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dimanche, 12 novembre 2017

Alcools.

C’est mon appeau linaire…
Oui Mab, ça me fait le même effet que le linon.

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Lectrices chéries, mes amours !
Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer le cadeau que m’a offert Tornade.
Chaque année, Tornade part en pèlerinage aux États-Unis à la recherche de ses jeunes années estudiantines et travailleuses.
Elle ne manque jamais d’en rapporter des cadeaux.
Cette année, elle fut grandiose !
Elle a enfin pensé à quelque chose d’utile pour moi !
Il s’agit d’un bourbon du Kentucky.
Il a la réputation d’être un délice du même ordre qu’un Glenrothes d’une bonne année.
Je garde ainsi un souvenir ému d’un Glenrothes de 1978 bu en 1999.
J’espère, que dis-je,  je suis sûr de garder le même souvenir de ce Blanton’s 1993.
Une pure merveille qui attendra ce soir et donne raison à Clemenceau.
C’est pourtant vrai qu’une grande partie du plaisir est dans l’attente d’icelui.
Cette journée de dimanche va m’obliger à cogiter au devoir de Lakevio alors qu’il ne m’inspire absolument rien.
Une maison de campagne !
Je vous demande un peu, mais à quoi a-t-elle pensé en me collant ce pensum ?

samedi, 11 novembre 2017

La mie retrouvée…

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La lumière de mes jours a tenu hier après-midi à se lancer dans l’aventure : Aller dans « le mauvais côté » du XVIIème qui est à quelques centaines de mètres de notre havre, là où tout est calme, luxe et volupté…
Plutôt que remonter la rue Lamarck comme d’habitude car nous avons déjà des habitudes, nous l’avons descendue jusqu’à l’avenue de Saint-Ouen.
Comme Heure-Bleue est assez bégueule, elle a profité du premier croisement pour changer de direction.
Là, même Legendre n’a droit qu’au titre de passage avant de prendre son vrai nom de rue.
Heure-Bleue a alors soupiré de soulagement car bien que née dans le XVIIème, la physionomie du coin est assez différente de son quartier d’origine pour qu’elle perde le peu de sens de l’orientation dont elle est dotée.
Nous sommes donc remontés d’un pas plus léger vers « son » quartier pour sacrifier à  la cérémonie habituelle du café au « Café d’ID ».
Celui qui nous mène immanquablement chez le boulanger à la baguette délicieuse et aux « Saint-Honoré de la mort qui tue ».
Qui, évidemment, se trouve sur le chemin du Monop’ de la rue de Lévis, à deux pas de la place Villiers que tout le monde appelle comme ça alors qu’elle porte son vrai nom depuis 1907.
Nous nous sommes quand même décidés à prendre le 30 jusqu’à la place de Clichy et sommes revenus à la maison.
Nous avons dîné tranquillement en papotant de choses et d’autres en ignorant le babillage de la télévision.
On a commencé à regarder un truc qui nous a agacés rapidement…
Heure-Bleue m’a dit alors :
- Ben moi je suis bien contente d’être une fille !
C’est quand j’ai répondu « Moi aussi ! » que la lumière de mes jours m’a regardé bizarrement.
C’est là aussi que j’ai compris qu’elle ne l’avait pas entendu comme je le disais.
Mais nous ne nous comprenons pas avec constance depuis si longtemps…

jeudi, 09 novembre 2017

Sexe à piles...

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Hier, nous avons vu « Oudemia »
J’ai pensé un instant que nous verrions peut-être un Ulysse transgenre mais non.
Nous fîmes connaissance d’une Pénélope sans tapisserie.
En fait, j’ai eu du pot dans cette affaire parce que le plus qualifié pour être Polyphème, c’est quand même moi.
« Oudemia » a grandi dans un quartier voisin de celui où j’ai grandi.
Le « feeling » a bien fait son travail  puisque nous nous sommes tous reconnus immédiatement.
Enfin presque.
« Oudemia » a dit avoir reconnu Heure-Bleue immédiatement mais pas moi.
Une des rares photos de moi sur mon blog datant de 2001, j’en ai déduit que votre Goût adoré avait pris un sacré coup de vieux…
Heure-Bleue et moi eûmes finalement une journée bien remplie.
Nous papotâmes avec notre nouvelle connaissance jusque vers cinq heures de l’après-midi devant des cafés puis nous sommes repartis tous trois vers la place de Clichy en passant par l’avenue Trudaine.
Deux choses m’ont surpris devant « mon » lycée : La porte, dévastée par un incendie allumé pour montrer l’inquiétude des élèves devant une modif du Code du Travail qui n’allait pas les concerner demain, a été entièrement refaite.
C’est la même que quand j’allais au lycée mais en moins patiné quand même…
Et puis, autre surprise, j’ai appris par voie d’affichage réglementaire que le bâtiment préfabriqué construit à l’intérieur du lycée allait être enlevé.
Dans les cours de ce lycée, je n’avais jamais vu autre chose que des gamins et des « pions »…

