Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 18 septembre 2017

Pot de bébé, peau de bébé ?

lakevio.jpg

Elles sont passées devant moi d’un pas vif.
Le parapluie les protégeant très vaguement d’une pluie qui ne semblait pas les déranger plus que ça tant leur conversation était animée.
Je les entendais converser, debout derrière elles tandis que le feu laissait passer les voitures.
En réalité, celle de droite racontait je ne sais quoi, écoutée de façon distraite me sembla-t-il, par celle de gauche.
Mon attention a été attisée quand celle de gauche a dit :
- Mince ! Les couches, j’ai oublié d’acheter les couches !
Leur dialogue s’est engagé.
- Eh ! Ton dernier bébé a quatorze ans, s’il a besoin de couches c’est qu’il a fait une grosse bêtise avec une camarade de classe !
- Mais non idiote, c’est pour ma mère…
- La pauvre… Elle n’est plus autonome ?
- Non elle est « retombée en enfance » comme on dit.
- C’est difficile pour vous…
- Oui, elle ne parle plus, elle se fait pipi dessus, il faut que je la fasse manger…
- « Retombée en enfance », c’est exactement ça.
- Elle est comme un bébé, il faut même que je la couche.
- Enfin, pas exactement comme un bébé…
- Et alors ?
- Ta mère est comme un bébé, sauf qu’on ne peut pas dire qu’elle a « toute sa vie devant elle »…
- T’es rassurante, il n’y a pas à dire…
Le feu est passé au rouge et elles ont traversé tandis que je m’apercevais que je n’avais pas non plus « toute la vie devant moi ».

dimanche, 17 septembre 2017

Famille, je vous ai…

Je ne suis même pas sûr que la lumière de mes jours me permette de faire « le devoir de Lakevio ».
Oui lectrices chéries, « on » m’a trouvé une occupation :
Des choses à trier.
Des choses à jeter.
Des choses à porter.
Des choses à ranger.
Des choses à peser en termes d’utilité –les miennes-.
Des choses à cajoler car à garder –les siennes-.
Oui lectrices chéries, nous transportons nos pénates en un autre foyer.
Comme toujours nous rangerons les lares dans la cuisine…
En attendant, que je vous dise, lectrices chéries, nous retournons à Paris.
Une des nuits précédentes, la lumière de mes jours s’était fâchée avec le sommeil pour des raisons qui m’ont parues étranges sur l’instant.
Elle y avait manifesté la crainte, si l’un de nous deux mourait, que l’autre « soit complètement paumé et le suive rapidement ».
C’est en repensant à ça ce matin que je me suis dit que le choix de notre nouvel appartement n’était peut-être pas étranger à cette crainte qui nous traverse de temps à autre depuis que nous n’avons plus le pas aussi léger qu’avant.
Bon, nous fûmes aussi guidés par l’étroitesse du choix proposé.
Mais pourquoi repensé-je à ça ce matin ?
Eh bien parce qu’il est bien possible que ce soit pour limiter les frais de déplacement de notre tout dernier déménagement.
Nous allons habiter tout contre le cimetière de Montmartre.
Je pensais à ça ce matin parce que le temps est triste comme un jour sans pain, nuageux et froid.
Le silence de la maison n’est pour l’instant troublé que par le bruit de nos claviers.
Quand ils se seront tu, il ne nous restera qu’à aller à la salle de bains.
Il est indispensable d’être bien propres pour pouvoir nous salir, c’est bien connu…
Quand je pense que je vais devoir aller annoncer « moi-même personnellement » à Merveille et P’tite Sœur que nous allons partir habiter à Paris car mon fils préféré s’est dégonflé…
Alors qu’il est au courant depuis des semaines et qu’il nous avait rassuré d’un « vous en faites pas, on va gérer, même pour les petites », il appert qu’en réalité il n’a rien dit.
Ni à JJF qui va se sentir abandonnée ni aux filles qui vont se sentir trahies.
Sans parler de l’Ours qui semble n’avoir jamais de ciseaux pour couper ce foutu cordon.
Ce cordon qui lui avait déjà fait dire à l’âge de vingt-cinq ans « vous m’avez abandonné ! »

