mardi, 07 avril 2015
Je suis un Sisyphe, aujourd’hui.
Aujourd'hui, sauf empêchement de dernière minute, aussi impromptu qu'inattendu voire surprenant, Heure-Bleue et moi allons, lectrices chéries, à Paris.
Nous avons rendez-vous avec une blogueuse qu'on aime.
Oui, je dis « une blogueuse qu’on aime » parce que Milky hurle de douleur si j’écris, ce qui m’arrive parfois, « la blogueuse qu’on aime ».
Elle commente avec plein de « Et moi alors ? Hein ? J’ai couché avec les Boches ? » et plein de « personne ne m’aime ».
Non, c'est pas vrai, « personne ne m’aime », elle ne dit pas, elle me connaît et elle a peur que je lui dise « ne dis pas ça, il y a plein de gens qui ne te connaissent pas encore… »
Il est vrai que « la blogueuse qu’on aime » c’est nettement plus restrictif et peut susciter ce sentiment désagréable qui ressemble à un « pincement de cœur » et est tout bonnement quelque chose entre l’envie et la jalousie.
Eh oui, lectrices chéries, je vous sais avides de notre affection et en même temps si tentées par l’exclusivité d’icelle à votre endroit.
Rassurez vous, Heure-Bleue et moi vous aimons toutes.
Avec d’autant plus d’ardeur que c’est comme un sourire : ça fait plaisir et ça ne coûte rien.
Enfin, je dis Heure-Bleue et moi… C’est surtout moi, équipé de naissance d’un cœur d’artichaut de trois tonnes car Heure-Bleue est bien plus regardante sur ses sentiments, elle n’aime pas si facilement.
Surtout, comme Mab, elle ne le dit pas comme ça, à tous vents.
Mais que voulez vous, j’aime, je suis comme ça.
Ah… Où en étais-je et où voulais-je en venir ?
Ah oui ! Nous allons à Paris déjeuner avec cette blogueuse qu’on aime, dans un coin que j’ai longtemps arpenté d’un pas plus alerte qu’aujourd’hui.
Et je devrais avoir des choses à vous dire demain.
Peut-être même à vous chuchoter. C’est pas chouette, ça ?
Vous avez vu comme je peux être saoulant de bon matin, lectrices chéries ?
Bref, tout ce délayage, c’était pour vous dire :
« On va à Paris, je vous raconterai tout ça demain. »
Tant de mots pour dire si peu.
Je vais pouvoir faire « speaker » à la radio…
09:27 | Commentaires (9)
lundi, 06 avril 2015
La dent élève…
De rien, Mab…
- Minou ?
- Ma mine ?
- Regarde ma dent, là.
- Laquelle ?
- Alors, il y en a deux, je sens quelque chose, là.
- Où ça ?
- Là !
Dit-elle en montrant un endroit plutôt vague et plein de dents. Tout ce que je sais c’est que c’était sa bouche…
- Mais où ça exactement ?
- Ben là, enfin !
- Et il y a quoi « là » ?
- J’ai mal, je crois que ça bouge.
Je regarde, je crois voir une piqûre sur la gencive de la lumière de mes jours.
- Je pense que le dentiste t’a piquée avec son crochet.
- Tu te rends compte, Minou ? Il m’a esquintée !
- Mais non, ça va s’arranger…
Heure-Bleue, à peine rassurée, va fureter sur le Net, boit une gorgée d’une des deux Rico que j’ai préparées.
Quelques minutes passent que je mets à profit à me demander ce que je pourrais bien vous raconter, lectrices chéries, afin de nourrir ce blog.
Une atmosphère de calme baigne la pièce. Qui dure peu, hélas.
- Minou ?
- Ma mine ?
- J’ai maaaaaal Minou.
- Tu as pris un dolimachin ?
- Ah non ! J’en ai marre de prendre des médocs !
