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mercredi, 13 février 2019

Ah... Ce que ces seins valent en teint...

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Je suppose que tous les souvenirs qui ont été remués hier avec le mari de son amie d’enfance ont amené ce matin cette remarque d’Heure-Bleue.
- Tu te rends compte, Minou, je n’ai plus une seule des rares lettres d’amour que tu m’as écrites… 
- Où sont elles ?
- Eh bien, à part une carte que tu m’as donnée en revenant de Marseille…
Je me rappelle qu’en revenant d’un déplacement à Marseille, j’avais écrit à la lumière de mes jours une carte postale.
Carte que j’avais laissée dans ma poche et que je lui ai donnée en rentrant.
- Tu m’as écrit aussi quelques poèmes…
Me revient notamment un vers que je garderai pour moi mais surtout parce qu’il est épouvantablement mauvais.
Heure-Bleue a ajouté :
- Une lettre d’excuses aussi, à propos d’un anniversaire… Bon, enfin… Je ne dirai rien de cet anniversaire…
Comme je me rappelle assez bien cette affaire, je n’en dirai rien non plus…
Le point est là : Avec la tempête de 1999, ces lettres et d’autres choses comme près de trente ans de photos ont été détruites.
C’est ce qui nous ennuie le plus.
Le reste, les livres, les appareils, les meubles, les vêtements et les ustensiles de cuisine ont bien sûr disparu.
Mais ce n’était que « des choses ».
Alors que les lettres et les photos, ce n’est pas pareil, ce ne sont pas des choses.
Ce sont des morceaux de notre vie…
Et des morceaux de vie plutôt chouettes quand on y pense.
Elle n’avait pas mal aux pieds.
Mon genou me laissait tranquille.
On pouvait bouger de tous nos membres sans avoir mal.
On avait une méthode éprouvée pour passer le temps qui marchait super bien.
Ça s’est gâté un peu quand l’Ours est allé à l’école.
Mais bon, les conséquences des passe-temps sont parfois ainsi…
Mais ça marchait tout le temps, contrairement à ce qu’on avait entendu dire.
On m’avait parlé du samedi soir et de la Saint Valentin mais en réalité c’était faux.
Certains m’ont même avoué à mots couverts que non, que ça fonctionnait toute la semaine, même s’il fallait aller travailler le lendemain.
Enfin, c’est demain « la fête des amoureux ».
C’est bête d’avoir un jour pour ça.
Ça peut être la fête tous les jours et très longtemps si on en prend soin.
Je suppose que la lumière de Montmartre qui est si belle et annonce le printemps nous a rappelé ces lettres d’amour.
Si vous voyiez cette lumière, lectrices chéries, si vive que je devine à peine ce que j’écris…

lundi, 11 février 2019

Les clefs du royaume...

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Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...
Tardivement
Symphonie
Eclat
Bordure
Ergot
Influence
Grenat
Correct
Fracasser 
Parloir


Le problème permanent de la clef qu’on nous a fournie reste la difficulté de trouver la serrure qui voudra bien l’accepter.
Le dépositaire de la clef espérant que la serrure voudra bien fonctionner et donnera accès à ce qu’elle protège…
Ce dépositaire espère évidemment qu’il ne trouvera pas la serrure adéquate trop tardivement car le risque que les trésors qu’elle lui cèle ne voient leur éclat terni par le temps n’est pas à prendre à la légère.
La quête des serrures se révèle bien souvent une lutte d’influence peu aisée à mener.
Il faut bien sûr que la tentative d’effraction soit faite avec une grande délicatesse.
Il faut aussi glisser doucement autour de ce petit ergot qu’on ne soupçonnait pas alors qu’on tente de glisser sa clef dans la serrure, éviter le geste maladroit qui risquerait de le fracasser.
La première épreuve est d’accéder à la serrure, cachée qu’elle est derrière cette pièce de velours grenat censée la protéger mais qui en réalité excite la curiosité.
Il faut d’abord prudemment tenter de trouver la bordure de ce velours qui la cache à vos regards.
Puis que quelque maniement correct soit tenté, avec délicatesse. Afin d’ouvrir cette serrure
Ah, que l’idée est séduisante d’entendre la symphonie qui s’élève d’une serrure satisfaite plutôt que les grincements d’une serrure de parloir de prison malmenée.
Bref, trouver serrure à sa clef n’est pas si simple…

dimanche, 10 février 2019

La disparition...

