vendredi, 11 août 2006
les terroristes sont nuls...
C'est vrai, finalement les terroristes sont nuls...
Non seulement ils sont méchants mais ils sont de mauvais économistes.
Ce n'est pas la motivation qui leur manque, certes.
On pourrait aussi discuter à perte de vue sur le bien-fondé de leurs motivations.
Cependant je trouve qu'ils manquent singulièrement de créativité et ça, ça nuit aux buts affichés.
Sans compter que ça coûte à tous ces mouvements un pognon fou qui serait probablement mieux utilisé à soulager les misères qu'ils disent être la cause de leur combat.
Sauf à croire, ce que je n'ose, que ces braves soldats de Dieu, aspirant au martyre, préfèrent finalement jouer au héros pour frimer devant des gamines en burka.
C'est, convenez-en, plus marrant que se lever le matin pour aller au boulot et se faire engueuler le soir parce qu'ils ont oublié de ramener le pain.
Pour en revenir à mon propos initial, plutôt que risquer de tuer des gens qui n'ont rien demandé et qui parfois peuvent être du même bord (assez souvent même, quand on voit que nombre d'attentats sont perpétrés dans des lieux empruntés par ceux qu'on prétend défendre), nos nobles défenseurs de la vraie foi et du bon musulman (la bonne musulmane n'existe pas, sinon on ne serait pas obligé de cacher les femmes derrière des voiles) devraient se pencher avec application sur la proposition suivante:
Au lieu de gaspiller plein de sous dans l'achat d'explosifs, de systèmes de déclenchement à distance, de location d'appartements qui coûtent la peau des c...fesses (les proprios exigent des cautions qu'on ne peut pas récupérer, surtout si on est en fuite...), bref de tas de machins dangereux autant que dispendieux, il leur suffirait d'acheter, pour une somme d'autant plus modique qu'on vient de passer des soldes aux promotions, un lot de sacs de sport et un autre de canettes de Coca périmées (il n'y a pas de petites économies).
Ces éléments inoffensifs seraient alors disséminés aux quatre coins des grandes villes et des aéroports, pour la plus grande joie des badauds -qui ne risqueraient rien- et des marchands de dispositifs de détections -qui vendraient plus- (c'est bon pour notre industrie, à condition de ne pas acheter des petites m... chinoises qui ne fonctionnent que le temps de payer la facture).
Ainsi, il serait facile de paralyser un pays sans faire grève (ce qui emmerde tout le monde) et sans faire la guerre (qui coûte cher), et ça aurait de multiples avantages.
- Diminution de la circulation à cause des barrages policiers donc diminution de la facture pétrolière et de la pollution.
- Diminution du chômage, la simplicité de la méthode permettant d'augmenter sensiblement le rythme des "attaques soft", elle entraîne mécaniquement l'embauche de personnel de surveillance.
- Augmentation de notre activité industrielle, le nombre croissant de faux attentats entraîne un besoin croissant de matériel de surveillance et de détection.
- Le nombre de personnes sujettes aux maladies cardiovasculaires qui va claquer d'un infarctus, suite aux alertes incessantes, va croître itou, donc diminution du trou de la Sécu.
- Toutes ces victimes collatérales auraient en plus l'avantage d'aider à la solution du problème des retraites (ce fameux problème issu du choix cornélien à faire entre les bénéfices des industries pharmceutiques et le coût de l'entretien de vieux qui devraient normalement mourir au lieu de nous coûter des sous.)
Nous avons tout à gagner à une stratégie de ce genre.
Les gens que les terroristes sont censés défendre, grâce à l'augmentation du commerce international s'en porteront mieux, tandis que les mouvements de "libération" (interdit de ricaner en pensant à la façon dont Cuba, le VietNam ou l'Irak ont été libérés) n'ayant plus besoin d'un "impôt révolutionnaire" démesuré pour survivre pourraient, comme la monarchie britannique, se contenter d'un rôle de figuration.
Que des avantages, vous dis-je !
12:50 | Commentaires (9)
mardi, 08 août 2006
La cigarette des vraies tumeurs...
