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mercredi, 29 décembre 2021

Il y a des jours où on n'a pas de peau.

Ouais, je sais, j’ai honte mais c’est tout ce qui m’est venu…
Tornade est arrivée hier.
Vous vous rappelez ce délicieux gâteau, « un vrai Vandamme dans son emballage cristal ! »
Elle était un peu comme ça, un vrai « marbré », sans chocolat mais avec framboise écrasée.
J’ai trouvé où aller voir un dermato, enfin une dermato.
Nous sommes arrivés devant le centre médical à huit heures moins le quart ce matin.
Une foule nous attendait.
Plus exactement, une foule se pressait sous le minuscule porche du centre médical.
Je ne sais pas si Tornade en sortira soignée mais si nous nous en sortons sans Covid, je me demande si je ne vais pas croire en dieu…
La foule présente démontrait la réalité des « déserts médicaux » qui frappent surtout les abonnés à la « CMU » en période de fêtes.
Après avoir attendu.
Puis attendu…
Puis encore attendu…
Elle a payé, surprise de la modicité du prix d’un consultation en dermatologie.
La foule aussi fut surprise, c’était manifestement la première fois que les patients – le mot a là tout son sens- voyaient quelqu’un sortir des sous dans cette enceinte.
Après qu’on nous eut dit, vers neuf heures, qu’il nous faudrait revenir vers dix heures, nous sommes sortis prendre un petit déjeuner dans un café à l’angle de la rue de Londres.
Une pure merveille, ce bistrot !
Il se la pétait un peu avec ses fauteuils bas de velours rouge, ses petites tables basses et une tenancière fausse blonde, l’établissement rappelait les claques du XIXème siècle.
Bref, il nous rappelait qu’il existait quelque chose de ce genre avant Marthe Richard…
Et même qu’existe encore le clone du « pilier de comptoir », ici remplacé avantageusement par la tenancière et son garçon de café.
Nous n’avons plus besoin d’importer de la rue cette merveille de la philosophie bistrotière, elle est intégrée au comptoir !
J’ai ainsi appris, avant même la fin d’un « espresso ristretto » immonde, que « Les animaux y z’ont pas le Covid passqu’yzont une immunité qu’est mieux que la nôtre ».
Toutefois, des troupes fraîches sont venues prendre la relève.
Ce renfort impromptu s’est présenté sous la forme d’un ambulancier du centre voisin et d’un livreur monumental.
L’ambulancier a abondé dans le sens du garçon de café, ajoutant finement « Ouais ! On est des cobayes ! », illico soutenu par un livreur persuadé semble-t-il que « On faisait ça juste pour se débarrasser des pauvres. »
L’ambulancier a renchéri « Ouais mais avec leur vaccin, maintenant ya des fausses couches en pagaille ! Ouais ! »
Là, la tenancière est intervenue.
Forte de sa petite cinquantaine elle a osé contredire l’ambulancier, pourtant autorité incontestable de la Santé Publique, elle a asséné d’une voix autoritaire « Ah mais non ! Ça non ! »
« Comment ça ? » a dit le livreur.
Et la tenancière d’insister, avertissant le monde de ses accidents utérins « Ah mais non ! Moi j’ai fait une fausse couche et yavait pas encore le Covid, alors hein… »
Je serais bien resté au spectacle mais il nous a fallu y aller.
Pour constater qu’il fallait encore attendre.
Tornade a entrevu la dermato, je suis revenu à la maison.
Nous attendons maintenant des nouvelles de Tornade.
Mais un matin, je retournerai dans ce bistrot qui montre si bien l’immuabilité de certaines choses…

lundi, 27 décembre 2021

J'ai lu un tome et j'ai ri...

Ouais, bon... C'est la fin de l'année, hein...
Vous connaissez Jacques Drillon ?
C’est, enfin c’était, un homme que je n’ai connu qu’en feuilletant il y a des années « Le Monde de la musique ».
Il a même écrit sur moi :

