Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 16 septembre 2018

Blessent mon cœur d'une langueur monotone.

P... de sanglots longs des violons etc.
Hier, nous sommes restés à la maison pour l’anniversaire de l’Ours.
Ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l’Italie.
Il y avait JJF, Manou, Merveille.
Il y avait même P’tite Sœur, espérant des présents plein les bras.
Une journée de forçat ce fut, lectrices chéries.
Du coup, j’ai bien dormi.
Je dors toujours bien, une habitude acquise pendant les cours d’Histoire en quatrième...
Ce matin, il fait frais.
Très frais même.
Surtout pour moi qui n’ai plus depuis des semaines l’habitude de me geler au lever.
Il va nous falloir traîner aujourd’hui sinon je vais m’étioler comme la cote de popularité du Président de la République.
Mais que faire ?
Le dimanche est une journée chargée.
C’est le jour du lavage des sols et du « lit en grand »
Subsiste néanmoins cette propension à faire des bêtises qui ne semble pas près de nous quitter.
Cette heureuse nature qui nous permet de prendre les aléas de la vie avec le flegme qui sied à ceux qui viennent de tout perdre mais à qui il reste l’idée de se dire « la prochaine fois …»
Hélas vous êtes en présence d’un de ces couples de légende, constitué d’une Aphrodite qui a mal aux pieds et d’un Apollon qui perd ses pièces…
Résultat ?
Nous vivions dans l’angoisse que je perde mon rein ? 
Nous vivrons dans l’espoir qu’Heure-Bleue puisse se faire réparer le pied droit !

Parce qu’il n’y paraît pas, mais ne pas pouvoir aller traîner à la recherche d’une dépense qui excède nos capacités de financement nous tue le moral à petit feu.
L’été, Heure-Bleue et moi sommes trop souvent punis de promenade pour cause de pied endolori.
L’hiver, les mêmes sont punis de sortie par ma frilosité car j’ai bien du mal à respirer dès que la température est inférieure à 15°C.
Il est temps de songer à vêtir l’un et réparer les pinceaux de l’autre sinon nous allons vivre reclus.
Et ça, c’est dramatique.

 

vendredi, 14 septembre 2018

Un progrès de lion…

L’annonce du plan pauvreté montre, une fois de plus, que la crainte de voir des gens disposer d’un revenu régulier sans travailler reste vive.
Après avoir entendu le discours d’Emmanuel Macron, les explications de ses supporters, j’ai cru entendre Laurent Wauquiez parler de son « cancer de l’assistanat »…
Je les entends déjà hurler « Donner de l’argent à des gens qui ne travaillent pas ! C’est la porte ouverte à l’oisiveté ! Mère de tous les vices ! »
Tous ces gens qui n’ont absolument aucune idée de ce que peut être sauter un repas faute de nourriture nous expliquent avec des mots choisis que « les pauvres sont pauvres par leur faute » et que « entreprendre » est à la portée de tous et que tous peuvent « réussir ».
Comme s’ils ignoraient –puisque c’est quand même grâce à ça  qu’eux-mêmes ont réussi- que beaucoup sont trop timides ou embarrassés pour faire quoi que ce soit d’autre qu’aller au travail le matin.
Incapables qu’ils seraient de chercher des clients, n’ayant même aucune idée des mots à utiliser pour s’adresser à des inconnus pour tenter de leur vendre on ne sait quoi de leur fabrication.
Fabrication qu’ils seraient en peine d’entamer faute de local et d’outils.
On nous parle de « mettre au travail » les laissés pour compte de l’école ou de l’industrie.
Comme si on allait amener à une vie sociale apaisée, intégrer des gens qui ont été abandonnés depuis des années, des gens de quarante ans ou plus, jetés à la rue et qui vivent comme des chemineaux de l’époque de Zola depuis des années.
Comme si on pouvait faire quoi que ce soit de plus que leur donner un revenu et les héberger en espérant qu’ils vont revenir dans le monde des humains !
Ce matin, j’ai entendu Madame la ministre des Solidarités et de la Santé.
Je ne sais pas si elle nage bien dans le milieu qui est le sien mais je peux vous dire qu’à la radio, elle rame.
Pourtant, que de progrès accomplis en plus de vingt ans !
Rappelez-vous :
« 
Dans les banlieues déshéritées, règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre que le chômage ou des petits stages au terme d’études incertaines, ils finissent par se révolter. Pour l’heure, l’État s’efforce de maintenir l’ordre et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu’à quand ? Aucun désordre n’est à exclure quand les rapports sociaux se tendent.
Ne laissons pas notre pays éclater en classes et en castes, avec des dignitaires arrogants, des parias désespérés et un peuple déresponsabilisé. »

Jacques Chirac, janvier 1995, in « La France pour tous ».

