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jeudi, 20 septembre 2018

Semelles de vent...

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L’hiver approche.
Hélas, la lumière de mes jours devra le traverser pieds nus…
Hier, avec un temps que je trouvais doux mais qu’Heure-Bleue qualifiait quasiment d’accablant, nous sommes partis acheter des chaussures.
Pour elle, les miennes ne posant jamais d’autre problème que « c’est trop cher pour ce que c’est ».
Oui, mes goûts me portant vers le mocassin Weston et ma fortune vers la tatane Tati, nous transigeons, Heure-Bleue et moi pour que je ne ressemble pas trop à un clochard.
Nous voilà donc parti, bras dessus-bras dessous, sur le côté à l’ombre de la rue Lamarck puis vers la Bastille.
Sur la foi d’un bulletin d’informations de la veille,  nous avions appris que le groupe qui distribuait les chaussures qui siéent aux pinceaux abîmés de la lumière de mes jours était en train de confier son destin à un juge.
Affolée à l’idée que les seules chaussures que supportaient ses pieds allaient disparaître, elle a décidé que « demain, on y va Minou ! »
Nous apprîmes du même bulletin que du coup, grève il y aurait.
Inquiets, nous écoutâmes attentivement et fûmes soulagés d’apprendre que seuls les magasins de province –ou des « territoires » ou « en région » comme on dit maintenant- seraient touchés.
Nous pûmes donc passer une nuit calme, rassurés à l’idée que « demain on y va Minou » ne serait pas pour rien.
Ce fut ne promenade sympa malgré un bordel incommensurable place de la Bastille.
Eh bien, vous croirez ça, lectrices chéries ?
La boutique de la rue du Faubourg Saint Antoine était fermée pour cause de grève.
Toutes les autres boutiques de godasses étaient fermées pour cause de « Kippour »…
J’aime bien Ledru-Rollin, d’abord parce qu’il a institué le suffrage universel, ensuite parce qu’il y a un salon de thé très chouette, tout rose, qui s’appelle « Rose ».
Nous avons bu un café et nous sommes allés au Monop’ de Ledru-Rollin acheter du vin et je ne sais plus quoi.
Puis nous sommes repartis.
Heure-Bleue m’a dit « Minou, où est-ce qu’on prend le 20 ? »
D’humeur facétieuse j’ai répondu « on vient de le prendre au Monop’. »
On est arrivé à la station qui allait dans la direction qui convenait.
Le bordel était pire encore.
Je ne sais pourquoi, après avoir gravement endommagé la Place de l’Hôtel de Ville dans les années 70, puis esquinté, que dis-je mutilé, la place de la République il y a quelques années, on s’ingénie à massacrer la place de la Bastille.
Bref, c’est un foutoir monumental car on fait des travaux et une fois les travaux entamés, on s’avise qu’on ne peut interdire la circulation faute de chemins alternatifs.
Je me demande si la Mairie de Paris a un plan de Paris.
Mais ce fut une chouette balade…

mercredi, 19 septembre 2018

C’est mercredi ? Activités extrascolaires !

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Je suis sorti de chez « Alexine », la boulangerie de la rue Lepic et ai traversé la rue.
Je suis passé devant le banc où habituellement sont assis quelques touristes exténués,  y était assise cette fois une petite grand’ mère triste et esseulée.
Entre ses pieds un cabas qu’elle maintenait debout d’une main squelettique.
Cette main mal accrochée au bout d’un bras étique dépassait d’un de ces gilets qui n’existent plus : mal tricoté et tenu sur sa maigre poitrine par un bouton trop large.
On l’aurait dit tricoté par ma mère…
Elle a levé les yeux quand elle m’a entrevu et dit d’une voix tremblante « Monsieur… Monsieur… »
Je me suis arrêté et l’ai regardée plus attentivement.
Mon dieu, la pauvre ! Elle avait bien vingt ans de plus que moi et son visage faisait penser à une pomme de reinette en plus pâle.
Vêtue d’une de ces robes « trois tons » en liberty, noir, rose et blanc.
Un tas de petites fleurs la couvrait…
J’ai fini par dire « Oui ? »
Elle a chevroté « Vous ne voulez pas me porter mon cabas jusque chez moi ? S’il vous plaît monsieur, vous voulez bien ? »
Qu’aurais-je pu dire d’autre que « bien sûr ! Allez, levez vous et donnez-moi le bras ! » ?
Je me suis penché et ai attrapé son cabas.
Nous sommes allés d’un pas lent jusqu’à la partie la plus étroite de la rue Durantin.
Nous nous sommes arrêtés devant le plus grand porche de la rue. Elle a sorti de la poche de son gilet en ruines la petite clef accrochée à une boutonnière par un lacet et a ouvert l’énorme porte de fer forgé.
Je l’ai suivie sous ce porche éclairé par le soleil qui venait de la rue.
Elle s’est arrêtée au milieu du chemin qui menait à la cour pavée que j’apercevais dans le fond. Ella m’a serré le bras plus fort et s’est tournée vers moi. Une vraie serre, cette main ! Elle m’a saisi la nuque de son autre bras et m’a attiré vers elle.
Je me suis dit « Sacrée mamie ! Elle veut me faire un bisou pour me remercier ! »
Un bisou ? J’t’en fous ! Elle m’a attiré contre son visage fripé et a collé des lèvres desséchées sur les miennes que j’ai gardées obstinément serrées en me disant « mais elle est cinglée ! »
Elle tentait d’insérer sa langue entre mes lèvres en faisant « mmm… mmm… » puis, lasse d’essayer avec sa langue, m’a donné un coup de pied dans le tibia.
Quand j’ai entrouvert les lèvres pour dire « Aïe ! » elle a plongé sa langue jusqu’à toucher la mienne.
J’ai pensé « Elle est quand même sévèrement tachée, la mamie… » mais je n’allais quand même pas la frapper.
J’ai soudain perçu un changement.
Ses lèvres sont devenues plus douces et plus pleines.
Les rides ont disparu de son visage tandis que ses bras reprenaient une rondeur et le velours de la jeunesse et que ses cheveux devenaient de ce blond-roux dit « vénitien ».
Je n’ai plus eu tellement envie que ce baiser finisse qui avait commencé si mal.
C’est elle qui s’est décollée la première. Elle m’a regardé avec un peu de dégoût et a lâché « Ben mon vieux, t’embrasses pas top, j’aurais cru qu’à ton âge t’avais plus d’entraînement ! Pfff… »
J’ai bêlé « Mais… Mais… »
Elle a juste dit « Ben quoi ? T’avais jamais rencontré de fée qui a besoin d’embrasser un homme pour conjurer un sort ? ».
Elle m’a planté là et est partie, balançant les plus jolies fesses que j’aie jamais vu.
Je me suis fait la réflexion que ces robes épouvantables et ces gilets affreux allaient finalement très bien.
Pourvu qu’on ait aux environs de dix-huit ans.
Mais quand même, cette garce aurait pu dire merci !

