dimanche, 27 septembre 2009

Eve et la (p'tite) Côte...

Aujourd’hui, c’est dimanche.
Je suis descendu pour aller sur le marché et boire un café –en fait, deux cafés- dans mon bistrot dans le but tout à fait louable de laisser Heure-Bleue faire le ménage tranquillement sans avoir dans les jambes un incapable qui lui gâcherait le plaisir de balayer toute seule…

Mon bistrot de prédilection est plein de gens étranges, dont moi.
Aucun ne m'est inconnu, même si je n'entretiens que des relations de « bon voisinage de comptoir » avec la plupart et ne salue les autres que d'un bref hochement de tête, poli, certes, mais réservé.
Habituellement, j'y croise en semaine des gens de mon quartier.
Aujourd’hui, je m’aperçois que non seulement pour eux, c’est la journée continue mais aussi la « semaine continue ».
Ils sont allumés du matin au soir et sept jours sur sept…
Entre le premier et le second café, oui, je bois deux express « serrés », le premier pour éliminer le goût du café que je prends chez moi, le second pour le plaisir, en lisant mon journal subversif, de plus en plus journal, de moins en moins subversif.
Pour tout dire, un canard d'opposition consensuelle...
Donc, entre ces deux cafés, il m'arrive d'échanger quelques propos avec les moins inconnus du bistrot, et surtout, d'écouter les conversations.
Pour vives qu'elles soient, ces conversations restent légères, surtout du point de vue des philosophies qui les sous-tendent. Elles ne me surprennent plus depuis longtemps.
Depuis le vieux dragueur impénitent, qui, quoique marié depuis quelques décennies, ne peut s'empêcher d'amener sa dernière conquête pour la faire admirer par ses petits camarades de Sylvaner ou de Côtes du Rhône – « bien frais mais pas trop, hein ! » - jusqu'au vétéran de l'arrêt maladie qui a réussi à échapper au contrôle Sécu depuis des années et au licenciement car employé de la Poste.
La dernière conquête que nous présente le dragueur impénitent, passablement amochée par des années de « p'tit blanc sec » - je le sais, c'est la première chose qu'elle a demandée, avant même le « bonjour tout l’monde » qu'elle a tonitrué après sa demande hésitante- est une fausse blonde, trop maquillée pour être améliorée, pas assez maquillée pour que ce soit efficace.
Le dragueur fait à tous ceux qu'il connaît, dont moi, des clins d'œil qui se veulent discrets mais qui tiennent plutôt de l'appel de phare, et nous annonce « V'là Nini ! Mignonne non ? J'l'avais déjà rencontrée dans une zone aride, ouais, dans l'désert, quand chuis-z-allé au Maroc ! Alors j'l'amène dans mon oasis ! Ha ha ha ! »
Un coup d'œil à la fameuse Nini -je suppose qu'elle s'appelle Annie- laisserait plutôt à penser que la zone à rides c'est elle, mais bon...
Pour la première fois, une véritable inconnue entrait dans le bistrot quand j'y étais.
Je laissai donc de côté mon canard pour suivre attentivement une discussion qui promettait d'être passionnante.
Elle le fut.
L'assistance, après des ronds de jambe qui, à cinq heures de l'après-midi en aurait fichu la moitié par terre pour cause de « p'tits ballon de Côtes » à répétition, s'employa à mettre à l'aise la nouvelle venue.
A grands coup de « Ah ben ça, le désert, c'est quelque chose, hein ?! », de « Faisait chaud ? », de « Y'avait pas trop d'Arabes ? », pour terminer en chœur par « Alors comme ça vous connaissiez déjà P.A. ? » Oui, ce nul s'appelle Pierre-Alain.
Je sais qu'il est nul car il est déjà parti à exposer ses théories, mille fois rebattues à ce comptoir, sur ce qu'il faudrait pour que « la France elle tourne comme y faut ». Inutile de vous dire que, pour que « la France elle tourne comme y faut », pas question d'y croiser un brun trop frisé ou avec une peau un poil trop mate.
D'ailleurs, à part lui, qui bien sûr en vit, pas un chômeur ne toucherait les ASSEDIC.
Et puis tous ces fainéants lui picolent « son » Côtes du Rhône.
Et l'autre andouille blonde qui le regarde comme s'il venait d'inventer la roue, approuvant de vigoureux hochements de tête, ainsi qu'une bonne partie de l'assistance.
Sauf mon pilier spécial mi-comptoir mi-cabinet médical, qui sait bien, lui ce que lui en coûterait l'application d'une politique de ce style.
Il y a maintenant, dans ce bistrot plutôt calme, de plus en plus de camps, de plus en plus retranchés disputant de la meilleure façon de s'y prendre pour que « la France elle tourne comme y faut ».
Certains, d'habitude plus avenants, prônent des solutions qui, en leur temps, furent qualifiées de « finale ».
D'autres, non moins virulents mais habituellement ronchons sont d'ardents partisans du charter «  Ouais, faut les virer, tous ces Noirs ! Faut tous les virer ! ».
Un plaisantin hasarde « même les Guadeloupéens ? » Et c'est parti pour une nouvelle dispute, les uns prétendant que « Non, c'est pas pareil, y sont Français », les autres rétorquant « C'est pas vrai, d'ailleurs t'es pas noir toi ! Alors ! ».
Personne, du fond des vapeurs de Côtes du Rhône et de la chaleur des échanges, ne s'est encore rendu compte que c'est un bistrot tenu par un kabyle, lequel les regarde par moment d'un œil désespéré, ils ne s'en sont pas aperçus depuis des années...
Et dire que tous ces braves gens, dans la vie courante, ne feraient pas de mal à une mouche et rendent volontiers service (« je t'offre un verre, tu bois un coup ? »)
Une seconde d'accalmie, causée par l'arrivée inopinée d'une nouvelle tournée -je me demande comment ils peuvent picoler autant de pinard de bon matin- laisse au dragueur le loisir de lâcher une bombe.

