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samedi, 02 février 2019

La jeunesse donne des zèles parfois...

Ce samedi, aujourd’hui donc, nous sommes allés manger un « döner » chez notre Turc préféré.
Ça faisait longtemps…
C’est juste avant de mordre dans le sien qu’Heure-Bleue m’a dit « Tiens ! On n’aura jamais emmené Süzel ici… »
Ça a fait passer un nuage de tristesse sur la table…
Heureusement, nos voisins de table nous ont distrait un moment.
D’abord parce qu’ils parlaient en des langues aux sonorités connues mais néanmoins changeantes suivant le moment de la conversation.
Je leur ai demandé quelles langues ils utilisaient.
Lui m’a répondu « Le turc et le syriaque, comme le patron du restaurant ».
Elle a ajouté « l’arabe littéraire et le syrien aussi, nous venons de la région d’Antioche. »
La dernière fois que j’avais entendu parler d’Antioche, c’est en lisant les Évangiles…
Tous deux nous ont répondu en un français qui fleurait les écoles Jésuites du Moyen-Orient.
Nous pensons qu’ils parlent l’anglais, probablement avec la même fluidité.
Quand je l’ai vu lui, mordre dans un piment, je n’ai pu retenir un « sshhh ! », ce qu’on fait habituellement en regardant un accident se produire.
Il a levé les yeux et dit platement « je ne peux pas manger s’il n’y a pas de piment…  »
Là-dessus, il en a pris un second, l’a aspergé de citron, d’une pincée de sel et l’a croqué avec délices.
C’est la première fois que je vois quelqu’un arroser une assiette déjà copieusement épicée, de poudre de piment « sinon c’est un peu fade ».
Après ce déjeuner, instructif comme tous ceux que nous prenons chez notre Turc, nous sommes partis  tranquillement vers « les passages ».
Nous avons vu au passage la rue de Trévise dévastée par l’explosion due au gaz.
Quelques fenêtres et vitrines soufflées témoignaient de la puissance de l’explosion jusqu’à la rue Montmartre.
L’absence de bus, rendus prudents par les « gilets jaunes », nous a contraints à continuer notre promenade presque jusqu’à la place de l’Europe pour y prendre le 80, seul bus qui nous rapprochait de chez nous.
Le voyage fut agréablement animé par un trio de filles qui discutaient des mérites et risques qu’il y avait à boire du Coca.
- Le Coca, je bois du sans sucre, ils ne mettent pas de sucre ils le remplacent par de l’asperg… Asprot… Du faux sucre…
- Moi je bois du normal.
- Si t’en bois trop, tu vas avoir du diabète !
- Oui mais avec le faux sucre, tu risques le cancer…
La troisième est alors intervenue, très sagement.
- Moi je bois de l’eau.
- Ah ?
- Oui, ma mère dit que le Coca ce n’est pas bon.
Celle qui le boit nature s’est récriée :
- Mais non ! C’est bon ! Surtout avec du vrai sucre !
La « no coke » a clos par :
- Et en plus, avec le faux sucre tu peux même attraper le cancer de la prostate…
Quand je vous dis que le monde vacille sur ses bases.
Elles sont descendues au même arrêt que nous.
Elles avaient entre dix et douze ans…
Elles m’ont rassuré sur la persistance de l’enfance dans notre monde féroce.

Commentaires

Tu aurais même pu leur dire qu'à leur age elles ne risquaient rien pour le cancer de la prostate !

Écrit par : delia | dimanche, 03 février 2019

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Vous voilà rassurés : le Turc qui vous dispense les meilleurs döners de Paris, a survécu à cette terrible explosion.

Et enfin, chaque fois que vous le fréquentez, vous avez des voisins de table originaux, ce qui nous vaut une note agréable. Mon estomac a fait trois tours sur lui-même en lisant le traitement infligé à celui du "voisin", quoiqu'il semble blindé.

Ouf, tu m'as fait peur : j'ai craint un instant que les filles dont tu écoutais le conversation soient du genre Nabila. Non, elles sont jeunes... et hélas ça leur passera !

Écrit par : Sophie | dimanche, 03 février 2019

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Quel palais il a cet homme ! J'ai de très mauvais souvenirs de piments... Pour ma belle-fille des Iles, ce n'est jamais assez épicé...
Que de choses nous ignorions lorsque nous avions dix, douze ans...

Écrit par : lakevio | dimanche, 03 février 2019

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J'adore. Je ris à moi toute seule.
Le cancer de la prostate rien que ça...
Paraît qu'après une gastro on peut boire du coca. Sucré. Pour moi, cela reste tout de même fort acide...

Écrit par : Pivoine | dimanche, 03 février 2019

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c'est une question que je me suis souvent posée, comment on s'habitue peu à peu (tout bébé?) à des mets si épicés... (ça me rappelle notre "Muanza" :-))

Écrit par : Adrienne | dimanche, 03 février 2019

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ces très jeunes filles ont raison de s'inquiéter de leur prostate , ha ha !

Écrit par : ang/col | dimanche, 03 février 2019

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Je ris de bon coeur , elles sont mignonnes ces gamines..... et vous, vous avez pu vous retenir de rire? Vous faites toujours de belles rencontres et tu sais si bien nous les faire partager !

Écrit par : Emiliacelina | dimanche, 03 février 2019

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