On aurait dû l’élire Président, on n’en serait sûrement pas là...

mercredi, 12 septembre 2018

Des airs supérieurs et autres zones à rides…

De rien... Hélas...
En revenant il y a peu du Monop’ de la rue de Lévis, Heure-Bleue et moi papotions.
Comme toujours.
Depuis toujours.
Du moins depuis très longtemps.
Nous parlions de cette femme, une actrice croisée devant le théâtre Hébertot. Heure-Bleue m’avait demandé :
- Tu l’as reconnue ?
- Non, je sais que c’est une actrice mais je ne sais pas qui ?
- Je crois que c’est celle qui faisait la pub du PQ il y a longtemps.
- Ah ? Celle là ?
- Oui ! Tu as vu ?
- Évidemment, je ne pouvais pas rater ça…
La femme en question était terriblement esquintée à coups de scalpel.
L’outil censé « réparer des ans l’irréparable outrage » en avait aggravé l’outrage.
En plus elle avait, comme dit Heure-Bleue, « le cul triste ».
Et pour cause, il était passé dans ses joues.
Quant à la bouche…
Bon, je n’ai pu que penser que « coller des lèvres de mérou à une femme lui donne immanquablement l’air d’une morue… »
C’est pas bien, je sais.
Je me suis mordu la langue et ai attendu qu’elle soit hors de portée pour le dire à la lumière de mes jours.
Une fois de plus nous nous sommes dit que la chirurgie censément esthétique portait souvent mal son nom.
Ces retouches rataient systématiquement leur but qui est quand même de donner l’air jeune à quelqu’un qui ne l’est plus.
On devrait pourtant tous savoir que le plus sûr pour avoir l’air d’avoir vingt ans, c’est quand même d’avoir vingt ans…
Qu’on essaie de rajeunir avec des crèmes dont le composant essentiel est l’eau distillée, ça ne marche pas mais au moins c’est sans risque.
On ne peut pas en dire autant du scalpel…
À voir cette optimiste du miroir je me suis rappelé un couple vu en faisant les courses il y a quelque temps, peu avant d’arriver rue Poncelet pour les quelques courses du dîner.
Heure-Bleue ne l’avait pas sur le coup remarqué.
Elle, avait l’âge d’être sa fille.
Lui, celui d’être son père.
Heure-Bleue a même cru qu’il l’était.
Jusqu’à ce que je remarque leurs doigts enlacés.
J’ai pensé, en regardant la fille et en mauvais esprit que je suis, que l’expression « prendre un coup de vieux » prenait là tout son sens…
Il était bien conservé, mais, comme disait ma mère, jamais à court d’une vacherie envers les autres femmes, « bien conservée peut-être… Mais on a beau dire, la conserve, ça ne vaut pas le frais ! »
Souvent ça dégénérait parce que mon père, au lieu de se taire, ne pouvait s’empêcher de lui dire en prenant l’air innocent « Ah ça, ma poule ! À qui le dis-tu… »
Aussi quand elle a un problème avec son PC et que la lumière de mes jours me dit « Minou ! Ma souris ne veut pas faire ce que je veux ! », plutôt que répondre « Qu’est-ce je devrais dire ! » je change la pile…

lundi, 10 septembre 2018

Les trois sœurs.

lakevio.jpg

Mariée depuis pfff… Et pour l’instant ça me va…
Adossée à ma petite sœur dans le pré derrière la maison je suis bien.
Et lui, que fait-il ?
Je n’en sais rien…
Probablement en train de lire devant la cheminée éteinte.
C’est là qu’il y a la « bergère » où nous nous asseyons pour lire ou papoter.
Quand je pense qu’il y a quelques années à peine, nous serions certainement nous aussi dans ce pré.
Sans mes sœurs évidemment.
À coup sûr, pas en train de somnoler…
C’est d’ailleurs comme ça qu’on s’est retrouvé avec des enfants.
Ah ça ! Ils ont été faits avec amour et on y a mis du cœur.
Je souris en pensant « pas que le cœur… »
« Ce n’est pas tous les jours fête et lendemain dimanche » mais avec lui, je suis « bien ». Ce n’est déjà pas si courant d’après ce que je tire des conversations avec d’autres.
Ma petite sœur ne dort pas, je le sais, elle fait semblant même si son dos se soulève à un rythme régulier.
De toute façon la cadette n’aurait pas supporté de me sentir sur elle.
Elle aurait gigoté comme elle le fait toujours depuis qu’elle est née.
Elle a un air béat et je me demande pourquoi même si j’ai bien une idée…
Pfff… Il y a quelques jours elle pleurait sur mon épaule en disant des bêtises comme « Je suis vieille maintenant ! Il m’a plaquée ce salaud ! Je serai seule pour le restant de mes jours ! Bouhouhou… »
Seule pour le restant de ses jours… À vingt-et-un ans ! Non mais quelle idiote !