- Tu sais que tu es la seule que je connaisse qui dise « j’ai mal » et refuse de faire quoi que ce soit pour que ça cesse…
- Oui mais j’en ai marre. Et si je deviens brutalement allergique au dolitruc ? Hein ? Tu vas faire quoi ?
Le risque d’allergie est, chez la lumière de mes jours, un sujet de conversation récurrent. Un peu comme « the Big One » chez un Californien.
Le truc qu’on redoute sans cesse et avec lequel on saoule son camarade de jeux…
Alors je soupire. Elle insiste.
- Alors ? Tu ferais quoi, hein ?
- J’attendrais…
- Tu attendrais quoi ? Hein ? Tu attendrais quoi ?
- Le choc anaphylactique fatal. Je te regarderai te tordre sur le plancher et j’attendrai ta dernière convulsion.
- Minou ! Noooon Minou ! Dis moi, tu crois que je dois retourner chez le dentiste ? Ce crétin m’a estropié la bouche ! C’est grave. Je vais avoir un abcès, c’est sûr !
- Mais non, ça va aller…
- Je crois que je vais changer de dentiste, celui-là, il est fou.
Elle parle de notre psychorigide.
- Tu irais chez un dentiste que tu ne connais pas ?
- Un vieux, ça ne connaît pas les nouvelles techniques.
- Un jeune ça a son cabinet à payer, ça veut aller vite…
- Je veux un jeune qui va lentement…
Là, j’avoue que j’ai pensé à autre chose et pas du tout au dentiste…
Ce matin, elle n’a plus la trace de l’outil du dentiste et elle se demande ce qu’elle va pouvoir vous raconter.
Moi j’ai trouvé…
10:55 | Commentaires (9)
samedi, 04 avril 2015
A Pâques, les cloches c’est nous !
Au lieu de me réjouir béatement de la résurrection supposée de quelqu’un qui est de toute façon mort depuis deux millénaires au bas mot, je vais vous parler de quelque chose qui n’est pas plus passionnant mais qui nous frappés, Heure-Bleue et moi depuis des années.
De toute façon, je n'ai pas de boulangère à taquiner, la gamine qui sert en bas de chez moi a deux neurones et ils sont déjà partis en week-end de Pâques depuis des années, alors...
Nous nous demandions pourquoi le liquide manque de plus en plus alors que nos revenus fondent comme neige au soleil.
C’est ça les vieux, ça parle soit de santé soit de sous.
Bref, on parle de ce qui nous manque.
Heure-Bleue donc, faisait hier remarquer au monde entier, du moins aux aficionados de son blog que nous étions devenus pas terribles.
Nous avons papoté et avons retracé le cheminement de notre société depuis le début des sixties.
Comment nous étions passés insensiblement d’une société plus solidaire, une société d’émulation, de partage, à une société individualiste, une société de compétition, d’égoïsme institutionnalisé.
Comment, toujours insensiblement, nous étions passés de la dénonciation des dictatures à la défense des libertés publiques.
Puis de la défense des libertés publiques à la défense des libertés individuelles.
Puis carrément à une société où le « crève connard » est devenu une ponctuation autant qu’un art de vivre.
Le tout accompagné d’une pleutrerie incompréhensible dès qu’il est question de défendre ce que nos ascendants ont conquis de haute lutte dans les générations précédentes.
Tout ce qui nous a permis d’être élevés, éduqués, soignés et protégés, nous le laissons démanteler, sans rien faire ni même dire, par des gens qui nous ont roulés maintes fois dans la farine.
Les uns roulés par une gauche qui dispense avec sérieux des leçons de morale qu’elle se garde bien d’appliquer elle-même.
Une gauche devenue amorale.
Les autres roulés par une droite qui fut longtemps moraliste et ne pratiquait pas plus les leçons qu’elle donnait.
Les deux me semblent même devenues totalement immorales.
À regarder les uns faire des grâces à un parti qui aurait valu la déchéance de ses membres il y a soixante dix ans, ils me font honte.
