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jeudi, 23 mai 2019

Le chat de la voisine...


Pivoine, une de mes lectrices chéries d’autant plus chérie qu’elle rit facilement à mes bêtises, posait une question « Comment s’appelle-il ? »
Elle parlait là du greffier fainéant au point de miauler devant l’ascenseur jusqu’à ce que quelqu’un veuille bien l’amener au troisième étage.
Ce chat, donc, est une chatte.
Avec un manque d’imagination désolant, elle fut appelée « Minouche ».
Histoire d’y ajouter un peu de parfum d’aventure, quelqu’un, on ne sait qui, transforma « Minouche » en « Minouchka ».
Peut-être quelqu’un qui venait de reposer « Michel Strogoff » s’il était jeune, « Les frères Karamazov » s’il était plus vieux.
Oui Pivoine, le greffier est une greffière qui s’appelle « Minouchka ».
Ça semble compliqué comme ça.
Ça l’est beaucoup moins que l’origine de ce chat roux très affectueux mais rancunier qui fut le nôtre jusqu’à notre départ en Israël.
Ce chat roux devint celui de l’Ours qui le garda longtemps, jusqu’à ce qu’un matin, nous revînmes, lui et moi, les yeux pleins de larmes de chez le vétérinaire mais ans le chat.
Pour en revenir à son nom, nous l’accueillîmes, tout juste sevré.
Ce greffier poil de carotte fut sur le champ « le rouquin » le temps de lui trouver un patronyme plus reluisant.
Comme tout rouquin, un nom de la légendaire Albion lui sembla d’entrée destiné.
On l’appela donc Arthur.
Arthur, au fil du temps, devint de mon côté « Tutur », voire « bagnole » de temps à autre .
Heure-Bleue, plus douée pour les diminutifs au premier abord l’appela « Arthurou » puis « Turou ».
Hélas, les années passant car Arthur vécut près de vingt ans, « Turou » devint « Pupuce » à force de vivre avec l’Ours.
Passant souvent chez l’Ours, « Pupuce », sous l’impulsion d’Heure-Bleue, devint évidemment « Puçou ».
« Arthur » naquit « le rouquin » et mourut « Puçou ».
Le nom de ce chat me fait irrésistiblement penser à « Jacques a dit » qui transforme n’importe quelle fable de La Fontaine en un roman d’espionnage du XXème siècle.
Je suis heureux de vous avoir fait part de cette histoire absolument sans intérêt mais que voulez vous, la discipline, c’est ça aussi…

mercredi, 22 mai 2019

Beaucoup de bruit pour rien...

Il était près de vingt-trois heures.
J’avais fermé les rideaux et je lisais.
Heure-Bleue avait éteint son ordinateur et prenait son livre.
Un bruit persistait, gênant si on n’aime pas lire au son d’une batterie.
Puis les rires et les chants sont arrivés.
Heure-Bleue et moi nous sommes dit « Nooon ! Pas un mardi ! »
J’ai ouvert la porte et j’ai été surpris malgré tout qu’un tel vacarme vint de l’immeuble.
Alors je suis descendu.
Arrivé au premier étage, une porte ne parvenait pas à arrêter le bruit.
J’ai sonné.
En vain…
J’ai tapé du poing sur la porte qui s’est ouverte sur une jeune femme absolument ravissante.
Si j’avais eu quarante ans de moins je lui aurais dit « J’étais descendu pour vous engueuler mais vous avez des yeux magnifiques, ça a cassé mon élan, si vous avez une minute je vais essayer de trouver une remarque spirituelle… »
Hélas, me croisant assez souvent dans la salle de bains, j’ai laissé tomber l’idée et me suis contenté de dire « Dites, vous avez une idée de l’heure ? »
La jeune femme s’est confondue en excuses et a dit « On va se calmer, je vous assure… »
J’ai cru bon d’ajouter « À vos âges, vous pouvez jouer à des tas de choses moins bruyantes… »
Elle m’a jeté un regard soupçonneux alors j’ai ajouté « Le scrabble, les échecs, la lecture… »
Alors elle a souri et m’a souhaité une bonne soirée.
Quand je suis arrivé à la maison il n’y avait plus de bruit alors la lumière de mes jours et moi avons pu reprendre notre lecture…
C’est juste parce qu’il faut bien que quelque chose se passe pour servir de support à mon exercice quotidien.
Heureusement, c’est comme cette vieille publicité des années soixante-dix « Il se passe toujours quelque chose » sauf que ce n’est plus « à la Samaritaine. »

mardi, 21 mai 2019

C'est arrivé près de chez nous...

