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mardi, 15 septembre 2015

Les 2 CV de ma sœur…

Hier soir j’ai appelé ma petite sœur.
Je ne l’ai pas engueulée pour deux raisons.
La principale est que ça ne sert à rien.
L’autre c’est parce que de toute façon elle s’en fout et aussi parce que, selon l’expression consacrée « elle me fait peine ».
Elle a commencé par dire :
- Eh ben… J’ai des nausées et j’ai la tête qui va pas.
Me rappelant l’effet de très longues anesthésies, je l’ai consolée.
- Après une anesthésie aussi raide et aussi longue, tu vas encore longtemps te demander si ce n’est pas le cerveau qu’on t’a retiré. Mais ça passe, ma biche, tu verras.
- Tu sais, ma cicatrice, ben sur sept centimètre de profondeur, c’est pas bien.
- Aïe ! Ça ne « colle » pas, c’est ça ?
- Oui, ça cicatrise mal…
- C’est ton diabète, ma grande, suis bien ce que te dit le diététicien de l’hôpital.
Elle a continué.
- Je n’arrive pas, à cause des nausées, à manger ce qu’on me donne.
- Ah ?
- Je mange une bouchée, j’arrête et j’en prends une autre deux heures plus tard.
Puis, après deux soupirs et un silence :
- En plus, j’ai des doigts qui ne sont plus sensibles alors je n’ai pas la force de couper ma pomme…
- Ça va revenir… Fais quand même un effort pour manger ce qu’on te sert.
- Oh mais je sais ce qui est bon pour moi !
C’est là que j’ai commencé à être sérieusement inquiet…
- Sans doute, tu sais même si bien que tu es clouée à l’hôpital grâce à ce qui est bon pour toi…
Là, c’est moi qui ai soupiré…
Le pire était à venir :
- Tu sais pas ?
- Non, ma biche, quoi donc ?
- Eh bien, j’avais faim alors je me suis levée et je suis descendue dans le hall…
- Hon hon…
- J’ai acheté des…
Là je n’ai pas bien compris si c’était des « Twix » ou des « Mars ».
- Tu as acheté quoi ?!?!
- Ben des « Twix », il n’y a que ça « qui passe »…
- Mais tu es folle ! C’est toi qui va « passer » si tu continues !
- Mais si, je t’assure, ça me fait du bien !
C’est là que j’ai laissé tomber.
Ce sont exactement les mots de ma mère à propos de « remontage de moral au riz au lait industriel ».
Sauf que ma mère à lâché la rampe à quatre-vingt-quatre ans, après un suicide au glucose-fructose qui a duré dix-sept ans.
Même mon neveu, son fils unique et préféré, à qui j’ai demandé s’il pouvait faire entendre raison à sa mère, a renoncé à lui « prendre la tête avec ça » car, m’a-t-il dit « Ça ne sert à rien, je parle dans le vide, elle mourra comme mon père ».
Mon beau-frère, achevé par des décennies de déjeuners au Vaudeville, en face de la Bourse…
Ce serait pourtant affreux de devoir suivre la boîte « d’une femme âgée de soixante trois ans, décédée par autolyse à la barre chocolatée ».
Surtout quand c’est ma petite sœur.
Elle m’inquiète énormément, ma petite sœur…