Si j'en crois les statistiques récentes proclamées à la radio et sur les sites traitant de la santé publique, on aboutit aux résultats suivants:
- La proportion de fumeurs est passée de 25% à 20% en France, soit une diminution de 20% du nombre des fumeurs.
- Le nombre de décès par cancer a augmenté de 16 % pendant la même période.
Donc, en toute rigueur, on devrait voir bientôt sur les paquets de clopes:
. NE PAS FUMER TUE
09:25 | Commentaires (15)
dimanche, 06 août 2006
Lettres et le néant...
Au hasard de mes recherches sur Internet (je cherchais un truc sur Italo Calvino, rien à voir avec mon boulot d'ingénieur mais je voulais vérifier quelque chose, sujet d'une chamaillerie avec Douce Moitié à propos du " baron perché ") je tombe sur un site dédié aux lettres et à leur enseignement, celui de l'académie de Versailles.
Youpee !!! Me dis-je, toujours plein de l'enthousiasme et de la naïveté qui font le charme de la jeunesse.
Erreur tragique, je n'y trouve pas ce que je cherche. En revanche, j'y trouve des perles qui feraient le délice des professeurs de lettres si l'auteur n'était pas prof de lettres...
D'abord, l'étude du roman en question est répartie sur sept cours, ce qui ne serait pas dramatique si l'on n'invitait les élèves (de 4°, normalement pas analphabètes et capables de s'exprimer autrement qu'en signant d'une croix) à répondre à des questions via un "QCM" (Questionnaire à Choix Multiple, pour ceux qui ont eu la chance d'apprendre à répondre en vrai français en faisant de vraies phrases.).
Mais il y a mieux, une modification du sens des mots a dû intervenir pendant que je dormais car, on peut lire sur la présentation de ce cours une phrase étrange: "Il s’agit d’une lecture dirigée en 7 séances, chacune de ces 7 séances étant centrée autour d’un aspect particulier du roman."
Aaaahhhh ! La beauté de ce superbe " étant centrée autour ", manipulation professorale autant que professionnelle, que dis-je, quasiment l'archétype, de l'aporie.
Et dire que ces brillants esprits, payés pour dispenser les subtilités de la langue à nos chères têtes blondes, truffent leur discours d'inepties dont l'essentiel provient sûrement de travers attrapés à l'IUFM ou l'on apprend à enseigner mais pas à apprendre et où manifestement on est peu regardant sur la formulation du contenu enseigné...
Un jour quelqu'un leur fera remarquer, sans doute juste après leur départ à la retraite que:
- On dit et écrit "basé à" et "fondé sur" et non "basé sur".
- On dit et écrit "centré sur" et non "centré autour".
- On peut dire "a généré" mais que c'est mieux d'écrire "a engendré"
- Un problème a une solution, pas une résolution.
- On le résoud, on ne le solutionne pas.
Et deux mille autres accrocs qui nous montrent à l'envi que l'enseignement du français a pris les journalistes pour modèle alors que les journalistes sont censés, en la matière, être des élèves, non des maîtres.
19:55 | Commentaires (12)
vendredi, 04 août 2006
Et si moi aussi, je devais avaler cette pilule...
Ce matin, début d'une journée dédiée à la flemme, j'ai jeté un oeil nostalgique sur mon ancien blog.
Cette note du 27 août 2005 a attiré mon attention car, si les notes précédentes et suivantes ont été riches en commentaires celle-ci n'en a obtenu que 4.
L'erreur en prospective économique.
Mon canard, ce matin, se pique d'imagination en matière économique. Du point de vue de la pensée, ça se veut une parodie de l'absence de réflexion de J.M.Sylvestre, l'alibi de l'article, lui, révèle une profonde méconnaissance tant de la nature humaine que de la littérature traitant d'icelle.
Pourquoi cette introduction, aussi biscornue qu'alambiquée ? L'argument censé fonder le propos économique de l'articulet consiste à envisager l'avenir radieux d'un laboratoire phamaceutique découvrant un médicament capable d'éradiquer la connerie (Sic).
Suit une brillante démonstration de ce qu'est un sophisme en matière économique.
On se souvient que le sophisme est, en substance, une construction intellectuelle qui semble sans défaut, hormis qu'elle est fondée sur des prémisses fausses.