Ça m’a remonté un moral entamé par la promesse que la retraite des cadres, non seulement n’allait être revalorisée mais qu’elle avait de bonnes chances d’être rognée par les soubresauts de la Bourse plus vite que par l’inflation.
C’est donc d’un pas allègre que nous avons remonté la rue des Martyrs, sommes passés devant la cité Malesherbes, oui c’est là qu’est né Johnny Halliday, et sommes passés ensuite devant des tas de boutiques qui vendent aux dames de quoi se consoler de la maladresse des hommes.
J’y ai vu là des outils dont l’usage ne sautait pas aux yeux immédiatement.
Et pour cause, ce n’était pas fait pour les yeux…
Il y a aussi des outils pour les messieurs mais il m’a semblé que c’était pour des hommes qui ne savent pas que normalement, « c’est mieux à deux ».
Nous avons clos la journée au restaurant avec Tornade dont nous avons fêté l’anniversaire.
Oui, hier elle a eu… Euh…
Bon, moins que nous.
Et nous avons conclu la journée par une promenade digestive qui nous a ramenés à la maison.
Je vous assure que ce fut une chouette journée, lectrices chéries…

lundi, 06 novembre 2017

Les mains sales...

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« Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. »
À y réfléchir, ça n’a aucune importance et je me demande bien pourquoi elle m’a dit ça.
Peut-être pour me faire sentir que « quand même, le boulevard Raspail, c’est autre  chose que cette piaule qui fait face à un mur de briques ».
Il est vrai que ma chambre, étonnamment bien rangée pour l’occasion, donnait à la scène un côté « Fenêtre sur cour » pas piqué des vers.
Elle continua à parler mais je n’écoutais pas, trop occupé à la regarder.
Un moment pourtant, une phrase attira mon attention :
« 
Elle m’habillait le matin, me déshabillait le soir et dormait dans la même chambre que moi. »
« Elle »… Pourquoi « elle » ?
J’ai cru qu’elle parlait de moi mais non, elle racontait son enfance.
Je la regardais et j’étais assez heureux qu’elle en soit sortie car j’en trouvais le résultat magnifique.
« Une tête bien faite » sur un corps qui ne l’était pas moins.
Dire qu’il y a peu, il pensait encore « Quelque part en France, il y avait une jeune fille claire… »
Il ajouta en pensée une autre ânerie, il lui dirait « tu es à moi ! ».
Bref, il avait rêvé une niaiserie alors qu’aujourd’hui il admirait celle qui, devant la fenêtre lui racontait ce qu’elle était.
Il se demanda un instant s’il était vraiment un homme ou s’il lui manquait quelque chose pour faire plus sérieux.
S’il voulait continuer à la voir « s’habiller le matin » et la voir « se déshabiller le soir et dormir » avec lui, il lui fallait devenir un mec, un vrai.
Un dont on dirait plus tard que tout petit déjà, « on savait qu’on assistait à l’enfance d’un chef. »
Voilà !
Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il.

dimanche, 05 novembre 2017

Sur la mère calmée…

De rien, Madame Butterfly, de rien...
La note de Coumarine me remet en mémoire une pièce, un « stand up » auquel mes sœurs et moi assistâmes moult fois.
L’amiante avait fini par avoir raison de notre père en 1988, après ce qui ressembla à quelques semaines de noyade ininterrompue.
Le truc horrible.
De ce jour, ma mère nous servit à chaque visite, et elles furent nombreuses, une pièce dont nous connaissons encore les répliques par cœur.
Hormis les scènes régulièrement adaptées à la situation, comme il se doit dans tout bon « one woman show », le thème en était stable.
Il y avait évidemment l’insomnie permanente mais indiscernable dont souffrait ma mère.
J’arrivais pour la voir vers quatre heures de l’après-midi, supposant que « sa petite sieste » serait terminée.
Je sonnais.
Je re-sonnais et ça durait un bon quart d’heure.
Je repartais et j’appelais un téléphone qui restait désespérément muet après des minutes de sonneries.
J’y retournais, un peu inquiet les premières fois, moins les fois suivantes.
Je frappais comme un sourd à la porte.
Vers cinq heures et demie, ma mère ouvrait, affolée.
- Tu m’as fait peur mon fils ! Qu’est-ce qui se passe ?
- Tu dormais, ça fait longtemps que je t’appelle !
- Ah ! Si tu savais ! Je n’ai pas fermé l’œil depuis…
Depuis deux jours, depuis une semaine, depuis la mort de ton père, depuis… Depuis toujours…
Elle me faisait alors entrer et s’asseyait.
- Tu veux que je te fasse un café, maman ?
- Oui mon fils, il n’y a plus que toi qui sais me le faire.
Je savais qu’elle disait ça à mes sœurs.
Nous savions tous lui faire ce café filtre qu’elle adorait –et moi aussi- une espèce de goudron dont deux gouttes dans un bol de lait auraient privé de sommeil un régiment d’ais.
La lumière de mes jours en but une fois, elle ne dormit pas de la nuit.
La première gorgée avalée, le « stand up » reprenait après un court entracte.
- Tu sais, mon fils, je ne sais pas si je serais encore là à Noël.
Ça, c’était si on était à mi-décembre, sinon, c’était la semaine prochaine, à la Toussaint, à Pâques, aux vacances…
Je connaissais la suite.
Invariable.
Voix mourante :
- Je me fais du souci, tu sais, mon fils…
- Pourquoi maman ?
- Je ne sais pas ce que vous allez devenir quand je ne serai plus là…
- Oh, on ne t’oubliera pas !
- C’est ça ! Fous-toi de moi ! Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu pour avoir des enfants pareils !
- Mais non, maman…
- Mais je me fais du souci… Qu’allez-vous devenir ?
Ben on vit, maman, on vit…