À regarder les autres copier sur le programme des premiers en continuant à professer un discours censément opposé, j’ai honte de m’être fait avoir si facilement.
En 1979, Laurent Fabius, dit « Fafa » selon son ex, avait osé lancer face à Rocard « Entre le Plan et le marché, il y a le socialisme ».
Hélas, depuis 2012 on dirait bien que ça s’est arrêté au marché…
09:49 | Commentaires (6)
vendredi, 03 avril 2015
Et l’appât comprit…
Je ne sais pourquoi on est allé se promener, Heure-Bleue et moi, dans ce chemin montant, sablonneux, malaisé.
Le dîner fut bon, agréable même et comme souvent nous papotions.
Agacés par le vide sidéral d’un bulletin d’infos qui nous ressassait les âneries lues dans la journée sur le Net, nous avons zappé.
Je ne sais quelle répartie sortie de notre télé mal en point a attiré mon attention.
La conversation a dérivé en contemplant Raymond et Huguette ou José et Lily, je ne sais plus.
J’ai lâché, dans le courant de la conversation :
- « Je t’aime » c’est un truc qui va tout seul, ça.
- C’est vrai, ça va tout seul…
- T’as remarqué ? Dès qu’on ajoute quelque chose, ça va pas.
- Hmmm… Tu as raison...
- Par exemple « Je t’aime bien », c’est mortel.
- Ah là, Minou on sent le spécialiste, là !
- Quelle garce tu peux faire !
- Mais non…
A-t-elle ricané.
Nous avons continué à converser en ne prêtant pas attention à la télé.
Le dîner à tiré à sa fin.
Ma camarade de vie a demandé rêveusement :
- Qu’est-ce que je pourrais me faire comme petite douceur ?
- Moi…
Ai-je tenté d’une voix douce.
Des fois que, comme souvent, elle ne prête pas attention à ce que je dis et plonge sans faire gaffe.
Bon, ça n’a pas marché.
Elle a juste soupiré et opté pour un de ces petits gâteaux au chocolat terriblement addictifs qu'on achète parfois...
06:51 | Commentaires (11)
jeudi, 02 avril 2015
J’aime bien les saindoux et les corsages mais je préfère les cornues…
De rien , Mab…
Pour en revenir à cet avertissement sur la porte de la banque, je suis surpris par vos commentaires.
Ce qui est à vos yeux de l’indulgence est aux miens, plutôt « au mien », du laxisme.
J’avais déjà écrit il y a longtemps qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de moquer l’orthographe de quelqu’un qui n’est pas allé à l’école ou qui a appris le français « sur le tas », au hasard de conversations et de la lecture des boîtes de conserve.
En revanche, quand on fait profession d’enseigner le français ou de l’écrire, le minimum exigible, s’il n’est pas d’écrire comme Balzac et Hugo ou parler comme Thiers et Danton, il est bien vu de connaître son boulot.
Avez vous déjà réfléchi un instant, lectrices chéries, à ce qui adviendrait à vos petits corps fragiles si les chirurgiens bossaient comme certains imprimeurs, journalistes ou instits ?
Et je ne parle pas des dégâts sur les dividendes, déjà récemment mis à mal, de Lufthansa et autres compagnies si les gens d’Airbus ou Boeing bossaient comme les rédacteurs de journaux ou pire, ceux des mêmes journaux chargés des pages d’accueil sur le Web...
Sans compter votre surprise de voir votre petite lampe déconner parce qu’Areva a fabriqué ses centrales nucléaires comme Sarkozy parle…
Milky se rappelle sûrement ce qu’avait dit une caissière du supermarché de Bagnolet, confondant deux mots pour un travers familial qu’elle n’attribuait pas à la génétique.
Milky était sûre que j’en ferais une note dès le lendemain.
Une note savoureuse à coup sûr.
Que je n’ai pas écrite.
10:41 | Commentaires (8)