Je la revois bien.
Très bien même.
Je l’avais vue la première fois en me rendant dans la petite pièce où vivait celle qui deviendra la lumière de mes jours.
Elle me fut présentée comme « l’amie d’enfance ».
Toutes deux étaient épaisses comme des « sandwiches SNCF » et toutes deux vêtues d’un « Newman » et d’une chemise.
Nous étions tous vêtus légèrement car il faisait très beau en ce printemps 1971.
Nous sommes repartis tous deux vers le métro, un peu empruntés, comme peuvent l’être deux jeunes gens de vingt-deux ans qui se croisent pour la première fois et échangent quelques paroles.
Oui nous avions vingt-deux ans…
C’est si loin et si près…
Elle retournait chez elle.
Je retournais chez moi dans le Marais car je ne m’incrustais qu’à doses homéopathiques chez la lumière de mes jours.
Arrivés à la station « La Chapelle » sur le quai du métro aérien, elle me regarda avec attention.
J’ai d’abord pensé que c’était pour tenter de voir si j’étais un danger pour son amie mais non, c’était simplement pour savoir.
- Tu viens d’où ?
- Comment ça ?
- Oui, d’où ? De quel pays ?
Je me rappelle avoir pensé « encore… »
- Pourquoi ça ?
- Parce que tu es quand même euh… « typé »…
Elle a ajouté « même très typé ».
Que voulez vous que je réponde à ça ?
- Je suis né à Paris.
- Ah ?
Toutes deux avaient de magnifiques yeux verts mais elle était une fille au teint mat, aux cheveux châtain clair, mi-longs et raides, pas frisés ni roux comme celle qui allait devenir la lumière de mes jours.
Elle connaissait depuis peu celui qui allait devenir son mari.
C’était un garçon au teint clair et aux cheveux bruns et est devenu lui aussi un ami.
Nous irons boire un café avec lui lundi.
Elle ne sera pas là.
Elle ne sera plus jamais là.
Elle ne sera plus là que dans nos esprits…
Les rangs s’éclaircissent beaucoup depuis quelques mois.
Nous sommes hélas arrivés à un âge embêtant.
Nos enfants sont mariés depuis des années.
Nos enfants sont trop grands pour en faire d’autres.
Nos petits-enfants sont trop jeunes pour en faire.
Pas de mariages, pas de naissances.
Ne nous restent que des morts à apprendre, des proches à enterrer et se rappeler.

samedi, 09 février 2019

Le ver de trop...

Ouais, bon, je sais…

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Hier nous sommes allés au cimetière du Montparnasse et nous avons bien ri.
Heure-Bleue a un talent inné pour désacraliser n’importe quoi.
Dans une des allées menant au tombeau de Charles Baudelaire, un vieux monsieur avançait péniblement, à petits pas mesquins, on sentait bien qu’il y allait quasiment à reculons.
Cette démarche incertaine nous a d’abord inquiétés.
Va-t-il arriver au bout de l’allée ?
Ne va-t-il pas tomber sous peu ?
Heure-Bleue a eu à ce moment une illumination, de celles qui la rendent célèbre.
« Tiens ! Celui là est venu en reconnaissance… » a-t-elle dit le plus sérieusement du monde.
J’étais effectivement déjà venu dans ce cimetière mais il y a longtemps et m’étais sorti de l’esprit qu’il était si bien rangé.
C’est sans doute pour ça que je préfère, et de loin, le cimetière du Père Lachaise ou, mieux encore, le cimetière de Montmartre, beaucoup plus drôles et en foutoir.
Nulle part comme dans les cimetières –ou dans les bus- on ne voit combien l’humour de la nature est si bien exposé.
Je me rappelle ainsi un tombeau au cimetière du Père Lachaise, une copie à l’échelle ¼ du tombeau de Napoléon dans laquelle repose un certain monsieur Martin, tout à fait inconnu des foules.
Que dire des tombes que l’on voit au cimetière de Montmartre, où « Dédette et Poulet » reposent ensemble de leur dernier sommeil.
Certaines tombes vous poussent à refréner un fou-rire.
D’autres vous serrent le cœur, pleines de poésie.
D’autres encore vous font sentir la douleur des séparations éternelles.
Certaines vous parlent de ce manque de l’une qui ne cesse qu’avec la mort de l’autre…
Hier, « percé jusques au fond du cœur » par une bise effroyable, j’ai pensé en voyant cette tombe, qu’il y avait quand même eu quelqu’un pour penser qu’il y avait peut-être des morts frileux.
L’idée de la couette de verdure m’a, sur le moment, parue astucieuse bien que je ne sois pas pressé d’en vérifier l’efficacité…

