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lundi, 13 décembre 2021

Devoir de Lakevio du Goût No 108

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Cette porte de grange ou d’étable, va savoir, me rappelle quelque chose ces temps-ci.
Je profite après le début de l’Avent avant Noël, pour vous suggérer de fait un sujet en complément des fêtes.
Elle m’inspire évidemment une histoire.
Plus exactement un dévoiement.
Mais à vous ?
Vous lira-t-on lundi ?

C’était la gendarmerie de village la plus commune et accueillante qui soit.
Le gendarme frappa à la porte du bureau du brigadier et n’attendit pas même l’invitation à entrer.
- Brigadier ! Dans la grange au bout du village ! Il y a…
- Eh bien ? Il y a quoi ?
- Des… Des migrants je crois bien, chef !
- Ils sont combien ?
- Ben… Trois.
- Ils migrent à trois ?
- On dirait bien une famille, il y a un couple et un gosse.
- Un gosse ?
- Oui, un p’tit, un tout p’tit…
- Et alors ? Qu’avez-vous fait ?
- Ben je suis entré et j’ai demandé « Qui êtes vous ? »
- En français ?
- D’abord, puis en anglais, puis après j’ai appelé le collègue Bachir et j’ai répété en rebeu…
- En arabe, gendarme, pas en « rebeu » !
- Ah mais si j’avais été raciste, j’aurais dit « en bougnoule », chef !
- Alors, en quoi ?
- J’ai approché le portable et j’ai demandé à Bachir s’il comprenait.
- …
- Il m’a dit « Demande plutôt à David, lui il cause le juif… »
- Et David a dit ?
- Il est venu tout de suite, j’ai essayé de tendre le portable au type mais il l’a regardé comme un idiot regarde un télescope.
- Et alors ?
- Ben d’après David, c’est des youp… Enfin des juifs quoi. Évidemment la femme dit que le petit c’est le fils de dieu…
- Bref, c’est une mère juive, ensuite ?
- Elle dit à David qu’elle s’appelle Myriam et que son mec est menuisier ou un truc comme ça.
- Bon… Encore des emmerdes à n’en plus finir…
- Mais qu’est-ce qu’on fait chef ?
- Amenez les à la mairie, on va voir ce qu’on peut faire, qu’au moins ils aient chaud et un  peu à manger…
Le portable du brigadier sonna.
Il écouta quelques secondes puis mit le haut-parleur.
- Chef ! Il y a d’autres mecs qui se sont pointés à la grange ! Des mecs pas possibles, fringués comme des clowns !
- Qu’est-ce que t’as bu, Bachir ?
- Rien chef, c’est pas l’heure ! Mais les mecs, là, y en a un il est même venu avec un chameau ! Ya un « black », un « noich » et un normal.
- Comment ça « un normal » ?
- Ben, un rebeu quoi, ou un juif, enfin pas un noir ni un jaune mais pas un gaulois non plus… Tu vois chef ?
Le brigadier se gratta la tonsure qui avait grandi le temps de la conversation.
Pris d’un f doute car cette affaire lui rappelait quelque chose surgi de son enfance, il demanda :
- Dis donc Bachir, dans cette grange, il n’y aurait pas en plus un bœuf et un âne ? 
- Comment vous savez ça, chef ?
- C’est pour ça que je suis chef…
- Vous êtes un bon chef, chef…

A la bourre...

Je vais voir l'Ours.
Je suis en retard.
Je me couvre la tête de cendre.
Mais je reviens cet après-midi...

vendredi, 10 décembre 2021

108ème Devoir de Lakevio du Goût

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Cette porte de grange ou d’étable, va savoir, me rappelle quelque chose ces temps-ci.
Je profite après le début de l’Avent avant Noël, pour vous suggérer de fait un sujet en complément des fêtes.
Elle m’inspire évidemment une histoire.
Plus exactement un dévoiement.
Mais à vous ?
Vous lira-t-on lundi ?

 

jeudi, 09 décembre 2021

Aujourd'hui, c'est "enfoncement de portes ouvertes"...

