dimanche, 07 octobre 2018
Les bidons des sens…
De rien… Ah oui, c'est vrai...
Ce matin, la note d’Adrienne me surprend agréablement.
Au moins elle reçoit des commentaires qui sont triés par sa messagerie.
La plateforme qui abrite mon blog, elle, me prévient qu’il s’agit peut-être d’un spam mais me laisse juge de le jeter ou non.
Je reçois ainsi des commentaires émis par des gens que je n’ai jamais vu, venant de pays ignorés, qui tentent de tirer sur des ficelles comme mon goût du lucre ou les sentiments mais plus souvent sur la corde de la luxure.
Comme dit Alain Souchon « ils sont bidons »…
En foi de quoi, quand je trouve des commentaires du style de ceux que tu affiches dans ta note, Adrienne, eh bien, régulièrement, le site vers quoi ils me renvoient me propose des tas de choses mais pas vraiment de lecture ou simplement de « tranches de vie ».
Ils ne me parlent jamais des petits malheurs comme la perte d’un porte-monnaie ou de la chute d’un verre.
Pas plus de petits bonheurs comme une lettre reçue de quelqu’un perdu de vue ou d’un baiser déposé de façon impromptue par quelqu’un qui vous aime.
Non, jamais rien de tout ça.
Tous ces commentaires, souvent rédigés dans un « anglais d’aéroport » me renvoient vers des sites dont je ne soupçonnais même pas l’existence.
Des inconnus me proposent des lunettes.
D’autres me tutoient en me vantant les qualités et l’efficacité de médicaments qui me rendront à coup sûr ma jeunesse.
Pour ces derniers, je suppose, du fond de mon mauvais esprit, que ça augmentera surtout les risques de choper une « chtouille » quelconque.
D’autres encore m’inquiètent en m’affirmant qu’un appareil, que je suppose magique, me dotera d’un membre qui ferait pâlir d’envie un âne.
Il arrive aussi qu’un commentaire me suggère simplement d’aller voir sur un site hébergé en Russie si je veux bien, en remerciement du compliment généreusement attribué à ma note, de laisser les informations sur ma carte Visa qui me permettront de recevoir la récompense que mérite ma note du jour.
Hélas, trois fois hélas, rien de ce qu’ils me proposent ne m’intéresse vraiment.
Ce qui m’intéresse, ils sont bien incapables de me le fournir…
Je sais, ce n’est pas intéressant mais c’est dimanche pour tout le monde, hein.
11:04 | Commentaires (3)
vendredi, 05 octobre 2018
On m'a fait boire épicé.
De rien... Ah oui, c’est vrai...

La lumière de mes jours progresse chaque jour.
Avant, c’est-à-dire il y a quelques jours ou quelques semaines, elle avait besoin, pour se décorer, de passer son « pull à taches ».
Mais si, rappelez vous, ce pull « tachable » mais increvable, d’un épouvantable « bleu layette ».
Ce pull qui attire la tache comme le CRS attire le pavé.
Je déteste ce « bleu layette », que j’appelle parfois « bleu portugais » car dans mon ancien quartier il avait la faveur des peintres qui peignaient les cuisines et les boutiques de ce bleu probablement censé ensoleiller ce coin plutôt lépreux.
Eh bien, grâce aux progrès de l’entraînement, Heure-Bleue n’a même plus besoin de ce pull pour décorer son plastron.
Je l’ai vue envoyer du geste auguste du semeur une fourchetée de haricots verts directement sur un charmant chemisier noir à minuscule pois blancs.
Oui elle a fait ça.
Elle a mal aux articulations, alors j’ai ramassé les haricots verts.
Comme il s’agissait quand même de haricots dits « extra fins » ça faisait comme de petits asticots sur le parquet.
Mais verts.
Des « haricots vers » en somme…
Elle avait réussi à éviter son pantalon.
C’est dommage, si elle avait porté une jupe, elle aurait dû la retirer.
J’aime quand elle retire sa jupe.
Ça fait des années que j’aime la regarder.
Ah... Si vous voyiez ses jambes...
De pures merveilles.
Mais bon, passons à autre chose.
Ce matin, elle m’a parlé de macarons et de pain censément « de luxe ».
Des machins industriels.
J’ai déjà goûté.
J’en ai toujours retiré l’impression qu’acheter ces machins de faux luxe, ces trucs fabriquées en usine et qui coûtent un bras, c’était se faire avoir.
C’est comme payer cher une chemise censément de luxe et s’apercevoir qu’elle est fabriquée pour une misère au Bangladesh par des esclaves et présentée dans un emballage tapageur aux couleurs « flashy ».
Je trouve que c’est faire preuve d’un manque de discernement criant qu’acheter ces trucs d’un mauvais goût très sûr.
Bref c’est bon pour les touristes…
10:34 | Commentaires (9)
mercredi, 03 octobre 2018
Et des fois c’est l’inverse.
Intéressé au premier chef par la chose, je partageais avec Heure-Bleue souvente constatation : Les mates et les mats ont une fortes propension à se coller dans les bras de clairs et de claires.
J’en eus la preuve hier.
Après avoir fait notre plein mensuel chez Clooney et bu un café près de l’Opéra, nous sommes repartis, traînant d’un pas décontracté vers notre chez nous.
Nous avons pris le 95 pour le reste du chemin car la lumière de mes jours, trompée par le thermomètre de la pharmacie du coin avait pris soin de mettre une pelure un peu plus épaisse que d’habitude.
Hélas, les dix-sept degrés affichés se sont révélés trop torrides pour elle, elle s’est mise à avoir trop chaud.