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J’ai aussi constaté ce vendredi après-midi  que la dernière volonté d’un mort ne pesait pas lourd quand à ma grande surprise, je n’ai pas vu sur la tombe de Baudelaire, l’épitaphe qu’il avait préparée.

« Ci-gît qui, pour avoir par trop aimé les gaupes,
Descendit jeune encore au royaume des taupes. »

Il est vrai que Baudelaire repose dans un tombeau qui n’est pas le sien mais celui de son beau-père mort depuis dix ans.
Tout de même, que j’eusse aimé lire cette épitaphe.
Je suis sûr qu’Heure-Bleue m’aurais demandé « C’est quoi une gaupe ? »
D’ailleurs ça n’a pas raté.
À peine lui ai-je lu cette note –elle aime que je les lui lise à haute voix, les siennes et les miennes - qu’elle a dit « Oui, au fait, une « gaupe » c’est quoi ? »

vendredi, 08 février 2019

L’insoutenable légèreté de lettres…

D’accord avec toi Mab, j’aurais pu faire un effort…

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J’écoute la radio.
Comme souvent des propos accrochent mon oreille.
Souvent des propos tenus manifestement par des aficionados de la foire d’empoigne qui, comme beaucoup de ceux qui ne manquent de rien trouvent que l’on s’occupe trop de ceux qui n’ont pas assez.
Exceptionnellement, ce matin je n’ai pas entendu de ces raisonnements à l’emporte-pièce, de ceux qu’on révise généralement à la première menace de métastase.
Ce matin, un détail de la revue de presse m’a poussé à réfléchir.
Comme ce n’est pas courant chez moi, j’ai été vaguement estourbi par ce remue-ménage neuronal  puis écouté avec attention.
Et ma réflexion n’a abouti qu’à une question : Le patron d’Amazon France a-t-il les mêmes préoccupations en matière de liberté d’expression que son patron à lui.
J’ai nommé Jeff Bezos, dont je ne suis pas un admirateur inconditionnel, loin de là.
De Jeff Bezos, dont on savait la cervelle agile, on apprend  que le « dick » l’est autant.
Il a fait paraître en « une »  un article dans le « Washington Post », journal qui lui appartient mais dont il ne se mêle pas de la ligne éditoriale.
Il dénonce dans cet article les méthodes douteuses d’un journal ardent supporter de Donald Trump.
Jeff Bezos reproche au « National Enquirer » de pratiquer le chantage au moyen de lettres de menaces envers ceux qui financent des journaux qui ne sont pas d’accord avec Donald Trump et l’a dit publiquement haut et fort.
Le « National Enquirer » demandait au patron d’Amazon d’interdire au « Washington Post » de critiquer Donald Trump sous peine de voir des photos compromettantes de Jeff Bezos occupé à des jeux qu’on ne pratique généralement pas dans les salles de rédaction.
Assez gonflé, Jeff Bezos a donc pris la plume –non, pas celle-là, l’autre, celle pour écrire- pour envoyer le « National Enquirer » se faire voir.
Le rapport avec la liberté d’expression et Amazon France ?
Eh bien, d’après la même revue de presse de ce matin, le journal « L’Humanité » était scandalisé par le comportement du patron d’Amazon France qui licenciait des employés pour avoir soutenu le mouvement des « Gilets jaunes ».
C’est à ça qu’on voit que la démocratie avance.
La tendance était au droit à penser ce qu’on veut à condition de penser comme tout le monde.
C’est devenu le droit de penser ce qu’on veut à condition de penser comme le chef…
Enfin…
Cet après-midi, j’emmène Heure-Bleue voir si la tombe de la liberté d’expression est dans les allées du cimetière du Montparnasse.
Peut-être bien car il y a celles de Charles Baudelaire et Guy de Maupassant  qui, en matière de liberté d’expression ont donné de mémorables leçons au monde…