« Au fait, je vais divorcer pour épouser Nini ! »

La seconde se prolonge, le temps pour l'assemblée de digérer ce scoop, et c'est l'explosion.
« Ouais, c'est bien ! T'aurais dû le faire avant ! » etc...
Probablement à l'idée du nombre de « p'tits ballons de Côtes » gratis à venir.
Tous oublient que ce n'est pas la première fois qu'il fait le coup et que, de temps à autres c'est la légitime qui vient avec lui et qu'ils lui réservent le même accueil enthousiaste...
Ladite légitime partageant avec la nouvelle, outre P.A., un look inimitable de vieille nymphette alcoolisée.
A défaut d'être fidèle à sa femme, il est fidèle à un genre de femme.
Quant à moi je viens de comprendre le sens profond du mot « conjoints »...

 

samedi, 26 septembre 2009

O tempora, o mores...

La note d'Heure-Bleue ramène à l'avant-plan de ma mémoire le souvenir de cette histoire, venue d'un "temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître" et vue sous un autre angle.

Figurez vous qu'à cette époque bénie, malgré le passage du premier choc pétrolier, il y avait plus de boulot à faire que de gens pour le faire, ce qui permettait aux chercheurs d'emploi de faire la fine bouche.
Donc, Heure-Bleue, en pleine forme, libérée de l'obligation de consacrer toutes ses journées à occuper notre bambin pendant presque trois années sabbatiques, se mit en tête de remplir ses journées d'autre chose que les papotages de square, aussi peu variés qu'enrichissants, et contre rémunération.
Elle trouva donc l'entreprise qui aurait pu, si tout avait bien marché, lui apporter ce qu'elle cherchait.
Située à 5 minutes à pieds de chez nous, travail peu salissant, sauf pour le bout des doigts, salaire intéressant, mutuelle avantageuse et tout et tout.

Bref, le rêve.
Là où ça a commencé à déraper, c'est lors de l'entretien initial (et unique) dont voici la substance:
-Bonjour madame, comment avez vous connu notre maison ? (A l'époque, on disait comme ça, même au Comptoir Lyon-Allemand, négociant en métaux précieux).

- Mon beau-père, qui travaille près de chez vous et est client m'a parlé de vous.
- Parfait, et quelles sont les raisons principales qui vous ont poussée à présenter votre candidature ?
- Euh...C'est à côté de chez moi.
- Bien...Et puis...
- Ca n'a pas l'air épuisant et il y a un 13è mois.

