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samedi, 05 avril 2025

L'oeil perçant et l'oeil percé

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Hier on a pris le bus.
Plus exactement, le bus nous a pris.
Il nous a pris deux heures pour un trajet qui dure habituellement moins d’une heure…
De fait, partis à onze heures nous sommes arrivés à treize heures quinze, soit deux heures plus tard, là où officie notre ophtalmologue, dite « la femme du bon dieu » car elle se prénomme « Clémence ».

La femme de l’art m’a fait subir un tas d’examens, de mesures diverses et a conclu « Jeudi prochain, le dix avril je vous opérerai de la cataracte ».
J’étais super content car j’en avais assez d’avoir le nez su mon écran pour arriver à simplement deviner ce qu’il affichait.
Il y avait pire, surtout pour ceux, dont je faisais partie, qui avaient un œil d’aigle qui permettait d’apprécier la beauté d’une femme à plus de cinq cents mètres.
Il m’était devenu difficile de différencier un homme d’une femme d’un trottoir depuis l’autre côté de la rue.
Quand à lire le nom de la rue depuis le trottoir, n’y pensons même plus.
Cette réparation prévue jeudi prochain arrivait enfin.
Bon, il nous fallait évidemment sortir des sous pour régler le « dépassement d’honoraires » qui vous tombe dessus dès que vous êtes soigné ailleurs qu’à l’hôpital public.
Nous nous sommes remonté le moral au restaurant proche du cabinet de l’ophtalmo.
Depuis le temps que la lumière de mes jours avait envie de moules marinières et moi de « L’œuf mayo » célèbre plat du bistrot parisien, nous nous sommes accordé ce plaisir.
Agréable déjeuner à la terrasse du restaurant, donnant sur une rue peu passante, à l’abri d’un parasol.
Bref « le pied » comme disaient les jeunes de l’époque où nous étions jeunes. 
Évidemment, comme tout se paie, il me faudrait arriver à sept heures du matin à la clinique.
C’est là que je me suis dit « Pourvu que je ne recouvre pas la vue juste pour lire des ordonnances ! »
Bref, il y a des moments comme ça où il est nécessaire d’avoir un caractère porté à l’optimisme…
Ce qui n’est pas aisé ces temps-ci rien qu’à constater que la mode est de raviver le mythe de « l’Homme fort », source séculaire bien connue d’ennuis plus que de progrès.

jeudi, 03 avril 2025

Le crépuscule des vieux.

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Nous sommes maudits des transports publics 
J’en suis sûr, la situation internationale nous empêche d’errer à notre guise dans la ville qui nous a vu naître dans l’indifférence générale et nous verra disparaître sans un haussement d’épaules.
Hier donc, nous sommes partis joyeux pour des courses lointaines, bon, en réalité vers le Jardin des Plantes.
Nous nous sommes alors rappelé que nous étions mercredi, dit « le jours des gosses ».
Nous avons donc jeté notre dévolu sur une promenade vers la rue du Bac avec l’idée de montrer à un ami un endroit dit « Le Beau Passage ».
Un lieu calme, ensoleillé et plein de boutiques inutiles et chères dont un boulanger connu où j’ai claqué le PIB du Burkina Faso dans l’achat d’une « boule au levain » et d’une brioche.
Nous faillîmes nous asseoir à une terrasse où le prix d’un expresso pas terrible vous mettait sur la paille jusqu’en juin 2027 et passâmes notre chemin non sans regretter une tonnelle ombreuse et charmante heureusement liée à un établissement fermé…
Ressortis rue du Bac nous nous sommes arrêtés pour boire un café à la terrsse d’un café « normal ».
Bien que l’expérience nous ait appris depuis longtemps qu’un café préparait immanquablement le café suivant à cause de son effet diurétique, nous le bûmes avec plaisir puis nous reprîmes notre balade.
Elle nous mena devant le square des « Missions étrangères » où les arbres en fleurs décoraient la rue avec talent.
L’effet du café commença à se faire sentir à l’approche du Bon Marché qui offrait l’avantage de pouvoir non seulement faire quelques courses à « La Grande Épicerie » mais de faire disparaître le côté diurétique du café dans des locaux de qualité et parfaitement entretenus et cela « gratis pro deo » comme disent les juristes.
Las, la vengeance de « Île de France Mobilités » version endormie de l’efficace RATP se fit sentir.
La circulation des bus et des voitures était entravée par la présence du Roi du Danemark.
Nous montâmes dans le 84 aux environs de 17H30 à l’angle du Boulevard Raspail et de la rue de Sèvres pour arriver à la place Pereire vers 19H.
Cette note sans intérêt pour vous dire que maintenant je marche d’un pas alerte sans m’arrêter tous les cinquante mètres pour causse d’essoufflement ce qui n’était plus le cas depuis plusieurs mois.
Hélas, une cataracte de plus en plus gênante me gâche le paysage.
Je ne saurais vous recommander qu’une chose : Si vous avez vingt ans, gardez les une soixantaine d’années, restez jeunes, ce n’est pas sans problèmes mais globalement on a moins de trucs en panne…