Baudelaire_-_Les_Paradis_artificiels,_Conard,_1928.djvu.jpg

Et même chez nous...
Hier, on a frappé à la porte de la maison après le dîner.
J’ai ouvert la porte.
Une bouffée d’éther a envahi l’entrée et mes narines.
Je l’ai regardée, une jeune femme l’air indécis était sur le palier.
Assez mignonne, une peau très blanche, avec une bouche amincie par un rouge à lèvres d’un rouge très vif, des cheveux raides châtains et des yeux clairs.
 L’air un peu égaré, elle m’a demandé :
- Je suis au niveau -3 ?
- Euh… Non, ici c’est +3.
Là, je me suis dit « tiens, elle s’est fait un sucre… »
Oui, parce que ne pas s’apercevoir si un ascenseur monte ou descend, hein…
Elle a demandé :
- Et le chat ?
- C’est celui des rockers.
- Ah ? Il a pris l’ascenseur avec moi…
Elle avait la voix aussi peu assurée que le regard et la position.
J’ai dit :
- Oui, elle prend toujours l’ascenseur…
- Ah ? Pourquoi ?
- Parce qu’elle n’est pas assez forte pour ouvrir la porte…
- Ah bon…
Je me suis dit qu’il fallait quand même faire quelque chose.
- Vous allez au studio d’enregistrement ?
- Oui…
- Vous avez la clef ?
- Ouuuuiiii…
- Vous la mettez et vous appuyez sur « -3 ».
- Merci…
Un silence, un arrêt, puis :
- Et le chat ?
- Ne vous inquiétez pas, il sait, il attend ses maîtres.
- Bonsoir…
La lumière de mes jours a dit, depuis la salle de bains :
- Pfiouuu ! Ça sent l’éther !
- Oui, c’est une nana qui s’est « fait un sucre »…
Heureusement que nous ne faisons pas partie de ces non fumeurs toujours prompts à la fatwa qui enverraient au massicot les imprudents qui clopent en leur présence.
J’imagine cette fille adepte de l’éther, face à une de ces « récemment pures », de celles qui abandonnent le trottoir pour le « prie-Dieu » quand les années rendent les affaires aléatoires…
La pauvre… Elle aurait fini clouée à une porte de grange comme la première chouette berrichonne venue.
Cela dit, ça a chassé efficacement l’odeur du poulet que j’avais fait au gril pour la « salade César » du dîner…

lundi, 20 mai 2019

Des zircons mais pas tant que ça…

Bon, j’ai un peu honte quand même mais c’est juste pour voir si Mab ricane...

lakevio.jpg

 Je suis sûr qu’elle a mal.
On n’aurait pas dû, c’est vrai mais c’était tellement bien.
Et puis on a été si content quand on a su.
Et on a attendu… Attendu… Attendu…
Elle a acheté de la crème anti-vergetures à la pharmacie.
On nous avait bien dit, des plus vieilles, que ça ne servait à rien.
Que si elle avait une « peau à vergetures » elle les aurait. Point.
Mais comme c’était un jeu qui nous plaisait bien, je lui ai passé de la crème sur le ventre tous les soirs.
Pour passer le temps et parce que ça lui plaisait aussi, je lui en ai aussi passé sur les fesses et sur les cuisses.
Ça nous a bien occupés, ce « jeu de la crème ».
Je ne sais pas si c’est grâce à ça ou non mais son ventre s’arrondissait sans qu’il y ait trace d’une seule vergeture.
Pas une !
Elle avait vraiment une peau extraordinaire, d’une douceur et d’une souplesse…
Une merveille de peau.
Un moment, tout de même, ses mouvements prirent un air un peu pataud.
Un jour, elle eut des douleurs.
Il bien fallu qu’on aille à la maternité.
Et je suis là, comme une andouille dans le couloir.
J’écoute d’autres femmes sur leurs chaises.
Elles parlent de douleurs et de déchirures épouvantables.
J’attends et j’ai peur.
J’ai peur de plein de choses.
Je ne sais pas quoi faire.
Je ne sais pas quoi dire.
J’ai peur qu’elle me déteste.
En plus je ne suis même pas fichu d’attacher correctement une couche.
J’ai peur qu’elle ne veuille même plus revenir à la maison pour ne plus me voir.
« Monsieur ! Madame voudrait vous présenter à quelqu’un ! »
En plus il y a déjà un étranger avec elle...

PS: On ne s’est pourtant pas concerté, Heure-Bleue et moi.
Ça doit être toutes ces années passées ensemble...

dimanche, 19 mai 2019

Rêve parti...

Ouais, Mab, je sais...

230 rue championnet.jpg

Avant-hier « on avait musée ».
Hier, on a failli « avoir vide-grenier ».
Après avoir dévalisé « le mur magique », celui qui donne des sous, nous étions partis vers le vide-grenier, prêts à acheter des verres de la bonne taille.
Nous ne savons pas exactement ce qu’est « la bonne taille » pour les verres.
C’est un équilibre subtil quasiment impossible à déterminer.
« La bonne taille » est celle qui permet de se servir plusieurs fois sans consommer exagérément mais suffisante pour qu’on ne consomme pas plus de calories à remplir son verre que son contenu n’en apporte.
Nanti de notre viatique et d’un but, nous sommes partis d’un pas qu’on espérait vif vers ce vide-grenier.
Il était censé se tenir le long de la rue Championnet.
Hélas, arrivés au bout de la rue, au 242 pour être précis, on le sait car c’est le bistrot qui marque la fin de la rue, point de vide-grenier.
J’ai regardé la rue, aussi loin que portait mon regard, et il porte, toujours point de vide-grenier.
La lumière de mes jour, elle, leva les yeux –magnifiques- vers le ciel et constata « il ne fait pas beau ».
Nous avons donc révisé nos ambitions à la baisse.
Nous savons que quand le temps est incertain, il n’est pas si incertain que ça.
Il devient même tout à fait certain que si nous sommes dehors nous finirons trempés.
Nous nous sommes donc prudemment cantonnés à l’achat de quelques vivres et de pain.
Sur le chemin du retour, j’ai revu l’affichette avisant le passant de la tenue du vide-grenier.
Il commençait au 159 de la rue…
Il n’était pas étonnant que je ne le visse point.
Le début du vide-grenier était au-delà de la côte qui mène vers l’autre partie du XVIIIème, vers la « place Championnet » qui ne s’appelle pas comme ça, vers mon coin d’avant, quoi…
J’ai déjà arpenté ce morceau de la rue. Il a totalement changé. Beaucoup d’immeubles lépreux ont été abattus et ont laissé place à des immeubles modernes dont tout ce qu’on peut en dire est qu’ils sont propres et neufs.
Or un vide-grenier dans un coin où les immeubles sont neufs est déplacé.
Je ne regrette pas de n’avoir pas vu ce vide-grenier.
Un vide-grenier dans une rue sans greniers, je vous demande un peu…
C’est un non sens.