Léger hoquet de la dame.

- Mais encore ?
- En fait mon fils est assez grand pour aller à la maternelle et je m'ennuie un peu.
- Bien, madame, vos motivations, pour louables qu'elles soient n'entrent pas vraiment dans le profil que nous recherchons. Je ne pense pas que vous serez choisie.

- Mais enfin, madame ! C'est moi qui choisis !!!

Je dois dire que, bien que l'époque ait été plus douce, la narration de l'épisode m'a laissé pantois.
Du coup, le gamin est resté assez peu de temps à la maternelle, suffisamment suffisamment toutefois, pour qu’Heure-Bleue ait le temps de dire à une maîtresse ayant fait vœu de célibat et de chasteté qu'elle pourrait lui expliquer comment on élevait les enfants quand elle en aurait elle-même fabriqué un.
Alors, quand le Pôle Emploi (aussi bien nommé que "Plan de sauvegarde de l'Emploi" quand une boîte se prépare à virer en masse son personnel) demande à certains de "formaliser leur projet de vie" alors qu'ils n'ont seulement, et pour beaucoup, qu'un bête "objectif de survie" on se demande s'il n'y a pas déconnexion franche avec la planète.

C'est tout l'intérêt de bien gagner sa vie, ça permet d'apprécier joyeusement ce type de réaction.

Voilà pourquoi je vis avec Heure-Bleue depuis longtemps...

 

jeudi, 24 septembre 2009

Boulevard du rhume.

Il est temps de vous dévoiler l'affection gravissime qui a frappé la famille Heure, JJF, Merveille, l'Ours et Heure-Bleue soi-même.

Certes, le cas de JJF aurait pu l'envoyer ad patres - ce qui eut été bien dommage car JJF est ma fille préférée-  mais c'est surtout que l'affection dont je vais vous parler s'est trouvée chez elle compliquée d'une crise d'asthme sévère.

Heure-Bleue et l'Ours m'ont mis la puce à l'oreille en décrivant les symptômes de la maladie avec un talent consommé de comédien.
La Merveille, elle aussi a développé le talent en même temps que la maladie.
Les symptômes, sauf pour JJF, largement mise hors service par l'asthme, sont les suivants et vous rappelleront sans doute quelque chose...
- J'ai mal et je vais mourir ! (mais non, ma mine, pas aujourd'hui.)
- Embrasse mon front brûlant (tu frôles les 36.8 °C...)
- Fais-moi des Ricoré ! (tout de suite...)
- Dis moi que je ne vais pas mourir ! (mais non ma chérie, pas aujourd'hui...)
- Passe-moi le thermomètre... (voix mourante)
- Quoi ? 39.8° ! Appelle SOS Médecins (as-tu pensé à secouer le thermomètre après l'avoir nettoyé à l'eau tiède ? Non ? Attends, je le ramène à 35°...)
- Tu me diras hein ? Les deux minutes.

Deux minutes plus tard:

- Quoi ? 37° ?? Jette ce thermomètre et embrasse mon front (Mais non, tu n'as pas de fièvre...)
- Je vais à la clinique, je meurs ! (quinte genre Marguerite Gauthier, ça c'est l'Ours, qui est revenu trois heures plus tard, tout guilleret après avoir appris que malgré l'abus de charcuterie et de clopes il affiche une saturation à 98%, une tension de 12/8 et un rythme cardiaque de 70.)
- Je me roule par terre et je tousse en piaillant (la Merveille copie sur sa grand'mère...).
Le pire est à venir, ce moment délicieux où ils souhaiteront pouvoir extirper leurs éponges douloureuses d'une caisse en toile émeri à chaque quinte de toux .
Ca ne dure certes que quelques heures, une nuit maximum, heures où chaque inspiration est un martyre pour cause de dessèchement des bronches (rien qui ne passe avec une bouteille de sirop au thym, dégueulasse mais efficace...).

Bref, cette famille quasi décimée par une affection dévastatrice eh bien, elle a tout simplement...

Un rhume !

