Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 02 septembre 2017

L’avis, mode d’emploi…

Une lectrice que j’aime et connais depuis 2003 me demande quelque chose.
Comme je ne peux rien lui refuser, hein…
J’arrête donc d’essayer de calmer l’angoisse d’Heure-Bleue le temps de te renseigner.
Alors Milky ma chérie, lis bien ce que t’écrit le monsieur.
Pour faire ce gratin de courgettes, il faut :
- 1,2 à 1,5 kg de courgettes.
- Deux sachets de 50g de parmesan « bio » râpé.
(Oui, choisissez plutôt ça parce qu’on trouve des sachets de parmesan de 70 g, un sachet c’est trop peu et deux sachets c’est trop alors on met ce qui reste sur le dessus et ça fait trop, ça gâche le goût)
- Un pot de vingt centilitres de crème fraîche épaisse, plutôt 30% que 15% (beurk) ou 40% (trop épaisse).
- Une noix de muscade.
Ensuite faire tout ce qui suit.

Éplucher les courgettes.
Les émincer en rondelles.
Évitez la mandoline qui émince trop bien les doigts aussi, choisissez plutôt ça.
C’était celui de ma mère, il doit être plus vieux que moi.

20170902_085954.jpg

Verser un verre d’eau dans une casserole.
Mettre les courgettes émincées dans la casserole.
Couvrir et mettre à feu moyen.
Ne pas saler.
Il faut trente à quarante minutes pour cuire 1,2 à 1,4 kg de courgettes.
Pendant que les courgettes cuisent :
- Espérez que celles du fond n’attachent pas.
- Vérifiez le.
- Si c’est le cas, baissez le feu et remettez un peu d’eau et faites attention à ne pas mettre à feu trop vif la prochaine fois.
Puis continuez tranquillement en prenant une noix de muscade.
Là, si vous n’avez pas de moulin à noix de muscade, évitez la râpe qui marche bien.
Cette dernière est mortelle pour le pouce et vous vous estropiez une main en un rien de temps.
Préférez la petite râpe merdique fournie avec le bocal de quatre noix.
C’est usant mais ça permet de rêvasser sans risque jusqu’à ce qu’un quart à un tiers de noix de muscade soit transformé en poussière odorante.
Ne faites pas comme moi la première fois, évitez de faire ça sur une petite assiette.
Faites plutôt ça sur une petite feuille de papier, vous verrez que ça rend bien plus aisé le transfert vers un autre récipient.
Car il vous faudra un autre récipient.
Non, ne trépignez pas, ça vient.
Donc, si vous avez bien rêvassé, il vous reste environ dix minutes avant que les courgettes ne soient cuites.
Là, allumez le four sur « gril » à 220°C.
Puis prenez un bol.
Versez dedans un pot de vingt centilitres de crème fraîche épaisse.
Ouvrez un sachet de parmesan et versez le dans le bol.
Transformez la petite feuille de papier en gouttière et versez la noix de muscade dans le bol.
Poivrez à votre goût.
Touillez bien.
Normalement, les carottes courgettes sont cuites.
Passez les au chinois de façon qu’elles soient entre humides et mouillées mais pas trempées.
Mettez-les dans un plat qui va au four.
Versez dessus le contenu du bol et mélangez bien.
Étalez le truc immonde à quoi ça ressemble maintenant dans le plat.
Ouvrez le second sachet de parmesan et saupoudrez de façon homogène la surface du mélange.
Mettez au four pendant une dizaine de minutes.
Les minutes peuvent être extensibles, ça dépend de la couleur que prend le plat.
Le doré est tout de même préférable au noir.

jeudi, 31 août 2017

Le petit pouce est craintif…

De rien Mab

râpe.jpg


Hier, la lumière de mes jours et moi sommes allés nous faire décevoir au Monop’.
Ce fut presqu’entièrement réussi.
Deux bonnes choses nous sont arrivées.
Notre dîner monomaniaque du moment, le gratin de courgettes était parti pour être réussi.
Deux raisons militaient en sa faveur :
- Les courgettes n’avaient plus la consistance de ces petits tampons que les dentistes vous mettent dans la bouche, terriblement secs, maigrelets et d’un goût pas terrible.
- J’ai acheté une superbe « râpe à noix de muscade ».
Elle râpe très bien la noix de muscade.
J’ai été ébloui par la facilité avec laquelle la noix fut réduite en poudre.
J’ai été surpris par l’aisance avec laquelle la râpe m’emporta un morceau de la pulpe du pouce droit.
J’étais interdit d’usage de la « mandoline », Heure-Bleue craignant à juste titre qu’un de mes doigts ne finît en fines rondelles dans une salade concombre quelconque.
Hélas, il n’était nul besoin d’une « mandoline » pour m’estropier.
Une « râpe à noix de muscade » suffirait.
Oui lectrices chéries !
Plaignez-moi !
Je vous en supplie !
Je me suis défiguré la main !
À moi la chirurgie réparatrice !
À moi la fine fleur du scalpel parisien !
Qui eût imaginé sans frémir les pièges tendus par la confection d’un gratin de courgettes ? Qui ?
Vous lectrices chéries ! Vous qui eussiez dû me prévenir que la cuisine est un endroit dangereux.
Bon, en vrai juste ça pique…
Mais quand même.
C’eût pu être grave…
 

mercredi, 30 août 2017

Mon croisement préféré.

