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jeudi, 19 décembre 2013

"La Cid"

Il y a des jours comme ça.
Vous croyez que tout va bien et vous dites à votre moitié, alors que vous regardez une affiche vantant les fringues de  C.K. « tiens,  finalement j’aimais mieux les costumes de Hugo Boss, tu sais ces machins déstructurés… »
Et d’un seul coup votre monde s’effondre.
Celle à qui vous aviez confié les clefs de votre vie.
Celle avec qui vous aviez signé tous les papiers de votre compte joint.
Celle qui vous avait suivi dans toutes vos idées biscornues.
Celle qui vous avait entraîné dans ses histoires de librairie.
Eh bien, oui ! Oui, lectrices chéries !
Celle-là même attend que vous lui fassiez face pour vous poignarder dans le dos !
Celle-là même profite que vous lui tourniez le dos pour vous cracher à la figure !
Ne me dites pas que ces deux phrases ont quelque chose de bizarre, je le sais…
Toujours est-il qu’à ma remarque, Heure-Bleue me jette « Tu parles, tu es comme ta mère ! Tu aimes les belles choses mais tu ne fais pas attention à tes affaires ! »
J’ai trouvé la réflexion étrange, Heure-Bleue n’ayant jamais apprécié que modérément une belle-mère qui le lui rendait bien.
Et Heure-Bleue d’insister « Oui ! Ta mère aimait les belles choses mais elle n’en prenait pas soin ! »
Puis, partant du principe qu’il y a des cadavres qu’il faut toujours tuer, elle conclut d’un acide « D’ailleurs, tu n’as qu’à voir ce qu’elle a fait de ton père… »
Oui, Heure-Bleue avait toujours préféré mon père bien qu’il la saluât les jours –nombreux- où il avait envie d’emmerder le monde d’un « Pfiouu… Les rouquines, ça sent… » après l’avoir embrassée.
Je sais bien que près de trois mois avant sa mort ma mère m’avait laissé un testament douteux, mais quand même.
Bon, d’accord, elle m’avait conseillé de la voix de suppliciée qu’elle savait prendre histoire de vous rendre coupable, coupable d’on ne savait quoi mais coupable, « Tu sais, mon garçon, tu devrais divorcer d’Heure-Bleue, ce n’est vraiment pas une fille pour toi, je ne sais pas ce que tu lui trouves, tu vas gâcher ta vie… »
Vous vous rendez-compte, lectrices chéries du cauchemar que je vis depuis…
Pfff… Au moins tout ça.
Chaque fois qu’il est question de ma mise, mise dont je n’ai guère souci je l’avoue, la conversation tourne mal.
Au choix, on me jette l’inimitié maternelle ou l’aspect exagérément décontracté de mon accoutrement.
Façon euphémisée de me faire remarquer que si je n’ai pas arraché une poche, j’ai perdu un bouton et que, si mes pulls sont de cachemire, il n’y a que Merveille pour ne pas s’offusquer de la brutalité avec laquelle je les retire.
Bref, n’allez surtout pas croire que « le combat cessa, faute de combattants ».
Même si Corneille vous l’a dit il y a quelque temps, n’allez pas croire une chose pareille…

 

mercredi, 18 décembre 2013

French Psycho

Hier, avant d’aller voir Merveille et P’tite Sœur, j’ai accompagné Heure-Bleue chez le dentiste.
Et là, j’ai commencé par avoir le choc de ma vie.
Comme d’habitude Heure-Bleue, qui me prend pour une tablette PC, m’a dit « Minou, tu connais le code d’entrée. »
Elle se sert honteusement de moi comme du répertoire de son portable…
En fait elle craint que je ne sois atteint par la maladie d’Alzheimer et me fait faire –discrètement croit-elle- des exercices.
Le dentiste ouvre sa porte et, ô surprise, nous mène à la salle d’attente !
Oui ! Il a fait ça !
Heure-Bleue a à peine eu le temps de me dire « C’est pas vrai ! Il… » et moi le temps de me dire qu’il avait fini sa psychanalyse, qu’il est arrivé et à dit « Venez ! »
Il avait juste pris le temps d’attraper une paire de gants avant de venir nous chercher.
Il ne les avait pas encore enfilés qu’il faisait asseoir Heure-Bleue dans le fauteuil.
Assez bizarrement, nous avons été soulagés. Comme il semblait être resté le psychorigide dont nous avions l’habitude, nous en avons déduit qu’il était resté le dentiste efficace et méticuleux que nous connaissions.
Pourvu qu’un psy n’aille pas nous le modifier…
Un détail pourtant m’a inquiété. Je me demande s’il a changé ou s’il s’est mis au goût de sa clientèle du coin.
Ses revues vantant la qualité de vie de la Picardie, rangées soigneusement et par ordre de parution des numéros.
Ces revues dans lesquelles, l’Ours et moi, sans nous être même concertés, avions mis avec ravissement un bordel infernal.
Eh bien ces revues ont été remplacées par des revues de « Jacky ». Que des revues de bagnole !
Mais toujours impeccablement ordonnées.
Ouf ! Enfin quelque chose de stable dans notre monde en désordre.
Nous en sommes sortis tout ragaillardis !
C’est donc avec joie que nous avons rejoint les pénates de l’Ours qui partait chercher Merveille à l’école.
Nous avons profité de son absence pour soutirer des sourires à P’tite Sœur.
Puis Merveille m’a longuement parlé des mammifères marins, surprise que papy, qui ne va même pas à l’école, sache ce qu’est un belouga.
Puis d’Erwan. Faudra se méfier…
J’ai appris aussi que si elle n’avait que des « A », sa maîtresse souhaitait qu’elle soit moins timide au prochain trimestre.
Il va donc falloir discrètement insuffler un peu de confiance en soi à cette Merveille qui, malgré un sens aigu de la répartie et un humour parfois dévastateur, est beaucoup trop discrète et gentille…