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Au moins ça me donne de quoi faire mon exercice de discipline.
On lit parfois de ces choses en parcourant les blogs…
Il y a les blogueurs qui laissent les commentaires ouverts en priant le ciel que nul casse-pied ne laisse un commentaire montrant son désaccord avec ce qui est écrit.
Il y a ceux qui sont heureux d’avoir enfin découvert ces « médecines alternatives », ces « médecines » qui ont permis à des patients de faire un aller simple vers le cimetière alors qu’ils auraient pu être soignés par la médecine, celle qui ne donne quitus qu’après de longues années d’études et de travail à l’hôpital.
En plus ces nunuches ont payé souvent bien plus cher pour mourir qu’ils n’auraient payé pour vivre grâce à la Sécu…
Cela dit, me vient une question à propos de la santé publique.
Comment se fait-il que « l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris », dite « APHP », manque autant de personnel, de médecins, de virologues, d’épidémiologistes et autres spécialistes des maux qui frappent notre beau pays ?
Oui ! Comment cela se peut-il alors que FaceBook, Twitter et Instagram regorgent d’autorités en la matière ?
Et gratuites en plus !
Mon petit tour matinal me plonge dans la plus grande perplexité.
Il me pousse à un accès d’inquiétude que je m’empresse de partager avec vous.
Tout ne va pas pour le mieux dans le monde, certes, mais est-il indispensable d’éteindre les Lumières ?
Devra-t-on bientôt recourir aux magies moyenâgeuses pour se soigner ?
Devra-t-on recourir à « L’Homme providentiel » pour nous guider vers un avenir radieux où nul étranger ne traînera dans les rue de mon village ?
Surtout si sa peau, ses cheveux, sa langue ou sa croyance sont autres que celle de ma rue…
Je lis çà et là que notre beau pays se remplit de gens qui ne songent qu’à nous remplacer.
Si ce n’était pas si stupide ni si dangereux, il y aurait de quoi sourire en remarquant que ceux qui nous avertissent de cet illusoire danger n’étaient pas eux-mêmes des « remplaçants », l’un originaire d’Algérie, l’autre d’Italie, chacun se revendiquant remplaçant d’un Breton bien connu pour le même manque de jugeote.
Je crains de voir arriver quelque chose contre quoi je pensais les pays immunisés depuis l’imprudence commise dans le dernier tiers du XIXème siècle par ces deux brillants cerveaux qu’étaient Marx et Nietzsche.
Ces deux idiots nous ont donné la preuve éclatante que l’enfer est pavé de bonnes intentions et accessoirement qu’il est dangereux de confier une boîte d’allumette à des fous qui se prennent pour Prométhée**.
Ce mauvais exemple vient à point nous rappeler qu’Épiméthée pourrait bien devenir notre nom à nous qui avons oublié que les deux grandes idées émises par Marx et Nietzsche ont donné naissance aux deux plus grandes monstruosités du XXème siècle.
Enfin, il ressort de tout cela quelque chose que j’ai trouvé plutôt drôle.
Tous prétendent peu ou prou la même chose, à part notre bonheur à tous évidemment.
Chacun prétend se battre pour des idées.
Je ne peux m’empêcher alors de penser « Chacun se bat pour ce qui lui manque »…

lundi, 06 décembre 2021

Devoir de Lakevio du Goût No 107

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J’aime cette toile de Valloton dite « Intimité ».
Elle m’inspire des tas de choses.
J’espère qu’à vous aussi.
Ce qui serait vraiment bien c’est que votre histoire, car j’espère que ce sera une histoire, c’est qu’elle commençât par « Flotte très lentement couchée en ses longs voiles »
et qu’elle finît par « C’est qu’un matin d’avril ».
Je sais, c’est tiré de quelque chose de connu mais que j’espère, vous aimez autant que moi.
À lundi…

« Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles »…
C’est ce vers qui lui était venu à l’esprit en regardant Ophélie languissamment installée dans le fauteuil.
Il lui posa la main sur l’épaule et la serra légèrement pour qu’elle lui laissât un peu de place à côté d’elle.
Il aimait beaucoup l’idée qu’ils fussent serrés l’un contre l’autre dans ce fauteuil.
Elle se poussa sans attendre et l’attendit.
Ce fauteuil était étroit.
Vraiment très étroit…
Elle se leva alors et lui fit signe de prendre place dans le fauteuil.
Il s’exécuta avec un peu de regret puis, voyant la façon dont elle tenait le bord de sa robe, avec empressement.
Elle arrangea les plis de son vêtement, s’assit sur ses genoux et l’enlaça.
D’abord prudemment car lui aussi ne savait pas trop quelle posture adopter.
Puis avec plus de fougue quand elle entendit le « ssshhsss » qu’il eut du mal à retenir.
Elle avait manifestement posé son séant sur un endroit sensible…
Elle aimait bien l’idée que lui aussi fût si sensible de l’endroit.
Après quelque désordre, elle se dit que finalement, la sensibilité était une grande qualité par moment…
Elle se dit qu’elle avait bien eu raison de mettre en position délicate ce beau cavalier pâle qui bientôt se transformerait en un pauvre fou muet assis à ses genoux.
Lui, se remettant peu à peu de la tempête qu’il venait de vivre se dit que c’était le printemps, qu’après tout « c’est qu’un matin d’avril… »