Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 11 octobre 2024

195ème Devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_195.jpg

Cette toile de Mark Keller me rappelle quelque chose et m’inspire un conte.
Mais à vous ?
Qu’inspire-t-elle ?
On le saura peut-être lundi…

mercredi, 09 octobre 2024

La boulangère

20241008_165051.jpg

Hier, nous sommes allés traîner dans un de nos anciens quartiers.
Le plus ancien pour nous deux puisque c’est là que nous nous sommes mariés et avons vécu pendant dix-huit ans…
Nous sommes passés par la rue des Gravilliers, là où l’Ours vécut ses premières amours et son premier boulot d’étudiant.
La rue a complètement changé.
Il y a notamment une boulangerie « bio », « branchée », et surtout « avide ».
J’y suis entré pendant qu’Heure-Bleue était intéressée par deux boutiques accolées.
Une minuscule fromagerie collée à une galerie, deux boutiques qui avaient étrangement poussé là, dans cette rue où fleurissaient les boutiques de gros et ateliers chinois, ceux de la première génération d’immigrés chinois fuyant le pays de l’impératrice Pouyi…
Néanmoins la surprise la plus frappante qui manqua de peu causer un infarctus que le Goût qui pourtant ne le risquait pas, persuadé régulièrement par Heure-Bleue qu’il n’avait pas de cœur.
Or donc, poussés par la sagesse et passant devant une boulangerie qui n’existait pas, j’en suis sûr deux ans auparavant et probablement pas il y a trois semaines, la lumière de mes jours pensa qu’il fallait acheter le pain maintenant.
Je suis donc entré, la boulangère leva un œil et me jeta un regard interrogatif.
Je lui demandai «une « tradi » et ajoutai poliment « s’il vous plaît ».
Elle me tendit une baguette minuscule mais dense.
Las, le prix aussi était dense mais pas minuscule.
La boulangère m’estourbit alors quand elle dit « 1.95 € ! »
Nous sommes ensuite tranquillement allés alors au BHV poursuivre le vidage du compte…
Heure-Bleue acheta ce qu’elle était venue chercher.
Notre moral fut revigoré en prenant un café dans cette cafeteria dont, malgré les efforts déployés pendant des années, personne n’a jamais réussi à, chasser « les vieux » qui boivent leur café en papotant.

lundi, 07 octobre 2024

Devoir de Lakevio du Goût No 194

Devoir de Lakevio du Goût_194.jpg

Cette « photo modifiée tableau » de Richard Tuschman m’a, « interpellé quelque part au niveau du vécu » comme on dit quand on joue au « psy mode années 80 »  
De fait, quel sens donner à cette toile ?
Qui part ? Elle  ? Lui ? Eux ?
Revient-elle ? Part-elle ?
Qui est la silhouette derrière la fenêtre ?
Celle qui fait partir ou celle qui fait revenir ?
Et qui doit partir ou revenir ?
Bref c’est, comme disait ma mère « un vrai sac de nœuds »…
Je compte sur les efforts de tous pour donner un sens à cette toile.
À lundi…

Je suis descendu dès que je l’ai vue par la fenêtre.
Je marchai lentement vers elle qui s’était arrêtée sans poser sa valise, l’air inquiet.
Je me demandais pourquoi elle venait.
Bon ça faisait six mois que je me demandais pourquoi elle était partie
Je me suis approché d’elle
« Qui est-ce ? » m’a-t-elle dit en regardant ce que je n’osais pas appeler « notre » fenêtre.
Je me demandais à quoi elle pensait mais je devinais sa crainte d’avoir été « déjà » remplacée.
J’ai juste dit « c’est le voisin, il est venu me demander deux œufs… »
Puis « que deviens tu ? Qu’est-ce que tu fais avec cette valise ? »
Elle a eu comme un hoquet et est restée muette.
Après quelques instants elle a pu dire « Ne dis rien, s’il te plaît ne dis rien ! »
Alors j’ai pris sa valise et nous sommes repartis vers l’appartement.
Arrivés dans l’entrée, elle s’est arrêtée et a commencé…
- Je suppose que tu te doutes que je n’étais pas chez ma mère.
- Tu devais l’accompagner dans ses derniers instants, ce sont tes derniers mots…
- …
Six mois sans aucune nouvelle alors qu’une semaine avec un appel chaque soir était prévue…
J’ai pensé « Six mois… Elle avait la peau dure mais quand même… » mais je l’ai gardé pour moi.
- Et donc, raconte-moi…
- Tu te rappelles ? On s’est disputé pour une bêtise…
- Bien sûr que je me rappelle…
- J’ai rencontré quelqu’un, il était gentil…
- Mais moi aussi je suis très gentil !
Elle a eu un sourire triste…
- Peux-tu m’héberger un moment ?
Elle a levé les yeux vers moi, et comme chaque fois, j’ai plongé, j’étais doué pour être le chevalier des Grieux, cet éternel prisonnier de Manon.
- Tout le temps que tu veux, vraiment tout le temps…
Elle n’a même pas haussé les épaules, juste dit « Merci. », a souri et a demandé « Et qu’est-ce qu’on mange, maintenant que tu as donné les œufs au voisin ? » puis est allée poser sa valise dans la chambre et n’a pas râlé en sortant de la chambre.
Elle a juste levé les yeux au ciel et secoué la tête.
Bon, il est vrai que le ménage de la chambre, ce n’était pas vraiment ça…
Et on est parti au restaurant.
Ça va peut-être aller cette fois-ci mais bon sang qu'est-ce que j’ai peur…