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Jacques Drillon est mort le jour de Noël.
Mais n’en déduisez pas qu’il avait l’art de la fugue...
Et ça m’a rappelé qu’il était d’abord grammairien et que, parmi la tonne de bouquins qu’il avait écrits, il y avait un livre que j’aimerais bien que l’on m’offrît pour mon anniversaire.
Ce Monsieur Drillon, linguiste émérite, connaisseur de la langue française et grammairien qui aurait eu la célébrité de Maurice Grevisse et Joseph Hanse s’il avait écrit une grammaire au lieu d’ouvrages sur les mots croises de l’Obs.
Le bouquin qui me plairait, histoire de me sortir du Modiano que je lis ?
Eh bien c’est son « Traité de la ponctuation française » écrit  il y a une trentaine d’années.
Car il faut bien l’avouer, lectrices chéries, j’écris mal.
Déjà fâché par moment avec les verbes défectifs qu’il m’arrive de conjuguer à des temps et des modes inusités voire inexistants, je dois vous dire qu’une chose me dérange énormément.
Déjà, avoir quelque chose à dire n’est pas si fréquent qu’il devrait.
Quant à le dire en sachant utiliser le point-virgule, alors làààà…
C’est tout bonnement l’enfer !
La virgule dite « virgule d’Oxford », ça va, je m’en sors.
Mais reconnaissons qu’il est difficile d’éviter l’abus de virgules.
Les textes auraient alors rapidement l’allure de murs de certaines toilettes de cafés mal fréquentés…
Cette parenthèse scatologique fermée, je dois avouer que l’idée d’écrire des phrases aussi longues que celles de Marcel Proust ne me tente pas, quoi qu’il sût user du fameux « point-virgule ».
En revanche, des phrases comme celles écrites par Balzac qui ne fut que trop rarement Honoré comme il eût dû l’être, me comblerait.
Bref, ce « Traité de la ponctuation française » me plairait beaucoup et me consolerait de la perte du Grevisse et du Hanse qui, pour n’être pas irrémédiable, me jetterait sur la paille s’il me fallait les racheter.
Hélas, subsiste un détail d’importance, un détail qui, comme la constante de Planck, pour beau être infinitésimal est néanmoins essentiel.
Il faut avoir quelque chose à dire, à partager, à donner.
Pas à échanger, non, ça a déjà cet aspect transactionnel qui me sort par les yeux depuis un moment…
Voilà.
J’aimerais donc avoir ce « Traité de la ponctuation française ».
Mais j’aimerais tant avoir quelque chose à dire…

jeudi, 23 décembre 2021

Petit papa Noël ! N'oublie pas mes cadeaux !


Ça y est !
J’ai acheté un pantalon.
Un pantalon à ma taille, d’un velours et d’une couleur qui me plaisent !
Cette trouvaille m’a mis le cœur en joie !
Bon, à y regarder de près, la boutique qui me l’a vendu est, d’après Heure-Bleue, « une boutique de vieux » !
C’est donc dans cette boutique de la rue Auber que j’ai trouvé de quoi avoir – un peu – moins l’air d’un clochard.
« Il était temps ! » a dit la lumière de mes jours qui en était arrivée à quasiment me menacer de sortir sans moi.
Cette fois-ci, je vais de nouveau être beau.
À tel point que je me demande si je ne vais pas me crever l’autre œil pour rester buvable…
Dans cette boutique, quelques détails surprennent toutefois.
Le fait que la boutique, très grande et honorablement connue depuis 1841, ne compte, en cette période de ruée vers les commerces, que deux personnes pour la tenir dont une en train de faire la vitrine.
Deux personnes !
Pour tenir les deux étages de la boutique !
La maladie de l’économisme frappe partout.
Il est vrai qu’économiser le salaire d’un ou deux vendeurs est à peser au regard du coût du vol de quelques fringues importées d’Inde, du Bangladesh ou des Philippines.
Rien que la marge récupérée sur les quelques pantalons vendus entre Noël et le Jour de l’An finance largement les quelques larcins commis au vu et au su d’un personnel démotivé et si mal payé qu’il ne va pas, en guise de prime de fin d’année, risquer un mauvais coup pour sauver des mains d’un voyou une chemise ou un pantalon dont le prix de revient n’atteint pas celui d’une compresse sur un œil au beurre noir.
Après une traversée jusqu’à la station « Havre-Haussmann » où nous avons constaté pendant une vingtaine de minutes que l’automobiliste parisien n’a pas un gramme de cerveau de plus qu’en 1960, nous sommes revenus à la maison.
Bilan ?
Aujourd’hui je vais donc coudre l’ourlet de ce pantalon.

mardi, 21 décembre 2021

Avec le temps, va, tout s'en va...

