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jeudi, 24 septembre 2015

La tireuse d'épine.

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Bon, quand on connaît le coin...
Ben oui Mab, « La tireuse d’épine » est une statue de Jean-Baptiste Pigalle. Pfff...
Ah… Lectrices chéries…
Je dois avouer, à ma grande honte car, bien ce soit fréquent, je déteste me tromper, que j’ai « enduit d’erreur » un certain nombre d’entre vous.
Il s’agit d’une citation que j’aime beaucoup parce qu’elle est souvent appropriée aux évènements qui nous arrivent.
Je la prêtais à Goethe et je la lui avais fait écrire dans Faust..
Elle est de Schiller qui l’a écrite dans « La Pucelle d’Orléans ».
C’est Clodoweg qui me l’a rapporté.
Il s’agit de « Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain. »
Mais je l’aime bien quand même, elle tombe si souvent juste.
Bon, je secoue ma tête pleine de cendres et m’en vais rassurer Emilia-Celina qui semble catastrophée par ma note d’hier.
Rassure-toi, Emilia-Celina, ne vois nulle désillusion dans ma description du quartier de mon enfance puis de ma jeunesse.
Ce coin, comme beaucoup, reprend petit à petit les teintes et ce côté « passé » du Paris du début des années cinquante.
De ce quartier, l’avenue de Clichy seule n’a quasiment pas changé depuis. Elle a toujours été assez sale, vaguement triste et dévolue à certains marchands de « sapes » d’un mauvais goût très sûr.
Tu vois, Emilia-Celina, si tu avais connu les boulevards de Clichy, de Rochechouart et de Bonne-Nouvelle ces années là, malgré la croissance de l’époque, tu aurais vu qu’ils étaient sales, leurs immeubles noirs et qu’ils semblaient dans la débine.
Ces artères étaient aussi « crades » que celui où j’habitais.
Quand les « sixties » sont arrivées, l’espoir était dans l’air et Malraux avait exigé qu’on nettoyât ces façades noires.
Petit à petit, l’opulence du pays rejaillit sur ces quartiers mais jamais avec le lustre qui a fait les quais de la Seine.
Les années quatre-vingt, dites « années fric » les vit repeints et, pour les boulevards dont je te parle, rendus clinquants.
Les boulevards, le long des stations Place Clichy, Blanche, Pigalle et Anvers se sentirent obligés de ressembler au « Vesterbrö » de Copenhague, au « Sankt Pauli » de Hambourg ou au « De Wallen » d’Amsterdam.
A l’époque où les copains et moi faisions le trajet qui nous menait du lycée Jacques Decour au lycée Jules Ferry, il y avait de vraies péripatéticiennes sur les trottoirs et pratiquement pas de boutiques de « jouets et accessoires » afférents au métier de ces dames.
Plus tard, avec l’élévation du niveau de vie et la fréquentation accrue des touristes, ces dames furent priées d’aller exercer leurs talents ailleurs et les boutiques de « jouets et accessoires » se firent alors nombreuses et brillantes de mille feux.
Seule la portion de boulevard entre Pigalle et Anvers resta dévolue aux marchands d’instruments de musique. Moins « selects » que les luthiers du triangle Europe-Saint Lazare-Rome, mais « bien » quand même.
Puis, la fameuse « crise » survint, et en quelques années, ce quartier de ma jeunesse a repris les teintes un peu tristes et sales qu’il avait dans les années cinquante et soixante.
Une chose est restée des années fastes, une foule nombreuse qui se presse sans cesse sur les trottoirs.
Mais un peu de soleil rajeunit ce quartier d’une cinquantaine d’années en un instant.
Heure-Bleue le déteste, allez donc savoir pourquoi, mais j’aime ce quartier.
Il est à mes yeux toujours aussi chouette.
Oui, chouette car on ne peut pas dire beau mais j’y reste accroché par les lambeaux de mes souvenirs.