croisement préféré.png

Lectrices chéries, j’ai envie d’aller à Paris.
Évidemment que j’ai envie d’aller à Paris.
J’ai même envie d’y retourner vivre.
La roue de la Fortune venant de m’écraser les doigts de pieds, j’abandonne l’idée pour l’instant.
Un instant seulement…
Donc, vous disais-je, j’ai envie d’aller à Paris.
Mais pas le Paris du boulevard Haussmann, du Printemps et des Galeries Lafayette.
Pas non plus le Paris où « BNP Real Estate » a l’insigne culot de louer l’espace représenté par la grille d’un balcon qui marque l’angle du boulevard Haussmann et de la rue Auber.
« BNP Real Estate » qui, dans un accès confondant de vulgarité a accroché un calicot proclamant à l’attention de la cupidité commune « Flagship à louer ».
Tels je les connais, ils vont louer deux mètres carrés de grille noire pour le prix d’un trois pièces rue de la Pompe…
Non, je n’ai pas envie de me balader dans ce Paris là.
J’ai envie de flâner le nez au vent dans des rues inconnues de la gent touristique et de la gent commerciale.
Dans des rues que l’on arpente en se rappelant chaque pavé, chaque boutique, chaque encoignure.
C’est curieux, ce besoin de balade revient chez moi avec l’humeur automnale qui commence à s’établir.
Avec ses matins bien moins lumineux qu’il y a deux mois.
Avec ces ciels bien moins éblouissants qu’en juillet.
Avec ces nuages qui donnent un air de Honfleur aux quais de la Seine, une couleur vaporeuse de ciel de Boudin.
Avec ces envies de marcher lentement dans les rues.
Avec cette sensation de s’enfoncer lentement dans la mer des années enfuies.
Ces rues où le moindre couloir sombre peut vous rappeler des frayeurs infondées comme des surprises qui vous mettent le cœur en vrac.
J’ai juste envie de me promener comme ça dans les rues.
Et j’en connais des rues.
J’ai, c’est vrai, un gros faible pour certaines rues et certains cafés mais c’est seulement parce qu’ils étaient accessibles sans fatigue notable.
Si mes souvenirs sont exacts, il me semble même que je n’étais jamais fatigué.
Sauf pour travailler...
C’est sûrement à la recherche de cet allant permanent que je songe partir musarder.
J’ai peu de chances de le recouvrer mais l’idée de tenter l’aventure me met déjà en forme.
Justement, j’aimerais bien boire un « express serré » là où un café remplace le restaurant « Les ducs de Bourgogne ».
Ou bien à la terrasse de « Jolis Mômes », ce bistrot qui m’a vu attendre le 85 en papotant et en faisant mes devoirs.
Celui là est très chouette, même si « ma » table, celle du coin au fond de la salle a disparu après une transformation complète du café je ne sais quand, dans le flots des ans…
Il est même très chouette, au bord de la petite place faite du croisement de la rue de Rochechouart, de la rue Turgot et de la rue Condorcet.
On y a même planté neuf arbres depuis que j’ai transporté mes pénates ailleurs…
Bon, j’arrête avant qu’Heure-Bleue me traite de vieux…

lundi, 28 août 2017

Un thé récent...

lakevio.jpg

C’est ça.
Ce matin je suis inquiète.
Je ne devrais pas.
Pas à mon âge, je sais quand même de quoi il s’agit…
Mais je suis inquiète.
En réalité, j’ai même un peu peur.
Pourtant je ne devrais pas car quand je l’ai quitté hier, j’étais légère.
Je me revois, un peu gênée au pied de l’immeuble quand il m’a raccompagnée.
Il m’a brusquement embrassée.
Pour la première fois depuis longtemps j’ai eu cette sensation que je trouve aujourd’hui étrange mais que j’ai reconnue immédiatement.
Cette impression qu’une pierre vient de s’installer dans mon ventre.
Impression dont je ne sais pas si c’est de l’appréhension, de l’attente ou autre chose.
Oh, ça… Chez moi l’élan y était, c’est la technique qui s’était envolée.
Ou bien c’est la surprise.
Quoiqu’en y réfléchissant un peu, je crois que ce sont surtout toutes ces années de solitude.
C’est pour ça que j’ai peur ce matin.
C’est pour ça que j’ai mal dormi.
C’est pour ça que mon œuf et mon thé refroidissent.
C’est pour ça que je n’ai pas faim.
C’est pour ça que je me demande si je ne vais pas annuler le rendez-vous.
J’ai peur parce qu’il y a longtemps.
Je sais bien ce qui risque de se passer.
Je sais bien ce que je souhaite qu’il se passe.
Je sais bien ce qui va se passer…
Quand je pense à toutes les billevesées que j’ai pu entendre sur le sujet…
« C’est comme la nage ou le vélo, ça ne s’oublie pas ! »
Eh bien si ! Ça s’oublie !
On ne sait plus comment se caler dans d’autres bras.
On ne sait plus comment se tenir.
On ne sait plus « oser ».
On ne sait plus « commencer ».
Ni quoi faire exactement.
C’est ça ! Je ne sais plus comment faire.
Et pourtant je voudrais.
J’espère que lui saura.
Ça va mieux tout à coup.
J’avais seulement oublié ce qu’est le désir…


