lundi, 15 janvier 2007
Je n'suis pas un héroooos
Et voilà, je sais de quoi il s'agit.
Ca faisait un bonne semaine que je me demandais qui étaient ces héros dont une campagne d'affichage nous rebattait les yeux.
Deux millions de héros, ça ne laisse pas d'inquiéter car, en général, ce qui différencie un héros du commun des mortels, c'est qu'il est mort...
Or donc, aujourd'hui j'apprends avec stupeur que je fais partie des héros, quoique ne figurant pas sur les affiches, là où mon profil de médaille eût pourtant fait un malheur.
Mais, passé ce petit moment de déception bien compréhensible face au manque de sens esthétique de la gent publicitaire, je me fais la réflexion que finalement, ce qui me gêne, ce n'est pas tant que les malades ou ex-malades du cancer soient des héros que le fait que la société ait pété les plombs.
Quand on en est rendu à décréter que des gens atteints d'une affection, qui pour être grave est aujourd'hui assez commune, sont des héros, il faut avoir perdu le sens des réalités et celui des mots.
A la limite, extrême limite, on peut être considéré comme un héros, mais ça n'a rien à voir avec l'affection qui vous frappe, si vous supportez le rally dans les méandres administratifs et paperassiers sans tirer à la chevrotine sur un personnel somme toute dévoué et surtout notoirement insuffisant.
Mais certainement pas parce que vous avez un cancer.
Vous l'avez. Point.
Vous en mourez ou non. Point.
Le reste n'est que gamineries pour faire tourner la "machine à boyscoutisme ambiant".
Cette société d'une férocité assez remarquable pour un monde théoriquement civilisé, sans doute pour éviter des mouvements d'humeur chez les moins bien lotis, sombre dans une ambiance "gnangnan" habillée d'un rose bonbon anglais assez écoeurant, non ?
Vous n'avez pas remarqué ? Dès qu'un point d'actualité pointe du doigt un bug social pourtant criant, on nous sort des "héros de tous les jours", un coup ils ont un cancer, une autre fois ils font de la poterie après leur semaine chez Carrefour (22h pour 147€ par semaine).
Aujourd'hui, je me demande si je ne suis pas devenu un héros pour éviter de parler du droit au logement opposable...
En fait, on devrait exiger de nos candidats un "droit de respect des promesses opposable", et pas un truc comme le droit de vote, non, le truc qui permet de traîner en justice un gouvernant qui s'est fait élire sur un programme et ne fait même pas semblant de l'appliquer.
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