vendredi, 15 septembre 2017

Dessine lui un mouton…

Il était trois heures et cinq minutes quand la lumière de mes jours m’a réveillé.
Heure-Bleue m’a réveillé en se levant.
Heure-Bleue se lève la nuit.
Pour marcher.
Puis elle se recouche et a du mal à s’endormir.
Elle prétend alors que je ronfle et me passe la main sur le dos ou sur le cou.
Elle pense que je dors alors elle le fait doucement.
Il m’arrive de faire semblant d’avoir une respiration plus bruyante que la normale.
Je le fais évidemment exprès.
Très souvent ça marche.
Elle me caresse doucement le dos ou le cou une fois de plus.
J’adore ça mais j’évite de le faire trop souvent de crainte qu’elle ne se lasse et qu’elle me réveille brutalement en me disant « Minou !!! Tu ronfles !!! »
Je me colle contre elle et je me rendors.
Jusqu’à ce qu’elle se lève à nouveau parce qu’elle a mal à une jambe ou pour aller à la salle de bains.
Quand c’est la deuxième ou troisième fois qu’elle se lève, elle me dit souvent « Je n’arrive pas à dormir. »
Je lui demande alors « qu’est-ce qui te tracasse ? »
Et là, elle me dit « Chuuuut Minou ! Laisse-moi dormir ! »
Elle est comme ça, la lumière de mes jours.
Parfois, après ça, c’est moi qui ai du mal à me rendormir.
Alors je rêvasse à la note que j’aimerais vous écrire le matin et je me rendors.
Puis, je me réveille à nouveau parce qu’il fait jour et que je n’ai plus sommeil.
Je me lève, prends mon petit déjeuner et allume les ordinateurs de la maison.
Je prépare le petit déjeuner d’Heure-Bleue et quand elle se lève, j’ai complètement oublié la note que j’avais écrite sur le mur de ma cervelle.
Alors, comme souvent, lectrices chéries, il ne me vient que « lectrices chéries, euh… Je ne sais quoi écrire ce matin… »
Ah si ! Aujourd’hui nous allons manger un « bô-bun » rue des Dames.
 

mercredi, 13 septembre 2017

La longue marche...

20170912_160802.jpg

Vous ai-je dit que nous avons toujours eu de la chance, Heure-Bleue et moi ?
Nous fondant seulement sur le fait que nous nous étions croisés au bon endroit et au bon moment, nous le pensions.
Il y a une douzaine de jours, une Heure-Bleue affolée à l’idée que ses yeux pourraient n’être plus autre chose qu’une décoration servant à rehausser la luminosité de son teint de rose, elle me sollicita, appela sa sœur, puis le médecin et enfin, saisie par un éclair de sagesse, elle prit rendez-vous avec l’ophtalmo que nous connaissons.
Dans l’affolement, elle se prit de bec avec la secrétaire du cabinet…
Le rendez-vous fut malgré tout pris.
Pour le 12 septembre, évidemment…
Nous sommes donc partis assez tôt hier pour la place Daumesnil.
Je sais qu’elle s’appelle place Félix Eboué mais ça ne sert pas plus que le faire remarquer pour la place Villiers ou la place de l’Étoile…
Nous avons donc pris le train qui fonctionnait presque normalement.
Puis le 29, censé s’arrêter place Daumesnil.
Là, ça s’est un peu gâté.
Nous avons pu constater que les mauvaises langues qui prétendent que les syndicalistes sont tous des flemmards, surtout ceux des entreprises publiques, se trompent.
J’accuse même ces mauvaises langues d’être de mauvaise foi.
Non seulement ils sont arrivés pour faire leur boulot de manifestant mais ils sont arrivés avec plus de deux heures d’avance !
Nous sommes tout de même arrivés à temps pour déjeuner d’une pizza délicieuse dans un restaurant italien tenu par des Italiens qui savent faire de la cuisine italienne qui n’a rien à voir avec les pizza industrielles de Monop’.
Puis nous sommes allés piano et sano jusqu’au cabinet de l’ophtalmo où notre sociabilité a permis d’être à mon tour reçu en même temps que la lumière de mes jours par la femme de l’art.
Zéro délai pour un ophtalmo en 2017, c’est une performance.
Si elle m’a assuré que j’avais une vue excellente, j’ai compris pourquoi la lumière de mes jours avait jeté son dévolu sur votre Goût-des-autres adoré.
Si mon Heure-Bleue préférée a parfois une voix perçante, on ne peut pas en dire autant de ses yeux.
Mais bon, ils sont si beaux…
Puis nous sommes partis pour regagner nos pénates.
Ce fut une longue promenade, ponctuée par des abribus vides, nous lançant en pleine figure des obscénités comme « Arrêt non desservi » et « mouvement social ».
Ça s’est produit comme ça, continûment pendant quatre kilomètres et demi.
La distance qui sépare la place Daumesnil de la rue de Lancry, au-delà de la place de la République, à trois stations de bus près.
Quand nous sommes passés place de la Bastille, des gens semblaient vouloir changer de gouvernement alors que le nôtre est tout neuf.
Enfin, avec des vieux briscards dedans quand même.
Mais ce fut une chouette promenade.
Quand nous sommes arrivés à la maison, nous n’avions rien pour dîner et il était tard.
Alors j’ai fait des spaghetti impeccables.
Avec une sauce dont j’ai le secret.
Un mélange de sauce à la pancetta et une sauce à l’ail et aux olives.
Vous faites réchauffer ça à feu très doux avec un filet maigre d’huile d’olive italienne.
Et puis vous admirez la lumière de mes jours hésiter plusieurs fois et se resservir chaque fois.
C’est un spectacle délicieux…