On m'avait pourtant expliqué que seuls les hommes étaient absolument insupportables avec un rhume, tandis que les femmes, bien sûr, stoïques, supportaient toutes les avanies, dont leur mec, avec grandeur et en silence...

mercredi, 23 septembre 2009

Un coup barre ? Marx et ça repart…

Selon Les Echos. , le patron des députés UMP, Jean-François Copé, annonce « avoir obtenu l’accord de Bercy pour fiscaliser, à compter de 2010, les indemnités journalières versées par la Sécu aux salariés victimes d’accidents du travail ».
C'est faire bon marché du fait qu'une indemnité n'est pas un salaire mais une indemnité et qu'à ce titre le droit fiscal l'exempte de taxes ou d'impôt (pour une fois que le droit fiscal est un droit et non un devoir, on ne va pas bouder...).
A ce compte, j'imagine le tollé si le législateur, à commencer par Mr Copé,, qui dispose largement de ce droit était soumis à la taxe par lui proposée ...

 

Ce genre de tentative est hélas régulier.
Depuis que le désormais célèbre « bouclier fiscal » coûte un œil aux finances publiques  –de l’ordre d’une fois et demie le déficit de la Sécu par an– il est de bon ton d’essayer de récupérer ces sous dans les poches de ceux qui en ont le moins, dont l’état physique les empêche de jeter des pavés sur les CRS et dont les moyens ne leur permettent pas de payer des lobbies pour préserver leurs intérêts. 

On peut donc, malgré les remous engendrés par ces tentatives, penser que ceux qui promeuvent ce genre de hold-up réussiront une fois de plus à opérer des retenues sur les maigres indemnités de ceux qui ont le moins de façon à éviter à ceux qui ont le plus ces ponctions désagréables dont on nous explique qu’elles sont injustes, poussent à l’évasion fiscale et à l’émigration de nos fortunes nationales.

 

Je me pose néanmoins une question : Si les bénéficiaires des indemnités sont peu susceptibles d’émigration, faute de moyens, quel est l’intérêt de l’état à faciliter chez lui, pour les plus fortunés, une évasion fiscale qu’il combat à l’étranger ?
C’est Gribouille, ce truc…

A moins que, comme d’habitude, la « piste d’économies budgétaires » ne consiste à taxer les plus pauvres pour éviter de froisser les plus riches…
Colbert n’est pas mort, qui disait « il vaut mieux taxer les pauvres, ils sont bien plus nombreux .» 

Je paraphraserai quant à moi Talleyrand. Le boiteux disait « je suis économe de mon mépris, il y a tant de nécessiteux… ».
Il devait connaître messieurs Copé et consorts…

lundi, 21 septembre 2009

Excusez-moi, chef, mais...

Je viens d'apprendre à l'instant, gros titre chez France-Inter, que le zèbre qui envoyait des lettres de menaces aux personnages du monde politique a été arrêté.
Soit.
J'apprends aussi, au cours du même bulletin, que l'homme a été confondu grâce aux traces de son ADN, cet imbécile ayant imprudemment passé un coup de langue sur les timbres qui affranchissaient ses lettres.
Soit.

(Même si l'affranchissement privant quelqu'un de sa liberté m'a toujours semblé un concept étrange mais bon...)

Une question me tarabuste néanmoins: Comment se fait-il que ce type ait son ADN dans le fichier des empreintes génétiques de la maréchaussée ?
Lui, qui passe pour un simplet dans sa commune et à qui personne n'accordait, selon le maire, plus d'attention qu'au clocher de l'église, qu'y fait-il ?
Ce fichier qui n'est censé contenir que les empreintes génétiques de délinquants sexuels et auteurs des crimes les plus graves, comporterait donc les empreintes des gens qui ont eu le malheur de se faire serrer dans une manif, voire de boire un café dans un poste de police en allant porter plainte ou faire faire une carte d'identité ?
Faire refaire son passeport vaudrait-il visa vers le fichier des empreintes génétiques ?

Il me semble que la dérive policière de notre beau pays se fait de jour en jour plus voyante.
Du coup, moi qui vais souvent à la mairie pour chercher des formulaires que je ne remplis jamais, j'ai peur d'alller à la machine à café.
La présence de l'antenne de police dans les locaux m'en dissuade.
Outre que ce café est cher et imbuvable, je crains qu'un pandore me suive discrètement et récupère mon gobelet.
Je suis déjà fiché comme chieur dans les tablettes d'Heure-Bleue, mais s'il leur prenait un jour fantaisie de criminaliser l'écriture sur Internet de notes critiques envers le pouvoir ?