Ces temps-ci, le stress nous chamboule.
L’Ours qui doit se faire opérer, mais seulement quand les salles de réveil des hôpitaux seront vidées des patients victimes du Covid.
Merveille qui doit aller demain à l’hôpital Cochin pour savoir ce que la Faculté pense de son état.
Bref, tous ces soucis nous tourneboulent.
Mais je me dis qu’aujourd’hui c’est le solstice d’hiver.
Demain déjà, le jour sera plus long qu’aujourd’hui.
Cela dit, la veille du jours le plus court de l’année, un échec a frappé.
Que je vous dise…
La lumière de mes jours, sachant que je suis particulièrement pointilleux sur mon habillement, quoiqu’il en paraisse, avait décidé que j’irais seul choisir le cadeau de Noël qu’elle me destinait.
Habituellement, je ne ressemble à rien, elle et moi pensions donc naïvement que je n’aurais aucun mal à trouver un pantalon qui me plairait rue Jouffroy, près de la rue de Tocqueville.
Persuadée que je trouverais mieux seul et que ça lui éviterait de me gifler devant la boutique dans un accès d’impatience devant mon hésitation, elle alla dans un café.
J’ai cherché, je vous assure ! J’ai cherché !
Hélas, à part des costumes qui m’auraient donné le « look » inimitable du maquereau libanais des années 60 et même pas pour un prix modique, je n’ai vu que quelques chemises épouvantablement laides.
Le style ( !) de chemises qu’un bûcheron canadien ne porterait pas même sous la menace de sa propre hache.
Je me suis donc dirigé vers des pantalons.
J’en ai même vu qui auraient pu me plaire.
Quelques-uns, en « velours milleraies » m’ont attiré.
L’idée me plaisait, après quelques décennies d’obligation « complet-veston-chemise-cravate », de retrouver le look qui faisait mon charme il y a… Bref, tout ça…
Hélas, trois fois hélas…
Quand la couleur me plaisait, la coupe en était abominable ou la taille inadaptée.
Quand la coupe m’agréait, la taille manquait et c’était heureux car la couleur en était à vomir.
J’ai failli, pour éviter de sortir les mains vides, me contenter d’un pantalon taille 44, hélas d’un « bleu layette » affligeant.
Puis je me suis dit que le « bleu layette » avait déjà des effets secondaires discutables en pensant au « pull à taches » de la lumière de mes jours.
Alors je l’ai laissé.
J’ai beaucoup regretté l’époque trop lointaine où un jean « milleraies » vert, prune ou bleu marine, de taille 36 m’allait à ravir…
Je suis retourné voir Heure-Bleue qui m’attendait au café.
J’ai eu de la chance…
Elle ne fut pas étonnée de me voir revenir les mains vides et était de joyeuse humeur pour avoir constaté que le « pilier de comptoir » n’avait pas disparu des cafés parisiens.
Elle avait suivi un « one man show » semble-t-il remarquable d’un de ces philosophes de bistrot et ça l’avait passionnée.
J’ai bu un « express serré » entièrement raté et nous sommes sortis.
Cette absence de cadeau de Noël fut l’occasion d’une promenade agréable.
Passionnant, non ?

lundi, 20 décembre 2021

Devoir de Lakevio du Goût N°109

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La rue d’Orchampt me saute à la mémoire chaque fois que je vois l’image de cette litho d’Utrillo.
Je l’ai parcourue plusieurs fois depuis que nous vivons dans le quartier et elle était déjà revenue dans ma cervelle à propos du film « L’auberge espagnole » qui est passé à la télé il y a plusieurs années.
Il m’était arrivé de l’emprunter assez souvent pour rejoindre la rue Lepic en 1962.
A l’automne 1962, pour revenir du lycée, je montais jusqu’à la rue d’Orchampt, si étroite qu’on était obligé de se coller contre les murs quand une voiture, optimiste quant à ses chances d’arriver au bout, s’y engageait.
Ça faisait un bon bout de chemin supplémentaire mais il fallait absolument que je le fasse au cas où…
Je dévalais ensuite la rue Lepic qui sinuait à flanc de Montmartre jusqu’à la rue Burq.
Pourquoi diable attendre la rue Burq pour emprunter la rue Caulaincourt et rentrer chez moi en passant par la rue du Mont-Cenis ?
Eh bien, comme souvent à cet âge, je faisais des kilomètres pour tenter de croiser quelqu’un.
Quelqu’un qui, dans ma « colo de curés », m’avait fait découvrir combien le goût des baisers pouvait être agréable.
Cette blonde aux yeux si bleus et à l’accent « pied-noir » très prononcé habitait rue Burq.
D’où mes pérégrinations dans un espoir de la revoir qui se révéla vain.
Un peu plus d’un an après, je la croisai et je m’aperçus qu’une fois les vacances passées, nous n’avions pas plus de choses à nous dire que de baisers à échanger…
Après ça, je pris des chemins beaucoup plus directs pour revenir à la maison.
J’ai souvent emprunté la rue Caulaincourt et j’y ai des souvenirs mais je passais aussi souvent par là car il y avait une boutique où une dame vendait des chaînes haute-fidélité et était d’une patience d’ange avec le jeune garçon que j’étais, ébloui par ce que j’entendais.
Elle a fermé un jour mais chaque fois que je passe par là, je pense à cette dame et à sa boutique.
C’était une époque où l’on n’achetait pas de quoi écouter de la musique dans les supermarchés et où ceux qui vendaient le matériel parlaient plus de musique que de watts.
J’ai d’autres souvenirs dans cette rue, d’autres encore rue Ronsard, au côté du jardin du Sacré-Cœur.
Certains plus tenaces encore vers la rue d’Orsel.
Et je ne vous parle pas de la rue Condorcet, là où elle croise la rue de Rochechouart et la rue Turgot.
Vous avez remarqué, lectrices chéries, que je vous parle de tout ça dès que le moment où les jours vont s’allonger approche ?
C’est le seul coin de Paris qui me retire plus de cinquante ans de la tête sans me retirer un an des genoux.
Quand l’idée que le printemps approche cesse-t-il de faire cet effet de rajeunissement de l’âme ?
Malgré ce p… de genou droit qui persiste à vieillir…
Bref, c’est ce que me dit cette litho de Maurice Utrillo.