dimanche, 13 septembre 2015

Si toi aussi tu m’abandonnes…

Bon, j’avoue que ce matin je suis d’humeur taquine...
Ouf ! Nous voilà sauvés !
Le train ne sifflera pas trois fois vers chez nous…
J’en connais qui, totalement rassurés j’en suis sûr, vont pouvoir sombrer ce soir dans un sommeil réparateur.
Un sommeil duquel seront absents tous ces cauchemars qui les assaillent depuis deux semaines.
Ces cauchemars peuplés de hordes de réfugiés censées se répandre sur notre pays pour en abuser de tous les bienfaits.
« Tu n’es qu’un emmerdeur ! » me jette la lumière de mes jours à qui je viens de dire ces quelques mots.
Ouaip, lectrices chéries ! Si j’en crois la radio, les craintes qui les paralysaient semblent avoir disparu.
Cela dit, à écouter la nouvelle ce matin, à leur place, j’aurais l’enthousiasme quelque peu douché.
Pour mon compte je suis même carrément vexé de voir que mon pays, contrairement à un bruit répandu par une bande de frileux xénophobes, n’est pas très attirant.
Il semblerait même que mon pays ne soit pas tant un pays de Cocagne qu’un bled si engourdi que ça semble, même à des gens d’âge mûr, ce qu’on appelle « un enterrement de première classe ».
Salauds de réfugiés ! Sont même pas accueillis qu’ils sont déjà ingrats !
Ils prétendent même que nos allocs et notre Sécu ne les intéressent pas !
Non mais quel culot !
Bon, il faut avouer que notre proposition d’aide est assez bizarre qui consiste à les mettre dans des endroits où les regarderont de travers, non les SDF qu’on aura laissés dehors, mais ceux qui sont scandalisés parce que ces SDF sont dehors alors que les arrivants seront parqués.
Ceux qui, avant le chavirage du canot déclencheur de la réaction, regardaient les SDF en grommelant entre leurs dents « encore un ivrogne en train de boire le RSA que je finance avec mes impôts » les regardent désormais comme les participants injustement perdants de la loterie de la charité…
Les SDF en question vont devoir se méfier de nouveau, la commisération dont ils font aujourd’hui l’objet devrait bientôt s’évaporer.
Quand se sera répandu partout, même sur TF1, la nouvelle que ces salauds de réfugiés dédaignent notre France éternelle, grande et généreuse, nos réfugiés intérieurs perso vont pouvoir retrouver leur rôle habituel de parias…
Tout ça me rappelle un samedi matin, dans la librairie d’Heure-Bleue, une dame un peu essoufflée et assez pressée est entrée.
- Bonjourrrr madame, vous avoirrr Figarrrro Madame ?
Et mon Heure-Bleue de répondre :
- Non madame, la maison de la presse est là-bas, au feu rouge.
- Merrrci madame, parrrce que vous savez, Figarrrrro Madame rrraison, trrrop étrrrrangers en Frrrance…
Quand même ! Ils ne sont même pas arrivés et déjà en train de se plaindre que le pays n’est pas assez bien pour eux !
Finalement, ces étrangers avaient tout pour être de vrais Français…

samedi, 12 septembre 2015

Des ratages incontrôlés ? Alors lis tes ratures…

De rien, Mab, de rien…
La note de Berthoise m’a fichu le bourdon.
Autant que celle de Sauve-qui-veut.
Vous ne verrez pas forcément le rapport entre les deux.
Probablement une façon de voir les choses.
Ce rapport m’a sauté pourtant à la figure.
Il y est question de la même chose.
De l’avenir que nous voulons pour nos enfants.
Surtout de celui qui leur « pend au nez comme un sifflet de deux sous »…
Et il semble sombre car pour penser à l’avenir, il faut penser aux autres, à ceux qui suivront.
Rien qu’à voir l’efficacité des petits panneaux dans les toilettes, ceux qui recommandent de « laisser l’endroit dans l’état où on aurait aimé les trouver », on sent que c’est mal parti…
A peine engagée, l’affaire est mal embringuée.
J’ai lu dans ces deux notes un enthousiasme qui rappelle le pas allègre de celui qui gravit les marches de « la veuve »…
On dirait bien qu’il y a un gros doute sur l’humanité de l’Humanité…
On ne nous a encore rien demandé que déjà c’est trop.
Nous n’avons pas encore donné de raisons pour refuser aujourd’hui que nous avons déjà trouvé plein d’excuses pour expliquer demain pourquoi nous ne l’avons pas fait.

vendredi, 11 septembre 2015

La vie en pente douce.