Eh bien voilà: Vous êtes très beau, chef chéri et vénéré (que votre nom soit béni jusqu'à la fin des temps).
On ne sait jamais...

 PS:
A la lecture de mon canard j'apprends que l'ADN du lascar fut récupéré lors de son interrogatoire comme témoin.
Moralité: si vous êtes témoin d'un fait justifiant la présence des chaussettes à clous, tirez-vous vite fait.
Sinon votre ADN sera inclus au fichier des empreintes génétiques et je vous rappelle que le refus de s'y soumettre est passible d'une amende de 15.000 € et d'un an de prison...

(cela dit, l'article 706.54 du nouveau code de procédure pénale indique avec précision les raisons pour lesquelles on doit se soumettre à ce prélèvement. Je n'y ai vu nulle part que le fait d'être interrogé comme témoins en fît partie...)

samedi, 19 septembre 2009

Histoire de lard

Heure-Bleue et moi sommes allés hier au musée Jacquemart-André.

Pour avoir quelques renseignements, j’ai auparavant téléphoné au musée.
Comme souvent, pour permettre à la standardiste de se placer toute seule sur la liste des personnels à virer à la première occasion, le téléphone pose tout seul les questions que normalement un être humain vous pose ( quel râleur ce Gout-des-autres…).

Cherchant de plus amples informations sur leur site,  je m’aperçois que ce musée est tout à fait dans la ligne qui prévaut depuis trente ans.
Eh oui ! Aux trente glorieuses ont succédé les trente calamiteuses qui ont remplacé le sens de l’intérêt général par un sens aigu de la bosse du commerce.
A la lecture de l’encart qui décrit les avantages de la « carte Privilège » -je pensais que la nuit du 4 Août avait réglé le problème- deux énormités me piquent les yeux.

Vous pouvez les voir  .

Notamment :

La carte privilège vous donne un accès ilimité et coupe-file à l'ensemble des collections du Musée et à toutes les expositions temporaires pendant une année complète. La carte vous garantie un accès prioritaire les jours d'affluence.

On appréciera aussi ce sens aigu de la gratuité :

Vos amis, lorsqu'ils vous accompagnent, bénéficient aussi de l'accès coupe-file et si vous achetez une Carte Duo vous pouvez même faire entrer gratuitement avec vous un ami différent chaque jour ! 

  • Carte Solo : 28 €
  • Carte Duo : 52 €

On remarque aisément que grâce à la carte Duo, la gratuité coûte grosso modo le double du prix Solo…

On s’aperçoit illico que ce musée sait compter.
Et beaucoup mieux qu’il n’écrit …

vendredi, 18 septembre 2009

Belle bête underground...

 

Ce matin, j'ai entendu un célèbre aboyeur, Mr Lefebvre, celui dont le culot est tel qu'on va l'appeler bientôt "Monsieur Sans-Gêne", nous expliquer avec son aplomb habituel combien nous étions franchement minables de nous émouvoir du coût et des dommages collatéraux dûs à la visite de son maître à l'hôpital Paul Brousse.

Le coût avancé, en ces périodes de vaches maigres mais pas pour tous, serait de plus de 200.000 €, ce qui fait tout de même cher en transports pour aller de Paris à Villejuif.
Il faut peut-être voir là une explication au déficit de l'Assurance Maladie si l'on considère le nombre de patients traités dans cet établissement...

Comble de l'égotisme naboléonnien, les consultations seront toutes supprimées ce jour, ce qui est assez curieux pour un jour de visite, non ?
Et montre un souci louable de la santé de son prochain de la part du président de tous les Français.