***

Je suis bien, là, avec ma grande sœur qui se repose sur moi…
Je rêve. Non, je « rêvasse », les yeux clos pour que mes sœurs ne sachent pas ce que je vis.
D’abord comment sauraient-elles ?
Personne n’a jamais connu ça, j’en suis sûre.  C’est… Comment dire ? En fait je ne sais pas. C’est juste que je ne donnerais ma place pour rien au monde.
Dire que je ne pensais même pas que des âneries comme « Romeo et Juliette » pussent avoir un destin autre que sujet de disserte.
L’année dernière le sujet de philo était « Doit-on louer quelqu’un de sa prudence ? »
Je m’en étais super bien tirée, normal avec mon habitude de « bachoter » depuis la 6ème..
Et aussi un caractère entièrement forgé à coups de « Il faut que tu sois indépendante ma fille ! Et pour ça, faut travailler ! »
Et elle clôt invariablement par « Tss…tss… Ma fille ! Méfie toi, je sais bien ce qu’ils cherchent ! »
J’avais gardé pour moi « Quelqu’un a bien trouvé puisque je suis là… »
Mais aujourd’hui c’est autre chose, rien à voir avec les autres, je suis sûre que personne n’a jamais connu ça.
Alors je garde les yeux fermés pour qu’aucune de ces « pies borgnes » ne se doute et se moque de moi.
Je suis bien, là. Même si je serais mieux ailleurs et avec… En plus j’ai faim…

 ***

Pfiouuu !!! Mon dieu ! Et dire que je croyais que plus personne ne me regarderait jamais !
Ça a été si soudain que j’en reste étourdie.
En plus si je souris rien qu’en y pensant, ma grande sœur va me démasquer.
Si, si, si  ! « On » m’a regardée et on dirait que j’ai quinze ans…
Enfin, quand je dis « regardée »…
Je ne devrais pas penser comme ça, on dirait un mec, un de ceux qui ne pense qu’à ça.
Bon, maintenant je dois dire que j’y pense aussi mais c’est sa faute aussi.
De toute façon, il fallait bien tenter le coup, il l’a tenté, ça a marché.
Ça a même drôlement marché.
Je ne savais même pas que ça pouvait marcher aussi bien.
Finalement j’ai eu de la chance parce que pour ce que j’en sais, les hommes marchent plus vite et à moindre frais…
Quand je pense que j’aurais pu rester avec l’autre, à passer mes soirées à regarder la télé…
Là, on n’a même pas besoin de télé.
Si je n’oublie pas ma pilule ça va faire de sacrées économies : Plus de sorties, plus de restaurants, plus de ciné.
Juste le lit…
Enfin, si cette histoire de « vivre d’amour et d’eau fraîche » voulait bien marcher un peu…
J’aurais bien aimé être une Thyade en fait…

samedi, 08 septembre 2018

Le petit pas laid.

Parisienne1997 PPA 0309.JPG

MonetSoleilCouchantALavacourt_0.JPG

« Les Impressionnistes à Londres »
Nous sommes allés les voir au Petit Palais.
À part l’accès de panique d’Heure-Bleue dans l’ascenseur du musée, rétif au point de ne démarrer que par à-coups, c’était bien.
Comme chaque fois qu’on va voir une expo, Heure-Bleue,  forte de l’enseignement de l’Histoire de l’Art sorbonnard m’a ébloui et donné un cours.
Cela dit, si j’ai apprécié les emprunts de certains au préraphaélisme et ce glissement imperceptible et continu de l’impressionnisme qui mena au fauvisme, j’ai moins aimé la structure de l’exposition.
C’est une mode qu’on retrouve quasiment dans toutes les expositions depuis quelque temps.
Je n’aime pas ces sortes de labyrinthes de salles trop petites où règne une température trop élevée et, à cause de l’entassement engendré, une odeur trop forte.
Bref, l’impression de voir des toiles accrochées dans un intestin.
Dit autrement, je n’aime pas respirer de l’air déjà pété six fois…
J’ai été déçu de voir des toiles de Claude Monet, un des peintres que je révère pour sa façon de peindre la lumière, dans un environnement qui ne leur rend pas grâce.
En revanche j’ai été plutôt heureux de sortir de l’exposition pour offrir un café à la lumière de mes jours dans le patio du Petit Palais.
Ce fut un agréable moment.
Heure-Bleue m’a demandé si j’avais vu « cette ravissante Ophélie ».
Me demander ça, à moi… Pfff…
Évidemment, comment aurais-je pu ne pas voir cette jeune fille aux longs cheveux d’un blond-roux et ondulés, habillant une peau qu’on a envie de caresser pour s’assurer qu’elle est aussi douce qu’elle semble l’être.
Comme toujours, hormis la galerie pleine de peintres « pompiers » où quelques œuvres d’Ingres me font dire qu’il aurait dû se cantonner au violon, j’ai aimé le mur réservé à Courbet.
C’est probablement le peintre qui à mes yeux a « vu » la chair au point de la rendre vivante sur une toile.
Mieux encore que les Préraphaélites dont les modèles me firent pourtant rêvasser à la « Tate Gallery » il y a quelques années quand nous sommes allés passer un moment chez Tornade.

Women_of_Amphissa.jpg

Tout ce laïus pour vous dire que finalement, j’ai passé une journée délicieuse et que je préfère les collections permanentes du Petit-Palais.
Ah si ! Nous avons apprécié la leçon de savoir-vivre administrée à un « gamin téléphoneur » par le chauffeur du bus.