mardi, 17 décembre 2013

Elles déclinent mal mais déclinent…

Voilà du nouveau.
J’avais appris, il y a bien longtemps qu’on s’occupait de « polis » en faisant de la politique.
J’avais aussi appris, il y a largement aussi longtemps, que les Romains, très latins de tempérament, réglaient leurs chamailleries sur les fora.
Eh bien hier soir, j’ai appris que selon la porte parole du mouvement « Europe Ecologie-Les Verts » le mouvement se paie le luxe « d’organiser des agora » -même pas foutue de dire « agoraï »-, cette andouille, au lieu de faire du genre, aurait bien fait de réviser ses connaissances de la première déclinaison…
Bref, elle réussit le tour de force d’organiser des places publiques et, comme d’habitude d’éviter les fora, les débats étant toujours risqués quand les questions se pressent…
J’aimerais que nos femmes et hommes politiques se renseignent au moins un minimum avant de se lancer dans des discours « pour faire genre »…
Avec ce que j’entends ce soir, je comprends de mieux en mieux pourquoi on parle « d’animal politique ».
Ça se révèle hélas d’un à propos navrant.
Ceux qui briguent nos suffrages en se prenant pour des « animaux politiques » se révèlent, malgré de longues études dont je me demande à quoi elle leur servent, finalement plus bêtes qu'animaux et pas très politiques…
Heure-Bleue et moi nous intéressons du coup à d’autres aspects de la politique.
Ce qui nous a prouvé que les goûts ne changent pas vraiment au fur et à mesure que les années passent.
Nous contemplions d’un air plutôt désolé les supputations sur les chances des candidates à la mairie de Paris.
Comme prévu, il ne fut pas question des politiques qui seraient mises en œuvre par les unes ou les autres.
Nous regardions ces deux nanas avec un intérêt plus esthétique qu’autre chose.
Il est ressorti de nos observations que si nous avons trouvé les unes et les autres plutôt sans intérêt et surtout sans réelle variété du point de vue de la politique, leur complexion nous a intéressés.
Ce qui, lectrices chéries, ne vous surprendra pas, j’en suis sûr.
Résultat ?
Eh bien Heure-Bleue a trouvé que Rachida Dati était une très jolie femme, alors qu’elle la déteste sous tous ses autres aspects.
Tandis que votre Goût préféré et unique a trouvé que Nathalie Kosciusko-Moriset remportait nettement la palme de la candidate qui le branchait le plus.
Et pourtant il ne faudra surtout pas qu’elle compte sur ma voix…
Ce qu’on leur reproche malgré tout ?
D’être de l’avis de Voltaire qui disait « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne. »
Faisant partie du grand nombre, vous comprenez bien, lectrices chéries qu’Heure-Bleue et moi ne pouvons être d’accord avec ces deux péronnelles prêtes à tout pour être de ce petit nombre qui vit du boulot des autres.