Commentaires

Tu aimes ce quartier parce qu'il te rappelle ton enfance avec ses bons souvenirs.... je trouve que tout fout le camp et ça ne s'applique pas seulement à Paris.... je ne reconnais plus ma ville non plus, je l'ai tant aimée étant jeune, je la trouve maintenant très moche et sans âme... j'y ai pourtant des souvenirs d'enfance très sympa.....

Écrit par : Ysa | jeudi, 24 septembre 2015

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Modieu-modieu, tu ne recules devant rien. Avec mon mauvais esprit, je suis écroulée de rire avec ton titre, qui va si bien avec le quartier ....
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La ville où j'habite n'est que d'adoption, mais entre l'avant mon départ en RP et mon retour, que de changements. Elle est redevenue une belle blonde (pierre de Jaumont), ou granit rose, toute pimpante. On élimine les voitures petit à petit des quartiers de naissance de la ville,
mais voilà... dans le quartier des Arènes, on a bâti le Centre Pompidou Metz à l'architecture futuriste et que je trouvais très bien posé comme cela avec son chapeau blanc. Et maintenant voilà-t-il pas qu'on l'entoure de bâtiments de bureaux, d'un centre commercial sans âme, tout en verre. Mais qu'est-ce que c'est que ce binz ?
Ah dans la vieille ville, il y a une ruelle sombre avec des escaliers qui descendent jusqu'à ce qui tenait lieu de port, elle s'appelle la "rue des bordaux".

Écrit par : Sophie | jeudi, 24 septembre 2015

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Je suis contente de connaître cette citation. Merci

Écrit par : Berthoise | jeudi, 24 septembre 2015

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Toujours aussi chouette ce quartier, tu ne peux donc pas dire le fameux c'était mieux avant expression dont les vieux font un usage abusif, je m'y mets un peu maintenant.

Écrit par : mab | jeudi, 24 septembre 2015

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j'ai vu un tireur d'épine mais je ne me souviens plus où...j'avais mis la photo sur mon blog à l'époque

Écrit par : liliplume | jeudi, 24 septembre 2015

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Tu sais qu'il m'arrive d'arpenter le trottoir entre Anvers et Blanche... Ces trois derniers jours , c'était plutôt Rue de Rivoli.

Écrit par : lakevio | jeudi, 24 septembre 2015

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J'ai un vague souvenir de Pigalle pour y être allée une fois, la seule fois d'ailleurs où je suis venue à Paris, il y a 20 ans. Par contre je peux te décrire St Pauli, les yeux fermés, pour y avoir passé de nombreuses nuits.

Écrit par : Livfourmi | jeudi, 24 septembre 2015

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ah ! Bon ! C'est mieux ! Lorsque j'allais chez ma sœur, en allant la chercher à son travail, j'étais en compagnie de mon beau-frère, nous devions passer dans le quartier Mériadeck (rien à voir avec la grande surface qui porte le même nom maintenant, puisque bâtie au même endroit) nous devions prendre la rue Louis de Foi (?) et je voyais ces dames sur le seuil des portes. Ce quartier a complètement disparu! Plus que des immeubles neufs , la rue n'a plus rien à voir: c'est à deux pas de la place Gambetta! de la rue Porte-Dijeaux et Sainte Catherine! C'est toujours en travaux et complète révolution surtout avec le tramway maintenant! Ça y est! J'ai attrappé ton virus! Les noms de rue me reviennent !A l'époque elles n'étaient pas piétonnes !

Écrit par : emiliacelina | jeudi, 24 septembre 2015

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"... les lambeaux de mes souvenirs"... ces mots sont aussi beau qu'un poème :-)

Écrit par : Françoise | vendredi, 25 septembre 2015

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j'avais un pote qui avait un salle de jeux electroniques, video enfin je ne sais plus comment on dit et j'allais le voir de temps en temps, il y avait une bonne ambiance parmi les commerçants dans l'ensemble

Écrit par : maevina | vendredi, 25 septembre 2015

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