mardi, 18 septembre 2018

Quand c’est l’hiver, le laid caille…

De rien… Bref...

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Mais que vais-je écrire si l’automne a disparu ?
Après la lumière de l’été, sa chaleur qui m’allait si bien.
Même si je devais marcher à l’ombre pour préserver la diaphanéité de la peau de la lumière de mes jours.
Bon, en vrai c’est surtout parce qu’elle ne supporte pas les lumières trop vives et avait peur de devoir aller voir un dermatologue.
De fait, Heure-Bleue n’aime pas être obligée d’aller voir un dermatologue.
Chaque fois qu’elle le fit, ce fut parce qu’elle était tracassée par une petite chose sur le nez.
Et chaque fois on la lui retira.
La crainte qu’un jour il n’y ait plus rien à retirer la pousse donc à marcher à l’ombre.
Cela dit, où sont passés les automnes d’antan ?
Ces automnes où le gris du ciel et la douceur des températures vous collaient ce « vague à l’âme » si propice aux rapprochements et à la douceur des câlins.
Ces automnes qui présageaient la naissance de bébés au début de l’été suivant, quand la nourriture est abondante et permet de supporter les rigueurs de l’hiver qui arrivera après ?
Aahhh… Lectrices chéries, les automnes d’aujourd’hui, chauds comme les étés d’avant ne voient plus l’éclosion de ce « SAD » qui nous poussait à rêvasser.
Ce « SAD » pour « Seasonal Affective Disorder » si mal nommé.
Oui, il n’y a que les anglosaxons pour trouver que « affective » couche avec « disorder » alors que justement, « affective » c’est fait pour coucher avec « ordre naturel des choses ».
Alors, comme toujours, si je n’aime pas que les jours raccourcissent, comme Mab qui y échappera désormais, j’aime et j’attends avec impatience le véritable automne.
Celui qui me verra traîner dans l’allée Cuvier du Jardin des Plantes et me satisfaire du bruit de mes chaussures poussant les feuilles mortes.
Si toutefois, comme il est la mode depuis quelque temps, on ne les retire pas des allées à peine tombées, des fois qu’un maladroit ne trébuche et traîne en justice le Muséum National d’Histoire Naturelle pour « mise en danger de la vie d’autrui »…
Donc, j’attends l’automne.
Plus exactement j’attends la fin de l’été.
J’ai peur que les saisons ne se déglinguent et qu’on ne passe régulièrement d’un four à un congélateur sans rien entre les deux, pas de ces passages en douceur qui font qu’on sort doucement de la froidure pour se réveiller et être émerveillé par le printemps.
Puis qu’une fois l’été arrivé, que sa chaleur disparaisse après quelques orages et soit remplacée par la douceur un peu grise de l’automne.
Ce n’est pas que je n’aime pas l’été, c’est que j’aime l’automne et qu’il y a un temps pour tout.
Et qu’il est temps maintenant que le temps se mette à la rêverie et cesse d’être à l’agitation.
Vous ne trouvez pas, lectrices chéries ?

lundi, 17 septembre 2018

Sonate d'automne...