lundi, 16 décembre 2013

L’usure des jours…

A la lumière des commentaires que vous avez laissés sur ma note dominicale de dimanche –Oui, de temps en temps j’aime bien jouer à Vincent Auriol, ce président qui parlait de son « petit village natal où je suis né »- je me demande si j’ai la cervelle qui marche si bien que ça.
Jusqu’à présent je n’avais pas l’impression qu’aimer Balzac était, sinon une tare, du moins une sorte de dévoiement du goût littéraire.
Du coup je viens de me plonger dans la lecture d’un de ces polars que j’affectionne, à l’écriture bizarre et à l’intrigue tordue. Un polar plutôt déjanté, en somme…
Une autre aventure, encore plus curieuse –toujours selon vos commentaires- que l’aveu de mes lectures, m’est nuitamment arrivée entre dimanche et lundi.
Je ne sais pas si je vous ai déjà dit, lectrices chéries, qu’Heure-Bleue a parfois un comportement que je dirais « inattendu ».
Surtout la nuit.
Oui, vous savez, bien sûr que vous savez, que je passe mes nuits au côté d’Heure-Bleue.
Et depuis un certain temps.
Que dis-je, un temps certain…
Bon, ne vous attendez pas à une nouvelle fracassante ni au récit des infortunes de la vertu, d’ailleurs Heure-Bleue ne s’appelle pas Justine.
Non, c’est bien pire.
Imaginez un instant, milieu de la nuit et mitan du lit.
 Mais non, lectrices chéries, il ne s’agit pas de « ça ».
Pfff...Vous ne pensez vraiment qu’à ça.
Bon, moi aussi.
Reprenons.
Une main me secoue, me sortant brutalement d'un profond sommeil.
Oui, j'ai le sommeil plus profond que le jugement...
Une voix connue me dit « Dors Minou ! Il est trop tôt ! »
Totalement réveillé pour le coup je demande alors à l’autre moitié du lit « Mais enfin, pourquoi tu me réveilles pour me dire de dormir ? »
Et, comme d’habitude, Heure-Bleue m’assied d’un magistral « C’est ta faute, t’as qu’à pas me « patouiller » quand tu dors ! »
Ça fait bientôt quarante trois ans que nous passons nos nuits dans le même lit.
Ça fait bientôt quarante trois ans que je prends des coups de pied quand je veux « coller ».
Ça fait bien plus que ça encore que je cherche toujours une peau à toucher –pas la mienne- quand je dors.
Madame tombe de l’armoire fin 2013 quand survient ce qu’elle connaît depuis avril 1971.
Il me semble qu’à l’époque elle le supportait beaucoup mieux.
Je me demande même si elle ne le souhaitait pas et ne m’y incitait pas de façon convaincante.
Mais bon, je rêve peut-être.
Un peu comme quand je lis Balzac…

dimanche, 15 décembre 2013

L'insoutenable légèreté de lettre...

J’arrive à la fin de mon bouquin.
Il y a des décennies que je ne l’avais pas lu et, ô miracle, il n’a pas vieilli.
Bon, vous me direz, lectrices chéries, que « Le lys dans la vallée » est vieux depuis que vous êtes entrées au lycée…
Mais lisez-le, ce n’est pas vrai.
Du moins pas si vrai.
Et puis ça prend du temps à lire. D’abord et surtout parce que ça ne se lit pas comme un polar.
Ensuite, il faut bien admettre que c’est merveilleusement bien écrit. Avouez qu’Honoré de Balzac, c’est autre chose qu’Emile Zola.
Je ne sais pas pourquoi on oppose toujours ces deux là.
Le premier écrivait pour gagner des sous, histoire de payer les huissiers qui se pressaient en foule pour les lui prendre.
N’oublions pas non plus qu’il avait le feu au cul ce qui n’allait pas sans trouer sévèrement son porte-monnaie.
Il écrivait donc pour gagner des sous tandis que le second écrivait parce qu’il avait plein de choses à dénoncer.
Bref, c’était un journaliste. Intéressant, certes, mais pas tip-top comme littérateur.
Tandis que l’Honoré de ces dames, alors là… C’était autre chose.
J’irais jusqu’à dire –alors que ce n’est pas mon job d’en juger- que c’est un cador du « poème en prose ».
Pas aussi fignolés que ceux de Baudelaire mais quand même, ce sont de brefs entractes qui tombent si bien dans le roman, et toujours au bon moment...
J'adore ces petits paragraphes sans rapport avec l’œuvre elle-même qui vous ouvrent un coin de ciel et vous font rêvasser alors qu’il y a d’autres choses à faire.
Venir vous lire, par exemple..
Nom de dieu ! Quelle écriture, quelle aisance, quel génie pour vous faire vivre des choses qu’il a seulement imaginées.
Bon, savoir qu’il en a imaginé la plus grande partie pour aller traîner entre les draps –et pas que les draps- de ses conquêtes n’enlève rien à son génie.
Non, non, lectrices chéries, il ne s’agit pas là de talent –même Johnny Halliday en a…- mais bien de génie.
Voilà ce que je tenais à vous dire qu’en cet avant dernier dimanche de l’Avent, que je ne fais pas qu’écrire des bêtises.
J’en lis aussi…
Mais un doute m’étreint.
Serais-je en train de devenir moins fainéant à cause du temps qui passe ?
Heureusement que je suis en vacances jusqu’à la mort.
Sinon j’irais jusqu’à penser qu’on m’a changé la cervelle en douce.
Une cervelle si experte dans l’art d’éviter l’effort.
Si je devais passer le temps qui me reste à me fatiguer, là je l’aurais mauvaise…