vendredi, 04 octobre 2024

194ème Devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_194.jpg

Cette « photo modifiée tableau » de Richard Tuschman m’a, « interpellé quelque part au niveau du vécu » comme on dit quand on joue au « psy mode années 80 »   
De fait, quel sens donner à cette toile ?
Qui part ? Elle  ? Lui ? Eux ?
Revient-elle ? Part-elle ?
Qui est la silhouette derrière la fenêtre ?
Celle qui fait partir ou celle qui fait revenir ?
Et qui doit partir ou revenir ?
Bref c’est, comme disait ma mère « un vrai sac de nœuds »…
Je compte sur les efforts de tous pour donner un sens à cette toile.
À lundi…

lundi, 30 septembre 2024

Devoir de Lakevio du Goût No 193.

Devoir de Lakevio du Goût_.jpg

J’aime particulièrement l’automne mais que vous inspire-t-il ?
Certains lieux me remuent le peu d’âme qui me reste, surtout celui-ci que j’ai parcouru tant de fois.
Êtes-vous plus « Ô bruit doux de la pluie, par terre et sur les toits »
Ou « Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
Interminablement, à travers le jour gris, »
Êtes vous plus branchés Verlaine ou Verhaeren ?
Ou êtes-vous simplement vous et vos rêves ou vos idées ?
À lundi, j’espère…


Par le temps d’automne de ce matin, je me rappelle un lundi matin où, poussé vers le lycée par un terrible manque d’entrain, je suis parti de la maison vers sept heures et quart.
Comme chaque jour de lycée, j’ai traversé le boulevard Ornano et emprunté la rue du Mont-Cenis.
C’est une rue plutôt belle, presque droite et surtout très montante…
Elle commençait pas très loin de chez moi et finissait à l’angle du square Nadar.
C’était bien parce qu’à partir de là, le chemin descendait jusqu’au lycée.
Ce lundi matin, il faisait doux et je longeais le square Nadar où un socle vide attendait depuis toujours l’hypothétique statue du Chevalier de la Barre, « exécuté à l’âge de dix-huit ans pour n’avoir pas salué une procession ».
Traînant toujours le pas, mené par une envie de sécher le cours de latin de huit heures du lundi, je suis arrivé à la rue Foyatier.
Celle de la photo justement.
L’âme étant faite pour être pleine de vague, je me suis retrouvé, pour une fois logique, plein de vague à l’âme en regardant la volée de marches couverte d’un tapis de feuilles mortes.
La rue était faiblement éclairée par un soleil chiche qui semblait l’avoir couverte d’un tapis doré.
J’ai trouvé ça très beau et j’ai descendu à pas lents les escaliers, regardant à droite les immeubles et à gauche le jardin du Sacré Cœur au travers des grilles du funiculaire…
Puis, la tête de Mr L. prof de latin, grec et lettres, un des rares qui « m’avait à la bonne » a remplacé le tapis de feuilles dorées.
Alors j’ai descendu les marches deux par deux puis la rue de Steinkerque où quelques boutiques préparaient déjà les souvenirs à exposer.
Je suis arrivé à l’heure.
Néanmoins l’âme restée en haut des escaliers de la Butte, « qui sont si durs aux miséreux ».
C’est à ce moment que je me suis dit, je crois, que ma vie était mal partie, plus intéressée par le regard de biais sur le monde que par l’idée qu’il fallait songer à « la réussite » à quoi était censée nous entraîner la vie lycéenne.
Le résultat fut d’avoir depuis ce lundi là un pied dans le monde et un pied dehors.
Préparation à une vie bancale entièrement apprise grâce à des feuilles mortes et des cours qui parlaient de gens qui regardaient du monde ce que personne n’en voyait…