vendredi, 28 mars 2025

On vit une époque formidable…

Le moral un poil écorné par un séjour dans un établissement de l’AP-HP, m’a amené à une vision pas gaie du monde.
Outre la constatation courante qu’un talent inné chez les gens à qui on confie imprudemment notre argent les pousse à réaliser régulièrement l’économie de cent €uros qui finira par coûter dix-mille €uros, l’arrivée « l’IA générative » semble avoir encore obscurci le jugement de nos gestionnaires.
J’écoutais hier soir l’admiration du dirigeant d’un groupe d’agences immobilières face à tout ce qu’allait lui rapporter l’utilisation de « l’IA générative ».
Cet aimable dirigeant à la myopie économique prononcée ne tarissait pas d’éloges sur ce miracle numérique récent.
Il avait d’entrée remarqué évidemment tout ces gens qu’il n’aurait pas à payer grâce à la constatation que l’usage d’un ordinateur permettait de réaliser autant d’opérations immobilières que sept agents qui tentent de vous vendre un taudis en vous priant de croire que c’est un morceau du château de Versailles.
J’avais déjà entendu ce genre d’éloges sortir de la bouche de dirigeants industriels à propos de fabrication, d’emballage, de « spots » destinés à la vente sur les réseaux sociaux.
Un détail m’a frappé juste après avoir entendu le commentaire de l’agent immobilier.
Je me suis alors demandé « À qui allons-nous vendre tous ces appartements, tous ces produits, touts ces véhicules quand tout sera étudié et fabriqué par des logiciels et quelques machines connectées ? »
La Chine, dans certaine région assure déjà les semis et la récolte de certains légumes avec des machines commandées par des ordinateurs.
Une bonne « imprimante 3D » vous bâtira un immeuble aussi bien et plus vite qu’une entreprise de « BTP » et pour moins cher…
Certains robots sont déjà des chirurgiens au geste plus précis et plus sûr qu’un chirurgien en chair et en os.
La qualité de quelques paragraphes n’a rien à envier à celle d’un académicien.
Alors ?
Quel être humain aura encore le métier et les revenus qui lui permettront d’acquérir quoi que ce soit qui sera alors fabriqué par des machines, décidé et promu par le choix de « l’IA générative » ?
Deviendrons nous une humanité de chômeurs pauvres occupés à contempler des richesses que nul ne pourra acquérir ?
Que deviendront ces fameux « ultra-riches » qui auront oublié, aveuglés par l’idée de ne pas payer un salarié, que ce sont les salariés qui assurent leur richesse en achetant les produits qu'ils ont fabriqués ?
Être aussi intelligent et ne pas voir que ce ne sont ni les « data center » ni les algorithmes de « l’IA générative » qui vont acheter ces produits…
Le premier proverbe oublié semble bien être « gouverner, c’est prévoir. »
On confie un pays à des hommes d’État.
Pas à des comptables baptisés « économistes » conseillés par des « cost killers ».
Ces gens qui nous coûtent si cher et servent des intérêts qui ne sont ni les nôtres ni, au bout du compte, les leurs…

lundi, 17 mars 2025

Intelligence si artificielle…

 

Hier soir, Heure-Bleue et moi regardions « les infos ».
Comme chaque soir, nous regardons les premières minutes et surtout les sujets qui seront abordés afin de regarder autre chose…
Hier soir donc, une information nous a frappés.
Nous nous sommes demandés si, par hasard, il n’y aurait pas dans le monde des gens dont l’occupation principale est de rendre l’espèce humaine encore plus cinglée qu’elle ne l’est déjà.
J’aurais quant à moi pensé d’abord que l’utilisation d’ordinateurs et de ce concept « d’intelligence artificielle » servirait d’abord à assurer une avancée plus rapide des connaissances du monde.
Eh bien non !
Il appert qu’outre le droit que s’arrogent certains de piétiner les droits d’auteur, d’autres ont eu l’idée géniale de participer activement à l’éveil des sens  chez les jeunes gens qui n’en ont jamais eu besoin.
Je sais depuis longtemps qu’il est courant et normal, pour peu qu’on y mette les formes, que le garçon fraîchement pubère essaie d’en savoir un peu plus sur l’anatomie de sa petite camarade
C’est un jeu vieux comme le monde dont la régulation est normalement assurée par les parents aidés par une ségrégation féroce exercée de la sortie de l’école maternelle
à l’entrée à la fac.
Las, le dévoiement des découvertes censément les plus utiles a encore frappé.
J’ai appris incidemment qu’aujourd’hui, grâce, si l’on peut dire, à « l’intelligence artificielle », n’importe quel gamin disposant de la photo de sa petite camarade peut en savoir beaucoup plus sur celle qui n’a pas donné la permission de se faire explorer de la sorte…
Le jour où une équipe de scientifiques trouvera le moyen de se rendre invisible, je suis prêt à parier que des gamins s’en empareront pour aller regarder comment certains de leurs camarades de classe ou la jolie voisine « joue au docteur » ou à quoi elle ressemble sous la douche.
Il ne sera évidemment pas question de savoir comment l’empathie est née chez certains alors que la haine est née chez d’autres, favorisant ainsi les progrès de la psychiatrie, de la psychologie ou de l'éducation. 
Hélas, ça semble, semble n’attirer l’attention que de curieux incapables d’entamer une relation de façon suffisamment délicate et intéressante pour amener l’objet de son affection à en dévoiler plus que ce qu’elle montre dans la cour de récréation…
En oubliant que c'est pour en arriver là :