C'est ici le cas.
Il est question de faire, grâce à ce médicament (improbable, je nous rassure), d'une pierre deux coups:
- Supprimer de la surface de la planète un défaut qui a conduit l'humanité de malheurs en catastrophes.
- Assurer la fortune des actionnaires du laboratoire en question au vu du nombre impressionnant de clients potentiels.
C'est sans compter sur l'aveuglement de l'homme, largement soutenu par celui de la femme.
Une large majorité d'entre nous est en effet persuadée que ce médicament est une bonne idée, mais, car il y a un mais, le mais qui fout en l'air l'étude de marché, chacun est sûr que le médicament est bon...pour le voisin.
Si l'auteur (?!) de l'article avait écouté son prof de lettres au lieu de rêvasser à sa future carrière de journaliste, il aurait retenu de Balzac soi-même, grand connaisseur de la nature humaine, que "Nul n'est content de sa fortune, ni mécontent de son esprit.".
Je me demande si cette note n'avait pas, comme le petit caillou dans la chaussure, un côté agaçant, le truc auquel on n'aime pas penser mais qui se rappelle sans cesse à votre souvenir, vicieusement, là où ça fait ressortir un doute en chacun de nous.
Comme si un génie ricanant, du fond de sa bouteille nous engageait à prendre la pilule en question.
Pire encore, comme si nous avions besoin de la prendre...
11:10 | Commentaires (10)
jeudi, 03 août 2006
Salauds de pauvres, en plus on les voit !
Ce matin, en écoutant la radio, j'ai enfin compris où étaient les choses vraiment importantes dans notre riche pays.
Il était question des tentes distribuées par Médecins du Monde aux SDF. Eh bien ces tentes, aux dires du journaliste, "sédentarisaient les SDF" -admirez l'oxymore -.
Il était quasiment en train de traîner dans la boue le réprésentant de MDM, Graziella Jenesaisquoi. Cette femme, dont le prénom ma rappela illico un mauvais bouquin de Lamartine (quel gnangnan celui-là) avait toutes les peines du monde à expliquer à un présentateur particulièrement bouché - ou particulièrement orienté bien-pensance - que ce n'étaient pas les tentes qui avaient créé l'état de SDF mais que c'était l'abandon des pauvres par la société qui avait conduit MDM à leur fournir un abri.
Il ressortait des propos de ce minus habens du micro, probablement bien logé, que ce qui était gênant, ce n'était pas les pauvres eux-mêmes mais qu'ils soient visibles. A court d'arguments, il alla jusqu'à parler de trafic de stupéfiants et de prostitution dont MDM serait indirectement responsable.
Ce pauvre imbécile avait l'air persuadé que le SDF moyen pouvait impunément transformer sa tente en claque et vivre de pain de fesses tandis que d'autres se gobergeraient du fruit d'un trafic de drogue plus lucratif que le RMI.
On aura tous compris, à la lumière de cette émission, qu'une fois de plus on confond la lutte contre la pauvreté avec la chasse aux pauvres.
On nous rebat les oreilles, dès que les élections approchent ou que le climat se fait dur, avec "ces SDF qui refusent d'aller dans les abris", cerains prétendent même "qu'ils sont trop désocialisés pour sortir de leur état de vagabondage".
Il semblerait que ces bonnes âmes aient oublié que les fameux abris sont des asiles desquels sont virés les SDF dès potron-minet et qu'ils devront en trouver un autre le soir. Et qu'ils y seront bienvenus à condition de laisser leur compagnon, leur femme ou leur chien à la porte.
Ils ont de la chance, finalement, ils se complaisent dans un état où on les force à rester.
Nos gouvernants, notre Etat, nos associations, si prompts à tirer la ficelle de "la morale" pour nous tirer une larme et quelques picaillons pour "venir en aide aux plus déshérités" sont, assez étrangement, muets devant la rapacité de bailleurs qui ont une fâcheuse tendance à trouver qu'il y a de moins en moins de bons locataires sans remarquer le fossé grandissant entre les revenus et les loyers. Les premiers suivant au mieux l'inflation tandis que les seconds augmentent 4 fois plus vite que l'inflation...
10:06 | Commentaires (6)