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Ainsi, ce serait « La Nouvelle Ève »...
À traîner le long du boulevard de Clichy, je me suis souvenu de ce cabaret qui s’appelait « Ève » sur la place Pigalle.
Je n’ai jamais su pourquoi, sauf à relancer la fabrication de plaques émaillées, on avait pris l’habitude d’ajouter les prénoms au nom des rues.
La rue Fontaine et la rue Pigalle sont ainsi devenues la rue Pierre Fontaine et la rue Jean-Baptiste Pigalle.
Pourquoi ? Ça restera pour moi un grand mystère…
Je n’ai pas souvenir qu’on se perdît plus dans les rues sans prénom.
À Blanche, j’ai tourné rue Fontaine et l’ai empruntée en rêvassant.
Je suis passé devant « La nouvelle Ève » qui continue à présenter le « French cancan ».
Je me suis alors rappelé alors que danser le « French Cancan » dévoilait à l’origine plus de choses qu’aujourd’hui…
J’ai descendu la rue jusqu’à ce qu’elle change de nom, jusqu’à la place Saint Georges.
Là, il y a un café que je connais depuis des lustres, baptisé sans imagination « À la place Saint Georges ».
J’y suis entré avec l’idée de boire un diabolo fraise.
Et je l’ai vue.
Elle était accoudée à sa table, un pull flamboyant, trop grand pour elle, « dégueulant » des manches et du col, qui couvrait une peau qui m’a semblé terriblement douce.
Elle n’avait rien qui eût pu ou dû me tenter particulièrement seulement voilà.
J’aurais dû me méfier rien qu’à voir la pomme posée à côté d’elle.
Ça a basculé quand le serveur a posé mon verre devant moi.
Je savais bien que cette histoire de pomme allait nous rejouer une pièce connue depuis la nuit des temps.
Elle a levé la tête.
Mon dieu ces yeux !
Et ces mains !
J’en suis resté ébloui.
Il m’est venu l’idée étrange que ses yeux allaient merveilleusement avec ses mains.
J’ai ouvert la bouche, prêt à dire quelque chose, je ne savais encore quoi.
Elle m’a regardé et a mis un doigt devant sa bouche pour m’intimer « chut ! »
Je me suis tenu coi mais je l’ai regardée quand même en me demandant ce qu’elle pouvait penser.
Ce « chut » muet ne cachait pas complètement ses lèvres.
Et quelles lèvres…
J’ai continué à rêvasser en la regardant.
Elle devait lire mes pensées car elle a détourné la tête en souriant légèrement.
Tout était léger chez elle.
C’était une « ablette » légère de partout…
Hélas, c’était une légèreté, celle que je préfère, qui ne va pas vraiment avec « facile à soulever ».
Mais bon, rêver c’est commencer à vivre…
J’ai payé mon diabolo fraise et continué ma rêverie jusqu’en bas de la rue.
Là où la rue Notre Dame de Lorette croise la rue Lamartine et la rue des Martyrs.
Elle avait vraiment des yeux magnifiques, cette fille…

dimanche, 16 septembre 2018

Blessent mon cœur d'une langueur monotone.

P... de sanglots longs des violons etc.
Hier, nous sommes restés à la maison pour l’anniversaire de l’Ours.
Ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l’Italie.
Il y avait JJF, Manou, Merveille.
Il y avait même P’tite Sœur, espérant des présents plein les bras.
Une journée de forçat ce fut, lectrices chéries.
Du coup, j’ai bien dormi.
Je dors toujours bien, une habitude acquise pendant les cours d’Histoire en quatrième...
Ce matin, il fait frais.
Très frais même.
Surtout pour moi qui n’ai plus depuis des semaines l’habitude de me geler au lever.
Il va nous falloir traîner aujourd’hui sinon je vais m’étioler comme la cote de popularité du Président de la République.
Mais que faire ?
Le dimanche est une journée chargée.
C’est le jour du lavage des sols et du « lit en grand »
Subsiste néanmoins cette propension à faire des bêtises qui ne semble pas près de nous quitter.
Cette heureuse nature qui nous permet de prendre les aléas de la vie avec le flegme qui sied à ceux qui viennent de tout perdre mais à qui il reste l’idée de se dire « la prochaine fois …»
Hélas vous êtes en présence d’un de ces couples de légende, constitué d’une Aphrodite qui a mal aux pieds et d’un Apollon qui perd ses pièces…
Résultat ?
Nous vivions dans l’angoisse que je perde mon rein ? 
Nous vivrons dans l’espoir qu’Heure-Bleue puisse se faire réparer le pied droit !

Parce qu’il n’y paraît pas, mais ne pas pouvoir aller traîner à la recherche d’une dépense qui excède nos capacités de financement nous tue le moral à petit feu.
L’été, Heure-Bleue et moi sommes trop souvent punis de promenade pour cause de pied endolori.
L’hiver, les mêmes sont punis de sortie par ma frilosité car j’ai bien du mal à respirer dès que la température est inférieure à 15°C.
Il est temps de songer à vêtir l’un et réparer les pinceaux de l’autre sinon nous allons vivre reclus.
Et ça, c’est dramatique.