Lors de cette visite, ne seront bien sûr autorisés à pénétrer dans l'hôpital que les représentants de la claque habituelle, dûment estampillés, badgés et préalablement convaincus, ainsi que le personnel chargé d'expliquer au chef comment on récupère les pièces des uns pour les loger dans le corps des autres.
Histoire sans doute d'éviter que ces salauds de syndicalistes ne viennent faire remarquer vicieusement que le récent cadeau fait aux mastroquets correspondait, ô surprise, au déficit de l'hôpital public en 2009.
Cela dit, c'est un prêté pour un rendu, le tenancier de bistrot étant plus volontiers le droitier décomplexé, cher à notre admirateur de Rolex, que le personnel hospitalier.

 

lundi, 14 septembre 2009

Les vies russes…

Comme au bon vieux temps de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, la mode de mettre sur le dos de « comportements déviants » et de « problèmes psychologiques personnels » la propension au suicide dans certaines entreprises est de retour.

Heureusement, il y tout de même des raisons d’espérer.
Voyez le soin apporté à cajoler ces « personnes fragiles », que la moindre rumeur de purge de restructuration  semble plonger dans le plus grand désarroi.
Les trièraulès  (prenez un dico, bande de cossards) directeurs des relations humaines ont beau expliquer à ces esclaves employés fragiles qu’il ne s’agit pas d’une sanction, simplement de les protéger de la solitude en les mettant au milieu d’autres compagnons de géhenne  camarades de travail.
Que si l’on surveille enregistre leurs conversations c’est pour mieux les protéger.
Qu’il ne faut y voir aucune attaque personnelle, seulement voilà, jusqu’à présent, on augmentait leur charge de travail régulièrement et tout s’était bien passé mais la dernière fois, les objectifs n’ont pas été atteints.

Pour éviter de laisser croire à une faiblesse coupable de la direction -qui aime bien châtie bien- il est donc décidé d’envoyer la personne fautive et psychologiquement fragile faire un stage sur une plateforme téléphonique afin qu’elle se ressource et devienne rapidement apte à reprendre ses fonctions.
A un salaire moindre toutefois, n’oublions pas que ces plateformes, destinées à faire comprendre à l’imprudent qui appelle au 0892xxxxxx que bien qu’il paie cher pour se faire expliquer qu’il est un mauvais client, coûtent un bras à la généreuse entreprise.
De plus, imaginez, cher collègue que pour assurer votre sécurité,  nous sommes allés jusqu’à bloquer l’accès Internet de votre poste de travail (15 minutes de technicien payé 1,5 SMIC, soit 5,25 € charges sociales incluses) et votre accès à votre boîte de mail ( 10 minutes de l’administrateur de réseau, une brute cupide qui exige d'être payée pour son boulot un ingénieur de haut niveau qui nous coûte 5000 € par mois charges sociales incluses, mais faut ce qu’il faut pour assurer le flicage de tous ces bons à rien qui sautent sur la moindre occasion pour gaspiller l’argent de nos actionnaires le bon fonctionnement du réseau).
Ca nous a coûté cher de vous éviter  de vous délasser cinq minutes de temps à autre le choc de mauvaises nouvelles.

Malgré les soins incessants que la grande famille qu’est notre entreprise vous prodigue, vous avez été assez ingrate pour profiter d’une seconde d’inattention de votre chef de service pour vous jeter par la fenêtre !

Mauvaise camarade de travail !

D'ailleurs, regardez

samedi, 12 septembre 2009

Une journée d’Ivan le-gout-des-autres…

L'homme n'est que désir et manque, dixit Lacan.
Ce n'est pas entièrement faux...

Ce matin, à Tuzla, j’ai été sorti du sommeil par un connard crétin de coq qui ne sait pas lire l’heure.

La chronologie des évènements est la suivante : Un quidam est sans doute passé dans la rue vers 4 heures, attirant l’attention du chien, lequel s’est mis à aboyer.
Le chien a réveillé le coq en sursaut, qui s’est mis à cocoriquer comme un furieux.
J’ai patienté un long, très long moment, histoire de ne pas sortir du lit la maisonnée.
Puis, je suis sorti doucement, ai fait ma toilette, me suis habillé et suis sorti avec mon bouquin sur les marches du perron dans la lumière du matin.
Vous qui me connaissez, savez sans doute que j’ai peu de goût pour le short moule-bite caleçon cycliste, le T-shirt « Ensemble avec l’UMP », les tongs et la « casquette Ricard ».
En foi de quoi je suis donc vêtu comme d’habitude. Vêture étrangère aux Bosniaques au point que notre hôtesse, une fois prête et sortie est hélée par sa voisine. Notre hôtesse, s’empresse de me rapporter l’inquiétude de sa voisine :

« Alma ! Early in the morning a strange guy in a Sunday suit, sat on the steps,  reading a book !!” .