Égoïste comme d’habitude, j’ai pensé « c’est râpé pour le collage cette nuit… »
Descendus du bus, nous nous sommes arrêtés au « mini-market » de la place pour y prendre de quoi dîner.
C’est en sortant que j’ai vérifié une fois de plus que les clairs et les mats sont attirés de façon quasi irrésistible.
Deux enfants de dix à douze ans remontaient la rue côte à côte en parlant doucement.
Lui était un petit blond à la peau claire et aux yeux bleus, le sac à dos accroché lâchement à une épaule.
Elle était une petite Chinoise, mate aux cheveux noirs et aux yeux noirs.
Je les ai laissé passer devant moi.
Il lui a demandé timidement « Et moi, tu m’aimes bien ? »
Elle s’est contentée de le regarder.
Gentiment, vraiment très gentiment.
Eh oui, c’est ça qui fait marcher le monde…
09:34 | Commentaires (8)
mardi, 02 octobre 2018
Petit joueur, va...
Depuis que nous nous connaissons, Heure-Bleue m’a toujours reconnu comme quelqu’un de généreux.
Généreux mais chiant, d’accord.
Bon, il m’était assez facile d’être généreux car je n’avais pas grand’ chose…
Mais il ne faut pas pousser quand même.
Pourquoi je vous raconte ça ?
Parce qu’il y a peu, en revenant de la place de Clichy, je marchais le nez au vent.
La douceur de l’air me donnait sans doute l’air niais qui sied à l’innocent.
Je mis le pied rue Caulaincourt, sur le pont qui enjambe le cimetière de Montmartre, regardant les gens qui l’empruntaient.
J’ai remarqué un type, suivant la foule, regardant attentivement les gens qu’il croisait.
Arrivé devant moi qui avais toujours l’air du « ravi de la crèche », il s’arrêta.
- Monsieur, s’il vous plaît !
- Oui ?
- Vous n’auriez pas une petite pièce ? Un €uro ? Un ticket restaurant ? C’est pour…
J’ai brisé là, avant que ne tombe comme un couperet de reproche à mon endroit le sempiternel « c’est pour manger et rester propre car je suis chômeur et ma petite fille doit elle aussi manger et rester propre pour aller à l’école ».
Bref, je l’ai arrêté avant que cet homme ne me fasse comprendre que son sort était bien plus pitoyable que celui du gamin Syrien bombardé par les Russes.
- Mais pourquoi moi ?
- Ben euh… Vous avez l’air gentil…
- Je suis gentil mais vous avez croisé au moins cinquante personnes sur le pont avant moi.
- Oui mais…
- Bon, j’ai l’air d’une bonne poire, c’est ça ?
- Mais non, mais j’ai pensé…
- Bref, vous êtes dit « celui là a l’air d’un gland, il va me filer un €uro » !
- Pas du tout ! Je…
Là il a perdu pied, j’avais réussi à le saouler.
Alors j’en ai profité :
- Du coup… Pendant que j’y suis…
Il m’a regardé plein d’espoir et a dit :
- Oui ?
- T’aurais pas un €uro ?
Il a haussé les épaules et est parti.
Quand il s’est éloigné, si j’ai bien entendu, il a marmonné « connard ! »...
09:23 | Commentaires (19)
lundi, 01 octobre 2018
La première séance…
Depuis le temps que j’attendais que passe ici ce film…
Des mois !
Des mois que j’attendais !
Chaque dimanche je tâtonnais au fond de ma poche les pièces qui paieraient le ticket d’entrée.
Depuis des mois, chaque dimanche je revenais à la maison, déçu.
Le film n’était pas prévu au programme.
Enfin, dimanche prochain « il » sera là.
Le film que j’attends depuis si longtemps est là.
Un copain me l’avait dit, un vieux d’au moins douze ans.
Un que ma mère trouvait trop « déluré » comme elle dit.
De toute façon, pour ma mère, les garçons étaient toujours « trop délurés ».
Lui l’avait vu dans un cinéma du côté du boulevard Montmartre, un cinéma mieux que par ici.
« Il passera, tu vas voir, c’est super chouette ! Elle est belle comme tout ! »
Alors j’ai attendu.
Et aujourd’hui, dimanche, il est à l’affiche.
« Le cygne » il s’appelle.
J’ai traversé le boulevard et ai gravi la volée de marches qui me mènerait au paradis ce dimanche là.
J’ai la main serrée sur mes pièces.
J’ai la somme exacte dans la main.
L’homme grisonnant qui tient la caisse est là, comme tous les dimanches.
Je ne l’aime pas, il a l’air mauvais, pas comme celui du jeudi.
Peut-être qu’il n’aime pas travailler le dimanche.
Mais je m’en fiche.
Je vais enfin le voir, ce film.
Et la dame m’a pris par la main pour m’amener à la rangée où je devais m’asseoir.
Elle m’a indiqué le fauteuil. Juste à côté du sien, au bord de l’allée, tout près de la porte.
Je l’ai regardée. Elle était belle. Elle avait des cheveux blonds bouclés, des yeux bleus et une robe noire à la taille serrée par une ceinture de cuir vernis.
Ce qui m’a beaucoup plu, c’est son cou, mince et orné d’un petit col blanc à coins arrondis.
Ma mère m’a dit que ça s’appelait « un col Claudine ».
C’est très joli je trouve.
Je l’ai trouvée si belle que je crois que je l’ai plus regardée que le film.
Pourtant, dans le film, mon copain me l’avait dit, c’était Grace Kelly et elle était belle aussi.
Presqu’aussi belle que la dame qui, une fois le dernier spectateur placé, s’est assise à côté de moi.
09:56 | Commentaires (14)


