque. Il revint un quart d'heure plus tard pour savoir comment je me sentais.
- Comment noteriez vous votre douleur ?"
- Entre insupportable et... insupportable !
- Une notre entre 0 et 10 !
- Ben...12 !
- Bon, on va vous injecter 2 mg de morphine, ça devrait aller mieux d'ici 5 minutes...
Le charmant interne revient au bout de 10 minutes et me pose la même question;
Votre serviteur lui sert la même réponse.
Tout cela jusqu'à ce que l'on m'injecte 14 mg de morphine...
Et là, surprise: Je n'ai plus mal !
Mais, car il y a un mais, la morphine a des effets secondaires qui poussent à se demander pourquoi il existe un marché illégal du produit.
Des vomissements tels qu'on pourrait revendre sa bassine au forum des halles !!
La prochaine fois, je délaisserai le haricot au profit d’une boîte Tupperware, c’est plus pratique pour la revente…
J'avais entendu parler de la morphine comme d'un produit qui vous faisait voyager, "au Pérou" disaient les uns, "le pied" disaient les autres. En fait, d'expérience, on est "dans le pâté" !
On déjante complètement, on fait et dit des trucs tout à fait hors de nature avec ce qu'on fait habituellement. On est malade, on vomit, on est persuadé que le médecin qui s'occupe de vous va vous tirer votre pyjama pour le vendre.
Bref, les paradis artificiels, c'est l'enfer...
En conclusion, je veux qu’on me plaigne !
10:09 | Commentaires (27)