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Toutes ces trouvailles finissent par être totalement dissociées des buts prévus par leurs inventeurs.

mercredi, 12 mars 2025

Ne pas se fier aux appas rances...

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J’ai eu peur, à l’écoute des nouvelles sur la marche du monde, que le ses de l’humour n’ait totalement disparu du monde des affaires.
Me voilà rassuré !
Les informations de ce matin m’ont de nouveau donné confiance dans l’art de nous faire rire de certaines corporations.
Un des sujets portait sur l’éternelle guerre que se livrent les bailleurs et les locataires en matière d’honnêteté relative.
Une profession intermédiaire , « l’agent immobilier » dont je remarque que les seuls résultats indiscutables sont la disparition des concierges et la hausse des frais liés à la location, cet « agent immobilier » donc, vient d’inventer une « protection » supplémentaire du bailleur .
En vertu du principe qui veut que « la fin justifie les moyens », si utile quand on ne veut pas dormir dans le sas d’entrée d’une banque, et surtout que ce principe n’est réservé qu’à ceux qui disposent du pouvoir, « l’Agent immobilier » vient d’ajouter à l’arsenal des petits trucs inutiles mais rentables pour lui car il les facturera à coup sûr « la vérification de l’exactitude des dossiers fournis par les candidats à la location ».
Oui ! Telle l’industrie sensible qui oblige à la véracité des connaissances prétendues si on veut éviter le désastre qui guette « le site Seveso » dans le cas où le docteur en chimie censé peser les risques se révèle être le neveu incapable du principal actionnaire, il faut « vérifier l’exactitude des données fournies par le candidat à la location ».
La corporation a donc fait appel à une entreprise batave qui détecte sur les documents le côté « romancé » de la feuille de paie, la fausseté du rêve du « CDI » parfait, ce contrat de travail qui vous mènera sans risque à la retraite avec une augmentation substantielle de vos revenus,, ou de vos précédents domiciles, toujours réglés « rubis sur l’ongle » et dans les temps et autres documents exigés, souvent au mépris de la loi, par des bailleurs manifestement plus soucieux du respect du contrat par le locataire qu’à leurs obligations de bailleurs.
J’imagine un instant la surprise des bailleurs si une entreprise de vérification  mandatée par un syndicat de locataires prenait naissance et usait des mêmes méthodes.
C’est là que l’humour, vérifié par la mine triste et surprise du bailleur, apparaît dans ce bulletin d’information.
Pensez un moment au bailleur qui tente de louer plus de 35€ par m² et par mois le local suivant :
- « Ravissante studette, très ensoleillée délicatement nichée au huitième étage d’un immeuble qui a tout le charme de l’ancien et dotée du confort nécessaire ».
Pensez-y surtout quand la réponse de l’enquête menée par l’entreprise de vérification rend un rapport qui, pour le logement précédemment proposé, décrit :
- « pièce dont la surface réelle est de 14 m² au lieu des 19 m² prévus.
- « une seule mansarde à mi-hauteur du toit de zinc donnant sur la rue assure l’éclairage diurne de la pièce.
- « La mansarde interdisant toute protection contre la canicule faute de rideau roulant.
- «  Les commodités ne sont accessibles qu’à la condition de descendre un demi-étage.
- « L’immeuble décrit comme ayant « tout le charme de l’ancien » se révèle en un si triste état qu’il est étonnant que la mairie n’en ait pas déclaré l’état de péril.
- Le prix demandé de 35€/m² par mois est 37% supérieur au prix communément pratiqué pour des habitations de ce type.
Imaginez l’effet sur le marché de l’immobilier d’une affiche sur la vitrine de l’agence de la mise côte à côte des deux rapports.
Bref, c’est bien de souhaiter l’honnêteté des contractants d’une marché.
C’est mieux su la même honnêteté est exigible des deux parties.
Je ne pense même pas à une logique où le bailleur se rendrait compte qu’il réclame un prix sans rapport avec le niveau de vie clientèle accessible.
Bref, les Cosette ont des devoirs et les Thénardiers ont des droits.
Je ne rêve plus depuis un moment que l’homme est une espèce intelligente.
Je pense que c’est une bête avide et somme toute assez stupide…