vendredi, 28 mars 2025
On vit une époque formidable…
Le moral un poil écorné par un séjour dans un établissement de l’AP-HP, m’a amené à une vision pas gaie du monde.
Outre la constatation courante qu’un talent inné chez les gens à qui on confie imprudemment notre argent les pousse à réaliser régulièrement l’économie de cent €uros qui finira par coûter dix-mille €uros, l’arrivée « l’IA générative » semble avoir encore obscurci le jugement de nos gestionnaires.
J’écoutais hier soir l’admiration du dirigeant d’un groupe d’agences immobilières face à tout ce qu’allait lui rapporter l’utilisation de « l’IA générative ».
Cet aimable dirigeant à la myopie économique prononcée ne tarissait pas d’éloges sur ce miracle numérique récent.
Il avait d’entrée remarqué évidemment tout ces gens qu’il n’aurait pas à payer grâce à la constatation que l’usage d’un ordinateur permettait de réaliser autant d’opérations immobilières que sept agents qui tentent de vous vendre un taudis en vous priant de croire que c’est un morceau du château de Versailles.
J’avais déjà entendu ce genre d’éloges sortir de la bouche de dirigeants industriels à propos de fabrication, d’emballage, de « spots » destinés à la vente sur les réseaux sociaux.
Un détail m’a frappé juste après avoir entendu le commentaire de l’agent immobilier.
Je me suis alors demandé « À qui allons-nous vendre tous ces appartements, tous ces produits, touts ces véhicules quand tout sera étudié et fabriqué par des logiciels et quelques machines connectées ? »
La Chine, dans certaine région assure déjà les semis et la récolte de certains légumes avec des machines commandées par des ordinateurs.
Une bonne « imprimante 3D » vous bâtira un immeuble aussi bien et plus vite qu’une entreprise de « BTP » et pour moins cher…
Certains robots sont déjà des chirurgiens au geste plus précis et plus sûr qu’un chirurgien en chair et en os.
La qualité de quelques paragraphes n’a rien à envier à celle d’un académicien.
Alors ?
Quel être humain aura encore le métier et les revenus qui lui permettront d’acquérir quoi que ce soit qui sera alors fabriqué par des machines, décidé et promu par le choix de « l’IA générative » ?
Deviendrons nous une humanité de chômeurs pauvres occupés à contempler des richesses que nul ne pourra acquérir ?
Que deviendront ces fameux « ultra-riches » qui auront oublié, aveuglés par l’idée de ne pas payer un salarié, que ce sont les salariés qui assurent leur richesse en achetant les produits qu'ils ont fabriqués ?
Être aussi intelligent et ne pas voir que ce ne sont ni les « data center » ni les algorithmes de « l’IA générative » qui vont acheter ces produits…
Le premier proverbe oublié semble bien être « gouverner, c’est prévoir. »
On confie un pays à des hommes d’État.
Pas à des comptables baptisés « économistes » conseillés par des « cost killers ».
Ces gens qui nous coûtent si cher et servent des intérêts qui ne sont ni les nôtres ni, au bout du compte, les leurs…
09:52 | Commentaires (9)