lundi, 11 septembre 2017

Fais moi un cygne...

lakevio.jpg

Longtemps, je me suis couché de bonne heure.
Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. »
Ça me faisait ça souvent quand je revenais du côté de chez Swann…
Mais aujourd’hui autre chose avait attiré mon attention.
Oh ! Ce n’était qu’un détail bien sûr mais il m’avait frappé.
Cet ours en peluche, qui souvent n’était pas le seul « doudou » sur le lit était cette fois-ci seul.
Mieux, il n’était pas sur le lit.
Je ne savais pas si je devais me sentir soulagé ou fier.
Je me souviens du premier soir où je n’étais pas rentré chez moi pour rester avec elle.
Je me souviens de la surprise du premier matin lorsque je l’ai vue endormie.
Elle suçait son pouce !
Ce n’était pas la première fois que je voyais une jeune femme endormie mais c’était la première fois que je me réveillais au côté d’une femme qui suçait son pouce.
Elle perdit rapidement cette façon de se rassurer et dormit plus calmement.
Évidemment, je me rengorgeai intérieurement, persuadé que ma présence seule avait contribué à lui faire perdre cette habitude de prime enfance.
Prudent néanmoins, je suis gardé de prétendre que j’en étais la cause car si elle avait la peau douce, elle avait la dent dure…
Tout allait pour le mieux même si moult peluches continuaient à occuper le lit et donnaient au coucher un air de déménagement…
Je n’en dis rien pendant quelque temps.
J’évitais même d’avoir un soupir agacé quand il fallait débarrasser le lit avant de s’y glisser.
Bien m’en avait pris car elle si gardait malgré tout un tempérament inquiet, voire anxieux, elle avait un caractère assez vif et j’étais sûr qu’un mouvement d’humeur à ce sujet l’aurait fait fuir et sortir de ma vie.
Je débarrassais donc chaque soir le lit et posais les peluches en tas et en silence sur le radiateur.
Puis ce soir, ce fut la surprise.
Plus de peluches dispersées sur le lit.
L’ours lui-même relégué de son côté du lit.
Quand elle est rentrée je lui ai demandé :
- Mais où sont passées les peluches ?
- Je n’en ai plus besoin mon chéri.
- Mais l’ours ?
- Il me faut toujours dormir entre deux ours, tu sais bien…

Peut-être a-t-elle un peu raison…