samedi, 28 août 2010
Dame nature...
On appelle Nature tout ce que l’homme n’a pas modifié et est resté à l’état sauvage.
Or, ces temps-ci, force est de constater la fausseté de cette assertion: Rien n’a été plus modifié que l’homme et rien n’est resté plus sauvage…
La preuve ?
Eh bien, après avoir voté en mai 2007, enveloppée dans son petit manteau de nostalgie habituelle, la France pensait avoir voyagé dans le temps et être revenue au temps merveilleux des années soixante. Elle pensait avoir retrouvé le chemin du travail pour tous et, par voie de conséquence, celui de l’espoir et surtout du gagner plus.
Contrairement aux apparences elle ne s’est pas trompée. Enfin, pas totalement trompée…
Quelques éléments de cette époque bénie semblent ressusciter. Pas forcément ceux attendus.
Voire pas du tout ceux attendus.
Pour ce qui est du plein emploi, du gagner plus et de l’espoir, on repassera…
En revanche, pour ce qui est de la stigmatisation d’une catégorie de la population c’est gagné ! Bon, il y a une légère modification, à l’époque c’était « l’Arabe » qui d’ailleurs se contentait d’être « le bougnoule fainéant et violeur » selon la terminologie d’Ordre Nouveau.
L’Arabe d’aujourd’hui se contentant d’être le « Français d’origine maghrebine habitant une cité sensible » il a bien fallu trouver un autre bouc émissaire.
C’est chose faite.
Le « bohémien » qui, toujours à l’époque, se contentait d’effrayer les enfants pas sages ou de voler une poule est devenu « le Rom en situation irrégulière qui vole dans le métro » ou « les gens du voyage qui attaquent les gendarmeries » selon la nécessité sécuritaire du moment.
Un autre trait caractéristique des années soixante est aussi en cours d’application, « l’ORTFisation » de la radio est en cours à marche forcée.
Après avoir éjecté de France Inter, pour cause de serment d’allégeance au pouvoir et avec l’élégance qu’on connaît, Stéphane Guillon et Didier Porte, MM Hees et Val, aujourd’hui experts confirmés en matière de retournement de veste, viennent de virer Florent Chatain pour cause –inavouée parce qu’inavouable - d’indépendance de pensée et de liberté de ton.
On ne pourra même plus se rabattre sur la télévision publique et les grandes radios privées, l’opération de nettoyage s’y déroule avec la même délicatesse.
Aaahh… Ce bon vieux temps de la censure, de la propagande ouverte et de Radio Paris…
Il y a aujourd’hui des relents déplaisants dans l’atmosphère de notre vieux pays.
Je me demande qui sera le prochain bouc émissaire, quand les Noirs, les Arabes et les Tsiganes, vilipendés publiquement, n’auront pas permis d’éviter la catastrophe sociale et l’explosion de la pauvreté qui s’annonce.
Ça me tracasse un peu car quand la pauvreté augmente, on a recours au vieux bouc émissaire qui a fait ses preuves.
Comme j’en vois certains dont le physique colle assez bien avec le manteau de cuir et les lunettes cerclées, je me demande si une expatriation ne serait prudente.
La littérature décrivant ce cheminement, des années dix aux années quarante est assez éclairante.
Ça me rappelle justement que ça a commencé à déraper vers la moitié du septennat de Giscard d’Estaing, avec la hausse brutale du chômage, il y a bientôt quarante ans.
On serait presque dans les temps…
10:59 | Commentaires (4)
jeudi, 26 août 2010
La race des seniors…
Nous sommes allés il y peu dans ce quartier de perdition qu’est le quartier de Saint Sauveur, au bout de la rue Saint Pierre.
On peut y apprécier les efforts de la Merveille pour se faire admirer.
Surtout quand je la tiens par la main.
Et qu’elle me fait –déjà ! - admirer les vitrines de vêtements pour enfants.
En fin d’après midi, nous croisons des promeneurs qui se préparent, selon leurs termes, « à rentrer at home ».
Merveille, aux oreilles affûtées et à la mémoire quasiment eidétique, pendant le dîner se tourne vers moi.
- Papi, c’est quoi « atome » ?
- Eh bien, ça vient du grec « atomos », avec le préfixe privatif « a », comme dans « atone » et « tome » qui veut dire « coupe », comme dans « microtome », atome, ça veut dire « qu’on ne peut couper », insécable si tu préfères.
(je ne parle jamais « bébé » aux bébés, ça m’énerve, ils ne sont pas plus bêtes que nous et tant à leur apprendre quelque chose, autant leur dire les choses).
-Alors, hier, quand tu m’as « pas sécable !» quand j’ai tiré sur les fils, tu m’as traitée d’atome ?
-Euh… Mange ton saumon !
-Je vais dire à mamie que tu m’as traitée d’atome !
Et voilà comment on traite son papi, a Caen.
Quand elle voudra tous savoir sur les courbes d’oxydo-réduction ou les équations différentielles du second degré, je ne lui dirai rien !
Bon, je ne suis pas obligé de lui dire que c’est parce que j’ai oublié…
11:44 | Commentaires (11)
lundi, 23 août 2010
La balle est dans son Caen
Aujourd'hui, François Deweille voit l'avenir dans un centre pour aveugles près de Marly-le-Roi (Yvelines).
Tout comme j'ai entendu pour la mort de Bruno Cremer "Suite à un cancer du larynx, il avait perdu sa voix mais il n'en n'avait jamais parlé"...
Des fois je me demande s'ils relisent leurs textes ou si c'est fait exprès, va savoir .
10:06 | Commentaires (10)