dimanche, 27 août 2017

Passy ? Pas ça !

De rien Mab

1280px-Autobus_Renault_TN6_A2_de_1932.jpg

Pivoine me posait quelques questions à propos du XVIème arrondissement de Paris et quelques autres endroits.
Je trouve ça super bien parce que ces temps ci, j’ai du mal à avoir quelque envie d’écrire.
Que je te dise, Pivoine, Passy se signale surtout par l’ennui profond qui se dégage de ses rues.
Évidemment, il y a quelques promenades à y faire.
J’en ai fait certaines.
Évidemment il y a quelques endroits à voir.
Je les ai vus quasiment tous tant ils sont rares…
J’y suis allé enfant, traîné par une grande sœur esclavagiste qui profitait honteusement de ma sœur cadette et moi pour carotter les sous des tickets de métro.
Oui, de métro et pas de bus car à cette époque, le nombre de ticket était égal à « 1 », quel que fut le voyage en métro et le temps qu’il pût prendre.
Tandis qu’en bus, le voyage nécessitait un  nombre de tickets dépendant du nombre de « sections » parcourues.
Aller de la Porte de Clignancourt à la place du Trocadéro aurait bouffé le budget tickets de bus de l’année tant ce coin est mal servi en lignes de bus.
Ma grande sœur décidait donc souvent de prendre les sous des tickets de métro, priant le ciel que ma mère ne lui tendît pas quatre tickets « demi-tarif », les tickets « jaune-et-blanc », en lui recommandant de dire que ma sœur avait trois ans et demi.
Oui, le petit Parisien passe toujours par cette période étrange où il trois ans et demi entre l’entrée à la maternelle et l’entrée au CP…
Revenons à tes moutons, Pivoine.
Nous allions donc visiter l’aquarium du Trocadéro à pied…
Plus tard, dans ce coin d’un ennui mortel, Heure-Bleue et moi sommes allés visiter la maison de Balzac.
À part ça, il n’y a guère à visiter que la Maison de la Radio.
Autant dire rien…
Je me demande encore pourquoi la ville de Paris a tenu absolument à annexer la commune de Passy, sauf pour y envoyer les malades en cure de sommeil.
Le canal Saint-Martin, en revanche est au nord-est de Paris et est autrement animé.
Aujourd’hui  on y peut traîner sans grand danger autre que se faire voler son portefeuille ou son smartphone, comme partout.
Tant qu’on est derrière la place de la République et qu’on s’en va vers la Place de la Bastille, avant qu’il ne devienne souterrain et suive le boulevard Richard Lenoir jusqu’au bassin de l’Arsenal, ça va.
Quand on reste sur ce bord du Xème arrondissement et qu’on va vers le XIXème arrondissement, tout va bien jusqu’à la hauteur de la Gare de l’Est.
Après, les quais deviennent ennuyeux car ils sont garnis d’immeubles modernes, souvent réservés aux services administratifs.
Quand j’étais gamin, en revanche, aller traîner sur les bords du canal Saint-Martin était risqué.
D’abord c’était très laid, les rues en étaient tristes de pauvreté et les immeubles noirs de crasse.
J’avais un copain de lycée qui habitait rue du Terrage.
« C’est à côté de la Gare de l’Est » disait il, ayant un peu honte de son quartier jusqu’au moment où il vit celui où j’habitais.
Après ça a été mieux, les relations plus détendues.
La guerre était finie depuis près de vingt ans mais nous avions la chance toute relative, lui et moi, de vivre dans des quartiers où on avait l’impression qu’elle s’était arrêtée le mois dernier…
Je dois avouer que quand j’allais chez lui, j’en revenais tôt car on croisait dans ce quartier des gens qui vous donnaient envie d’être invisible…
Paris est d’une diversité fantastique quand on y pense.
Un peu comme Bruxelles quand on se trompe de sens du 51 et qu’on se retrouve à Molenbeek au lieu de Saint Gilles en prenant le tram…