“Eh, Alma ! Tôt ce matin, un mec étrange en costume du Dimanche s'est assis sur tes marches en lisant un livre !”.
Comme vous le voyez, j’avais encore des efforts à faire en matière d’intégration dans le paysage…
Le pire était à venir, en effet l’affection que je porte à la Tornade et à ses amies avait beau être désintéressée, j’avais tout de même en tête l’idée bien arrêtée de goûter ces fameux baklava dont j’avais déjà apprécié les vertus sur un marché de la rue du Château-d’Eau à Paris.

J’avais longuement voyagé pour me régaler de ces merveilles faites de pâte feuilletée et d’amandes pilées baignant dans le miel. L’invitation du père d’Alma, promettant les fameux baklava m’avait mis l’eau à la bouche.
Nous avons dîné assez tôt et j’ai patienté en trépignant comme un chien fou en attendant le dessert.
En fait nous avons eu droit à un second dîner, fait d’une multitude de plats, parfois étranges, dont des tripes d’agneau quasiment sans assaisonnement et servies dans un bol plein d’une sauce assez grasse, et pour tout dire peu enthousiasmante…
Bref, j’avais fait 2500 kms en train, en avion et en voiture pour manger des baklavas et je me suis retrouvé à 22h30 en train de manger des tripes d’agneau  dans un bol de  sauce indéfinissable.
Je me suis dit « Bon, faisons bonne figure », le serveur est passé, j’ai demandé « Un espresso, s’il vous plaît. »
J’ai eu droit à « Sorry ! The machine is off !»
Et avec le sourire s’il vous plaît !
Tout s’est bien passé comme on le voit…
Mais on s’est bien amusé quand même.



 

mercredi, 09 septembre 2009

Les loges de la folie

Nous sommes partis, frappés brutalement par le « syndrome-Diaspora » .
Pas du tout avec la peur au ventre d’être partout considérés comme « bons à faire » mais il faut se plaindre. Plaignez nous !
L’exil, sans les plaintes, c’est rien que du tourisme…
D’abord l’Angleterre, où, comme prévu, il fait froid et il pleut. Ca commence comme ça.
Il faut évidemment éviter de manger car à Londres tout est prévu pour mourir jeune d’accident cardio-vasculaire.
Rien qu’à regarder les menus  je sens mes artères se boucher.
L’odeur de friture des rues de Covent Garden m’a fait prendre trois kilos au bas mot.
En plus, à me promener dans la ville , je soupçonne les Anglais d’être profondément masochistes : Leur plus belles places et avenues ont toutes des noms de défaites…

En prime, Heure-Bleue, malgré mes avertissements à la lecture de la plaque de la porte d’entrée,  m’a entraîné dans un charmant jardin public qui n’était pas public du tout.
Evidemment la porte était ouverte, j’ai suivi mon âme damnée.

Bilan ? Nous nous sommes trouvés enfermés dans Bedford Square, devenu propriété privée appartenant aux propriétaires des immeubles entourant le square.
Bon, vaut mieux être squatter à Bedford Square  que dans une usine désaffectée à Liverpool, mais tout de même…

Après quelques jours chez notre Tornade préférée, nous voilà partis vers la Bosnie, via la Croatie où nous avons passé quelques jours délicieux (eh oui, quand il fait beau et chaud, je préfère.)
A l’arrivée à Dubrovnik, la sensation d’exil s’estompe , on se croirait rue Oberkampf : Des Yougos partout !
La Croatie, c’est bien. Il fait tellement beau que tu bronzes même la nuit ! (essayez donc d’écrire avec l’accent pied-noir au lieu de vous moquer, vous verrez, c’est pas si facile !).
Après, la Bosnie. C’est comme la Croatie sauf qu’ils sont tous fous et qu’il n’y a que des étrangers, nous n’étions que trois Français…

Je vous raconterai la suite un peu plus tard.

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