Hier Heure-Bleue et moi avions rendez-vous avec une blogueuse devant une gargotte turque de l’avenue de Clichy.
Comme chaque fois que nous voyons cette blogueuse, il nous est impossible de nous séparer sans avoir passé plus de cinq ou six heures ensemble.
Nous avons pris tout notre temps pour manger notre döner. J’ai regardé avec attention notre amie.
C’est une experte, elle n’a pas décoré son chemisier des ces petits morceaux de viande délicieux. Bon, honnêtement nous non plus car il est bien plus facile de manger ce mets, plutôt risqué pour les chemises, sur un plateau que sur un banc de square.
Nous sommes sortis juste bien. Ce repas très simple est extraordinaire, non seulement il ne vous met pas sur la paille mais il ne vous met pas sur le flanc. Vous en sortez aussi sans cette petite sensation d’inachevé qui arrive souvent avec les repas « raisonnables ».
Nous avons failli prendre la direction de la Place de Clichy mais Heure-Bleue et M.M. ont dit « Non ! Sinon on va entrer à la Librairie de Paris et on ne va pas résister ! On a déjà des piles à lire ! »
Alors nous sommes partis dans l’autre sens. Il vint à l’idée de ces deux là d’aller vers le Parc Monceau où elles ont toutes deux des souvenirs familiaux en pagaille.
Je les ai donc menées, d’abord par la rue Hélène, une petite rue remarquablement inintéressante mais où Heure-Bleue et moi avions rencontré une chanteuse yiddish en promenant Merveille en poussette, puis nous avons descendu ce flanc de la colline de Montmartre jusqu’à la rue Brochant.
J’allais écrire « C’est extraordinaire, nous avons passé un après-midi entier à papoter, à marcher, à regarder sans dire du mal de quiconque. »
Mais à dire vrai, nous avons dit du mal de quelqu’un.
Nous nous sommes arrêtés à la terrasse d’un café tenu par un couple d’Italiens.
Nous avons demandé nos cafés habituels, un « espresso », un « espresso longo » et un « espresso ristretto ».
Et là je n’ai pu m’empêcher de penser « Ils l’ont viré ! Ils l’ont chassé d’Italie ! C’est un réfugié ! »
Je ne l’ai pas dit, je suis devenu prudent sur le sujet…
J’ai attendu un instant que mes commensales aient tâté de ce breuvage.
La réaction a été unanime, « mon dieu que ce café est mauvais ! »
Nous sommes alors repartis vers le parc Monceau. J’ai eu droit à en passant vers Wagram à « ma tante, mais quelle garce celle-là,  a habité là. » disait l’une.
« Je passais par la rue Fortuny pour aller voir… » disait l’autre.
« Ma grand’ mère a vécu là, mon arrière-grand’ mère habitait près de là où la rue Fortuny devient la rue Médéric. »
Nous sommes enfin parvenus à nous asseoir sur un banc du parc Monceau. Nous avons admiré les gens. Elles les jeunes hommes. Moi les jeunes femmes.
Je me demande si la prochaine fois je ne vais pas les emmener « péleriner » dans mon ex-coin.
Ça devrait les changer de ça, que j’ai justement pris en photo hier :

P9101382.JPG


Je leur montrerais le passage Kracher, par exemple, ou la rue du Roi d’Alger, la fin de la rue Duhesme, tout ça.
Quoique que ce coin ait beaucoup changé depuis les années 60, la Porte de Clignancourt a gardé son côté « mélangé » et vaguement inquiétant pour le petit-bourgeois, de ceux qui craignent toujours, qui pour son portefeuille, qui pour son sac-à-main, qui d’avoir un voisin pas comme lui...

jeudi, 10 septembre 2015

Les vieux s’attrapent, les rats passent…

Bon, en vrai je n’avais rien de particulier à écrire sur la journée délicieuse que nous avons passée avec Merveille.
Du coup, pour être à la mode, moi aussi je me suis réfugié.
Mais dans les lignes qui suivent afin d’en finir avec cette histoire…
Une commentatrice de dernière minute, qui s’est évidemment bien gardée de donner l’accès à son blog, est venue dire tout le mal qu’elle pense de celui qui a osé contredire sa copine.
Ce n’est pas bien grave mais elle aurait pu éviter de donner la preuve qu’elle n’a pas lu la note qu’elle qualifie de « bave du crapaud ».
Ou pire, qu’elle ne l’a pas comprise…
Voyons Poulette...
Mais je n’ai pas fait de « guéguerre » !
J’y ai mis les formes.
Je n’ai insulté personne.
J’ai seulement dit que je n’étais pas d’accord avec ce que j’ai souligné des propos de Juliette.
Et j’ai dit pourquoi je n’étais pas d’accord.
J’ai donné des exemples.
Bilan ?
Juliette s’est vexée.
Elle s’est « monté le bourrichon » toute seule.
Elle a incendié mes commentatrices.
Comme toi, que je ne connais pas, elle m’a insulté, m’a traîné dans la boue.
Faute de pouvoir supprimer le mien, elle a fini par fermer son blog.
Elle aurait dû savoir que quand on se lance dans ce truc là, il faut se relire attentivement, assumer ce qu’on écrit et accepter que d’autres disent pourquoi ils ne sont pas d’accord.
Sinon c’est une démocratie façon Bachar el Assad.
Je sais, ça se pratique beaucoup ces temps ci...